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52/, DE LTAK&.
Ce savant ayant ensuite dirigé ses recherches -sur l’eau dans son état d’ oxigénation , il a jugé nécessaire d’en présenter les résultats avec les observations qu’elles lui ont donné lieu de faire, dans un mémoire que l’exposé de faits nouveaux si importans rend du plus grand intérêt.
M. Thénard annonce d’abord, AL ce mémoire , que, par eau oxigénée , il n'entend pas désigner la dissolution du gaz oxigène dans l’eau; mais, qu'il se sert provisoirement de cette expression pour désigner une tout autre combinaison , dont, jusqu’à présent , l’on n’a point observé d’ analogue , en la considérant du moins sous le rapport des propriétés qui la caractérisent. Il ÿ décril ensuite la préparation de l’eau oxigénée; et après avoir trailé de son analyse , il examine ses propriétés et celles des nouveaux produits que cette eau forme dans son contact avec certains Corps.
Mn On prépare l’eau oxigénée ainsi qu’il suit : Après avoir née, dissous du deutoxide de barium dans de l’acide hydrochlorique, et versé dans cette dissolution une certaine quantilé d'acide sulfurique, on répète nombre de fois les deux opérations sur la même liqueur; c’est-à-dire, qu’à la première dissolution du deutoxide de barium dans laquelle on a versé de l’acide sulfurique , on ajoute un certain nombre de fois du deutoxide de barium, et ensuite de l’acide sulfurique. Dans cet état de la liqueur on y introduit du sulfate d'argent , et enfin de la baryte. Après avoir alors séparé par Le filtre tous les précipités auxquels ont dû donner lieu les additions successives à la liqueur, d’acide sulfurique , de sulfate d° argent et de baryte, on a de l’eau chargée de beaucoup d’oxigène. Dans cette manière d'opérer, l’acide hydro- -chlorique dissout promptement le deutoxide de barium, d’où résulie très-probablement de l’ hydro-chlorate de baryte et de l’eau faiblement oxigénée. L’acide sulfurique s’empare de la base de l° hydro- -Chlorate , avec laquelle il produit dans la dissolution un précipité de sulfate de bary te; et l’acide hydro-chlorique, ainsi rendu libre , peut agir sur une nouvelle quantité de deutoxide de bärium ; introduite dans la liqueur, et dont on sépare ‘de même ensuite la baryte; de sorte qu’en y ajoutant alternativement
| DE L'EAU. 325 du deutoxide de barium et de l’acide sulfurique , on parvient à obtenir une eau chargée d’acide hydro-chlorique et de plus oumoins d’oxigène. En mettant ensuite dans cette eau du sulfate d’argent, il se produit un chlorure d'argent, qui se précipite, et l'acide hydro-chlorique y est remplacé par l'acide sulfurique ; et enfin, par une addition de baryte, on sépare en totalité ce dernier acide qui se précipite dans la liqueur en combinaison avec la baryte , et cette liqueur n’est plus en dernier ré-
sultat que de l’eau plus ou moins oxigénée. Mais on ne
réussirait qu'imparfaitement dans ce procédé de préparation de l’eau oxigénée , si les matières dont il nécessite l'emploi n’étaient pas pures , et mises en proportion convenable. Et comme M. Thénard considère qu’il est très-difficile, sinon impossible, de se procurer du deutoxide de barium parfaitement pur , il a cru devoir indiquer, dans le plus grand détail , les précautions à prendre pour assurer le succès des opérations.
Pour préparer le deutoxide de barium , il faut opérer d’abord avec du nitrate de baryte exempt de toutes matières étrangères ; et l’on parvient à le rendre telen ajoutant un excès de baryte à sa dissolution dans l’eau , et en faisant cristalliser la liqueur, après Pavoir filtrée, dans des vases de platine, d'argent ou de porcelaine. On décompose ensuite ce nitrate ainsi purifié par la chaleur, en se servant à cet effet, non d’une cornue de grès , qui contient trop d’oxide de manganèse , mais d’une cornue de porcelaine bien blanche. Cette opération , dont l’objet est d'extraire la baryte du nitrate de cette base , peut avoir lieu, suivant M. Thénard } sur une quantité de > kilogrammes à 2 kilogrammes et demi de nitrate de baryte à la fois, et l’on juge qu’elle est terminée lorsqu'il-ne se dégage plus d’oxigène ; ce qui se reconnaît facilement en introduisant une allumette dans le col de la cornue. La baryte , ainsi séparée du nitrate , reste bien unie à une quantité assez forte de silice et d’alumine ; mais l'essentiel est qu’il ne s’y trouve que des traces d’oxide de manganèse, qui a la propriété de chasser avec une grande énergie l’oxigène de l’eau oxigénée.
