N°. IL
Fol. 246. — Séance du 14 Juin 1790.
Pour que les T. H. Seigneurs adjoints (beige ordnete) , connoissent le véritable état des cho-
r espionnage , à préparer les horribles persécutions auxquelles tant de Vaudois respectables furent exposés, en 1791 et 1792, persécutions dont les arclûves du Conseil secret, renfermoient les documens , que les coupables détruisirent en 1 798 , pour faire disparoltrc les traces de leurs crimes.
( 6 ) Ces ordres verbaux étoient donc bien coupables , puisqu'on n'osoit pas les donner par écrit !
C) Rien n'étoit donc épargné pour l'espionnage ! L'ancien Gouvernement retiroit annuellement du Pays-de-Vaud , au-delà de 1,200,000 francs. La moitié étoit absorbée par les Bailli £s , et autres fonctionnaires patriciens , tandis que 24,000 francs seulement étoient consacrés aux établissemens d'instruction publique. Puisse le ciel préserver les habitans du Canton de Berne du retour d'un Gouvernement paternel de cette espèce !
ses, le T. H. Mr. V Avoyer fait un tableau consis, mais fidèle , des affaires qui occupent maintenant les T. H. Conseillers secrets.
Dans ce but , la lettre , qui fut l'objet de Tas* semblée de vendredi dernier (voyez n°. 1), a été lue de nouveau , et les mesures votées alors , ont été approuvées.
Il a ensuite été fait lecture d'un Mémoire à consulter , répandu dans tout le pays romand , rédigé probablement d'après un ordre de la ville de Morges , par l'avocat Cart , dans lequel , sous le prétexte de la construction de la route de Morges , on s'efforce d'établir et de généraliser le principe, que le Pays-de-Vaud, ne peut être imposé sans son consentement.
La discussion ayant été ouverte, le T. H. Mr. le Trésorier de Murait a proposé de sommer la ville de Morges de déclarer , si elle approuvoit ce Mémoire.
Vu l'importance des conséquences d'une telle proposition , les T. H. Conseillers secrets ont résolu d'ajourner la discussion jusqu'au dimanche suivant , et de s'y préparer par une méditation réfléchie.