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CHAPITRE I : DE L'INDO-EUROPÉEN

Sauf en quelques idiomes, relativement peu nombreux, elle n’a cessé de perdre en importance depuis l'époque archaïque.

Les composés peuvent être de pure juxtaposition, et énoncer, en ce cas, une simple séquence : le ciel (et) la terre : sscr. dyaäva-prthim; ou exprimer une modalité d'éfat (aiei-vawv) ou d'activité (*yeipo-Fepy-Ééw).

À ce point de vue, l'1.-e. se distingue profondément du sémitique. L'hébreu, p. ex., ne saurait rendre aler-v4wv que par brebib üx ou par br ny-b53 «us. L'assyro-babylonien et l’éthiopien, seuls de la famille, témoignent d'une tendance assez nette à la composition. Mais cette tendance est restée à l’état rudimentaire et ne paraît, en somme, guère intervenir que pour la fraduction de complexes antérieurs consacrés par l'usage.

Pour l’assyro-babylonien en particulier, le fait s'y explique normalement par le sumérisme sous-jacent. Des composés tels que bit-durani, bit-nisirtisu, bit-Sarruthisu sont, en fait, de simples calques sémiliformes de « complexes » sumériens du type uru-bàd-da, e-nig-gar-ra-ni, e (ou ki-dür-) nam-lugalla-ka-ni. Cf. de même bel-emugi et sum. d-lug, rikis-malati et sumér. dimkür-kur-ra. Ce serait se faire une idée linguistiquement inexacte de pareils « composés », en assyro-babylonien, que de les concevoir d'un point de vue exclusivement sémitique. L'influence du substrat est particulièrement sensible ici.

La fin du mot phonétique reste relativement indécise en i.-e. À ce point de vue encore l'1.-e. diffère assez sensiblement du sémitique. Ici, en effet, l'intégrité phonétique de la fin de mot — du moins au point de vue conso— nantique — est étroitement corrélative au fonctionnement même de la langue, les consonnes portant le sens fondamental.

En 1.-e., par contre, la fin de mot est exposée à des altérations multiples (chute d’occlusives finales, de -*m, de -*n, de *r, d'éléments vocaliques terminaux, changement de timbre de -*os devant sonore, etc.).

Il ne semble pas, à l'heure actuelle, que le {on, qui était de hauteur et non d'intensité, ait exercé sur les langues 1.-e. anciennes d'influence vocalique appréciable.

Par elle-même, la racine 1.-e. est indifféremment nominale et/ou verbale. C'est à sa flexion que l’on reconnaît si elle est l’une ou l’autre. On décline

Po SUMÉRIEN ET INDO-EUROPÉEN

le nom, l'on conjugue le verbe’. Ceci répond à une différence morphologique

fondamentale en 1.-e.

B. La déclinaison en 1.-e.

La distinction morphologique des genres n'est ni originelle, ni fonctionnelle en i.-e. Elle y résulte seulement d'une différenciation secondaire, où l’analogie a une large part. Aucun nom isolé ne saurait donc, d'emblée, être classé parmi les masculins-neutres ou parmi les féminins. La distinction n'est sensible que chez les — et peut-être seulement au moyen des — adjectifs. Ici même, elle paraît ne s'être établie qu'en vertu d’un développement morphologique intervenu après coup.

Sous le rapport de l’indistinction morphologique des genres, l'1.-e. classique se présente, par suite, dans des conditions assez similaires au caucasique.

Voici les principales désinences casuelles nominales de l'i.-e. Il suffit à notre objet actuel de faire figurer ici celles du masculin, singulier et pluriel. Le vocatif, qui est sans désinence, ne nous intéresse point. Pas davantage le duel.

1° Pour les thèmes en consonne ou sonante: :

Singulier Pluriel Nom. -*s et zéro -*es Acc: *m, Xn (-m, -n) -*ns (et -*ns) [nstr. #6 (?) -*bh(i)-, -*m- Dat. ei, #3 (?)* -*bh(i)-, -*m- Abl. #{e)s, -*(o)s -*bh(i)-, -*m- Gén. #(e)s, -*(o)s -*Om, -*On Eoc- =tiebzéro -*su'et peut-être, en même temps,

-*si, attesté par tatpä-01, mais en grec seulement.

1. Aux modes impersonnels (infinitif, participe), le soit-disant verbe est, en i.-e., un nom, morphologiquement. Mais ce nom peut avoir un régime direct.

2. Cf., toutefois, J. WaokERNAGEL, Vorlesungen über Syntax..., Bâle, 1924, p. 130, et les réflexions de M. A. Meier, BSLP., t. XXV (1925), p. 55.

3. Pour les sumérologues non indo-européanistes ou non linguistes, rappelons que sonantes = */, Ÿm, *n, *r, *y, *w sous leur double forme, consonantique et vocalique (*/, *m, *n, *r).

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