On introduit alors la baryle, après lavoir promptement réduile en morceaux de la grosseur de l'extrémité
Préparation du deutoxide de barium. i
Précipitation de la baryte.
du pouce, dans un tube de verre luté pouvant en coritenir 1 kilogramme ; et ce tube ayant été entouré de feu, de manière à le faire rougir légèrement , on y fait arriver un courant de gaz oxigène, après lavoir fait passer à travers des fragmens de chaux vive pour le dessécher,
Quelque rapide que soit le courant de ce gaz , il est complétement absorbé ; de sorte que, lorsqu'il se dégage par le pelit tube, qui doit faire suite à celui contenant la baryte, on en peut conclure que le deutoxide de barium çst fait. Il convient cependant de maintenir encore le courant de gaz pendant 15 à 15 minutes. Le tube étant en grande partie refroidi, on en retire le deutoxide pour le conserver dans un flacon bouché. | { Le caractère distinctif du deutoxide de barium.est de se dilater par quelques gouttes d’eau, sans l’échauffer. Sa couleur est le blanc-zris, avec quelquefois aussi de petites taches vertes qui annoncent la présence, d’un peu de manganèse. M. Thénard pense , d’après les tentatives qu'il a faites pour éviter ces taches, que la portion de manganèse qui les produit provient plutôt du tube de verre que de la cernue; et il croit pouvoir se persuader qu’elles ne disparaîtraient complétement qu’en préparant la baryte et le deutoxide dans des vases de platine. Quant à l’oxigène qu’on fait passer sur la baryte pour la convertir en deutoxide de barium, M. Thénard fait observer, comme une remarque importante, que si on l’a extrait de l’oxide de manganèse ,:1l faut faire en sorte que cet oxide ne contienne pas de carbonate. S'il y en existait, on aurait soin de l’en débarrasser, avant de s’en servir, en le mettant en contact, après l’avoir pulvérisé, avec un excès d’acide hydro - chlorique, en le lavant bien ensuite, et le faisant sécher. De plus, il conviendrait de faire passer l’oxigène à travers. une dissolu-tion de potasse caustique ; et même de fragmens de
pierre à cautère , pour acquérir la certitude qu'il n'ar-
rive point d'acide carbonique jusqu’à la baryie ; et cette précaution est; d'autant plus nécessaire, que l'acide carbonique qui accompagnerait l'oxigène s’opposerait, en se combinant avec la baryte, à sa conversion en deutoxide
de barium. | : Pour opérer alors la dissolution du deutoxide de
DE L'EAU 327 bärium par l'acide hydro-chloriqué:, son ajoute à cet: acide pur et fumant de l’eau.en quantité suflisante pour que l'acide , étendu de 2 décilitres ; par exemple , de ce liquide, puisse dissoudre enviton'15 grammés de barÿte ; et après avoir mis cette liqueur acide dans un vase maintenu constamment entouré de glace , on y introduit , après les avoir très-légèrement humectés , puis sucessivement broyés dans un mortier d’agate , ou de verre et à mesure qu'ils sont réduits en pâte finé ; 12 grammes du deutoxide. Ils s’y; dissolvént promptement et sans effervescence , surtout par l'agitation. La dissolution étant complétement achevée , on y laisse tomber goutte. à goutte de l’acide sulfurique par et concentré jusqu’à ce qu'il y-en ait un léger excès ; ce qui se manifeste par la propriété qu’à le sulfate de baryte, qui se forme tout à coup , de’se déposer facilement en flocons ; et cette indication est celle du point auquel il convient d’arriver pour que la filtration de là liqueur se fasse ensuite avec la plus grande facilité. Lorsqu'il ne passe plus rien par lefiltre , il faut verser sur ce qui reste une petite quan : tité d’eau distillée, qu’on réunit à la liqueur primitive ; el. même, pour ne rien perdre, on peut , après avoir étendu le filtre égoutté sur un plan de verre, enlever la matière , la délayer dans une très-petite quantité d’eau , et filtrer le tout. Les eaux , ainsi obtenues ,, étant, peu chargées , servent pour laver ultérieurement les filtres. Ces opérations de la dissolution du deutoxide de barium par l’acide hydro-chlorique , et de la précipitation de la baryte par l'acide sulfurique'étant terminées, on y pro- cède successivement de nouveau et de la même manière,
ainsi qu’on l’a déjà dit, jusqu’à ce que la liqueur soit ‘assez chargée d’oxigène. Apr 9
On peut; en employant la quantité d’acide hydrochlorique indiquée, traiter énviron go à 100 grammes de deutoxide de barium; il er :ésulteune liqueur chargée de 23 à 30 fois son volume d’oxigène ; si l’on voulait loxigéner davantage , il faudrait y ajouter de Pacide hydrochlorique, M. Thénard annonce être parvenu plusieurs fois , par ce moyen, à charger la liqueur de 125 volumes d'oxigène; mais alors il l’acidifiait assez tout de suite de manière à pouyoiry dissoudre 30 grammes de deutoxide,
* Décomposition de l'acide hydro-chloriue,
en ayant soin de maintenir l'acidité au point de pouvoir encore , après cette première dissolution , y faire dissoudre 20 grammes de plus de deutoxide , sans l’intermède de l’acide sulfurique ; mais il a reconnu, qu’il n’y aurait . pas d'avantage à opérer ainsi , en considérant la quantité
-de gaz que la liqueur laisse dégager du jour au lende-
main , dès qu’elle renferme environ 50 volumes d’oxigène.
