CHAPITRE NEUVIÈME
Discours DES SAUVAGES AU Ror.— OBJECTIONS ET PLAINTES AU SU'ET DE LA CONCESSION A M. DE VAUDREUIL. — LA TRAITE A L'ILE-AUX-ToURTES. — MM. DE RAMESAY, DE BRESLAY, RAUDOT ET D'AUTEUIL. — RÉPONSES DE MM. DE VaAUu- DREUIL ET DE BEAUHARNAIS. —— LAMOUREUX DE SAINT-GER- MAIN ET WOUVILLE DE LA DÉCOUVERTE. — PROCÈS DEVANT LE CONSEIL DE LA MARINE. -—— DéÉcisiON.-— M. DE BRESLAY ENVOYÉ AUX MISSIONS DE L'ACADIE. — DERNIÈRE PROTES- TATION DE M. DE RAMESAY. — LES SAUVAGES TRANSFÉRÉS AU LAC DES DEUX-MOoNTAGNES. — M. ELtrE DÉPÉRET. — LE SIEUR DE LINTOT. — AMIOT DE VILLENEUVE.
Ce poste fut le sujet de nombreuses plaintes et contestations ‘durant l'administration de M. de Vaudreuil, qui en était le propriétaire. Il en avait obtenu la concession le 23 octobre 1702. Le 11 novembre de la même année, M. de Beauharnais écrivait au ministre que douze arpents de terre avaient été réservés pour
bâtir un fort quand le gouverneur général le jugera à propos.
(Cor. gén., XX, 40, 113.)
(1) Lake SE Louis, 163-173.
À la page 99 du tome 22e de la Correspondance générale, on trouve un discours envoyé au Roi en 1704 par les ‘Sauvages Nepissengues et Alwonquins de la Nouvelle Mission de St-Louis établie en la Nouvelle-France, au-dessus de l'Isle de Montréal et aux environs ” (probablement écrit par M. de Breslay, leur missionnaire), dans lequel ils lui tiennent ce langage :
“ Nostre grand Père, Nostre grand Père.
“ Voicy deux de vos enfans envoiés de toutes leurs nations qui sont des plus éloignées au delà du grand lac pour voir leur père qu'ils ne connaissent pas et dont ils ne sont guère connus ; on leur en a dit des merveilles, mais ils sont jaloux d'en connoistre quelque chose par eux mesmes afin de le raconter à leurs gens, à leurs voisins et aux nations les plus reculées ; nous supplions Nostre grand Père de vouloir bien encore nous écouter, nous sommes les aînés de ses enfans qui sont audelà du grand lac, nous osons même dire les plus fidèles et nous l'avons toujours étés ; mais nous sommes tombés dans la misère pour nous être éloignés de Nostre Père, errans dans les bois ; et enfin nous avons été réduits à la dernière extrémité, plusieurs de nous étant morts pour avoir oublié le grand esprit qui a tout fait, qui gouverne tout, qui dispose de tout, mais ce grand génie a eu pitié de nous, il nous a redonné de l'esprit, nous avons pensé : il faut embrasser la prière ; nous voyons que ceux:qui prient ne périssent pas; allons à Nostre Père, il aura compassion de nous. Nous nous sommes adressés premièrement à Monsieur de Vaudreuil celui qui gouverne pour Nostre grand Père audela du grand lac ; il nous a donné une terre que nous avons commencé à semer et nous a aussi donné quelques autres choses de la part de Nostre grand Père dont nous venons le remercier comme de la robe noire qu’il nous a envoyée pour nous instruire.”
Dès le 15 novembre 1703, le ministre objecte à la concession, qui ne servira, dit-il, qu'à faciliter la traite avec les sauvages. “Si M' de Vaudreuil n'était pas gouverneur du pays,® il n'y
(1) Nommé le rer août 1703, /ug. et Del, V, 151.
A an dd dl dE ou ee nn M rgvté L- AS PPT NV met cer " AT Ru ske Le NET RE put RQ NP SET UE ON LE
Ref hr EMEA TEE ne D lise MITA Ps ot nc A SEE ANNE EU CORCUT A NE % RE RTL 0 PTE CE . RRX ES ; ,
-auroit aucun danger de rattifier cette concession, aussy bien que celle du feu S' Soulange, son beau frère, mais comme elles se trouvent à la teste des habitations et à la descente de tous les Iroquois, le public ne manquera pas d’en prendre ombrage et de s'en plaindre comme on a commencé de faire par une lettre qu'on m'a écrite. Il est certain qu'on n’envisage ces sortes de concessions que pour la traitte avec les sauvages, ce qui est si vray que le nommé St-Germain, (Pierre Lamoureux, sieur de St-Germain, du Bout de l'Ile) le plus fameux traitteur du pays, a desjà pris cette concession à ferme, à ce qu’on me mande ; cela pourroit même attirer la heine des peuples envers M' de Vaudreuil qu’ils doivent regarder comme leur père. Il n'en est pas de même de celle de Fezeret!” qui se trouve dans le centre de ia colonie et qui peut estre ratifiée.” (Cor. gén., XXI, 53.)
