‹ Supplément au "Lake St. Louis" &c [microforme]Chapitre 29 sur 43 · RÉVÉRENDS · texte numérisé non relu

RÉVÉRENDS

Voilà le genre d’affaires, le prétendu négoce que les Jésuites faisaient à leurs missions de l'Ouest. Je l'ai dit plus haut, il était propre à créer des soupçons, à faire crier et protester, mais il ne re pouvait justifier les calomnies et les injures du comte de Fron-

nf Dir ni

tenac, de Cavelier de La Salle et de. LaMothe-Cadillac. La haine, et, peut-être encore plus, l'intérêt peuvent seuls expliquer le langage qu'ils ont tenu. Les Jésuites étaient les plus acharnés ennemis du commerce de l'eau-de-vie parmi les sauvages, et ce fait seul les rendait exécrables aux yeux de ces gens désireux de s’enrichir par n'importe quel moyen.

L'arrêt du Conseil Supérieur de Québec du 28 septembre 1663, défendant à toute personne de donner des boissons enivrantes aux sauvages, ‘pas même un coup, ne fut rendu qu'après avoir “pris l'avis des révérends Pères Jésuites, missionnaires des dits sauvages, pour ce mandés ”. Qu'il le soit dit à leur gloire, le commerce de l’eau-de-vie au Canada n’a pas eu de plus vaillants adversaires. Dans la lutte qui s’engagea entre l'autorité ecclésiastique et l'autorité civile au sujet du débit des boissons enivrantes aux sauvages, les Jésuites, et avec eux les Sulpiciens et tout le clergé, se rangèrent hardiment du côté de l’évêque, et à sa demande refusèrent les sacrements aux traitants. (Cor. gén., XI, 358.) On lit dans un mémoire de 1689: “ Il y a toujours un acharnement passionné de la part des Ecclésiastiques contre l'eau-de-vie, nonobstant ce qui a été ordonné par l'ordonnance de 1679.” (Z6id., X, 54.). Leur excuse était que ce trafic regardait plus le spirituel que le temporel.

Malgré ces mesures extrêmes, les désordres continuaient aux postes de l'Ouest et particulièrement à l'importante mission de Michillimakinac. M. de Ramesay raconte qu'en 1704 ‘“ le Sr La Découverte (Pierre Youville, sieur de la Découverte, enseigne et plus tard traiteur du Bout de l'ile de Montréal et de l'Ile-aux-Tourtes), envoyé par M. de Vaudreuil, a fait des désordres inconcevables en tenant impunément un cabaret à Michillimakinac et faisant un commerce scandaleux”. (/4t@., XXII, 116.) Ce fut alors en 1705, que les Jésuites, croyant pouvoir faire disparaître le mal en détruisant le poste, n’hésitèrent pas à mettre le feu à leur église et à leur mission. C'était cependant la capitale des Pays d'en haut, disaient La Mothe-Cadillac et Lahontan. (Marery, V. 75, 76 et Lahontan, I. 155.) C'était “un bon et fort établissement”, dit Joutel, qui s'y arrêta en

mr dm

de Loges

Page 1