Lorsque la liqueur est chargée d’oxigène autant qu’on le désire ; on la-sursature de deutoxide en la tenant toujours dans la glace, Bientôt il s’en sépare en abondance des flocons de silice et d’alumime , ordinairement colorés en jaune par un peu d’oxide de fer et d’oxide demanganèse. On jette le tout sur un filtre de toile ; on y enveloppe la matière pour l’y comprimer fortement, ce qui doit se faire très-promptement ; car , si peu qu'il y ait dans le résidu d’exide de manganèse , cela suflit pour produire un déga-
gement assez considérable d’oxigène, Pour précipiter de
la liqueur filtrée le peu de silice et d’oxide de fer et de manganèse qui aurait pu y être resté , on y ajoule, en l’agitant toujours entourée de glace , de l’eau de baryte goutte à goutte. Si, la baryte étant en excès légèrement sensible au papier de curcuma, il ne se produit point de précipité , c'est une preuve que tout l’oxide de fer, et tout l’oxide de manganèse sont séparés; et, comme on ne peut trop wite isoler l’oxide de manganèse à raison de la quantité de gaz qu'il chasse de la liqueur, il faut , aussitôt l'addition suffisante de baryte, la filtrer le plus promptement possible en se servant à cet eflet de plusieurs filtres à la fois et que souvent il faut employer en double pour suppléer au déchirement, par le gaz, du filtre simple. Pour séparer alors l’acide hydro-chlorique de la liqueur dans cet état, on commence par en précipiter toute la baryte par un petit excès d’acide sulfurique , puis après l’avoir filtrée et entourée de glace, on y verse peu à peu , en l'agitant , du sulfate d’argent pur , obtenu au moyen de l’oxide d'argent et de l’acide sulfurique, mais préparé de manière qu'il ne contienne point d’oxide libre. Lorsque la quantité de sulfate d'argent employée, est assez grande pour que la décomposition de l'acide hydro-chlorique soit complète, la liqueur devient tout à coup limpide de trouble qu'elle était restée jusque-là ; mais, de même qu'il
DÉ L'EAU | 329 importe que la liqueur ne contienne plus d'acide hydrochlorique , il est nécessaire aussi. qu’il n’y reste pas un excès de sulfate d’argent. Il conviendra donc de l'éprouver successivement et par le nitrate d’argent et par l'acide hydro-chlorique; ce qui peut se faire en mettant un peu de. ces réactifs dans des tubes, et y ajoutant une goutte de la liqueur. Si, au lieu de traiter immédiatement la liqueur par loxide d’argent, il est recommandé : de se servir de sulfate de ce métal , c’est qu’avec l’oxide d’argent on ne peut obtenir de l’eau oxigénée. Ghaque fois en effet qu’on ajoutera une portion de cet oxide à la liqueur , il se produira une eflervescence très-sensible, et l’on reconnaîtra, qu’en dernier résultat, la liqueur filtrée ne retiendra pas d’oxigène. |
Actuellement l'acide hydro-chlorique ayant.été remplacé dans la liqueur par l’acide sulfurique , il reste à lui enlever celui-ci. À cet effet, après avoir versé cette liqueur dans un mortier de verre , entouré de glace, on y ajoute peu à peu de la baryte éteinte , bien délitée et réduite en poudre fine , ou plutôt dela baryte cristallisée, desséchée par l’acide sulfurique dans le vide et bien broyée. On la broie de nouveau dans le vase de verre, et lorsqu'on juge qu’elle est unie à l'acide, on en ajoute une autre partie, etc. Enfin, lorsque la liqueur rougit à peine le papier de tournesol , on la filtre, on comprime le filtre dans une toile , et l’on achève la saturation de la liqueur filtrée , en l’agitant, par de l’eau de baryte; il convient même d’ajouter, de cette eau en très-pelit excès pour séparer des traces de fer , ét surtout de manganèse que la liqueur pourrait contenir encore. Il faudra , ainsi qu'on l’a déjà observé , qe la filtration soit faite immédiatement après. L’excès de baryte sera ensuite précipité par quelques gouttes d’acide sulfurique faible ; et ‘de manière qu’il reste plutôt dans la liqueur un peu d'acide que de baryte ; celle-ci tendant à dégager l’oxigène ; tandis que l’acide rend la combinaison plus stable.
Après toutes. ces opérations, la liqueur claire ne devant plus être considérée que comme de l’eau oxigénée
étendue d’eau pure , on la versera dans un vase de verre
à pied, et bien propre, qui sera placé dans une large capsule remplie aux deux tiers d’acide sulfurique con-
Précipilalion de l'acide sulfu+ rique.
Condensation de La liqueur.
Analyse de
l'eau oxigéuée.
centré; etle tout ayantété introduit,sous la clochepneumatique on fera le vide. L'eau pure ayant beaucoup plus de tension que l’eau oxigénée , se vaporisera bien plus rapidement; de telle sorte, par exemple, qu'au bout de deux jours la liqueur pourra contenir 250 fois son volume d’ oxigène.
