Lorsqu'une aiguille est ainsi déviée par l’action du
? C’est, comme on sait, l'extrémité de l'aiguille qui se dirige vere le nord du globe.
courant électrique de la direction qu'elle prend naturellement , il faut concevoir que la force directrice du globe se compose avec la force qui résulte de l’action du courant électrique, en sorte que dans la position où elle se fixe sous l'influence du fil conducteur, il y a équilibre entre l’action du globe pour ramener l’aiguille au méridien magnétique et celle qu’exerce ce fil pour l’en écarter ; à mesure que la pile s’affaiblit cette déviation diminue. Une aiguille aimantée placée sur la pile, que l’on aurait soin de mettre dans la direction du méridien maguétique, deviendrait donc un moyen de connaître à
chaque instant la force du courant dans cette pile, ce
serait par conséquent un galvanomètre dont les indications se rapporteraient au courant lui-même, et d’au tant plus utile que c’est dans cet état de la pile, quand le circuit est fermé, et que les électroscopes ordinaires ne peuvent donner aucune indication, que se manifestent les phénomènes chimiques et physiologiques , ainsi que les phénomènes de lumière et de chaleur.
258. Remarquons maintenant que , dans les expériences de M. OErsted , les différens effets que produit le courant électrique ‘quand il est au-dessus ou‘au-dessous, à l’est où à l’ouest de l’aiguille , peuvent être ramenés à un seul fait si on des rapporte à la cause dont ils dépendent, c’est-à-dire à la position du courant par rapport! à l’ai-
guille. Pour se faire une idée nette de cette position et
définir la direction du courant relativement à l'aiguille, concevons un observateur placé dans le courant de manière que la direction de ses pieds à sa tête soit celle du courant , et qué sa face soit tournée vers l'aiguille ; on voit alors que dans toutes les expériences rapportées ci-dessus le'pôle austral de l'aiguille aimantée est porté’ à la gauche de l'observateur ainsi placé. En effet, dans la première lé courant ‘étant au-dessus de l’aiguille ; l’obsérvatéur, les pieds au sud , la tête au nord, et regardant l'aiguille à sa gauche à l’ouest, côté vers lequel est jeté'le pôle austräl ; dans la seconde le fil étant au-dessous , le même observateur , la face toujours tournée vers l'aiguille , a sa gauche vers l’est, et c’est en effet vers l’est que marche le même pôle; dans la troisième le courant étant à l’est de l’aiguille, l'observateur regardant l’aiguille qui est à la même hau- Far
Moyens de déterminer la direction que Je courant élec trique donne à une aiguille aimantée soustraite à l'action de la terre.
teur que lui, a la droite en bas, la gauche en haut, et le pôle austral est relevé; dans la 4° expérience c'est la gauche de l'observateur qui est en bas, et le pôle austral de l'aiguille est abaissé ; enfin, si l’on change le sens du courant on changera la situation de l'observateur, et la direction de ses pieds à sa tête étapi contraire, la position de sa gauche sera contraire aussi, et on obiiendra, en suivant la même règle que tout à l’heure,ides déviations en sens contraire , ainsi que les donne l'expérience. La position de l'observateur dans le courant , la face tournée vers l'aiguille et la direction de ses pieds à sa tête la même que celle du courant, étant ainsi complétement déterminée , el servant à définir exactement toutes les circonstances de la situation d’un courant électrique par rapport à un aimant, indépendamment de leur position absolue dans l’espace, on peut , pour abréger, quand il s’agit de celle situation relative , appeler la gauche et la droite du courant , la gauche et la droite de l'observateur placé comme nous venons de le dire; et d’après celte convention nous énoncerons la règle à laquelle se ramènent les expériences de M. OErsted, en disant que le pôle austral de l’aiguille soumise à l’action du courant électrique est toujours jeté vers la gauche de ce courant. Nous trouverons bientôt la raison de ce fait en le ramenant au fait très-simple de la direction que deux courans électriques tendent mutuellement à se donner quand ils agissent l’un sur l’autre. xid 24. Il serait impossible de. déterminer exactement dans quelle situation un courant électrique tend à amener l'aiguille aimantée sur laquelle il agit, si l’on n'isolait pas cette action de celle qu’exerce le globe; pour cbserver les effets du conducteur seul, Gest à. quoi l’on parvient en suspendant une aiguille semblable à aiguille d'inclinaison , de manière que le globe n’ait aucune action our la diriger. Telle est, par exemple, l’aiguille de | Am représenté fig..15,
qui permet de donner à l’axe CD qui porte l’aiguille AB toutes les directions possibles, au moyen des deux vis de rappel E,F, dont l’une sert à le faire tourner autour d’un axé verticai, et l’autre à l’incliner à volonté; un cercle LMN attaché aux deux règles de cuivre qui portent cet axe , et divisé en degrés , sert à mesurer la dé- .viation qu’éprouve l’aiguille par l’action du : conduc- Ë
teur; les supports GH et IK , d’une substance isolante , telle que l’ivoire , sont destinés à fixer ce fil au-dessus de l'aiguille à la distance qu’on veut , en le faisant passer dans des trous qui y sont pratiqués de distance en distance. Lorsqu'on met l’axe CD dans la direction que rend l'aiguille d’inclinaison dans le lieu où l’on se trouve, l'aiguille de l’instrument ne peut se mouvoir que dans un plan perpendiculaire à la direction que le globe tend à lui donner , et par conséquent il n’a plus aucune action pour la diriger. Îl est d’ailleurs aisé de s’assurer que l’on a rempli cette condition, en voyant si l'aiguille reste immobile quelle que soit la position qu’on lui donne.
Avec cet appareil on reconnaît facilement que le courant électrique, quand il agit seul, amène l'aiguille aimantée dans la position où la ligne qui joint les pôles de cette aiguille est perpendiculaire à la direction du courant , et où son pôle austral est à la gauche du courant. C’est la position où l’on voit constamment se fixer l'aiguille. Elle la dépasse d’abord en vertu de la vitesse acquise , puis y revient, la dépasse encore et s’y arrête enfin après un nombre d’oscillations d'autant plus grand que l'aiguille est plus mobile; cette loi s’observe toujours , quelle que soit au commencement de l’expérience sa direction et celle du courant. Le pôle austral de l'aiguille fait d'autant plus de chemin pour arriver à la position indiquée qu’il en est primitivement plus éloigné, en sorte même que si l’on dispose le conducteur de manière qu'il soit perpendiculaire à la direction de l'aiguille, mais que le pôle austral soit à droite du courant, ce pôle parcourra une demi-circonférence pour venir se placer à gauche du courant, l'aiguille élant comme danssa position primitive à angles droits avec la direction du conducteur.