Il ne faut donc pas s'étonner si le titre de M. de Vaudreuil ne fut confirmé par le Roi que le 5 mai 1716 (/ue. et dél., VT, 1217.) Son influence à la cour avait triomphé des accusations d'abord portées par M. de Ramesay, gouverneur de Montréal, et ensuite répétées par M. de Breslay et le procureur général d'Auteuil. Ilest vrai que M. de Ramesay admettait qu'il était “en mauvais termes” avec M. de Vaudreuil qu'il jalousait (Cor. gén, XXIT, 133); mais, cette fois-ci, c'était M. de Ramesay qui avait raison, M. de Vaudreuil finit même par s'avouer coupable.
Le 14 novembre 1704, M. de Ramesay écrit au ministre : ‘“ L'automne dernier au retour du voyage du nommé Sansouçy ® dont j'ai eu l'honneur de vous parler cy devant, le nommé St-Germain, fermier de la terre de M. de Vaudreuil, de laquelle il luy fait près de deux mil livres de rante, compris les bastiments qu’il y a construits, sans qu'il y ayt eu un arbre abattu, parce qu'il le favorise pour la trette au préjudice des habitans de Montréal, fust à Orange avec le nommé Toussaint la Verdure, quy revenoit d'avec le dit Sansouçy, disant y porter les castors qu'il avest trafiquéz dans leur: voyages accompagnéz des nomméz françois le Bermaquani et autres, quy en trafiquères
(1) Seigneur de Yamaska, — (2) Antoine Blignaux dit Sansouçy, un autre fameux traiteur du Bout-de-l’ile, au service de Jean Guenet,
de ceulx là ou d’autres pour douze à treize mil livres, ce quy causa beaucoup de rumeur ; non seulement parceque cela frustre le droit du quart, mais encore parce qu’on y porte que l'élite du castor quy aide à la débite de leurs mauves, tendis que celluy de la compagnie reste en pure perte dans nos magasins, ce quy l’a fait succombé par les malversations qüuy cy commettent tous les jours sans que ceulx que le Roy a préposéz pour tenir chacun en règle, se mettent en peine d'y tenir la main. C’est une chose honteuse de voir la manière dont cette affaire est gouvernée ; je parle pour l'avoir veue pendant plusieurs jours consécutifs, où j'eus l'honneur d'accompagner M' de Beauharnois quy m'en fist sa regwisition, me trouvant commandant à Québec.” (Cor. gén., XXII, 113.)
Le 19 octobre 1703, M. de Vaudreuil et M. de Beauharnais écrivent au ministre: ‘Le S' de Vaudreuil a suivi, sans le savoir, les prétentions de Sa Majesté au sujet de la terre dont les S' de Callières et de Beauharnois lui avaient donné la concession, Il est vrai qu'il avoit mis pour habitant sur cette terre le nommé St-Germain, mais ayant appris que l’on soupçonnait le dit sieur de St-Germain de faire le commerce, il l'en rétira aussitost et aujourd'huy le S' de Breslay y a étably une mission d'Algonquins pour laquelle le Roy lui a accordé une pension de 400 livres. Cette mission est d'une très grande conséquence ; si la colonie avait le malheur d'avoir la guerre avec les Troquois, elle couvrirait en partie l'Isle de Montréal.” (/414., 206.)
Le même jour, 19 octobre 1705, M. de Vaudreuil personnellement écrivait au ministre : ‘“ Je vous diray seulement, Monseigneur, que je ne suis point surpris après cela de ce que l'on a écrit contre le nommé St-Germain et du prétendu commerce que je luy ai fait faire. Il est vray que les S's Chevalier de Callières et de Beauharnois m'ayant donné une concession, j'avais affermé ma terre au dit St-Germain, qui, ayant depuis longtemps un établissement au bout de l'Isle de Montréal où il demeure avec toute sa famille, estoit plus à portée qu'un autre de la jfaire,valoir ; mais c’est une chose de fait aussy, qu'il y a plus d'un’an ou dix huit mois que je luy ai ôté, parce qu'il
bn ge ep LS mm ment eomaniede- ocre me.
m'estoit revenu qu'il y faisoit un commerce, et marque que ce n'a jamais été mon intention qu'il en fut fait, c'est que sans avoir reçu vos ordres, 7e l'ay cédé au S' de Breslay, qui y à étably une mission d'Algonquins.” (Jbid., 242.)