L’acide hydro-chlorique n’est pas le seal acide eapablé a agir sur le deutoxide de barium, de manière à former un sel de baryte et de l’eau oxigénée. Tous les acides qui peuvent dissoudre la baryte , ont encore cette propriété ; mais l'acide hydro-chlorique doit être employé de préférence comme étant celui qui attaque le mieux le deutoxide de barium , et parce que presque tous les autres seraient Uès-difliciles à séparer complétement de l'eau oxigénée.
Îl est aussi d’autres oxidés que le deutoxide de barium , qui , mis en contact avec les acides , produisent de Feau oxigénée: tels sont les peroxides de potassium, de sodium, de strontium, de calcium, et quelques autres encore. Mais il n'est pas possiblé de s’en servir, non-seulement parce qu'on ne peut pas parvenir à les séparer complétement de la liqueur oxigénée, mais encore parce que leur préparation présente de grandes difficultés.
Ainsi jusqu’à présent, le procédé qui vient d’être décrit est le seul au moyen duquel on puisse se procurer une quantité notable d’eau oxigénée. |
Pour conserver le plus long-temps possible l’eau oxigénée , il faut ; après l'avoir versée dans un long tube de verre fermé à l’une de ses extrémités, boucher avec du liége l’autre extrémité de ce tube et l’entourer de glace. Pourvu qu’on mette les vases à la cave, dans l'été , et qu’on les recouvre d’une cloche, la quantité de glace fondue en un jour esl très-pelite.
L'analyse d’une eau oxigénée consiste à la stiléitat en eau et en gaz oxigène pur ; ce qui peut se faire , ou par l’action de: la chaleur, ou au moyen de lexide noir de manganèse , qui a la propriété de dégager l’oxigène de cette eau, sans en absorber et sans en abandonner la plus petite portion. M. Thénard , qui fit usage de l’un et de l'autre de ces deux modes d° analyse de l’eau usine à y-procédait ainsi qu'il suit :
DE L'EAU. 351 Il fait observer d’abord, qu’en opérant au moyen de la chaleur , il convient d’étendre l’eau oxigénée d’une certaine quantité d’eau distillée, parce que le dégagement du gaz d’uné eau saturée d’oxigène’est si brusque et si considérable , qu'il pourrait en résulter quelque danger. | LES Après avoir pesé à une’ bonne balance une ampoule de verre à deux pointes et bien sèche , il ‘y: introduisait de l’eau oxigénée pure ; en faisant plonger dans cette eau l’une des pointes de l’ampoule , et aspirant lentement l’air par Pautre ; puis il fermait , à la flamme d’une allumette, l'extrémité de la pointé par laquelle l’eau oxigénée était entrée dans l’ampoule , qu’alors il pesait de nouveau ; la différence des deux poids lui donnait exactement celui de l’eau oxigénée. | Pour ajouter ensuite de l’eau à cette eau’ oxigénée, ‘avant de la soumettre à l’action de la chaleur, il la faisait écouler en brisant l’extrémité de la pointe inférieure de l’ampoule , dans un verre contenant de l’eau distillée. Après avoir alors lavé par aspiration, lampoule ellemême, d’abord avec l’eau du verre, puis avec d’autre eau , il versait le tout dans un flacon d’un poids connu. ‘Il lavait ensuite le verre, et cette eau de lavage étant “ajoutée à la liqueur dans le flacon , il le pesait ; la différence des deux poids, du flacon vide et de ce flacon avec Ja liqueur, lui donnait le poids de celle-ci. En retranchant après cela, le poids déjà connu de l’eau oxigénée , l’excédant était celui de l’eau ‘unie à cette eau oxigénée. Pour faire subir ensuite à l’eau oxigénée , ainsi étendue , l’action de la chaleur , après en avoir rempli, comme dans l'opération précédente , une ampoule à deux pointes , cette ampoule fut introduite, ses deux pointes étant hermétiquement fermées , dans un tube de verre renversé , ‘de 48-centimètres de long, et de 2 centimètres de dia- ‘mètre intérieur , bouché à son extrémité inférieure, et rempli de mercure. Alors, au moyen d’une baguette restée dans le tube , l’ampoule ayant été brisée, on chauffa de suite la liqueur en l’entourant de charbons maintenus à une certaine distance dans une galerie circulaire de fil de fer, qu’un manche, également formé de fil de fer, permettait d'élever ou d’abaisser à volonté; et après avoir
continué de chauffer la liqueur, non-seulement jusqu’à ce qu’elle ne laissât plus dégager de gaz, mais encore jusu’à ce qu’elle eût été portée à plusieurs reprises à l’état d’ébullition , il fut reconnu que tout l’oxigène avait repris l’état gazeux. Le gaz ayant été mesuré à la manière ordinaire, et M. Thénard ayant cru devoir en faire l'essai par l’hydrogène , il le trouva constamment pur à un demi centième près. | | no On procède de même dans l’autre moyen d’analyse, avec la seule différence que l’ampoule étant brisée dans le tube , on introduit successivement au haut de ce tube quelques gouttes de dissolution de potasse caustique faible et un peu d’oxide de manganèse délayé dans l’eau ; on ferme quelque temps après le tube avec la main, et, en l’agitant en divers sens pour multiplier les points de conact entre la liqueur et l’oxide, il ne reste plus qu’à mesurer le gaz. L'objet de l'addition de la potasse est de saturer la très-petite quantité d’acide que peut contenir la liqueur oxigénée acide ; lequel, s’il restait libre, dégagerait un peu d’oxigène de l’oxide de manganèse lui même. “NP | M. Thénard, ayant ainsi fait l’analyse d'eaux oxigénées d’une densité de 1,415, et de densité comprise entre celles de 1,415 et 1,452, il reconnut que l’eau de celie dernière densité de 1,452 est la plus dense, et par conséquent la plus chargée d’oxigène qu'il ait pu obtenir; car, après lavoir tenue encore pendant deux jours sous la imachine pneumatique , il trouva , qu’au bout de ce temps, elle avait la même densité de. 1,452 , quoique son volume fût diminué d’une manière très-sensible. L'analyse
gram. gram.
