‹ Sumerien et Indo-EuropeenChapitre 20 sur 243 · INTRODUCTION IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION IX

endroit reculé (R.V., IX, 102, 2) et aqueux (aptya). De là il présidait, semblet-1l, à l'écoulement, à la diffusion des eaux’. Mais les eaux, en Asie ancienne, ont toujours passé pour incarner, pour véhiculer les énergies végétatives. Elles y sont conçues comme une sorte de soma, qui vivifie la terre et le monde. C'est pourquoi, probablement, le soma lui-même, jus de la plante de vie, se trouve avec Trita en relation étroite’.

Cette affinité paraît subsister encore très nette dans la mythologie germanique. Là, Mimi6’, dieu très sage, dieu des eaux inférieures, habite un trou profond, situé aux racines de j'arbre cosmique, et s'y nourrit d'hydromel, — substitut au moins probable du soma.

Le dieu des eaux Glaucos, vieillard de la mer, dont la légende nous reporte à ’Avôndwv — la mille de l’ändhah* (ävdoc), n'est pas sans analogie manifeste avec le même personnage.

Trita l’aqueux est renommé entre tous les immortels pour sa haute science. Il connaît toutes les formules qui guérissent et purifient. Avec Agni, qui, on le sait, possède, lui aussi, son incarnation hydrique : Apam ndpat, il est en évidente, en étroite contiguité’.

Or, Sumer a possédé un dieu exactement symétrique.

Ce dieu a nom £a, c'est-à-dire &-a — « demeure de l'eau », ou « dont l’eau est la demeure »°.

Ea est le dieu de l’abîime humide, le lugal abzu-ka = le roi de l'abzu?.

MAC Der RV Pop avec la52 5 et,,54, 2. Laivictoire du Frita avestique @raëlaona sur le serpent At Dahäka, comme celle à laquelle le Trita védique concourt contre Vrira, ne permettent guère de douter que ce dieu n'ait été un libérateur de l’eau fécondatrice.

2. Cf. A. A. Mac Donezz, Vedic mythology (Strasbourg, 1897), pp. 67-69; aussi l’épithète vaibhüvasa- de Trita.

3. Cf., p. ex., W. GocTHer, Hdb. der germ. Mythol., Leipzig, 1895, pp. 179-180; E. H. Meyer, Mythol. d. Germ., Strasbourg, 1903, p. 281.

4. L'un des noms de la plante à soma est l'éndhah, c'est-à-dire la Plante (par excellence) ; aussi vanaspäti- — seigneur du bois (cf. avec R.V., I, or, 6; IX, 12, 7; et rapprocher Babyloniaca, VIII, 3-4, pp. 214 sqq.).

RO NV RS ave 0 SN 40331120: 1X,54, 45 86,20; 102, 2-3; et Mac DoxeLz, op. cit., p. 60. L'on sait qu'Agni est #ri-sadhasthà-.

6. L'on trouve aussi, rarement, A-8, Cf. A. Deimez, Panth. Babyl., n° 862, p. 111

TazLqvisT, Namenb., 226, etc.

7. THUREAU-DANGIN, Sum. u. Ak. Kônigsinschr., Leipzig, 1907, p. 14, 19, 21.

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