PLATINE
cette action particulière tend à confirmer lopinion de
M. Dulong sur la composition de l'acide oxalique."
Le nombre proportionnel de or , tel qu'il se déduit des expériences de M. Pelletier, étant fort différent de celui donné par M. Berzélius, devait nécessairement faire naître quelques doutes sur l’exactitude de sa détermination; pour les lever, M. Javal a entrepris de, nouveau l’analyse de l’oxide d’or. Il résulte de ses expérien-
ces que, {
100 parties d’or prennent 11,909 d’oxigène.
Et d’après M. Berzélius 100 parties d’or prennent 12,077.
Ces nombres, comme on voit, coïncident presque exactement , et doivent faire césser toute incertitude.
M. Javal, après avoir. fait voir de plus, par des raisonnemens, combien les preuves de M. Pelletier étaient insuflisantes pour révoquer en doute l'existence des sels triples d’or, l’a démontrée plus évidemment encore en faisant l'analyse du chlorure triple de potassium et d’or. D'après cette analyse on doit regarder cette substance comme formée de 1 atome de chlorure de potassium , 2 atomes de chlorure d’or et 2 atomes d’eau, ou sur cent parties, de |
Chlorure de potassium. . . . 25,91 Chlorute d'or. #7, 4. au 68571
Eau... .......... 6,08
Du Platine.
Le platine , réduit en poudre , s’unit aisément avec le sélénium , avec dégagement considérable de chaleur. Ge séléniure est gris, et n’a pas éprouvé de fusion. Au feu , le sélénium se Combine avec l'oxigène , et se volatilise , laissant le platine pur. Lorsqu'on chauffe au rouge des séléniates dans des creusets de platine , ces vaisseaux sont attaqués, et deviennent d’un gris brunâtre. Mais si l’on
‘ Annales de chimie et de physique, tome XVIF, page 337.
Observations.
Séléniure,
Union avec le cadmium.
Avec le sili-
cium,
fait rougir les creusets sans les couvrir , le sélénium se Yolatilise. *
L’alliage du platine et du cadmium est d’un blanc légèrement argentin. Il est 'POUS (ATEDIUNG CABSATS ASE choïde: il est très-cassant, très-fusible. Lorsqu'on en à séparé lexcès du GE PA par la chaleur , cet alliage est composé de
Platine ous, Us NT OS Dh Cadaÿum:. 5 Ro A a
En supposant un atome de platine —<922,625, l’alage doit être composé de 1 atome platine et 4 atomes cadmium. Mais M. Thomson soupconne que le véritable nombre pour l’atome de platine, est 12 ; et alors l’alliage serait un composé de 1 atome platine et 2 atomes cadmium, ?
M. J.-B. Boussingault , élève mineur, s’occupant , au laboratoire de l’école des mineurs de Saint-Étienne, d’essais sur la fusion du platine , plaça un gramme de ce métal parfaitement pur, dans un creuset dei terre ,et une même quantité dans un creuset brasqué , et recouvert de poussière de charbon. Ces deux creusets ayant été posés dans le fourneau à vent, et soumis, pendant trois heures, à un feu très-violent , il trouva que le platine du creuset non brasqué avait acquis un grand éclat , mais n’était pas fondu; que celui du creuset brasqué, au contraire , était en culot parfaitement fondu. Cette expérience fut répétée * en mettant dans le creuset, sans charbon , de la limaille de platine , et 30 grammes de rognures de ce métal dans le creuset brasqué ; les résultats "furent les mêmes. Depuis ces essais, on a constamment réussi à fondre le platine dans des creusets brasqués, et la fusion s’y opérait beaucoup plus facilement lorsqu'on recouvrait le métal avec de la poussière de charbon.
M. Boussingault avait remarqué que le platine, en se fondant, avait un peu augmenté de poids ; et comme sa
LA
1 6e édition de Thomson, vol. I, page 524; Annales de chimie et de physique, tome IX, page 249.
+ 6° édition de Thomson, FN I, page 526; Stromeyer, Gilben’s annalen, LX , 209.
.PLATINE. 3i7
fusion n’avait lieu que dans le charbon, il dut penser que cette augmentation de poids ne pouvait être attribuée qu’à une combinaison du métal avec le carbone.
Le platine pur, fondu , est d’an blanc grisâtre, se lais sant à peine entamer au couteau , et difficilement attaquable par la lime. Sa pesanteur spécifique est 20,5. À froid , il cède un peu sous le marteau ; mais bientôt il se fend , et présente une cassure grenue ; forgé au rouge
\ cerise, il s’égrène; au rouge très-obscur, il s’aplatit d’abord légèrement, puis il se brise. Chauffé , et refroidi lentement, il n’éprouve aucun recuit.
