MANGANÈSE
Dans une suite d'expériences que fit M. Arfwedson sur le peroxide natif du manganèse, il découvrit, qu'outre le peroxide pur, il se rencontre, parfois dans la nature, une substance composée de deux atomes de.peroxide et d’un atome de protoxide, ensemble avec 10,08 pour cent d’eau; * d’où il suit que ses parties constituantes sont : |
Protoxide de manganèse. 26,11 ou 4,9=1 atome. Peroxide de manganèse. 63,81 11,0=2 atomes Fat PT CR NT PR EE di 1,7=—1,9 atome
D 'TNUE EO®,00
Cet hydrate ne tache point les mains , etil donne une couleur brune rougeâtre. Il est quelquelois cristallisé en ‘fines aiguilles. ? L |
D’après les expériences de MM. Chevillot et Edwards sur le caméléon minéral , il y a lieu de croire, que le manganèse peut se combiner avec une proportion d’oxigène plus grande que celle qui existe dans l’oxide noir, et que le composé qui en résulte ,'a les propriétés d’un acide. Ces messieurs sont parvenus à former un sel cristallisé , composé de potasse, d’oxide noir de manganèse et d’oxigène , toutes parties conslituantes, présentes, en proportions définies. Ge sel. est roûge, mais sa couleur passe au vert lorsqu'il contient un excès de potasse. La quantité d’oxigène paraît devoir être rapportée au manganèse et non à la polasse; il est donc présumable que l’oxigène se combine plus particulière: ment avec l’oxide du métal. Lorsqu'on chauffe les cristaux du sel rouge, en contact avec du gaz hydrogène, il y a ignition. Avec le phosphore, ces cristaux produisent une détonation violente, ils enflamment le soufre ,
Acide manganesique.
l'arsenic , l’antimoine, et ils produiraient le même effet .
sur tous les corps combustibles essayés.
Si l’on suppose que cet acide manganésique, ainsi
+ 6° édition de Thomson, vol. 1; page 419; Annales de chimie et de physique, tome VI, page 204. |
‘ 6® édition de Thomson, vol. I, page 419, et Journal de physique, LXXXVII , 464,
Séléniure,
Histoire,
que MM. Ghevillot et Edwards pensent qu’il pourrait être nommé, est un composé de 1 atome manganèse, et trois atomes oxigène, alors ses parties constiluantes seraient :
Manganèse... . . . . . . . 9,9 ou 100,00 Oxirénes ci ets de RU TO EN PA CARRE
Du Zinc.
La combinaison du zinc avec le sélénium s'opère aussi diflicilement que celle du soufre avec ce même dernier métal; mais si l’on met une baguette de zinc chauflée au rouge, en contact avec des vapeurs de sélénium , il y a explosion et production d’une poudre jaune , qui est un séléniure de zinc. Cette poudre se dissout dans l'acide nitrique avec dégagement du gaz nitreux. Le zinc est oxidé et dissous, tandis que le sélenium se sépare à l’état d’une poudre rouge. ?
Du Cadmium.
Le professeur Stromeyer de Goltingue, chargé de l'inspection des pharmacies du Hanovre, reconnut, en remplissant les fonctions de cet emploi dans la principauté de Hildesheim, en 1817, qu’on substituait, dans cette contrée, le carbonate de zinc à l’oxide de ce métal, dont l’usage avait été prescrit dans les pharmacopées. Ce carbonate de zinc se fabriquait à Salzgitter. D’après les informations qu'il prit auprès de M. Jost, qui dirigeait cette fabrication, il apprit qu’on s’était trouvé dans la nécessité de substituer le carbonate à l’oxide de zinc, parce que cet oxide avait une couleur jaühe qui nuisait à son débit dans le commerce. En examinant cet oxide, M. Stromeyer s’assura , qu'il devait sa couleur jaune à la présence d’une petite quantité de l’oxide d’un métal nouveau, dont il fit la séparation, qu'il réduisit et exaimina! Il donna au métal qu’il obtint ainsi, le nom de cadmium,
* 6e édition de Thomson, vol. I, page 419, et Annales de chimie et de physique, tome VIII, page 537.
2 6e édition de Thomson, vol. 1, page 436, et Annales dé chimie et de physique, tome IX, page 241.
