De l’avortement provoqué brusqué
Semaine médicale, 5 septembre 1900.
Dilatation lente du col par les laminaires ou le ballon de Champetier.
Introduction de sondes destinées à décoller les membranes.
Perforation des membranes, ete...
Tous ces procédés présentent les mêmes défaut : ils sont lenis et peu sûrs. En effet l'indication n’est pas seulement d’agir, mais d’agir vite.
Les exigences opératoires sont les suivantes :
V Exécution de l’opération au moment précis déterminé par les circons-
2° Rapidité de la manœuvre ;
3° Limitation de la perte de sang ;
4° Evacuation complète de la cavité utérine ;
5” Asepsie parfaite.
précédé de la dilatation rapide.
Le manuel opératoire comprend deux temps :
1° Dilatation du col ;
2° Evacuation de l'utérus.
La dilatation se fait extemporanément avec les bougies d’Hégar. Quand on peut patienter quelques heures, il est commode de placer une ou deux grosses laminaires qui commencent la dilatation. Dans les cas où le col résiste, il ne faut pas hésiter à pratiquer l’incision bilatérale remontant jusqu’à l’orifice interne. Quelques points de catgut placés à la fin de l'opération, suffisent à la réfection
L’extraction de l’œuf se pratique aisément avec les pinces fenêtrées de l'auteur, ou, tout simplement, avec de larges pinces à préhension. Puis la curette entre en jeu ; non pas la curette étroite et tranchante en usage dans les services de chirurgie , elle est dangereuse et responsable de nombreux accidents. La curette doit être large, mousse, fenêlrée et arrondie ; elle visite soigneusement
les parois utérines et enlève les parties oubliées par 1 Les principaux avantages de ce mode opératoire s< complète de l’utérus ;
2° L’hémorrhagie n’est pas à redouter comme dai 3° L’asepsie est facilement parfaite ;
4° L’opération est indolore et ne nécessite pas important si l’on songe que l’on intervient général
pince. Un écouvillonnage
les méthodes lentés ;
chloroforme, ce qui est ment pour des états très
Ces avantages apparurent à l’auteur lorsqu’il pratiqua pour la première fois l’avortement provoqué brusqué, le 4 janvier 1892 (publié ). Depuis lors, cette pratique a conquis de nombreux adhérents ; mais tous n’ont pas suffisamment
utérin et qu’il ne faut pas s’y attacher outre mesure.
. On a affirmé aussi que la curette et les pinces à placenta sont dangereuses, et que l’évacuation digitale est préférable : l’auteur pense qu’un instrument bien fait et facile à aseptiser, vaut mieux qu’un doigt maladroit, trop court et diffi-
Quant à l’expression utérine elie fait partie de la technique de l’auteur, mais dence et contrôlés par le toucher intra-utérin répété souvent et combiné à la
SUITES DE COECHES
D’après les propositions que l’auteur a examinées, la doctrine de la pluralilé des pathogènes puerpéraux doit être conservée, en opposition à la doctrine do: V unicité.
microbes s© retrouvent dans la succession du staphylocoque au streptocoque, dans le remplacement d’une bactérie putréfiante par une autre bactérie. Peut-
découlent des conditions pathogènes encore inconnues.
L’infection est généralement hétérogène : les doigts de ^accoucheur, les ins truments, les linges, etc..., sont alors les véhicules habituels de l’infection. L’infection autogène, dans l’acception générale du mot, est démontrée par :
1° La préexistence possible de germes pathogènes ordinaires dans les sécrétions des femmes enceintes, que pour cette raison on a dénommées sécrétions pathologiques ;
2° L’existence, peut-être constante, de saprophytes et d’anérobics capables d’acquérir dans les liquides et les sécrétions inertes, dans les résidus mortifiés,
La conséquence pour la pratique est la suivante : les infections pathologiques
des deux modalités de l’autogénèse, font une obligation do ne pas abandonner de parti pris l’antisepsie locale præ partum et per partum.
La possibilité bien connue de l’infection hétérogénique par le transport des pathogènes saprophytes de la peau ou des milieux ambiants : streptocoque, sta-.
gènes tégumentaires jusqu’aux plaies vagino-utérines, commandent l’asepsie persistante des parties génitales externes.
L’auteur conclut que si le terrain parcouru est considérable et si le bienfait • rendu par la science bactériologique à la praliquo obstétricale est inappréciable,r on n’a pas encore le droit de dire que la question est épuisée. Le champ est vaste, pour les recherches, qui devront porter sur :
1° Les associations symbiotiques ;
dans l’infection ;
3° La recherche et l’étude des anaérobies pathogènes ;
4° La sérothérapie rationnelle de chaque variété d’infection.