ÿ gram. F de cette eau donna, sur 0,864 , 0,398 oxigène , et 0,466 eau pure ; et, comme cette quantité d’eau pure con-
gram.
tiendrait o,411 d’oxigène , en admeitant que dans l’eau, le poids de loxigène est à celui de l’hydrogène comme 88,29 à 11,71, M. Thénard en conclut, que dans l’eau oxigénée de la densité de 1,452, la quantité d’oxigène ajouté, était à la quantité d’oxigène constituant de l’eau, à peu près comme 4o à 41, c’est-à-dire que ces quantités seraient à peu près égales. \
Ïl résulte, suivant M. Thénard , de ses analyses d’eaux
DE L'EAU. 339 exigénées de densités différentes , et surtout de celle de l’eau oxigénée dont la densité est de 1,452:,:que Feau la plus oxigénée peut être considérée comme um peroxide d’hydrogèn:, contenant, relativement à la même quantité d'hydrogène , deux fois autant d’oxigène. que l'eau ordinaire ; et toutes les fois que l’eau, oxigénée ne, contient pas celte quantité d’oxigène , on peut la regarder comme un mélange d’eau pure et de peroxide d’hydrogène. M. Thénard ajoute, qu’il serait possible cependant qu'il y eût un degré d’oxigénation inférieure , et il serait même , d’après quelques observations ; disposé à le soupconner , mais c’est un point à éclaircir par de nouvelles expériences.
. L'eau chargée d’oxigène au point d’avoir acquis une densité de 1,452 , et qui, dans cet état, est un -peroæide d'hydrogène , est liquide, et incolore comme l’eau, ; elle n’a pas sensiblement d’odeur ; elle attaque l’épiderme instantanément et y cause des picotemens, dont la durée varie, suivant la quantité appliquée à la peau. Si cette quantité est trop grande, ou si le liquide est renouvelé, la peau elle-même est attaquée et détruite. Appliquée sur la langue , cette eau la blanchit et la picote aussi ; elle épaissit la salive , et produit sur l'organe du goût, une sensation difficile à exprimer, mais qui se rapproche beaucoup, suivant M. Thomson , de celle du tartre émétique ( tartrate de potasse et d’antimoine ). Son action sur l’oxide d'argent est des plus violentes. Chaque goutte de cette eau qu’on laisse tomber sur cet oxide. sec , produit une véritable explosion ; et elle donne lieu à un dégagement de chaleur tel , que si l’expérience se fait dans l’obscurité , il y a développement très-sensible de lumière. Les peroxides de manganèse et de cobalt , les oxides de plomb, de platine , de palladium , d’or, d’iridiam , etc. , agissent aussi très-vivement sur l’eau oxigénée , peroxide d’hydrogène. Plusieurs métaux , tels, par exemple ; que l’argent, le platine , l'or, l’osmium , l’iridium , le rhodium , le palladium , lorsqu'ils sont réduits en poudre fine, produisent le même effet. Dans tous les cas, c’est l’oxigène uni à l’eau , qui est dégagé , et quelquefois avec celui de l’oxide. Mais lorsque le peroxide d'hydrogène est mis en
Prôpriétés de l'exu oxigénée de la deusité de 1,452.
contact avec l’arsenic , le molybdène, le tungstène , et le
sélénium , ces corps s’unissent avec son oxigène , et sont souvent acidifiés avec production de lumière. L’addition d’un peu d’acide au peroxide d'hydrogène , le rend d’ane décomposition moins facile. L'or, à l’état de poudre fine, agit avec une grande force sur le peroxide d'hydrogène; mais son aclion sur ce liquide est nulle , s’il est mêlé avec un peu d’acide sulfurique. La fibrine, le tissu du poumon , le tissu de la rate , le tissu du cœur , etc. , ont’ aussi la propriété de dégager la seconde dose d’oxigène du peroxide d'hydrogène ; mais l’albumine liquide , lelbumine coagulée , la colle de poisson , la gelée de colle, l’urée et l'acide muriatique sont sans action sur ce liquide. ‘
M. Thomson conclut , de ce que le peroxide d’hydrogène contient, suivant M. Thénard , justement deux fois autant d’oxigène que l’eau, que c'est un composé de
atomes.
