‹ Sumerien et Indo-EuropeenChapitre 76 sur 243 · Pour la désinence et le temps en i.-e., v. p · texte numérisé non relu

Pour la désinence et le temps en i.-e., v. p

2. Le rôle (grammatical ?) de l'-a nous échappe ici. Il se peut qu'il s'agisse d’une finale emphatique. Cette forme se trouve dans Cuneif. textes from Babyl. tabl. Br. Mus., XXI, pl. 47, n° 91083, col. [, Il. 14-15.

3. V., à ce propos, les justes remarques de M. A. PœŒBeL, Grundzüge..., p. 31, $ 89. Cette usure paraît, d’ailleurs, être une conséquence fatale du cosmopolitisme pour ainsi dire fonchonnel de la région. Cf. avec pp. 40-41.

4. Cf. op. cit., p. 32, $S 89-00. Il y a donc certainement de « fausses racines » en sumérien comme en sanscrit. V. ci-dessus, p. 13. Des exemples tels que umuÿ :: uÿ, intelligence, paraissent indiquer la possibilité soit de contractions, soit d'abrègement, par chute de la syllabe initiale. Ceci montre combien une ( racine » est chose relative.

s. V., à ce propos, F. Borx, OLZ., 1924, Sp. 169

pement des formations morphématiques y comportait d'assez promptes limites. Sinon, les mots y eussent été exposés à devenir d’une longueur démesurée. La clarté s’en fût, en outre, ressentie.

D'autre part, pour utiliser les ressources qu'eût pu fournir à sa morphologie un jeu éventuel d’alternances vocaliques, le sumérien était également mal à son aise. La tendance sensible à l'harmonie vocalique, qui s'y manifeste, eût appréciablement fait obstacle à la normalisation du procédé.

C'est pourquoi le sumérien a, de préférence, recours :

a) soit au mot-racine à l’état nu, c'est-à-dire sans aucun élément adventice d'aucune sorte : Ex. : ab :: océan, mer ; agar :: champ; edin :: plaine, campagne; ur :: chien; gal :: grand; ki :: lieu; udu :: brebis, etc.; utu :: soleil, clarté du jour, etc. ;

b) soit à la composition. Ce dernier moyen y a reçu une extension considérable. L'on peut dire, même, que l’un des principes formatifs essentiels du lexique sumérien est précisément la composition.

Il n'y a là, d’ailleurs, qu'une conséquence assez naturelle et de la propension à la « Kettenbildung »' propre à cette langue; un effet aussi de la nécessité où cette langue se trouvait de recourir à un procédé de différenciation secondaire susceptible de restaurer dans une certaine mesure son lexique, fortement éprouvé d'innombrables collisions homonymiques. Des complexes tels que 4-lug-(e) — « de force pourvu » (cf. &lxnv émieuévos, bel emugi), d'où puissant, puissance ; ur-sag — homme-chef > capitaine, héros; ëü...tag = proprement : maîn...toucher > toucher avec la main, manier (cf. des composés grecs du type “xetpo-Fepyéw par exemple), lù-cal — homme-grand > roi; e-gal — maison-grande > palais, ki-dur — lieu (d'\habiter > séjour, demeure, etc., lui en fournissaient le moyen’.

Certains de ces composés : notamment ceux en nam (4) et en nig (Ÿ), se sont stabilisés, normalisés.

Ces mots, qui signifient respectivement attribution et/ou détermination ;

1. Pour la ( Kettenbildung », voir A. PœBeL, Grundzüge, pp. 35 et seq., $$ 98 et seq. Cf. avec F. N. Fincx, Haupttypen des Sprachbaus, Leipzig, 1910, p. 144, à propos du géorgien. 2. Cf., ci-dessus, pp. 20-21. Cette faculté de composition s'associe, en sumérien comme

en sanscrit et en grec, à de riches ressources poétiques, dont la liturgie sumérienne a profité. 3. Nam — proprement ce qui est déterminé, fixé, assigné (Simium). Ce terme est essentielle-

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chose, bien, avoir, ont fini, en effet, par servir d'éléments formatifs réguliers des noms abstraits. C'est ainsi qu à lugal — roi répond nam-lugal — royauté ; à min précité, nam-nin = suzerainelé; à lil = vivre, nam-li-la — vie; à gar — déposer, nig-gar — dépôt, trésor ; à halam — exlerminer, nig-halam-a — destruction, anéantissement, extermination.

L'on doit donc se garder de voir dans ce nam ou dans ce nig des préfixes". La constance de leur emploi en des complexes de sens défini d'avance ne saurait nous tromper ici. Ces composés, « standardisés » qu'ils soient, n’en restent pas moins de francs composés. Ils ne diffèrent à aucun point de vue de noms tels que d-ë-oir — membres (proprement : bras-main-pied*) ou G)sp1...(2){uh (ou tug) = (2) ouvrir Gi) l'œil = voir, regarder.

Dans les « complexes » de cette nature, les mots-racines se juxtaposent donc à l'éfal nu, exactement comme dans les complexes indo-européens précités’. Le dernier nom seul prend, éventuellement, morphème : cf. ki-gub, mais aussi ki-gu(b)-ba (— ki-gub-a) — « Stand-ort », et non pas *ki-a — gu(b)-ba.

L'élément vocalique d’une racine sumérienne est susceptible de variation. C'est ainsi que nous trouvons su(d) = asperger, arroser *, sous les formes se et sis; {u(g) — revéltir, vélement, sous la forme fe (pour “leg prob.)*; dug — dire, parler, sous la forme ‘de (pour “de(g) prob.)7; làh ou làg) — briller, étre ment juridique et sacerdotal, en principe. Nous ignorons s'il est en rapport étymologique quelconque avec vép-w et véu-05. La coïncidence, en tout cas, est à signaler, car elle porte, à la fois, sur la forme et sur le sens.

1. Ce qu'a fait, p. ex., M. B. Merssner dans son petit livre, d'ailleurs, des plus estimables,

die Kerlschrift (Güschen, 708), 1922, p. 24.

2. Cf. aussi en géorgien, p. ex., des composés du type mama-deda — père (et) mère —

parents, sa-col-kmar-0 LE . CS pé EE — Mr uv); sa—o forment une

capsule réunissant col{i) [prononcer {soli] — femme et kmar(i) — (homme) — marilal,

4. Un *su- indo-européen a le même sens ; cf. b-exd-ç, D-w, ete, <Z*suu-el6-s, *su-10, etc.

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