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CHAPITRE II : DU SUMÉRIEN

B. Pour ce qui concerne le verbe, la désinence verbale i.-e. est remplacée par un jeu d'infixes et de suffixes sur lequel nous aurons à revenir. Les préfixes, en tant qu'ils servent à indiquer les temps, servent également de substituts partiels à la désinence’. “re

Soit, par exemple : immi-in-du (VE dü) = il a bâti; mu-na-an-gi-niez-a (VE gin) = ils lui ont établi, immi est un préverbe temporel; -inindique la 3° pers. pronominale; du, l’idée de bâtir, construire, édifier ; mu- est un préverbe; -na-, un infixe pronominal de la 3° pers. marquant le complément indirect; -an- joue le même rôle que -in- (avec une vocalisation influencée par le -na- précédent) ; gin(i) exprime ici l’idée active d'éfablir, de fonder solidement, -es indique que le sujet est au pluriel’.

Ce que nous appelons racine est, en sumérien comme eni.-e., ce qui reste, ablation faite des morphèmes éventuels.

Pas plus qu'en 1i.-e., et pour les mêmes raisons, il ne nous est possible de remonter au delà de ce que nous appelons racine. La racine sumérienne, comme l'i.-e., répond donc à une notion parfaitement empirique.

Le sumérien est une langue incontestablement très usée’. Les causes d'ordre général qui ont contribué à protéger la racine 1.-e. n’y ont cependant pas été sans action. I[l y a donc un nombre appréciable de « racines » sumériennes que l'on est en droit de considérer comme fort archaïques “.

Comment le sumérien exploite-t-il ses racines ?

Nous avons mentionné tout à l'heure certain usage de morphèmes. Nous y reviendrons. |

La langue sumérienne étant d'un type dit « agglutinant »’, le dévelop-

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