Le 23 octobre 1708, les intendants Raudot écrivent au ministre : ‘Les sauvages du S' de Breslay ne sont point des sauvages bien domiciliés ; tout l'hiver ils vont en chasse avec leurs femmes ét leurs enfans ; il ne reste au village que quelques vieillards qui ne peuvent marcher ; l'été, ils se rendent à la mission ; à la suite, ils pourront se domicilier comme les autres.
“Si l'on fait descendre à Montréal ces sauvages nipicisisiens, c'est pour empêcher qu'ils ne traitassent leurs pelleteries au bout de l'Isle et qu'ils ne commerçassent leur castor avec ceux du Sault lequel par ce moyen iroit tout aux Anglois. A l'égard de la proposition du S' de Breslay d'établir une maison auprès de ces sauvages pour leur vendre ce qu'ils auroient besoin, ce seroit par ce moyen enrichir un particulier et faire un tort considérable à Montréal qui seroit privé de leur commerce. Ainsy que les S' Raudot croyent, Monseigneur, qu'il faut laisser les choses en l’état qu’elles sont, parce que, suivant l'occurence des tems, on donne les ordres qui paroïissent nécessaires.
“ Les S5 Raudot ont fait donner aux sauvages du dit S' de Breslay quelque peu de poudre et de plomb et les aident de tems en tems...
“ Le S' de Breslay a établi une maison et une chapelle, comme il s'est donné l'honneur de vous le mander, au milieu des sauvages de la mission dont il est chargé ; cet établissement luy coute au moins ce qu'il vous marque et il vous sera très obligé, si vous voulez bien lui en faire donner le rembour-. sement ; il sera nécessaire d'augmenter la chapelle et il vous suppliroit de vouloir aussi luy accorder quelque chose pour cette augmentation,
“Les S5 Raudot vous remercient, Monseigneur, de la gratification que vous avez bien voulu luy accorder et des ornemens
“ous 2j onbreu uso say sauna sap uore2npa | 1n0d quaano9 anbyrui e] SnOS 1240] 2p juala ‘sed np juowaqeqoid 39 [Unuoÿ 2p aff 2p auuant 12 2[oaIS un p said juepuad jney ua p SÂtJ S9p Sin9Sv{oa Sp 281182 | — ‘ouuy-2}
un ‘“imasstjow2p ajqehordutr j 29 syoey “Oz ‘61z ‘TS ‘s2n077 ‘JS 2277) Wap HES 2p ani 2p 9! je) a1atwua1d ET —'4'N
( FSI s40R 5144 piofuainç auvf ss17g 2p sinbo4) ) OLLI NH SNIVOINANV S4T MVa 4'INnua La £OLI NH LINYNISNOD (Lt ‘sen07 ‘JS 2yr07 )
H'I'IIAINNAS NVYAHALVHO
CE nsestontenet
om dt hé eds diem
que vous leur marquez leur faire envoyer ; ils peuvent vous assurer qu'il emploiera toujours utilement toutes les grâces que vous voudrez bien luy procurer de Sa M. A l'égard des ornemens, ils ne sont point venus cette année et les S5 Raudot en écrivent à M. Begon pour qu'il les fassent charger sur le vaisseau du Roy l’année prochaine.” (/414., XXVIIT, 250.)
En 1714, le procureur général d'Auteuil écrivait au ministre : “Tous les malheurs que souffre la colonie et ceux dont elle est menacée, sont les suites des commerces de Monsieur de Vaudreuil, qu'il continuera plus que jamais par le sieur de Tonty au fort Frontenac, Jonquière aux Hirroquois et le petit Renaud et autres à Missilimakinaq, la Découverte et autres au bout d'en haut de l'ile de Montréal.” (Cor. gén., XXXIV, 548.) D'Auteuil ajoute que la même année M. de Vaudreuil fit emprisonner Cuillerier et St-Germain, avec défense de parler, ‘““de crainte qu'ils ne découvrissent ce qu'ils savent des commerces indirects de Monsieur de Vaudreuil, auxquels ils ont été employez cy devant, eulx et leurs alliez”. (/414., 536.)
