ÉTHER SULFURIQUE
Mais 2,56066 se rapproche de très-près de 2,986 , le résultat numérique obteau par M. Gay-Lussac. Il y a
. donc lieu de considérer ce qui vient d’être établi, rela-
tivement à la composition de l’éther sulfurique, comme présentant celle réelle de cet éther. Il consiste dans
à Folies gaz olefane j réduits à 1 volume.
1 volume vapeur d'eau |
Sa pesanteur spécifique est 9,5666 , et il est composé
de 5 atomes hydrogène. . . . = 0,625 5 atomes carbone. . . . . — 5,000 1 atome oxigène. , , . . . — 1,000 4,625
: De sorte que le poids d’une molécule intégrante de cet éther est 4,625. : | M. Thomson annonce qu’il était parvenu à reconnaître cette composition de l’éther sulfurique long-temps avant que M. Dalton eût publié ses expériences et le résultat de son analyse de ce corps, résultat qui, suivant M. Thomson , est le seul véritable." :
M. Dabit de Nantes publia au mois de prairial an 8 ( juin 1800 )} , un Mémoire sur l’éther sulfurique, qui fut inséré dans les Annales de chimie, volume XXXIV, “page 289. Dans ce Mémoire M. Dabit-annoncça que , dans l’action de l’acide sulfurique sur l'alcool , l’acide est réellement décomposé ; qu’il cède une portion d’oxigène à l'alcool , sans cependant passer à l’état d’acide sulfureux , et qu’il forme un nouvel acide intermédiaire entre l’acide sulfureux et l’acide sulfurique. Une semblable opinion, contraire à celle précédemment énoncée par Fourcroy et M. Vauquelin, d’après laquelle l’acide sulfurique n’agit sur l'alcool que pour déterminer la formation de l’eau , en raison de sa grande affinité pour ce liquide , ne pouvait être légèrement admise , et sans que l'existence du nouvel acide fût bien prouvée. Aussi Fourcroy,et M. Vau-
4 6e édition de Thomson, vol, IF, page 544.
Altération de l'acide sulfurique daps son action sur l'alcool.
-quelin s empressèrent-ils d’objecter à M. Dabit, dans je même volume des Annales de chimie, page 318,
sa théorie fût-elle la véritable , était incomplétement démontrée. M. Dabit ne crut pas pouvoir mieux répondre à cette objection de Fourcroy et de M. Vauquelin , quil reconnut être fondée , qu’en publiant, deux années après dans le XLIIJe volume des Annales de chimie, p. 101, un second Mémoire faisant suite au premier , et dans lequel il expose la série d'expériences d’après lesquelles il a obtenu pendant la conversion de l’alcool en éther, par le moyen de l'acide sulfurique , l'acide particulier dont il avait annoncé quelques années auparavant l’existence ; phénomène résullant , suivant lui, de ce que l’acide sulfurique peut perdre une portion de son oxigène sans passer pour cela à l’état d’acide sulfureux , et qu'une portion de l'acide sulfurique , qui est employée à à la préparation de l’éther; est mise à cet état d’ asiae inter médiaire.
Ces expériences, quelque important qu’en fat l'objet , étaient cependant restées depuis 10 ans dans l’oubli, lorsque M. Sertuerner, qui paraît n’en avoir eu aucune counaissance , crut devoir-en entreprendre sur le même sujet ; et c’est dans le 60° vol. des Annalen der physik , page 94, qu'il en a publié en 1818 l'exposé. Suivant ce chimiste, l'acide sulfurique , en agissant sur l'alcool pour former l éther, produit trois acides, qu’il désigne par des noms latins que représentent ceux , prot- acide. deutacide et trit-acide sulfo-vineux. On obtient facilement ces acides, à l’état isolé , de leurs combinaisons avec la chaux ou la baryte. Chacun donne ‘à la distillation un produit différent. C'est ainsi que ceux des trois sulfovinates de’ chaux sont trois nouveaux acides liquides , cristallisables , ressemblant de loin, à l'acide succinique et à l’acide pyro-ligneux; du gaz sulfureux, de lacide sulfurique, du sulfate de, chaux et un gaz éthéré d’une odeur très-agréable.