Hydrogène. . 0,125, ou en poids 1 Qxigène. is : + :2,000.: 8.4.0 "0 2 LD
d’où il suit, que l’eau à environ 4,5 degrés centigrades , doit absorber 666 son volume d’oxigène pour être convertie en eau oxigénée de la densité de 1,452, ou per-' oxide d'hydrogène. :
Le peroxide d'hydrogène , ce composé important ; est, ' ajoute M. Thomson, connu depuis trop peu de temps pour. qu’il ait encore pu être complétement examiné; mais ce qui ne lui semble pas douteux, c’est que la propriété qu’a la vapeur de chlore de blanchir, dépend en réalité de la formation d’une petite quantité de peroxide d'hydrosène. Le chlore décompose probablement une portion de l’eau , et s’unit avec son hydrogène, tandis que l’oxigène se combinant avec une portion d’eau , la convertit en’
peroxide d'hydrogène.”
5 Annales de chimie et de physique , tome IX, page 314, tome X, page 114, et tome IX, page 85. — Traité de chimie de Thénard, tome TI; 6e édition de Thomson, vol. 1, page 220; Annats of philosophy, XIV, pag: 209 et 275. ?,
Nota. M. Thomson fait mention, dans sa sixième édition, de la. découverte , par M. Thénard, de l’eau oxigénée, à la section qui. traite de l'hydrogène, et comme deutoxide de ce principe. J’ai pense
Application
M. Mérimée a dernièrement fait connaître undes bons à ru oniee.
effets de l’application de l’eau oxigénée à la restauration des dessins gâtés par l’altération du blanc de plomb.
Ün artiste français. des plus distingués était possesseur d’un beau dessin de Raphaël , mais malheureusement endommagé par des taches noires qui se trouvaient dans les parties rehaussées de blanc. M. Thénard ayant eu connaissance de ce fait, se rappela que parmi les nom-+ breux phénomènes que lui avait présentés! sa découverte de Peau oxigénée:, il avait remarqué la propriété-qu'elle a de convertir instantanément le sulfure noir de plomb en sulfate qui est blanc. I remit, en conséquence, à l'artiste, de Peau très-faiblement oxigénée , ne contenant au plus que à à 6 fois son volume d’oxigène , et il suffit de quelques coups de pinceau de cette eau pour enlever toutes les taches. Le papier, coloré par une légère teinte de bistre, ne fut en aucune manière altéré , et le dessin se trouva ainsi parfaitement restauré sans que la plus petite touche y eût été ajoutée.’
MM. Berzélius et Dulong avaient eu, chacun de leur côté , quelques raisons de soupconner que la valeur du rapport du poids des élémens de l’eau, généralement
adoptée depuis quelques années comme à l'abri de toute
objection, était affectée d’une légère erreur ;*et:ayant également considéré lun et l’autre de quelle importance il était de vérifier le fait, ils se décidèrent à entreprendre ensemble les expériences qui leur ‘paraîtraient les plus propres à éclaircir leurs doutes. 2 | Dès que la vérité , que l’eau résulte dela combinaison de l’oxigène avec l'hydrogène, eut été bien établie , la détermination des proportions de ces élémens du li-
qu’il pouvait être plus convenable de parler de cette découverte à l'article Eau, puisqu'elle résulte de recherches-sur la combinaison de Foxigène avec ce liquide, et sur les propriétés de l’eau oxigénée. Je regrette que l’étendue trop limitée de ce supplément ne m’ait pas permis d'y présenter dans son entier le mémoire de M. Thénard, où se trouve exposé dans son ensemble, et de la manière la plus claire et la plus précise, son travail sur cet objet important. Cependant, j'ai cru indispensable, au moins, d’en extraire, pour l'ajouter à ce que dit M. Thomson des propriétés du deutoxide d'hydrogène, ce
ui a rapport à la manière.de préparer l’eau oxigénée , et aux moyens d’en faire l’analyse. R.