La Correspondance générale est remplie de documents qui démontrent qu'une lutte acharnée s'était engagée entre M. de Vaudreuil et M. de Breslay soutenu par M. de Ramesay et
d’autres fonctionnaires publics. M. de Vaudreuil prétendait \
(1) Pierre You ou Vouville, sieur de La Découverte, enseigne d’une compagnie du détachement de la Marine, compagnon de La Salle aux bouches du Mississipi et beau-père de la fondatrice de l'Hôpital Général de Montréal. Il avait une habitation en haut de l’île de Montréal, le numéro 18 du cadastre actuel de Sainte-Anne, aujourd’hui en la possession d’Eusèbe Robillard, voisine au nord du fort Senneville, où il faisait la traite avant de devenir le fermier de l’île-aux-Tourtes. Il signait ‘ De Ladescouverte ?”, comme témoin au contrat de vente sous seing privé du 19 avril 1693 consenti aux Illinois par La Forest à Michel Aco d’une partie de la seigneurie des Illinois, et ‘* Pierre Voû ” le registre du baptême de sa fille Louise le 21 mars 1706. Il était mieux connu sous le nom de ‘* Vouville ”, et c’est sous ce nom qu'il est indiqué dans presque tous les mémoires. Son fils, François, qui épousa Mlle de La Jemmeraye le 13 août 1722, signa le registre de son mariage ‘‘ François Vouville ”, Le 16 décembre 1726, il signe l’acte baptistaire de sa fille Louise ‘*F. Youville”. Pour la première fois, le 19 juillet 1729, un an avant sa mort, il est désigné à l’acte baptistaire de son fils Charles, sous le nom de ‘François You, Sr Dyouville La Découverte” et il signe ‘‘ François d’Youville ”. C'était une découverte, car dans tous les documents que j'ai vus avant ou après, le ‘‘d? n’apparaît pas. Le 2 février 1745, sa veuve signait ‘les engagements primitifs” de la communauté qu'elle fondait, ‘ Veuve Vouville, ” et, à plusieurs reprises, elle est mentionnée aux Édits et Ordonnances sous le nom de ‘‘ Dame veuve Vouville”. (Æegistres de Montréal; Jug. et dél., V, 180; Éd. et Ord., 1, 616 ; 1bid., IL., 391, 404, 406, 407.) F
avoir le droit de faire la traite à l’ile-aux-Tourtes et de l’affermer sans restriction, ce qu'il avait fait d'abord à Frs Des Gagniers, puis à Pierre Lamoureux, sieur de St-Germain, aux sieurs de La Découverte, père et fils, à Joseph Trottier, sieur Des Ruisseaux, père et fils, seigneur de l'isle Perrot," et enfin à Mathurin Guillet, son fils Paul et J. Bte Cuillerier, tous marchands du Boutde-lIsle. (Cor. grén., XLV, 125.) M. de Breslay se plaignait amèrement du débit scandaleux des boissons enivrantes parmi les sauvages et il réclamait même la propriété du fort de la mission, qui, dit-il, demandait des réparations considérables.
Il fit plusieurs voyages en France, en 1714 et 1719, pour faire valoir ses droits auprès de la cour. Le tome 42me, pages 3 et suivantes (1720), nous donne le résumé des prétentions respectives des parties devant le Conseil de la Marine. M. de Breslay disait que M. de Vaudreuil lui avait cédé la propriété de lileaux-Tourtes ; mais ce dernier, oubliant ce qu'il avait écrit le 19 octobre 1705, répondait qu’ ‘‘il convient d'avoir permis aux
sauvages Nipissisiens de s'établir à l’ile-aux-Tourtes, mais il n’en a jamais cédé la propriété à qui que ce soit. Cette isle est adjacente à la terre qui luy a été concédée et le premier défrichement qu’on y a fait n'a été fait que par ses ordres et aux dépens du Roy, pour mettre ces sauvages en état de pouvoir la cultiver. Ils n’en ont jamais eu, non plus que le S' de Breslay, d'autre titre sur cette isle et en avoir l'usage, que la seule volonté du Sr de Vaudreuil, qui convient d'avoir encore promis une demi lieue de terre de front sur sa concession, à prendre vis-à-vis la dite isle quand ils en auront besoin pour y faire des champs dans la suite”. Plus loin, M. de Vaudreuil observe que le premier établissement de l’ile-aux-Tourtes fut fait ‘quand il a été question d'y établir les Sauvages ”, c’est-à-dire vers 1703.
