RAT RES
De 2 en
ES ARE rene
Le -
ÿ1 à : 2e V1 Le "3 225 db Abe ee Ds + mn
1688, à son retour de la dernière expédition de La Salle aux bouches du Mississipi. C'était à cette époque, ‘le passage de presque toute la traite des pelleteries. .. le rendez-vous de plusieurs autres postes ”, ajoute le même voyageur. Ami intime de La Salle, il ne fait pas la moindre insinuation au sujet du prétendu commerce des missionnaires. Enfin, il observe : “II y avait au dit lieu de Missilimakinac quatre Pères Jésuites et quelques François voyageurs pour la traite. Les dits Pères Jésuites ont une bonne maison et une assez belle église, bastie de pièces de bois, à la manière du Canada, et le tout renfermé de pieux et de palissades. Il y avait au dit lieu deux nations, savoir les Ontaouas et les Hurons.” (4Zarery, TT, 513, 514.) Ce fut ce bel établissement que les Jésuites détruisirent pour mettre fin aux désordres, sauver leurs sauvages des ravages de l'ivrognerie et rapatrier les coureurs de bois. C'est le procureurgénéral d'Auteuil qui l'atteste. (Marery, V, 345; Cor. gén. XXII, 383; Zô1a., XXXIV, 543) Au tome 34e, il dit que “les désordres causez par la quantité excessive d'eau de vie, que les premiers (c'est-à-dire La Découverte et autres) ont porté, ont obligé les Jésuites de brusler leur église et d'abandonner le lieu”. Le 19 octobre 1705, MM. de Vaudreuil et de Beauharnais écrivaient au ministre que ‘les missionnaires de Missilimakinac laissent leur mission, après avoir bruslé leur maison et leur chapelle pour forcer les coureurs de bois à descendre”. (Cor. gén., XXII, 193; Margry, V, 345.)
Cette conduite des Jésuites fut bien différente de celle du
comte de Frontenac qui, s'il faut en croire La Potherie et M.
de Champigny, relevait en 1695, aux frais de l'État, le fort Frontenac qui ne lui était cher ‘que parce qu'il y faisait faire le commerce”. (Margry, V, cxv ; Roy. Soc. N.S., TI, 18.) Elle parle plus éloquemment que les plaintes de fonctionnaires intéressés. Elle prouve la méchanceté de cette expression de Frontenac, que Margry reproduit avec tant de complaisance : Les Jésuites sont autant à la conversion du castor qu'à celle des âmes. C'est ce qu'il avait écrit en effet à Colbert ie 2 novembre 1672 (Marory, 1, 248); mais il est évident qu'il ne fut pas cru.
hr D ai ir à UT gi drupoilor ii PA On TS Habite de
Le 17 mai 1674, en réponse à la ‘“ demande que les Jésuites vous font de continuer leurs missions dans les pays éloignez”, Colbert lui mande que ‘le Roï n’estime pas que ces bons Pères doivent être gesnez dans leurs fonctions”. (/41d., 249.) Plus tard, en 1681, Colbert disait franchement qu'il ne pouvait ajouter créance à ses représentations, guand je vois clairement que tout cède à vos inimiliés. (Rochemonteix, IX, 142.)
Il en füt de mêmesde La Mothe-Cadillac.® MM. de Vaudreuil et Raudot écrivaient de lui le 14 novembre 1708 : “ Il tache de gagner de l'argent tant qu'il peut, cela de. quelque manière qu'il peut... Il est extrêmement déchainé contre les Pères Jésuites.” (Cor. gén, XXVIII, 18.) La Potherie ajoutait ‘que l'on sait qu'il a gagné beaucoup de bien, lorsqu'il était à Missilimakinac, par une traite d’eau-de-vie que les missionnaires luy ont reprocher”. (Marery, V, 185.)
Déchaîné contre les Pères Jésuites ; cette expression était modérée si l’on en juge par la lettre qu'il écrivait à la cour le 31 août 1703: ‘‘ Toute impiété à part, dit-il, il vaudrait mieux pescher contre Dieu que contre eux, parce que d’un costé on en reçoit son pardon, et de l’autre, l’offense, mesme prétendue, n'est jamais remise dans ce monde, et ne le seroit peut être jamais dans l’autre, si leur crédit y estoit aussi grand qu'il est dans ce pays.” (Marery, V, 339.)
Et puis, ce pauvre La Salle, qui ne faisait qu'un avec Frontenac, était si prévenu contre les Jésuites qu’il les croyait capables de tous les crimes, même du brigandage et de l’assassinat. Il les accuse de cacher ses déserteurs qui l'avaient pillé et de conspirer pour le faire massacrer par les sauvages. Un jour, ayant mangé une salade empoisonnée par un de ses domestiques, il crut tout d'abord l’histoire que celui-ci lui broda, quil avait agi à l'instigation des Jésuites. ‘ J'eus quelque plaisir, dit-il, à avoir cet indice de leur mauvaise volonté ” ; et ce ne fut qu'après avoir examiné sérieusement l'affaire, qu'il découvrit ‘ manifestement la fausseté de l'accusation que ce
(1) La Mothe-Cadillac avait un poste rival au Détroit-Ponchartrain, où il dépensa des sommes énormes, bien qu’il eut promis de n’y faire aucun commerce. (Marery, V, 169, 187, 346.)
TERRES El TT TE Gate mE re