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DE QUELQUES FAITS GÉNÉRAUX

La recherche de familles linguistiques apparentées à l'indo-européen a fait l’objet d'assez nombreux travaux. Nous y avons fait une brève allusion tout à l'heure’. Cette recherche a surtout profité aux études lexicologiques et à la linguistique générale. Elle n'a, jusqu'ici, abouti à établir aucune parenté, ni entre l'indo-européen et le sémitique, ni entre l'indo-européen et le finnoougrien. L'ontogénie d'aucune de ces langues communes n'en a retiré aucun éclaircissement his{orique appréciable.

L'investigation a donc lieu d'être poursuivie avec d'autres éléments; éléments dont le nombre est, d’ailleurs, fort loin d’être illimité.

Des langues de l'Europe du IT° millénaire av. J.-C. nous ne savons rien. Même situation pour l'Afrique du Nord. Une parenté égypto-indo-européenne a, évidemment, peu de chances de retenir l'attention. Du sémitique, du finno-ougrien, nous savons ce qu'il y a, pour l'instant, lieu de penser. L'étrusque, le « pélasgique » restent peu connus.

1. V. pp. 1v-vur. Cf. avec A. MeicLer, Introductioné, pp. 21-22.

L'indigence de nos ressources, sitôt qu'il s’agit de l’histoire ancienne de l’indo-européen, est donc extrême’. L'on s’est efforcé d'y remédier par des enquêtes admirables de patience et d’ingéniosité*. Ces enquêtes, malheureusement, ont, pour la plupart, un point faible. Elles sont, en partie, fondées sur des concordances lexico- et morphologiques. Or, il suffit de la moindre expérience linguistique pour saisir tout de suite la différence radicale qui distingue les faits de ce genre de données historiques positives.

À défaut de celles-ci, l'on a, tant bien que mal, fait intervenir l'ethnographie, voire l'archéologie, sans résultat et, plus encore, sans sécurité bien appréciables.

Du reste, recourir à cet ordre de témoignages, c'est perdre de vue que la question indo-européenne est et reste une question d'ordre exclusivement linguislique.

Ce que nous appelons l'indo-européen n'est qu un ensemble d'équivalences. Ces équivalences mises à part, l'indo-européen n'existe pas. Toute recherche concernant le passé indo-européen dispose donc, actuellement, de cette unique donnée.

Dans ces conditions, l'attitude extrêmement réservée et prudente d'un A. Meillet* pour tout ce qui touche à l'histoire indo-européenne archaïque est

plus que justifiée. C'est la seule raisonnable.

1. V. À. Meizcer, {ntroductioné (1922), pp. 19 et seq.; voir surtout, du même : Les dialectes indo-européens, Paris, 1908 (2° édit. en préparation).

2. Citons, notamment, les toutes dernières : H. Hirr, Die Indogermanen..., Strasbourg, 1905-1907; S. Feist, Europa im Lichite der Vorgeschichte..., Berlin, 1910; Kultur, Ausbreitung und Herkunft der Indogermanen, Berlin, 1913 ; {ndogermanen und Germanen, Halle a. S., 1924; A. Carnoy, Les Indo-Européens, Paris-Bruxelles, 1921; L. DE LA VALLÉE-Poussin, /ndo-européens et Indo-iraniens..., Paris, 1924. L'on peut y ajouter les Anciens peuples de l'Europe, par G. DorriN, Paris, 1916, toujours utile; enfin la deuxième édition du Reallexikon de ScHRADER (2° livraison du vol. IT parue en 1924, Berlin-Leipzig) et Reallexikon der Vorgeschichte de Max EgerT, Berlin (3° livraison du III* vol. parue en 1925), non moins utile, historiquement. H. D. Griswop, The religion of the Rigveda, Oxford, 1923, renferme également (pp. 1-80) un exposé précis et prudent de l'état actuel de la science des antiquités indo-européenne et indoiranienne. V. aussi H. PEDERSEN, Sprogvidenskaben 1. d. nilt. aarh., Copenhague, 1924, in fine.

3. Cf., p. ex., l'ouvrage, excellent par ailleurs, d'U. Wiccxen, Griechische Geschichte im Rahmen der Altertumsgeschichte, Münich-Berlin, 1924, p. 15, qui prétend déduire l’indo-européanisme des occupants de la 2° cité d'Hissarlik du type architectonique de leurs maisons.

4. V. les ouvrages cités par nous. L'on peut y adjoindre le recueil du même, intitulé

re

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