Enfin M. de Vaudreuil concluait : ‘Le S' de Breslay en impose au Conseil quand il avance que le S' de Vaudreuil l’a chassé d’une partie de la maison pour y loger la garnison ; bien
(1) Quarante ans plus tard, en 1744, on voit M. de Vaudreuil de Cavagnal, gouverneur de la Louisiane, accorder à Des Ruisseaux, fils, d'immenses privilèges de traite. (//#nois and Louisiana by Wallace, p. 311.
loin de l'en avoir chassé, le S' de Vaudreuil luy a donné au contraire une maison qu'il avait dans une isle au dessus de l'îleaux-Tourtes, d'où le S' de Breslay la fit transporter dans le tems et dont il a disposé ensuite en faveur de la dame de Linctot qui l’a fait enlever l'année passée. Au reste le S' de Breslay est d'un caractère si extraordinaire qu'il n'a jamais su s'accommoder ni avec son supérieur à Montréal, ni avec M::l'Lvêque, ni avec le S' de Vaudreuil, Begon et de Ramezay, en sorte que cela est cause que M' L’Eschassier n’a pas voulu le renvoyer au Canada ; il est fort à souhaiter qu’il n’y revienne jamais. C'est au moins le sentiment des personnes avec lesquelles il n’a pu bien vivre.
‘“ Le prêtre! que le Sr de Breslay avait avec luy dans sa mission continue d'en avoir soin et il le fait très dignement et d'une manière à se faire estimer et honorer de tous ceux avec qui il a quelque rapport.”
M. de Vaudreuil avait donc réussi à se débarrasser d'un voisin incommode. M. de Breslay fut envoyé aux missions de l'Acadie. Le 17 avril 1721, il était curé à l'ile Saint-Jean, aujourd'hui l’île du Prince-Edouard. En 1723, il passait à Beaubassin où la même année il bâtissait une église. En 1724, il était curé de Port Royal, où il resta jusqu'à 1731. Ce fut pendant qu’il exerçait le ministère en cet endroit, en 1730, qu'il eut des démêlés avec des confrères qui, chose étrange, portèrent plainte au gouverneur Armstrong. Les certificats de bonne conduite de Phillips et Cosby, mentionnés à la page 167 du Lake St. Louis, ne purent le sauver. Il fut rappelé en France où il mourut en 1735. Mer Tanguay nous dit qu'en 1723, il était à l’ile-aux-Tourtes et que l’année suivante M. de Vaudreuil lui donna une lettre de recommandation au ministre. C'est 1713 et 1714 qu'il aurait dû dire. (Voir Seconde Acadie, par l'abbé Casgrain, 26-42 ; Un Pèlerinage au Pays d'Evangéline, par le même, 78-79 ; Acadia, par Richard, I, 170-174; Une Colonte Féodale, par Rameau, [, 64; À Travers les Registres, 77.)
(1) Elie Dépéret, et non Dufresne comme il a été par erreur imprimé au Zake St Louis, p. 168.
ÉS a. “he RU Re mp mn ve
nc 3
Le procès de M. de Vaudreuil n'était cependant pas fini. Les accusations, portées contre lui et souvent répétées, entravaient la marche de son commerce, Le 15 octobre 1722, il écrit de nouveau au ministre, cette fois sans réticence, au sujet de la traite avec les sauvages. Il avoue que les sieurs des Ruisseaux, père et fils, ont fait la traite jusque vers 1719 sur une habitation au Bout-de-l'ile. ‘“ Le. fils,” continue-t-il, l'a faite ensuite sur ma terre au dessus du bout de l'Isle que j'avais donnée à ferme à son père et il l'a faite cette année avec le S' de Cuisy, son cousin, fils de Made Dargenteuil sur la terre que cette Dame a eu permission d'establir au dessous du Long Sault quoiqu’elle n'en ait aucun titre de concession... Celui a qui j'ay affermé l'Isle-aux-Tourtes y commerce publiquement avec les Sauvages qui y sont etablis et autres qui y vont chercher leurs besoins... Lorsqu'il fait commerce avec eux, c'est en conséquence du droit de traite avec les Sauvages qui m'a été accordé dans toute l'étendue de la concession qui m'a été faite par M' de Callières et de Beauharnois, gouverneur général et intendant en la nouvelle France, le douze octobre 1707, qui a été ratifiée et confirmée par un Brevet que le Conseil a eu la bonté de m'obtenir de Sa Majesté le 5 may 1716...