Dans la vue, de répéter les expériences de M:,Sertuerner , présentées d’une manière assez vague ét avec trop peu de détails, M. Vogel entreprit sur la décom- ‘position mutuelle de l'acide sulfurique et de l'alcool, etc. . des recherches dont il fit part à l Académie des sciences
C'ÉTHER SULE WRIQUE: . pee {425 de Munich, le 9 oétobre.1819,.et qu’ la a imprimées dans Ba he dr fe pharmacie, NA, M, routas ui
M. Vogel. se procura facilement l'acide. + AN EC TAES : mais il ne remarqua pas de différence.entre, cet; acide extrait à diverses époques,avant où après, le, passagé, de l'éther , et par conséquent il n’adopte point, aveé M: Sertuerner, trois modifications de cet acide. Aprèssavoir établi les. propriétés. de l'acide, sulfovineux. formé: par la combinaison de: cet acide, avec la. chaux; la! baryte, le plomb, la: potasse, la soude, le,cuivre et le: fer, des sels, ousulfoyinates, dont il'examina également; les propriétés, M. Vogel compara l'aire sulfovineux avec J’acide hyposulfurique.
Ces deux acides, se présentent * l'état d'un liquide incolore ; très-acide , qui, ne peut être concentré par lébullition sans se changer en acide sulfurique et en acide sulfureux...
Tous les deux peuvent. être rendus plus prié et au même degré, dans le vide .de la machine pneumatique,
Tous les deux forment des sels solubles qui ont la plus grande ressemblance entre eux.
Tous les deux, ainsi que leurs sels, sont déco pond par l'acide nitrique aidé de la PURE TR et ren de l'acide sulfurique et des sulfates.
La différence entre eux consiste en ce que l’âcide sul- -fovineux et ses sels contiennent une huile volatile, qui s'échappe à une haute température et se décompose en partie; l'acide hyposulfurique, au contraire, est-iconwerti par la :chaleur en acide sulfureux et en acide ‘sulfurique sans donner d'huile , et les hyposulfates! ne se charbonnent pas à:la. température rouge.
De:cette comparaison, et du résuliat de ses bin. ches ; M; Vogel fut porté à conclure que, l’âcide sulfurique mêlé avec de l'alcool se décompose:sans le secours de la chaleur; qu’il abandonne de l’oxigène ; ét‘ donne naissance à un acide particulier: quisa: “les. plus grands rapports, avec l’acide hyposulfurique:,, dont .1l: ne diffère que ne une huile ne te dquélle il est onde
‘Dès que MM. Lei Hide lents d'a Anhales dé chimie
lo COMPOSÉS COMBUSTIBLES.
et de physique eurent connaissance des ‘expériences de M. Vogel, ils crurent devoir s’empresser de les répéter. Eticonsidérant que l'analyse du sulfovinate de baryte n'avait pas encore été faite , M. Vogel s'étant: borné à établir l’analogie qu’ y a entre l’acide sulfovineux et V'acide hyposulfurique , il leur parut intéressant de re- ‘chercher si la composition du premier de ces acides ,
‘abstraction faite de la matière végétale ; était la même que‘cellé du second, et de quelle manière la matière végétale influait sur la capacité de la saturation. ‘Ils s’assurèrent par celte recherche , qu’en faisant abstraction ‘de la matière végétale , l'acide sulfovineux paraît composé de la même manière que l'acide hyposulfurique ,
et que sa capacilé de saturation n'est pas changée par la présence de cette matière végétale, qui semble y jouer le même rôle que l'eau de cristallisation.
Néanmoins la matière végétale donne, suivant ces chimistes, aux sulfovinates des caractères particuliers. Celui de baryte a une cristallisation différente de celle de l’hyposulfate , et il perd 45,07 par la calcination, tandis que l'hyposulfate ne perd que 29:9+ Les autres sels formés par l’acide sulfovineux et l'acide hyposulfurique leur paraissent également différens, et: mériter une attention parliculière.
De tous ces faits etobservations il rétulit que la théorié de Véthérification, telle qu’elle a été donnée par F ourcroy et M. Vauquelin, ne peut plus être admise ;que l’action de l'acide sulfurique ne se borne point, ainsi qu'ils’ se l’étaient-persuadés , à déterminer la formation d’eau ; mais que cet acide cède réellement de |’ oxigène à d aleool | et le résultat de l’éthérification paraît, être de l’éther, de Pacide hyposulfurique et une matière végétale de mature huileuse, qui a la plus grande analogie avec Fhuile: douce du vin. :1l se forme , en effet , une quantité. considérable d’acide hyposulfurique relativement à l éther produit, et lhuile douce du vin ne se manifeste qu’ ‘en même, temps que l’acide sulfureux; c’est-à- “dire, qu'il est otrès-probable que ces deux corps sontrle résultat de Ja décomposition de l’acide/sulfovineux.: L’alcool, pour se changer en éther, a seulement. besoin d'abandonner del hydrogène et de l’oxigène dans la pro-