‹ Superstitions politiques et phénomènes sociauxChapitre 5 sur 56 · VIII PREFACE · texte numérisé non relu

VIII PREFACE

regard de ceux qui prononcent le nom de Dieu?

Questions attachantes, et dignes d'être élucidées ! Mais ceci dépasse notre sujet.

Revenons à notre constatation première : depuis un temps immémorial l'homme pensant incline à substituer ses concepts ou ses rêves à l'étude de la réalité. Le génie de Bacon a été d'avoir voulu réagir.

Aussi le Novum organum est -il encore plein de fraîcheur. Est-ce à dire que les institutions politiques n'ont pas encore été soumises à une analyse objective? Non pas.

Les ouvrages qui traitent cette matière existent, et il y en a de consciencieux. Mais tout se passe, entre les intéressés, comme s'ils n'existaient pas.

Les hommes communiquent entre eux par de vieilles erreurs dont ils ont changé simplement le costume.

Auguste Comte, Taine, Spencer, champions redoutables du positivisme et du déterminisme, ont toujours écrit de la Justice, du Gouvernement, de l'État ou de la Liberté, comme s'il s'agissait de quelques divinités (1). En réalité ce sont des mannequins

(l) Plus près de nous, un illustre chimiste, M. Berthelot, écrivait tout récemment : « ... ce principe directeur proclamé iljfy a un siècle, au nom de la justice et de la raison, devient chaque jour plus clair ot plus puissaut... » {Revue de Paris, 1er fé-

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