‘ Pour la traite qui se fait en haut de l'Isle de Montréal par les françois qui y sont établis, je laisse à M' Begon et aux officiers de la justice de Montréal de faire à cet égard ce qui est de leur ministère.” (Cor. gén., XLIV, 163.)
Le 29 septembre 1723, M. de Vaudreuil revient à la charge, mais si l’on en juge par les notes du ministre sur la marge de la lettre, il avait perdu sa cause en 1722. ‘ Quoique,” dit-il, ‘ mon fermier de l'Isle aux Tourtes ait fait publiquement le commerce, il ne s'en suit pas pour cela que les habitans de Montréal ayent été bien fondéz dans leur plainte, la concession qui m'a été faitte par Sa Majesté de cette terre m'autorise à traitter avec les Sauvages qui y sont habituez et il n’y en a que deux en ce pays qui ayent ce droit, touttes les autres concessions n'ayant que le droit de Chasse et de Pesche. Je me serois dispensé d’y faire des dépenses aussi considérables, si je n'avois esté persuadé de la
liberté que le Roy m'accordait de faire sans restriction le commerce avec les Sauvages domiciliez. J'ose me flatter Monseigneur que toutes ces raisons vous porteront à me rendre la justice qui m'est due au sujet de la traitte de cette terre.”
(Note du ministre en marge : ‘Il est d’un mauvais exemple que son fermier fasse le commerce, il doit être réservé pour les 3 villes ; le Roy n’a prétendu luy donner que les denrées de la terre, le Conseil luy a écrit la même chose.”)
‘ J'empecheray pour satisfaire à vos ordres que mon fermier fasse cette année aucun commerce, mais j'espère Monseigneur que vous donnerez les ordres nécessaires pour que je puisse jouir à l'avenir des privilèges qui m'ont été accordés par le Brevet de confirmation de la dite concession, dont j'ai l'honneur de vous envoyer copie.”
(Note du ministre: ‘ Vous aviez reçu dès 1722 des ordres du Conseil de la marine à ce sujet que vous deviéz exécuter.”)
‘ J'avais révocqué la permission que j'avais donné au Sr Guillet d'aller à Témiscamingue sur les plaintes qui mestoient revenû de sa conduite, mais ayant reconnû que ces plaintes estoient sans aucun fondement, j'ay cru devoir l'y renvoyer pour empecher ces Sauvages d'aller chez les Anglois.”)
(Note du ministre : ‘Il faut oter Guillet de ce poste, il est revenu aparamment dans la colonie pour solder ses comptes et remporter des marchandises.”)
“Comme vous estes déjà informé Monseigneur qu'il est d’une extrême conséquence de conserver avec les Sauvages la paix et l’union si necessaires à la colonie, Vous pouvez de là aisément juger qu'on ‘ne peut conserver cette union qu'en leur donnant les secours necessaires pour les aïder à faire subsister leur famille, et ce sont là les seuls motifs qui m'ont déterminé à ne point abandonner ce poste. Il est certain d’ailleurs que les Pelletries qui en viennent sont meilleures que toutes celles des entres endroits de ce pays et que le Roy venant à abandonner ce poste, toutes ces Pelleteries passeroient infailliblement en Angleterre, ce qui causeroit un grand préjudice à la colonie.”
(Note du ministre: ‘“ Memoire pour M. le duc. Il faut
fl
taste panne —
l'affermer et en appliquer le prix aux fortifications de Montréal. Décision 8 février 1724, approuvée ; il dit conserver ce poste ; l’affermer pour le compte du Roy et l'appliquer aux fortifications de Montréal.”) (Cor. gén., XLV, 80, 134.)
