CHAPITRE I : DE L'INDO-EUROPÉEN
classique, de 1” “stha-, d'où avest. hi-8fa-mi :: l-orn-u ‘: si-sto :: sscr. ti-stha-mi.
L'indo-européen classique semble n'avoir pas eu recours à la préfixation. Il se distingue, à cet égard, nettement du sémitique.
Les deux seuls cas que l’on pourrait en invoquer sont l'augment et le sinitial mobile de certaines formes verbales.
Il ne semble, cependant, pas que l’augment puisse être considéré comme un préfixe proprement dit. C'est un élément “e, probablement dialectal', extérieur au verbe, et traité comme tel°.
L'o- facultatif de o-réy-w :: {eg-0; oxit-w (pour *o-xtd-jw) :: sscr. chid-; pnp-0w, mnp-wôos et s-uhp-100s, etc., reste plutôt obscur. Y a-t-il lieu d'y voir un reste d'un ancien élément pronominal *(:}s de la 3° pers., stéréotypé devant la racine, comme cela semble s'être produit en caucasique’? C’est possible. L'hypothèse préfixale semble, en tout cas, devoir, ici encore, être écartée.
L'infixation n'intervient que dans les verbes dits en nasale (type sscr. : chid-, chi-na-t-ti = fendre, il fend). C'est peu, mais c'est frès ancien.
Les possibilités de suffivalion — comme celles, corrélatives, de composifion — sont, en principe, illimitées.
Nous avons parlé plus haut‘ de la racine nue faisant fonction de thème nominal.
Cette racine, dès l'époque archaïque, s'est aussi adjoint des suffixes : —*o, “1, *u, *a, Yes-, etc. Ces suffixes ont pour effet d'en spécialiser le sens. Ils contribuent aussi quelque peu à différencier les formes nominales des verbales.
Des éléments secondaires de dérivation : le -*/o- de fac-tum, le *{ero- de
… Do-tepos, le -*no- de *op-no- = gain, produit du travail, le -*mo- de *chor-
mo-s = formus, 0ep-ués, paraissent avoir, en des temps fort anciens, fait déjà une concurrence victorieuse aux formes en -*o, -*i, -*u, etc., précitées.
1. Ne se trouve qu’en Asie {(indo-iranien, arménien) et en Hellade (grec).
2. Cf. A. Meiccer, {ntroductioné, pp. 206-207, qui marque le traitement grec de l’augment comme élément préverbial, originellement indépendant.
3. Cf., p. ex., À. Dire, Grammatik der modernen georoischen (grusinischen) Sprache, Wien- Leipzig, p. 28.