CADMIUM. ; 209
parce qu’on le trouve ordinairement accompagnant le zinc. Dans le cours des visites faites, il y a quelques années, dans les pharmacies de l’état de Magdebourg , on trouva , chez plusieurs pharmaciens, une préparation de zinc provenant de la Silésie , faite dans la manufacture de M. Hérmann, à Schônebeck, qui avait été saisie, comme étant supposée contenir de l’arsenic; parce qu’en la faisant dissoudre dans des acides , et en mêlant la dissolution avec du gaz hydrogène sulfuré , il s’y produisait un précipité qui, soumis à quelques expériences, fut jugé être de l’orpiment. Cetle circonstance ne pouvait être indifférente à M. Hermann, parce qu’elle compromettait le crédit de sa manufacture ; et particulièrement encore , parce que le conseiller de médecine Roloff, qui assistait à la visite des ut , avait envoyé son rapport du tout à M. Hufeand , à Berlin, qui le publia dans son journal médical. M. Hermann crut donc devoir soumettre à un nouvel examen, fait avec beaucoup de soin, l’oxide de zinc suspecté ; mais il ne put parvenir à y découvrir de trace d’arsenic. Il demanda alors au conseiller Roloff de répéter son expérience sur l’oxide ; et celui-ci ayant bien voulu essayer de nouveau la préparation de zinc inculpée , il reconnut que le précipité, qu’il avait pris d’abord pour de l'orpiment, n’en était réellement pas; mais qu'il était dû à la présence d’un autre métal, ayant une très-grande ressemblance avec l’arsenic, mais probablement nouveau. Pour acquérir une entière certitude à ce sujet, il fut envoyé des échantillons de l’oxide de zinc et du précipité jaune à M. Stromeyer, qui y reconhut aussitôt la présence du cadmium, en proportion considérablement plus grande (environ 8 pour cent) que dans l’oxide qu’il avait précédemment examiné. Cette circonstance lui fournit l'occasion de se procurer une quantité de ce nouveau métal , suffisante pour pouvoir en éxaminer én détail les propriétés. s | | Pour opérer la séparation du cadmium de l’oxide de zinc, avec lequel il se trouvait mêlé, le professeur Stromeyer , après avoir fait dissoudre l’oxide dans l’acide sul-
furique , et ajouté un excès de cet acide à la dissolution,
y faisait passer un courant de gaz hydrogène sulfuré, jusqu'à ce que lout le cadmium fût précipité. Ce métal
Comme on l'obtient.
Propriétés.
Oxide.
entraîne avec lui une portion de zinc et de-cuivre, s’il arrive qu'il y en ait présence. Le précipité est redissous dans l’acide hydro-chlorique concentré, et on se débarrasse de l’excès d'acide par évaporation. Le liquide est alors mêlé avec du carbonate d’ammoniaque en excès. Le zinc et le cuivre sont redissous en totalité , tandis que le carbonate de cadmium est précipité sous forme pulvérulente. En chauffant ce carbonate au rouge , il est converti en oxide pur de cadmium. En exposant ensuite un mélange de cet oxide et de noir de fumée à une chaleur modérément rouge, dans une cornue.de terre ou de verre, le cadmium est réduit à l’état métallique. É
Le cadmium, ainsi obtenu, est de couleur blanche, avec une très-légère nuance de gris-bleuâtre, ce qui le fait ressembler beaucoup à l’étain. Il est brillant et peut être susceplible de prendre un beau poli : sa cassure est hapiforme , et il cristallise aisément en octaèdres réguliers.
Ce métal est mou; il est facilement attaqué par la lime, ou peut être coupé au couteau : il est très-malléable, et peut être réduit, sous le marteau , en lames très-minces ; on peut aussi le tirer en fils. | |
Sa pesanteur spécifique , lorsqu'il a été fondu , est de 8,6040 ; mais elle s'élève , après qu'il a été écroui, à 8,094,4.
Le cadmium est très-fusible ; sa fusion a lieu avant que la chaleur à laquelle on l’expose soit au rouge : on peut l’opérer en le touchant avec un fil de fer rouge de feu. Il est aussi très- volatil, et peut être converti en vapeur , à une température de peu supérieure à celle du terme d’ébullition du mercure. Cette vapeur n’exhale point d’odeur particulière: Le métal en fusion se réunit en gouttes comme le mercure, et il cristallise à mesure qu'il, se réfroidit. ÿe,
Le cadmium, exposé à l’air, s’y altère aussi peu que le zinc, quoiqu’à la longue sa surface perde son éclat. Chauffe à l'air, il prend aussi facilement feu que le zinc ; il est transformé en un oxide de couleur jaune-brunâtre, qui ordinairement s’exhale à l'état d’une fumée jaunebrunâtre , et recouvre les substances qu’on tient au-des sus du métal en ignition; il ne produit même pas, en brûlant ainsi, d’odeur sensible. Lg sf
CADMIUM.. 301
“Le cadmium se dissout lentement dans les acides sulfurique , hydro-chlorique et acétique , avec dégagement de gaz hydrogène. L’acide nitrique le dissout aisément; et pendant la dissolution , il se dégage du gaz nitreux; dans tous les cas, il se combine avec la même proportion d’oxigène, ne formant qu’un seul oxide, de couleur jaune, fixe au feu et infusible à une chaleur blanche. Nous avons deux séries d’expériences faites par M. Stromeyer , pour déterminer la composition de cetoxide. La première donne le nombre équivalent pour le poids d’une molécule intégrante de l’oxide ; la seconde indique l’augmentation de poids que le métal éprouve lorsqu’ilest converti en oxide.
M. Stromeyer trouva que les composés salins suivans d’oxide de cadmium , sont formés , savoir :