* Annales de chimie et de physique, tome XIV, page 221.
née,
Nouvelle détermination des proportions de l’eau.
quide ne devait plus consister que dans la connaissance du rapport de leurs volumes , et celle: de leurs pesanteurs spécifiques. Ge fut à l’aide de l’eudiomètre de Volta, moyen auquel on avait , avec raison ,jugé devoir accorder le plus de confiance, que MM. Gay-Lussac et de Humboldt firent connaître, dans leur beau mémoire sur l’eudiométrie, les véritables proportions en volume des principes de l’eau; etleurs pesanteurs spécifiques avaient été établies par les’ recherches faites avec ‘le. plus: grand soin par MM. Biot et Arago , sur la mesure des. pesanteurs spécifiques des principaux gaz. | S'il y avait erreur dans la détermination, déduite de ces résultats , de 1,527 pour le nombre proportionnel de Fhydrogène , cette erreur ne pouvait tenir qu’à la pesauteur spécifique de l'hydrogène , ou à celle de l’oxigène , ou à toutes les deux à la fois. ; : Pour obténir, avant tout, la confirmation de leurs doutes à cet égard, MM. Berzélius et Dulong ont eu recours, de préférence , au moyen simple , et tout à la fois le plus exact et le plus commode, de la décomposition d’un oxide par l’hydrogène , en prenant toutes les précautions convenables pour se procurer du gaz hydrogène bien pur. À cet effet, un courant de gaz hydrogène, développé par l’action de l’acide sulfurique étendu d’eau sur du zinc, se purifiait en passant sur des fragmens de potasse caustique légèrement mouillés, et se desséchait ensuite en traversant du muriate de chaux. Il arrivait ainsi en contact avec de l’oxide de cuivre desséché et renfermé dans un tube adapté à l’appareil au moyen de deux petits tuyaux de gomme élastique; ce qui permettait d’en. prendre très-exactement le poids avant et après l’expérience. Lorsque le gaz avait passé en quantité suffisante pour chasser l’air atmosphérique, on chauffait l’oxide au moyen d’une lampe à esprit-de-vin. On reçut d’abord à l’état liquide dans un petitrécipient adapté à l'extrémité du tube qui contenait l’oxide, la plus grande partie de l’eau formée , et dans laquelle MM. Berzélius et Dulong ne purent découvrir aucune impureté ; dans d’autres expériences, le liquide et le gaz excédant , passaient à travers une longue colonne de muriate de chaux fondu. Les résultats obtenus, à plusieurs reprises; dans l’une
DE L'EAU: AT et l’autre de ces manières de procéder, s'éloignent trèspeu l’un de l’autre ; ce qui, l'eau ayant été reconnue parfaitement pure, porte. MM. Berzélius et Dulong, à considérer comme l'expression aussiexacte que possible de la composition de ce liquide, les nombres suivans ,
savoir :
st à ; Nos | Perte de poids A mp NA Proportiions des élémens % Fosse dû muüriate | l'hydrogène les , des ME de chaux cOmbiné AT OÙ ou poids avec é > RE expér. | de l'euu. dé Fe 100.d'oig. dans un poids T 100. ———— 4 1 1° | 85,051 9,052 12,454 |oxis. 88,942 PYd- 11,058 "x ; 2 10,832 12,107 12,001 88,809 11,191
Moy‘ 12,488 | M° 88,9. 11,1
Le terme moyen de ces résultats donne 12,488 d’hy- .drogène pour 100 d’oxigène , au lieu de 13,27 , nombre adopté ; ce qui fait presque un douzième de différence.
Ces résultats ne laissant plus à MM. Berzélius et Dulong aucun doute sur la réalité de l’erreur qu'ils avaient soupçonnée, ils s'occupèrent des moyens d’en rechercher la cause, en prenant de nouveau les densités de l’oxigène et de l’hydrogène. Il leur parut très -probable que celle de l'erreur , qui, dans les expériences de! MM. Biot et Arago, affectait le nombre par eux trouvé pour la densité du gaz hydrogène ; devait être attribuée à ce qu’à l’époque où ils les firent il n’était pas connu, çe que M. Dalton a prouvé depuis , qu'un gaz quelconque, insoluble dans l’eau, ne peut pas séjourner sur ce liquide, même pendant un temps assez court sans s'imprégner d'une certaine quantité du mélange gazeux, que l’eau tient toujours en dissolution ; circonstance qui doit particulièrement influer d’une manière plus sensible sur le gaz hydrogène que sur tout autre , à raison de sa légèreté et de ce qu'il est plus susceptible aussi de s’altérer plus rapidement par son séjour sur l’eau.
MM. Berzélius et Dulong parvinrent à se garantir de l'effet de cette circonstance en recouvrant rh surface de l’eau dans l’intérieur de la cloche , d’une couche d’huile fixé de deux ou trois centimètres d’ épaisseur , l'échange des gaz se faisant plus difficilement à travers ce liquide. Is opérèrent sur des gaz desséchés et sur des gaz saturés d'humidité , ce qui peut indifféremment se faire de l’une ou de l’autre manière , lorsque surtout la température de l’atmosphère n’est pas trop élevée. MM. Berzélius et Dulong reconnurent cependant que leurs observations relativement aux gaz privés d’eau, s’accordaient mieux entre elles. Il leur parut préférable de prendre le poids du ballon vide immédiatement après chaque peste du ballon, plein, par la considération qu'il suflit de quelques minutes pour faire le. vide ; et. qu’à moins de cirdonstances, bien rares, on peut supposer que dans ces intervalles si courts de temps, les conditions de l’atmosphère restent invariables. Les résultats des observations ainsi faites par MM. Berzélius et Dulong , comprennent, outre l’oxigène et l'hydrogène , l'azote et l’acide carbonique, On faisait. passer l’oxigène extrait du chloraite de potasse à travers une forte dissolution: de, potasse caustique pour se débarrasser de toute quantité d'acide carbonique, qui aurait pu provenir de quelques parcelles de matière végétale. Le gaz hydrogène était obtenu. par les moyens, Ci- jee indiqués; 3: le gaz acide carbonique, dégagé du, marbre blanc par l'acide nitrique,, traversait., avant: d'arriver dans la. cloche , une longue colonne, de sous- carbonate. de soude oriställisé et pulvérisé, Enfin, l'azote provenait de la décomposition. de l’immoniaque par. lé chlore , en. faisant passer successivement.le. gaz: dans: une: liqueur acide et dans une: dissolution. de, potasse.
