‹ Superstitions politiques et phénomènes sociauxChapitre 35 sur 56 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

L'idée maîtresse des commentaires de M. Parodi est celle-ci : « La cause initiale d'un fait peut être quelquefois tout économique, mais jamais toute la série des causes intermédiaires, et jamais la cause prochaine : celle-ci, beaucoup plus simple, est toujours nécessairement ou mécanique ou psychologique. »

Et ce sont ces causes intermédiaires que mon contradicteur me reproche de négliger, car, dit-il, « puisque la cause primitive, économique, politique ou sociale n'agit qu'en passant parla conscience individuelle, qu'en influant sur les manières d'agir cons cientes des individus — elle agit toujours par l'intermédiaire des causes morales. »

Hé, sans doute, qui oserait soutenir le contraire ! Il est bien évident que, pour ne pas faire d'enfants, dans la plupart des cas, il faut ne pas vouloir. Mais ce que nous voulons savoir, c'est la cause de cette limitation volontaire ; ce que nous voulons connaître ce sont les influences profondes qui contrarient le jeu naturel et spontané de la génération. M. Parodi et sa vénérable école, fascinés par les intermédiaires moraux, ne veulent rien voir au-delà des causes prochaines. Qu'arrive-t-il ? c'est quïls tournent dans un cercle vicieux. En effet, M. Parodi voulant expliquer, en dernière analyse, le phénomène de la limitation volontaire de la natalité, déclare qu'il se ra-

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mène à ce fait : <* La subordination d'une tendance brutale (instinctive) à des considérations d'ordre intellectuel, à des calculs de prévoyance ». Voilà donc un beau raisonnement : « on ne fait pas d'enfants ; pourquoi ? parce qu'on ne veut pas pas en faire ; pourquoi ? parce qu'on a calculé qu'il était plus avantageux de ne pas en faire »...

Ici M. Parodi (ainsi que la phalange des moralistes) se déclare satisfait. Il touche les intermédiaires' psychologiques.. Or nous voulons aller plus loin. Il nous faut des explications moins superficielles. Nous voulons savoir, nous, par quel phénomène bizarre il a cessé d'être avantageux de faire des enfants, alors qu'il était, jadis, si avantageux d'en faire, et que la prospérité d'une famille se mesurait au nombre des enfants — ou des esclaves...

Que si M. Parodi nous objecte encore ses raisons d'ordre intellectuel, nous demanderons les raisons de ces fluctuations intellectuelles et morales; nous prierons qu'on nous dise ce que signifient cette « appréhension égoïste des soins qu'exigent les enfants, ce souci égoïste des bouches à nourrir, etc. » En d'autres termes nous voudrions savoir si ces vices (dont quelques-uns sont très modernes) sont tombés du ciel ou s'ils sont innés comme les idées chères aux derniers spiritualistes.

Mais je crois en avoir dit quelques mots dans mon étude sur la dépopulation ainsi que dans celles qui l'accompagnent.

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