Le platine fondu , exposé au vent du soufflet d’une forge , ne s’est nullement radouci ; et ce moyen ne suflisant pas pour lui enlever le carbone qu’on lui supposait combiné, il fut cémenté , pendant une heure, dans de l’oxide de manganèse. Le culot cémenté n’ayant rien perdu de ses propriétés, et restant toujours intraitable ;: M. Boussingault commença à douter de la présence du carbone dans le platine fondu. Pour éclaircir,ses doutes à cet égard, et s’assurer si, comme le fer, ce métal ‘était susceptible de s'unir au carbone par cémentation , il stratifia dans un creuset des lames de platine , avec de la poussière de charbon de bois. Le creuset fut chauffé pendant quatre heures à une forte chaleur, ménagée cependant de manière à ne pas fondre le métal. Le platine, retiré du creuset, avait perdu en partie son éclat, et sa surface présentait des petites boursouflures. La pesanteur spécifique du platine cémenté. est de 17,5 à 18. Il a acquis une assez grande dureté pour rayer facilement le platine pur, il raie même le fer; mais il n’attaque pas l'acier : il ne se durcit pas sensiblement par la trempe.
Dans la cémentation , comme dans la fusion , le-platine augmente un peu de poids.
M. Boussingault, voulant alors examiner le platine fondu et cémenté , traita, par l'eau régale, 80 grammes de fonte de platine et de lames cémentées. La dissolution fut plus difficile que celle du métal pur ; il ne se manifesta, pendant qu'elle s’opérait, aucune trace de charbon; mais on remarqua une gelée transparente , qui, recouvrant les morceaux de platine, en rendait la dissolution plus difficile. Après avoir fait agir l’acide pen-
Cristallisa= {ion.,
dant long-temps, et en agitant sans cesse, on païvint à dissoudre presque en totalité le métal, Gette dissolution: ayant été évaporée , et le chlorure dissous par l’eau, on obtint pour résidu une poudre blanche. |
Cetie poudre, traitée au creuset d'argent avec trois: parties de potasse, se fondit facilement; et la masse, après refroidissement, fut entièrement soluble dans l’eau, à l'exception de quelques petits fragmens de platine, qu’on: sépara par le filtre. En versant alors, dans la liqueur filirée, quelques gouttes d’acide sulfurique, il s’y forma aussitôt un précipité blanc gélatineux.
Il est done évident que la poudre blanche obtenue pendant la dissolution du platine fondu et cémenté, est de la silice; et cette terre peut être considérée comme étant, dans le métal, à l’état de silicium. |
Il est très-probable, suivant M. Boussingault, que ce silicium provient du charbon de bois employé, et non du creuset ; car il en prit un d’une assez grande capacité, et après l'avoir rempli de charbon fortement tassé, et placé au centre de cette brasque un morceau de platine, le métal se combinait au silicium, comme quand cette brasque était plus légère. |
Pour juger ensuite de la quantité de silicium absorbée par le métal pendant sa fusion, on pesa exactement 5 grammes de platine, et on les fondit. Le culot pesait 9,025 grammes. 1 gramme de cette fonte donna à l’analyse 0,010 de silice. Si, dans la fonte de platine, la silice s’y trouvait à l’état de terre, on aurait dû obtenir, pour 1 gramme de fonte, 0,005 de silice ; mais on en a eu 0,010 : il faut donc que, pendant la dissolution de la fonte de platine dans l’eau régale, le silicium ait absorbé 0,005 d’oxigène. En admettant ce résultat, la silice pourrait être considérée comme contenant la moitié de son poids d’oxigène. *
M. Sowerby, après avoir observé qu'il ne connaît pas qu’on ait encore rien appris de positif relativement à la cristallisation du platine, annonce, qu’en examinant récemment quelques échantillons de ce métal , il en apercut plusieurs parcelles où la structure lamellaire était -
* Annales de chimie et de physique, tome XVI, page 5.
PALLADIUM. 519 évidente et le sens du clivage distinct. L’une d'elles of-
frait de plus quatre faces, TSH l’angle solide d’un octaèdre. : À
Du Pallidèum À
Le palladium et le sélénium s’unissent avec facilité et
avec production de chaleur pendant la combinaison. Le.
composé est gris et cohérent, mais il n’a point éprouvé de fusion. Le séléniure étant traité au chalumeau, le
sélénium est dégagé, et l’alliage se fond en un bouton à
métallique d’un blanc grisâtre , “fragile et à cassure cris-
talline ; d’où il suit qu Àl contient encore du sélénium. ?
* Annales de mire et de physique, tome XV, page 111. 2 6e édition de Thomson, vol. 1, page 551; Annales de chimie et de physique, tome IX, page 248,
Séléniure,
Géléniure,
Union avec le platine,
bulfuré.!
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