1° Gaz parfaitément secs.
. [remp. | Éfasticité rs poids 4 Poids ‘|poidédu gaz Nom du gaz. | g2.| du gaz. de l'air |-du ballon | du ballon |ipog3om6 r'éstant. plein. vide.
Core 2 36 le = SEE ORNE AMENER AA | A ROCREGNUR AU) EE EVE HP ER x
Air atmos.|20° 5 0,75655 0,004 441,708 1,530 103,005.
Id. I. 07575. |o ,0044|741:81. |731,733 10,995 Oxigène. 21°,5/0,7635 0,0044 742,765 731,605 12.122 Acide car, 18 0,7530 |0,00441547,175|531,720| 16,760 LE: à Id. 0,766 TEE PR 733» 540 16,766
| Poids moyen de l'air — 10,994.
Pes. spéc. de l’oxigène = 1,1026.
Dé l'acide carbonique, 1,5245.
a Gus satirés d'huriidité.
Air atmos.|, 8°,8 0,7587 0,0022|0949,91 5 941,165 91358 ‘Oxigène. 110°,710,7458/0,0022|950,553 ,941,170|10,0743 Hydrog. | 6°. |0,754110,0022 géns805 so .0,6270 Pes. spéc. dèl’ox. = 1,1027; pes. spéc. de l’hyd. = 0,069. Ge Gaz saturés d'humidité.
| Air atmos. |8°,83 0,7635 an ren 583 6 2028 Azete. . .|8°,56 107472) A PAIE 856, pie ,0521
Pes. spécif. de l’azote. — 0,976.
Pesant, spécif. d’après les Sxparidntes de| Pesant. spéc. d’après MM. Biot et Arago, MM. Ber zelius et Dulong.
Oxigène. . . . . 1,1026 1,10399 Hydrogène.. . . 0,0688 1,07921 Acide carbonique 1,524 ‘1,919 Azote, , 2... :0,976 0,969
La plus grande différence que présente cette détermination de pesanteurs spécifiques entre les résultats de MM. Berzélius et Dulong , et ceux de MM. Petitet Arago, est relative à la densité de l’hydrogène ; ce qui confirme l'opinion des premiers sur la cause à laquelle ils présumaient que celte différence pouvait être attribuée. L’excès du nombre par eux trouvé pour l'acide carbonique, quoique assez faible, influe cependant d’une manière sensible sur la densité de la vapeur de carbone à cause de la légèreté de celle-ci ; et, suivant MM. Berzélius et Dulong , cette nouvelle détermination paraît s’accorder mieux avec les résultats de l'analyse des substances végétales. Enfin , la densité de l’azote , telle qu’elle est déterminée par les expériences de MM. Berzélius et Dulong, se rapproche’davantage de celle que l’on déduit de la composition des nitrates ; et , en effet, 100 de protoxide de plomb , contiennent 7,171 d’oxigène ; 100 de nitrate de plomb sont formés, suivant M. Berzélius, de 67,31 oxide de plomb, et 32,69 acide nitrique; or, en admet. tant, pour la densité de l'oxigène, 1,1026, cette analyse donnerait 0,977 pour la densité de l'azote. \
D’après cette nouvelle détermination des élémens de l'eau par MM. Berzélius et Dulong, ces savans ont cru devoir présenter le tableau suivant des densités et proportions en poids de plusieurs composés , calculées d’après les bases par eux établies, en annonçant que les nombres qui y sont portés doivent être préférés à ceux obtenus par des analyses directes, sans lesquelles on peut très-rarement arriver au degré d’approximalion auquel il est possible d’atieindre pour les gaz qu'ils ont examinés.
Densités, Poids l'air atm. {de l'atome, Ar Il OX. = 100:
Noms
' tà en: poids. :
des substances. RTOROE wii | A
e Le
Oxigène. . . .|1,1026!. 100 À:
Hydrogène. .|0,0688| 6,244
Azotez,, 6%.
Vap. de carb.
Acide carb.. .
Ox. de carb. .
Gazoléifiant, .
Gaz des marais Vap. d’eau...
Ox. d’azote: .
Gaz nitreux. .
Ac. hyp. nitr.
Acide nitreux,