Le 15 octoure 1723, M. de Ramesay envoyait à la cour une dernière protestation, dont je détache les passages suivants :
“,,, J'ai l'honneur, Monseigneur, de vous informer que lorsque j'estois en France il y a quatre ans, M' de Breslay, prestre du Séminaire de St Sulpice, présenta un mémoire au Conseil de la Marine, sans la participation de M' Leschassier et de Mr l'abbé de St-Aubin, par lequel il leur exposoit les désordres qui se commettent dans sa mission des nepissingues à l'isle-aux-Tourtes. Mme la Marquise de Vaudreuil estoit pour lors en Languedoc ; lorsqu'elle fust de retour à Paris, elle en parla à M" Leschassier et à Mr l'abbé de St-Aubin quils luy dirent qu'ils n'y avoient aucune part. M£r' le comte de Toulouze et Mr le mareschal Destrée me firent l'honneur de m'en parler, auxquels j'eus celuy de répondre, pour me disculper auprès d’eux, que je ne scavois pas au juste les circonstances de cette affaire pour leur en rendre témoignage, estant désagréable d'estre accusateur de son général et dans la penssée ou j'estois qu'estant informé de cette affaire, il changeroit de conduitte ; mais au lieu de cela, je vois, avec un chagrin au dessus de toute expression, que les désordres continue et augmente d'années à autres au préjudice de la Religion, des ordres du Roy qui ne sont pas exécuttées dans ce pays et du mal qui en résulte pour les habitants de cette colonie. Le S' Youville® qui a affermé la traitte de l’isle aux tourtres commets des désordres affreux en enyvrant non seulemant ces sauvages mais encore les outauois et autres sauvages des terres qui venoit en traitte à Montréal, qu'il a despoüillez de manière que ces sauvages s'en estant retournéz en leur pays, et les autres voyant qu'il n'avoit ny chemises, ny hardes pour se couvrir, ny munitions pour aller
(1) Il mourut l’année suivante. — (2) François Youville, sieur de La Découverte. Sa conduite scandaleuse aurait-elle imfluencé la vocation religieuse de sa veuve, la vénérable fondatrice de l’Hôpital-Général de Montréal ?—(3) C'est-à-dire des Pays d’en haut. (Cor. géx., XII, 171.)
pre Lu lt dau À din dl li 27. - dé haute du DRE CUT *) AT}
à la chasse, n'ayant point voulus traitter avec les françois qui sont aux outauois ont pris le party d’aller aux anglois plutot que de venir à Montréal.”
(Note du ministre,en marge: “Ecrire à M. de Vaudreuil qu'il ait attention sur son fermier qui enyvre les Sauvages. ”)
‘ Jay l'honneur de vous représenter, Monseigneur, qu'avant que M' le Marquis de Vaudreuil afferma sa traitte de l'isle aux tourtres, il venoient yci toutes les années cent canots et le moins quatre vingt en traitte ; c'estoit une espèce de foire. Les marchands y débitoient leurs marchandises, les habitans leurs denrées de manière que tout le monde y trouvoit son compte. Il n'est pas descendus quatre canots cette année à Montréal, le S' Youville les ayant tous retenus au haut de l'isk ayant pour cet effet un sergent et six soldats lesquels sont occupéz à examiner tous les canots qui descendent et les con traignent d'aller à l'isle aux tourtres où on ne leur traitte que du vin ou de leau de vie, comme il a fait les années précédentes, et dont les marchands ont portées leurs plaintes au Conseil de Marine, ce qui n'a produit aucun effet, attendu que personne n'en avoit écrit à la Cour.”
(Note du ministre : ‘“ Luy mander que M' de Vaudreuil a marqué que son fermier ne traitteroit point, qu'il marque si cet homme s’execute parce qu'il le pourroit bien faire à l'inseu de M' de Vaudreuil.”
‘Ces sauvages domicilliés nepissingues de lisle aux tourtres vinrent environ le dix de juillet, presenterent un collier à Mr le Marquis de Vaudreuil par lequel ils luy direni: Mon père nous te venons dire que nous ne pouvons prier Dieu, à cause que Youville, qui a affermé la traitte de lisle aux tourtres, nous as tous les jours enyvrée et nous a fait boire toutes nos pelletries, de sorte que nous sommes digne de pitiez, estant tout nud et n'ayant point de chemises, ny hardes pour nous couvrir, ny munitions pour chasser ; il vient tous les mattins dans nos cabanes avec du vin et de l’eau de vie, en nous disant tu as un bon père, parlant de M' le Marquis de Vaudreuil, il veut que tu boives de son lait, et nous a toujours enyvrée tant que nous
avons eu de la pelletrie, de manière que le missionnaire qui nous fait prier Dieu, nous ayant toujours trouvé hors de raison, a emporté la cloche et nous à dit quil ne vouloit plus nous instruire. Ainsy nous venons te donner ce collier, mon r're, pour te dire que nous voulons prier Dieu et que si tu ne . :.sse Youville de lisle aux tourtres nous ne voulons plus y aller.
