Cu. Fossey, Manuel, pp
4. Ce terme, qui a été employé par Oppert, Lenormant et H. Rawlinson, et corrigé plus tard en (casdo-scythique » par le premier, designait, dans l'esprit des deux philologues, la langue, censée ouralienne, parlée par des « Scythes», que Justin (Il, 3) nous donne comme les plus anciens suzerains connus de l’Asie antérieure.
s. Journal des Savants, 1859, mars-juin, p. 181 et seq. L'on verra les objections élevées par E. Renan contre le vocable fouranien. L'on sait que ce terme se trouve pour la premiére fois dans l'Avesta {Yf., 5,733 13, 383 17, 55-56: 19, 57-58: V., 13, 30: Ÿ., 11, 03 46, 12), où Jüradésigne un groupe ethnique voisin et ennemi des [raniens proprement dits; groupe occupant des régions frontières de la Perse (côté T'urkestan) et où des éléments proprement turcs voisinaient, apparemment, avec d’autres, qu'il est permis de suspecter de mongolisme, de caucasisme, voire même d'iranisme, Türa- n'impliquant rien de (pur », ni rien de linguistiquement défini. Dans la Grande Encyclopédie, s.v. Sumer (t. XXX, p. 714, b), le sumérien n’en est pas moins donné comme certainement ( {ouranien » !
6. Finnois et langues du même groupe (carélien, 'estonien, live, olonetsien, vepse, vote), lapon, mordve, tchérémisse, votiak, zyriène, hongrois, ostiak, vogoule; tous idiomes possédant un stock commun dénoncé par un système d’équivalences dit (finno-ougrien commun ».
7. Samoyède de l'Ienisséi; samoyède kamassique, s. ostiak, s. tavgui, s. yourak. Pour plus de détails sur ces familles, voir les notices substantielles de A. Sauvaceor et de J. DEeny, pp. 153 et seq., 185 et seq. respectivement des Langues du monde, publiées sous la direction de MM. A. Merizer et M. Conen (Paris, 1924).
AVANT-PROPOS c
La linguistique contemporaine n'a pas cru devoir ni pouvoir maintenir la notion de « famille » ouralo-altaïque. C'est là même une famille dont l'unité ne lui semble rien moins que démontrée. Elle ne possède, à cette heure, de systèmes de concordance bien définis que pour le finno-ougrien et pour le samoyède. Pour les langues turques, mongoles et tongouzes, elle constate, entre ces trois groupes, des ressemblances incontestables. Ces ressemblances, toutefois, ne paraissent pas encore assez marquées, morphologiquement, pour que l'existence d’un {urco-mongolo-longouze commun puisse en être déduite à coup sür.
Le « touranien » s'étant, en quelque sorte, évaporé, force serait donc à ceux qui, jadis, bâtissaient sur lui d'opter aujourd’hui entre l'un quelconque des groupes précités”.
La quatrième théorie, enfin, était avant tout celle du champion, disons mieux, du paladin du sémitisme : J. Halévy. Comment Halévy, ingénieux, tenace, passionné, tantôt ironique et tantôt fulminant, lutta jusqu'au bout contre l'origine non sémitique du syllabaire cunéiforme, contre l'existence même d'une langue sumérienne, contre la présence de « Touraniens » en Chaldée, nul ne l'ignore. L'on sait aussi que la liste de ses adeptes, après une courte période de croissance, s’éclaircit rapidement après 1900. L'une des « défections », qui lui resta le plus sensible, fut, c'est connu, celle de Frdr. Delitzsch.
A côté de ces quatre groupes, mais s’en distinguant nettement, un cinquième, qui, depuis, n'a cessé de grossir, renfermait des savants qui, tout en reconnaissant le non-sémitisme de l’idiome dit « sumérien », réservaient formellement leur opinion quant à la situation linguistique de cet idiome, par rapport aux autres langues connues.
Ce groupe a compris, entre autres, E. Renan, — qui, d’ailleurs, ne voulait même pas reconnaître le sémitisme de l'assyrien, — R. Brünnow, qui, dans sa correspondance sumérologique avec J. Halévy*, dénomme prudem-
1. C’est ainsi que M. GaLcoczy, Sumirisch-grammaltische Miszellen (Zischr. Ass., avril 1911, pp. 89-113), a cru constater, à propos de E]Y, = TT, ET, particules, et de certaines cons-— tructions, des ressemblances remarquables entre le hongrois et le sumérien.