‹ Supplément à la notice sur les titres et travaux scientifiques de M. Emile Perrot, publiée à l'occasion de sa 20e année de ProfessoratChapitre 3 sur 12 · I. — Chanvre indien · texte numérisé non relu

I. — Chanvre indien

Le Chanvre indien, ce stupéfiant classé par la Conférence internationale de l’opium à la Société des Nations parmi les drogues dont le commerce mondial devait être surveillé et codifié en vue d éviter en Orient l’extension de la toxicomanie, a fait l’objet de nouvelles recherches, notamment en ce qui concerne la drogue tunisienne. Avec le D-- Weitz, mon préparateur, nous avons publié une notice concernant la culture et l’essai de la drogue. M. Dardanne a continué cette étude qui a fait l’objet de sa thèse de Doctorat d’Université.

11. -- Chaulmoogra et autres graines utilisées contre la lèpre.

Jusqu’à ce jour, les graines utilisées pour la préparation de 1 Huile de Chaulmoogra, seule drogue ayant une action réelle contre la lèpre, étaient assez peu connues. Une mission américaine dirigée par le D" Rock, venait de découvrir sur place, dans les forêts de l’Inde anglaise, l’arbre à véritable huile de Chaulmoogra, le Taraktogenos Kurzii: Ce savant, après un voyage long et difficile avait rencontré d’autres espèces des genres voisins îigdnocarpus et Asteriastigma, concourant à la préparation du produit commercial dit « Huile de Chaulmoogra ». D’autre part, au Cambodge, au Siam en Cochinchine, on utilise les graines du Krabao {Hydnocarpus anthelminthica) que connaissaient depuis longtemps certains indigènes guérisseurs.

En Afrique occidentale, différentes tribus employaient disait-on une drogue identique, le Gorli. Enfin, au Brésil, on avait signalé

chez quelques races autochtones amazoniennes, l’usage des graines du Carpotroche brasiliensis.

Il n’était donc pas inutile de faire une étude de la question et grâce au Gouvernement de l'Inde française et à VAgence économique de rindochine, il m’a été possible de me procurer, en quantités importantes, des graines de différentes espèces de ces régions : Taraktogenos Kurzii, Hydnocarpus anthelminthica, H. Alcalæ, H. alpina, Asteriastigma macrocarpa.

Enfin, après des recherches assez longues et délicates, le Mohis- SEAU, de l’Assistance Indigène à la Côte d’ivoire, retrouva, sur ma demande, le Gorli, qui avait été signalé au Sierra Leone et par Aug. CuEVALiER dans la grande forêt tropicale africaine ; c’était bien VOncobaechinata. Des cultures sont entreprises, notamment dans la Sassandra, par M. l’administrateur Chartier, avec qui nous restons en relations constantes.

A l’étude botanique de ces graines, il fallait joindre celle de leur composition chimique qui fut confiée àM. André, docteur ès sciences, pharmacien des Hôpitaux, savant spécialiste des corps gras; nous avons pu opérer sur des dizaines et même des centaines de kilogrammes, de telle sorte que la question s’éclaire dejour en jour et que la clinique peut désormais être assurée d’utiliser des produits d’origine certaine.

D’autre part, il nous sera possible bientôt de choisir parmi toutes ces espèces, appartenant sans exception à la même petite famille des Flacourtiacées, celles qui donneront les meilleures huiles ou bien encore qui se montreront particulièrement riches en acides actifs : chaulmoogrique, hydnocarpique, gorlique ou autres, et que réckmera la thérapeutique. Des travaux du même ordre sont publiés par les Laboratoires américains des Philippines et l’étude de l’huile de Gorli fait l’objet de la très récente thèse de Doctorat d’Université de notre élève .Iouatte.

Toutes les recherches antérieures sont relatées dans mon ouvrage -publié avec le concours de l’Office national des matières premières, que M. Guignard a bien voulu présenter à l’Académie.

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