‹ Sumerien et Indo-EuropeenChapitre 200 sur 243 · pp · texte numérisé non relu

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a lieu de faire aux emprunts allogènes est, sans aucun doute, considérable.

Nous croyons, cependant, qu'une aide appréciable dans la recherche des élé-

ments lexicologiques communs se trouve, d'une part comme de l’autre, dans

l'observation attentive des aires d'expansion de chaque mot. Cet aspect nous

paraît, même, devoir être important. La géographie du domaine dont Sumer

fait partie et sur lequel il a rayonné reste, somme toute, faisable. L'ar-

chéologie, sous ses divers aspects (thèmes architecturaux et décoratifs, glyptique, etc.), est ici à peine moins précieuse que les monuments écrits. De: plus en plus la linguistique contemporaine vérifie, d’ailleurs, les inconvé-

nients graves qu'offre une considération par trop complaisante du seul « aspect

commun ». Si l'on tient à se faire une idée his{oriquement exacte, où, du moins, plus approchée des plus anciens lexiques indo-européens, il faut, de toute

nécessité, se résoudre à dresser, aussi soigneusement que possible, l'inventaire lexicologique par ferroir, par ensemble économique et culturel, par collec-

tipités religieusement solidaires". L'on fera ainsi, dans bien des cas, voisiner, ce qui, d'un point de vue purement « familial », risquerait d’être soit négligé, soit omis’; ce qui n'en est pas moins, sous le rapport pratique, concret,

humain, parfaitement indissoluble.

Ce que nous avons rappelé des caractéristiques essentielles de la culture

sumérienne permet, en outre, d'espérer que, grâce à cette langue, il nous sera peut-être donné de pénétrer dans une partie de vocabulaire que les

idiomes, plutôt littéraires, des plus vieux monuments indo-européens ne

permettent guère que de soupçonner.

Nous voulons parler de tout ce qui n'est pas termes genéraux : des vocables désignant des faits ou des objets précis, des mots techniques. Le sumérien

est fort riche à cet égard. Il nous semble, par ex., que geëfin peut contribuer

à expliquer, sémantiquement, le « méditerranéen » > indo-européen oïvos;

que la vieille « racine » *gher-, *ghr- — étre chaud, chauffer, à laquelle nous.

devons védique ghar-mt-, lat. for-mus, fur-nus, grec Gep-uéc, russe gor-nù,

germanique var-m-s, allem. mod. warm, reçoit quelque éclaircissement de:

1. Un dictionnaire de la langue bouddhique (Inde-Chine-Mongolie-Thibet-Japon), par ex...

illustrerait notre thèse.

2. Cf. p. ex. le faible °/, d'indo-européen du vocabulaire sanscrit.

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