CHAPITRE HUITIÈME
LE P. bE ROCHEMONTEIX SUR LEURS OPÉRATIONS D'AFFAIRES, -— RAISONS DES SOUPÇONS CONTRE EUX. — MM. DE RAMESAY, D'AUTEUIL, RAUDOT ET DE VAUDREUIL EXPLIQUENT CE QUI SE PASSAIT, --— LES JÉSUITES HOSTILES AU DÉBIT DES BOIS- SONS AUX SAUVAGES, -— MOTIFS DES ACCUSATIONS DE MM. DE FRONTENAC, DE LA SALLE ET DE LA MOTHE-CADILLAC, —— TÉMOIGNAGES DE MM. DE CHAMPIGNY, DE LAHONTAN ET DE KALM. — CONCLUSION.
Cette question, qui sous le régime français avait une importance politique, a divisé les contemporains et divise également les historiens. On peut l'examiner à deux points de vue, d’après le droit canonique et le droit civil qui prohibait le commerce aux ecclésiastiques, aux fonctionnaires et aux militaires ; mais dans les deux cas, la solution dépend entièrement des faits.
Le P. de Rochemonteix, S.]. vient de publier (1895-96), sur les Jésuites eË la Noutelle-France, un ouvrage en trois volumes remarquable de style et d'érudition, bourré de pièces justificatives, en partie inédites. Connaissant l'histoire du Canada français jusque dans ses plus petits détails, il a d’abord défini les opérations d'affaires des Jésuites à leurs missions ; puis,
(1) Publié la première fois dans la Semaine Religisuse de Montréal le 7 avril 1900, XXXV, 220. Voyez Lake St, Louis, 206.
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S'appuyant sur le droit canon, il conclut que le reproche de commerce fait contre eux était sans fondement.
Le Révérend Père n’est pas tendre envers les historiens qui ont répété l'accusation ; il les regarde presque tous comme des ennemis de la compagnie de Jésus. Après avoir lu son exposé des faits, le lecteur désintéressé ne partagera peut-être pas entièrement son sentiment.