INTERMÉDIAIRES
De l’Antimoine.
L’Anrimoe se combine aisément avec le sélénium , et cette combinaison produit de la chaleur, Le composé se fond et forme un bouton métallique à texture cristalline. Le séléniure, lorsqu'il est fortement chauffé à l'air, se recouvre d’une scorie vitreuse. ’
M. Fox a observé ( Annals of philosophy, xi, 467) que l’antimoine et le platine se combinent très - rapidemeni et avec ignition. Il pense que le platine, par son alliage avec l’antimoine , qu’on en sépare ensuite par la chaleur, peut être rendu suffisamment pur pour son emploi dans les manufactures. ?
Du C hrôme.
M. Lassaigne , s’occupant de recherches sur l'oxide de chrôme, essaya de plusieurs manières et sans succès de le décomposer par le soufre pour en opérer la combinaison avec ce corps; mais réfléchissant que la plupart des chlorures métalliques ont la propriété d’être décom-
posés par le soufre et convertis en sulfures , il crut de-
voir tenter ce nouveau moyen. En faisant bouillir ensemble de l’acide chromique et de l’acide hydro - chlorique en excès , et évaporant à siccité dans une capsule de porcelaine, il obtint, sous forme d’une masse boursouflée très-légère, un chlorure de chrôme d’un rose
1 6e édition de Thomson, vol. I, page 556; Annales de chimie et de physique, tome IX, page 240.
2 6° édition de Thomson, vol. I, page 358.
'THROME: : ŒUAT 321
hortensia. Après avoir alors mêlé ce chlorüre , réduit en -poudre, avec cinq fois son poids de fleurs de soufre , il introduisit le mélange dans un tube de verre recourbé, qui fut chauffé par degrés j jusqu’au rouge blanc. |
Il se dégagea d’ abord un peu de gaz hydro - sulfarique ; puis du. gaz hydro - chlorique; l'excès du soufre se sublima ensuite avec une petite quantité de chlorure de chrôme rose ; enfin, il se manifesta vers la fin de la calcination des vapeurs blanches très-épaisses , d’une odeur piquante désagréable, qui étaient du chlorure de soufre.) :: :
La partie inférieure du tube renfermait une malière très- légère d’un gris noirâtre, se réduisant en poudre avec la plus 9 grande facilité ; matière, que par plusieurs épreuves, M. Bassalgde s’assura être un véritable sulfure de chrôme. | :: Ce sulfure est gris. no iétrer onctueux au Ph il laisse sur les corps contre lesquels on le frotte, des traces noires, brillantes comme la plombagine ; chauffé au rouge cerise dans un’ creuset de platine , ‘il brûle comme du pyrophore, en répandant une odeur très-vive d'acide sulfureux, et donnant naissance À un oxide de chrôme d’un vert foncé.
L’acide nitrique n’attaque pas Étomatbléraent ce uses même à l’aide de la chaleur; mais l’eau régale le convertit en acide sulfurique et-en chlorure ‘de chrôme "ous
D uus déterminer la composition de ce sulfure , M. Lassaigne le traita d’abord avec du nitrate de potasse. Le soufre et le chrôme étant alors convertis en acides sulfurique et chromique , il se forma du sulfate et du chromate de potasse ; et en précipitant ensuite la dissolution, du résidu de leur calcination, par du nitrate acide de baryte , il déduisit, du sulfate de baryte obtenu, la quantité de soufre , et crut pouvoir conclure du résultat moyen de deux expériences, que le sulfure de chrôme, qu’il avait ainsi préparé, consistait dans :
Chrôme. CON COX e . CE | 100,00 POUR die del est" "10,94
Par suite de ces expériences , M. Lassaigne a trouvé
Alliages du chrôme avec le fer et l’acier.
Alliage avec le ler.
Avec l'acier.
un procédé-plus prompt et:plus économique pour préparer l’oxide de chrôme d’une belle couleur verte, et qui s'obtient toujours au même degré d’intgnsité, |
Ce procédé consiste à calciner au rouge, dans un creuset de terre fermé , un mélange à parties égales de chromate de potasse cristallisé, ou en masse, ce qui réussit également bien, et de soufre. On lessive ensuite la masse verdâtre qu’on obtient, pour dissoudre le sulfate et le sulfure dé potasse, qui se sont formés pendant la calcination; l’oxide de chrôme se précipite, et au moyen de plusieurs lavages, on le met à l’état de purelé,!
