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1704, il observe que ‘les nommés Despins et des Ruisseaux, soubs prétexte de monter pour cent livres de marchandize, guy sont nécessaires pour la mission des révérends pères jésuiles, ont fait trois canots avec des sauvages qu’on a chargé de marchandize et d'eau-de-vie et qu'on a vendue aux rebelles (les coureurs de bois), ce quy a contribué à les empescher de profiter de l’emnistie.” (Cor gén., XXII, 116.)
Le 17 octobre 1705, le procureur général d'Auteuil, qui certes n'était pas un ami des Jésuites, ajoute que ‘‘ça esté depuis les deffences d’aler dans les bois, que leurs canots ont servy de moyen à des marchands et à des voyageurs pour se rendre à Missilimakinag «fin d'y faire un très gros commerce ; on voit tous les ans ces canots des Jésuites revenir chargés de de castor. Peut-on juger que ce soit d’autres qu'eux qui facent ce commerce pendant qu'il est défendu à tout le monde ”. (Zbrd., 382.)
Le 19 octobre 1705, l'intendant Raudot écrit au ministre:— ‘Je me suis informé, Monseigneur, de ce-:qui avait pu faire soupçonner les Pères Jésuites du commerce des castors dont on les accuse. Ce qui a donné occasion à cela est la nécessité dans laquelle ils sont de se servir de valets ou d'engagés pour faire remonter les canots qui leur portent /Æwrs vivres et les autres choses dont ils ont besoin dans les missions : on ne peut pas avec toutes les précautions qu’on prend, empêcher que ces valets ou ces engagez n’emportent quelques marchandises pour leur compte dont ils font le commerce pour eux, et comme cela se fait dans les canots de ces Pères, on veut que ce soit eux qui fassent ce commerce.” (/414., 292.)
Dans une lettre commune du 3 novembre 1706, citée avec approbation par le P. de Rochemonteix, MM. de Vaudreuil!" et Raudot tiennent un langage plus précis et peut-être plus conforme aux faits ; “ Les pères Jésuistes, disent-ils au. ministre, n'ont jamais fait le commerce en haut et doivent-être assurément exempts de ce soupçon, mais les gens qui montent avec
(1) D'Auteuil dit qu'en 1714 le canot des Jésuites était monté par des hommes de M. de Vaudreuil, (Cor. gén., XXXIV, 543.)
‘eux en font. Ainsi quand les Pères Jésuites vous ont dit que ce qui aurait donné lieu au bruit qui aurait couru estait que les nommés des Ruisseaux et Despins avaient porté des marchandises à leur inceu pour commercer, ils devaient plustôt vous dire que c'était par leur permission, et que les marchandises qu’ils permettent de porter à ceux qui montent leurs effets leur servent de payement du canot qu'ils montent et de gages pendant tout le voyage. Ça esté toujours l'usage icy, Mgr, que les gens qui montent pour les missionnaires Jésuites et autres, du temps de MM. Denonville, Frontenac et Callières, ont toujours porté de quoi se payer de leur voyage, et nous sommes obligés de vous représenter que ce que le Roy a la bonté de leur donner pour les missions #'es{ pas même suffisant pour l’entrelien des missionnaires, et que s'il leur en coûtait quelque chose pour /aire monter leurs effets et pour l'envoy des dits missionnaires, ls ne pourratent jamais soutenir celle dépense, n'y ayant pas un canot pour lequel il ne leur en coustat cent pistoles.” (Cor. gén., XXIV, 51.)