‹ Supplément au "Lake St. Louis" &c [microforme]Chapitre 25 sur 43 · LES FAITS · texte numérisé non relu

LES FAITS

Voici comment le savant historien définit la situation @e facto des Jésuites au sujet des pelleteries. ‘La monnaie, dit-il, n'ayant pas cours, en ce temps-là, chez les Hurons et étant fort rare à Québec, les ventes et achats se faisaient par échanges. Les sauvages n'avaient que faire d'argent monayé ; ils préféraient des objets d'utilité et de fantaisie, des marchandises européennes ; et en échange de ce que les missionnaires leur procuraient, ils fournissaient à ceux-ci des nattes, des raquettes, des canots, les produits de leurs terres, de leurs pêches et de leurs chasses ; en un mot, tout ce qui était nécessaire aux besoins de la mission, à la nourriture, à l'entretien et aux voyages des Pères... Les objets de consommation et de première nécessité étaient achetés aux sauvages et aux trafiquants français et payés à ceux-là avec des articles d'Europe, à ceux-ci avec des peaux de bêtes qui servaient de monnaie dans le pays. (Ces peaux étaient d'ordinaire données aux religieux en souvenir de services rendus dans l'exercice de leur ministère apostolique...® Toutefois le prêtre, dans ces diverses transactions, n'achetait pas pour revendre, mais pour employer ou consommer. S'il donnait en échange de certaines marchandises les produits de son jardin ou quelques peaux de castor ou de chevreuil, ces produits et ces peaux étaient la monnaie du pays, la seule employée. Les canons de l'Eglise ne défendaient ces transactions ni aux prêtres, ni aux religieux ; ‘car autre chose, dit le cardinal de Lugo, est d'acheter pour

(1) En 1697, ‘es Jésuites reçurent l’ordre de déclarer à M. de Champigny les pelleteries dont les sauvages leur avaient fait présent, (Margry, V, CXVI.)

revendre, ce qui est le propre du négoce, et autre chose est d'acheter pour utiliser ou consommer, ou bien de vendre les produits de son fonds et de son travail”. (t. 1er, p. 343, 344, 346.) ‘‘ Le plus souvent ”, ‘ajoute le même historien qui raconte avec approbation le mode de procéder d'un missionnaire au Détroit, ‘‘le Père Potier payait ce qu'il achetait à l’un et l’autre ainsi que les journées d'ouvriers avec du blé, du plomb, de la poudre, des peaux de chevreuil et de castor, des chaudières, de la porcelaine, des couvertures, des barils d'eau-de-vie, des messes. M (p. 346, note 1.)

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