CHAPITRE Il : DU SUMÉRIEN
sives sourdes et sonores’ : bar et par; br et pdr; gal et qal; mug et muk; kil et gil; lag et tak; ug et uk; dah et f«h; gi et qi; àg et ak(a); gäm et sam ; rug et ruk en constituent des illustrations très nettes.
C'est là un trait remarquable et très particulier de la phonétique caucasique’. Trait dont le grec et le turc actuels de Cappadoce, l’arménien, certains parlers locaux iraniens, où l'influence caucasique est évidente, portent la marque plus ou moins profondément accusée.
La confusion qui se constate, occasionnellement, entre l’occlusive gutturale sonore et l’aspirée’ complète, semble-t-il, l'indice. Car elle témoigne d'une indistinction pratique évidente entre la sourde, la sonore et l’aspirée ; indistinction qui se retrouve en caucasique ; que nous avons, après bien d'autres, signalée en asiano-étrusque* et qui est, en quelque sorte, fonctionnelle dans le syllabaire chypriote.
[Il y a donc là un signe extrêmement important et suggestif d'incontestable solidarité phonétique. Cette solidarité se constate non seulement entre le sumérien et la plus ancienne Anatolie-Cappadoce, en tant qu'elle relève du monde caucasique, mais encore avec l'Élam (dont la phonétique et la langue rappellent de très près les systèmes caucasiques‘) et le Mitanni.
Nous voici donc, une fois de plus’, ramenés dans la direction du haut
pays de l’Asie occidentale. Particularité insigne, ce haut pays se montre, jus-
1. Voir, entre autres, À. Pœ8BeL, Grundzüve..., pp. 17-18, $ 37. Les variantes graphiques témoignent dans le même sens que l'écriture elle-même.
2. Ce trait se retrouve particulièrement dans certains dialectes austro-asiatiques qui possèdent un système d’occlusives indécises entre la sourde et la sonore. Y a-t-il lieu d’y admettre une influence caucasogène ? Nous ne saurions en décider.
3. V. ci-dessus, p. 17, n° 1, et Decrrzscu, Grundzüge..., p. 17, $ 2.