CHAPITRE I : DE L'INDO-EUROPÉEN
2° Pour les thèmes en -e-/-0- (type *vrk-0-— loup) :
Singulier Pluriel Nom. LG -*6s Acc. “om, -*on ons Instr. -*e (-*o ?) —*o1s Dat. =*o1 -*bh(i)-, -*m- Abl. -*d (-*t) -*bh(i), -*m- Gén. -*o-syo (-*o-1 ?) -*om, -*On Loc. el "O1 -*oisu/i (indo-ir. et slave et hel-
lénique) [possiblement pour
#oi(s) + *su].
Ainsi, sauf en ce qui concerne l’ablatif et le génitif singuliers, l'instrumental pluriel, les désinences casuelles fondamentales sont, en définitive,
identiques :
Singulier Pluriel Nom. *s #s Acc. mm, -*n ns Instr. -*é (peut-être -*6) Dat. er, -*oi (-*i, en tout cas) -*bh(1)-, -*m- Abl. *bh(i)-, -*m- Gén. *om, -*On Loc. -*; (au moins) et zéro. -*su/-*st.
Ces désinences répondent à ce que l’on pourrait dénommer : l'arsenal de la déclinaison régulière, officielle.
Mais il en est un peu de la déclinaison i.-e. comme du spectre solaire. Elle s'étend bien au delà de sa limite apparente.
A côté de cette déclinaison normalisée, consacrée, l'i.-e. possède, en eflet, de nombreux cas par postpositions; «cas » du type oé-bev, év-rés, "Abñvaëe (< ’Alnvac-de), Ev-dov, h-y, mô-0e, ëv-e (locr. delph.), aüré-0r, etc.
L'existence de postpositions du même type en sscr. 1-h4 (prâcr. 1-dha), v. sl. k/G-de, lat. u-bi, osq. pu-f, ombr. pu-fe, latin in-lus, sscr. 1-l4h, avest. vaësmon-da, etc., ne saurait laisser le moindre doute sur l'importance
du procédé, non plus que sur son emploi général dès l'i.-e. commun.
[ paraît, même, probable que la « déclinaison » actuelle en renferme des exemples régularisés. Le -d (-{) de l’ablatif singulier de la déclinaison thématique en -e/o-'; le bh(i) des cas obliques*, le -*sw, -*si ne sont, apparemment, à en juger même d'après l'i.-e. classique seul, que d'anciennes postpositions.
En sanscrit, le suffixe -{ra, dont le sens est local (a-fra, amu-tra, etc.), fait souvent fonction de locatif. L'on en peut dire autant de -{ah. Entre agratah et agr-e — en téle de, comme entre deva-{ra et deve-su — chez les dieux, il n'y a, pratiquement, aucune différence. L'on sait qu'il en va de même, en grec, pour êué-ev, cé-0ev, etc., par rapport à éuoë, etc. [Il semble également que le génihif évéua-ros ne puisse être autre chose que le correspondant exact du pseudo-génitif à postposition sscr. : nama-tah*.
Il y a lieu d'insister fortement sur cet aspect de la question. L'on y prend en quelque sorte « la nature sur le fait »; une partie au moins de la flexion en pleine voie d'organisation. L'on y ;voit en action les forces et le mécanisme grâce auxquels peut s'effectuer le passage de la postfixation à la flexion proprement dite. De l’une à l’autre 1l n'y a plus qu'une étape à franchir : la stabilisation; stabilisation qui résulte de la normalisation. C'est relativement assez peu de chose.
Les indo-européanistes sont loin d'être éclaircis quant à ce qui concerne l'origine desdits postfixes‘. Il semblerait, à priori, que ce dussent être d'anciens éléments de même type que év, &x, etc. L'on doit même admettre qu'ils puissent comporter des résidus d'anciens substantifs®.
L'iranien, en effet, nous vaut ici un exemple assez remarquable pour être brièvement évoqué.
L'iranien possède un vieux thème nominal *rad- — chemin que le vieuxperse emploie déjà sous forme d'appendice adverbialisant dans le complexe
. Cf., p. ex., À. MeiLcer, /ntroductioné, p. 283.
101%aveEc 1h40: 200:
V.1bid., p. 258, mais à rectifier, selon nous (v. plus loin).
. Cf, p. ex., BRuGMANN-Taums, Griech. Gram.4, p. 265, $ 260. . V., p. ex., BRUGMANN, Grundriss?, I, pp. 33-35.
. Cf. avec ci-dessus, p. 14, et l'exemple ci-dessous.
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