V. Babyloniaca, VIIL, 3-4, p. 2o
3. L'on peut concevoir une troisième hypothèse : variation graphique provoquée par la présence d'un phonème que l'écriture (ou le scribe) n'était pas en mesure de reproduire exactement. Ainsi le doublet halam :: hilim (exterminer) pourrait se justifier par un réel *klm ou *holom.
4. Pour ce mot, cf. A. Meizcer, {ntroductioné, pp. 134-135. En sumérien, il semble que les voyelles aient formé deux séries : l'une e :: 1; l’autre a :: #. C'est là, toutefois, une classification des plus superficielles et certainement en grande partie sujette à revision et à complétion.
5. La nature de ce ton, qui, en des formes comme babbar (<< *bar-bar), gigir (< *gir-gir), paraît avoir porté sur la première radicale (PoœBeL, Grundz., p. 35, $$ 95-96), nous échappe.
PERMET RER D DCS CEMERTEN 55
Voici les types de racines que le sumérien parait avoir préférés :
1° Voyelle + occlusive sonore, nasale, liquide, sifflante ou chuintante bulinverse) ER a aire; ag —chérir; 1b — étre en colère; ed — DértIr AUDI étre jOTrt : ba — diviser, pariager; gà — porter; lù — verser, répandre ; an — étre élevé ; as — maudire ; il — lever, élever ; ir, ra, ri = aller, marcher ; uë — couler; lü — troubler; na — s'élever, se dresser: zi — enceindre, enfermer ; ia = couper, ampuler, etc:
2° Occlusive, liquide, nasale, sifflante ou chuintante + voyelle + occlusive sonore, liquide, nasale, sifflante ou chuintante. Ex. : bad — ouvrir; bal = dire, parler; gâl = étre; gam = s'incliner ; gir — courir ; gur — tourner, se tourner; kal = étre ferme; kid — fendre ; küs — reposer, se reposer ; sur = chanter ; dul = couvrir; dur = habiter, demeurer, etc.
Par contre, le sumérien paraît avoir évité, en tant que mots-racines susceptibles de faire fonction de verbes :
1° les bisyllabes terminés par une voyelle ';
2° tout groupe bi- ou trilitère terminé par une occlusive sourde ;
3° tout groupe comportant graphiquement un assemblage de deux consonnes (soit deux occlusives, soit occlusive + sifflante [ou l'inverse], soit occlusive + liquide ou nasale). Il est, cependant, difficile de déterminer si et dans quelle mesure nous avons affaire ici à un phénomène graphique ou organique. Si nous ne connaissions le grec que sous des graphies chypriote ou hétéenne, des mots comme xkéos nous apparaîtraient tout autres.
Les voyelles terminales sont, par ordre de fréquence : -w, -a, -i, -e. Les consonnes : -b, -d, -g, -l, -m, -n, -r, -8 sont finales dans des proportions sensiblement équivalentes; -h, -s et -z le sont beaucoup plus rarement. |
La fin de mot est particulièrement sujette à dégradation en sumérien. Il semble qu'elle y ait fait l’objet d’une sorte d'écrasement.
C'est pourquoi les limites du mot phonétique ne paraissent pas y avoir été très nettes.
1. [l y a quelques peu nombreuses exceptions ; ex. : aka — mesurer, aka — aimer, etc.
2. Ceci sous réserves de ce qui a été dit plus haut, p. 47. Le sumérien ne comporte donc pas, à notre connaissance, de mot-racine terminé par un -k, un -p ou un -{. L'on y trouvera, par suite, des mots-racines du type pab ou pad, mais nul du type *pap ou “pat.
En fin de mot, l’-a témoigne d'une résistance relative; de même l'e-, l-1, l-u.
Les consonnes, par contre, se montrent plus sujettes à amuissement.
Cet amuissement affecte de préférence les gutturales et dentales sonores, nasales (surtout labiale) et liquides. Aussi trouvons-nous à la fois esig et esi — fort, puissant; dirig et dir(i) — 1° outrepasser, 2° s'incliner; dug et dü = faire, bâtir; dug et du = dire, parler; id et i — fleuve ; bad et ba — ouprir; laid et ki — faire; pad et pà — distinguer, choisir; usum et uëu — uni-
que; kurum et kur = couper, trancher; ennun et ennu = veiller, garder ; kin et ki — terre; til et ti — vivre; lal et là = 1° peser, 2° étre plein, 3° lier; bar et ba — étre clair, briller; dur et dû — habiter’, etc. La chuintante -à fait preuve d'une solidité appréciable. Il y a peut-être lieu, cependant, de faire ici une part à la graphie pure et simple.
Ignorant certains détails phonétiques importants, p. ex., en quoi, phonétiquement, là (< lal) différait, en fait, d’un /4*, nous ne saurions dire si ces sortes d’amuissements avaient ou non pour conséquence certaines modalités secondaires d'articulation.
Ce qui, par contre, est certain, c'est que, de ce fait, un certain nombre de mots-racines nous sont connus sous deux formes. L'on voit de reste la part importante revenant à ce phénomène dans les homonymies, si fréquentes en sumérien.
Le sumérien comportait aussi des cas de nasalisation. Nous avons, par exemple, umbara, protechon, à côté de ubara; gazimbu, à côté de gasibu ; ki-in-dar, à côté de ki-dar-ra; unkin, à côté de ukkin’ ; ambar(ra), à côté d’accadien apparu. La nature et la cause exactes de ce phénomène nous échappent.
Le redoublement est d'emploi courant. C'est, pour les noms, ici comme dans toutes langues, l’un des procédés normaux d'expression du pluriel;
1. Tous ces exemples, avec leurs références, sont donnés dans le Glossar de DeLrrzsou.
2 Céduis (F) n'est qu'une notation conventionnelle, distincte de la (CE). C'est tout ce que nous pouvons dire. (Note pour les non-sumérologues.)
3. Cf. le phénomène analogue des deux y dans äyyehos, par exemple.
4. Aussi hésiterions-nous à y voir avec M. F. Bork, OLZ., 1924 (n° 4), Sp. 175, 3° alinéa, un indice spécifique de caucasisme.