M. Berthier, ingénieur des mines, a fait, sur les alliages du chrôme avec le fer et avec l'acier, des expériences , dont les résultats lui ont donné lieu de conclure, qu'avec un minerai de fer chromé , on peut préparer un alliage très-riche en chrôme , en faisant fondre ce minerai au creuset brasqué avec 0,30 de chaux et 0,70 de silice, ou avec 1,00 de verre alkalin, où mieux encore avec 0,40 de borax wvitrifié; et que pour extraire le plus de chrûme possible d’un minerai de fer chromé , il faut ajouter aux fondans une certaine quantité-d’oxide de fer.
M. Berthier a préparé l’alliage du chrôme avec l'acier en fondant de lacier fondu de première qualité, cassé en très-petits morceaux, avec un alliage de fer et de chrôme. Il pense que c’est ainsi qu’on pourra préparer cet alliage en grand, en substituant l'acier cémenté à l'acier fondu. H n’y aurait pas, suivant lui, d'avantage à remplacer l’alliage de fer et de chrôme par du minerai de fer chromé , mêlé avec de la poussière de charbon , parce: que le verre terreux, que lon met dans les creusets pour décaper les morceaux d'acier, et pour les préserver du contact de l'air, dissoudrait probablement la plus grande partie du minerai , et empêcherait sa réduction , ce dont on peut d’ailleurs faire lessai.
M. Berthier annonce avoir préparé ainsi deux alliages d’acier fondu et de chrôme, l’un contenant 0,010. de chrôme , et l’autre 0,015 ; ces alliages se sont bien forgés tous les deux; on en a fait un couteau et un rasoir,
* Annales de chimie et de physique, tome XIV, page 290.
dont les lames se sont trouvées très-bonñés , avec tran-
chant paraissant dur ct solide. Ces lames , frottées avec
de l'acide sulfurique, ont pris un beau damassé , agréablément veiné d’un blanc d'argent très-brillant, ressem-
blant beaucoup à celui qu’on obtient en alliant l'argent
à l'acier. M. Berthier regarde comme probable , que les
parties blanches sont du chrôme pur, sur lequel il est connu qué les acides n’ont pas d'action; et il ÿ a lieu de croire, suivant lui, que l’acier chromé sera propre
à fäire des lames de sabre damassées, solides, dures et d’un bon effet, et beaucoup d’instrumens de coutellerie fine. * K OXIDÉS NON-SALIFIABLES.
De l'Eau.
C’est à M. Thénard que la chimie doit l’importante
découverte de la combinaison de l’oxigène avec l’eau,
et la connaissance des propriétés extraordinairés que
possède l’eau oxigénée.
Dans le compte que ée sävant a successivement rendu
à l’Académie des sciences de l’Institut de ses reclierches et de sés expériences. sur les acides et oxidés 6xigénés , il expose, qu'ayant eu lieu de remarquer l'influence de l’eau dans l’oxigénation des acides , il se trouva naturellement porté à s'assurer si l’eau seule ne serait pas susceptible de s’oxigéner ; et il essaya d’opé-
rer cette oxigénation au moyen de l'acide sulfurique oxigéné ct de l’eau de baryte. Ayant, à cet effet, versé peu à peu de l’eau de baryte dans l’acide sulfurique oxigéné , en ayant soin d'agiter constamment la liqueur, il rémarqua, qu’en approchant du point de saturation, l’ef-
fervescence qui, jusque-là n’avait pas été sensible , de-
venait assez vive, et que le sulfate de baryte se précipitait en flocons. La liqueur filtrée, après sa saturation
complète , ne contenait plus ni acide sulfurique, ni ba-
ryte, et cependant elle renfermait beaucoup d’oxigène.
M. Thénard crut pouvoir en conclure que l'eau est sus-
ceplible de s’oxigéner.
+ Annales de chimie et de physique , tome XVIT, pagé 55.
Eau oxigénée.