“ Quelques jours après, Mr de La Gondalie qui est grand vicaire de M' l'Evesque vint me voir avec Mr Deperet, qui est missionnaire de ces sauvages, pour m'entretenir des faits cy dessus auquel je ais qu'il estoit necessaire qu'il en parla à M' le Marquis de Vaudreuil auquel j'avois eu l’honneur plusieurs fois de l’en informer sans qu'il eust egard à mes remontrances. Il y fust avec Mr Priat, curé de Montréal, auquel il dit qu'il y remediroist et qu'il avoit eu tort de ne luy en avoir pas parlé plustot. Ces missionnaires vinrent me voir après avoir fait leur visite et Mr De Peret dit qu'il n'avoit pas osé luy soustenir ce qu'il avait eu l'honneur de lui en ecrire et quil en avoit parlé plusieurs fois à Mr de Cavagnial, son fils, pour l'en informer. Comme cette affaire a eu beaucoup d’esclat, il y a lieu de presumer quil ne permettras plus au S' Youville de vendre de la boisson à l'ile aux tourtres.
“Mais ii a pris d'autres moyens qui sont fort à craindre quils ne produisent d’aussy mauvais effets pour les negocians de Montreal que ceux dont il s'est servy les années précédentes.
‘“ Quoiquil soit deffendus par ordre du Roy à Mr le Marquis de Vaudreuil de donner des congez, il en a donné un au S' Guillet, l'ainé, de plusieurs canots sous pretexte daller à Themissamingues pour traitter avec les sauvages qui vont à la Bay d'Hudson dont il a retiré dix ou douze mil franc de retribution les années précédentes.”
(Note du ministre : ‘“Ordonner d'affermer Temiscamingue.”) (Cor gun: AN; 124 128,218; 310)
Enfin le : mars 1725, le marquis de Vaudreuil présenta devant l’intendant Bégon le dénombrement du fief ‘ vulgairement nommé de Vaudreuil”, comprenant l'ile-aux-Tourtes, dans lequel il réclame ‘le droit de chasse, pesche et traite
ou
avec les Sauvages”, et déclare qu’il a réservé non pas une demilieue de front sur sa seigneurie de Vaudreuil, ainsi qu'il le disait en 1720, mais ‘sept arpents de front sur une lieue et demie de profondeur, réservés pour les Sauvages Népissingues”. 11 donne la description suivante du poste de l’ile-aux-Tourtes : ‘ Qu’audessus des dits islets en remontant la dite Grande Rivière, est une isle nommée l'isle-aux-Tourtes qui contient environ trois quarts de lieue de tour, laquelle monsieur dit Sieur Marquis de Vaudreuil a réservé pour les Sauvages Népissingues tant qu’ils voudront y habiter et sur laquelle isle il y a un fort entouré de pieux, dans lequel est une église de pierre, un presbytère construit de pièces sur pièces, enduits dehors et dedans, de cinquante pieds de long sur vingt-cinq de large, un corps de garde aussi sur pièces de vingt-cinq pieds de longueur quinze de large, pour retirer la garnison qui vient dans la dite isle tous les étés, et une maison à côté du dit corps de varde aussi construite de pièces sur pièces de trente pieds de long sur vingt-cinq de large pour les officiers, et environ quarante arpens de désert qui sert aux dits sauvages Népissingues, le reste de la dite isle étant en bois debout. ” :
Les historiens ont regretté la cupidité du marquis de Vaudreuil, bien que presque tous se plaisent à reconnaître les immenses services qu'il rendit à la colonie, d'abord comme commandant des troupes, puis comme gouverneur général. C'est le principal reproche qu'ils lui font, mais il faut avouer qu'il était grave dans une colonie qui avait besoin de toutes ses ressources. Pierre Margry est très sévère à son égard ; il dit que ‘venu en Canada sans avoir de quoi donner un déjeuner haut le pied, le premier marquis de Vaudreuil, lorsqu'il succéda au chevalier de Callières, ne voulut avoir d'autre intérêt pour la colonie que les pelleteries dont il faisait le commerce, tant par lui que par ses agents, avec une avidité qui dépassait ce que l'on avait vu. Aussi, les Sauvages auxquels il en soutirait le plus qu'il pouvait pour leur permettre de vendre celles qu'ils apportaient à Montréal, le nommaient-ils le grand pleurard ”.
(VE, p. xvIL.)
La mort de M. de Vaudreuil en 1725 et le transport définitif des Sauvages de l’ile-aux-Tourtes au nouveau fort du lac des Deux-Montagnes, en 1726, mirent fin aux troubles incessants que la traite avait soulevés à l’ile-aux-Tourtes pendant près d’un quart de siècle. Dès l'année 1716, le Séminaire de Saint- Sulpice, qui avait la direction des Sauvages du Sault-au-Récollet et de l'ile-aux-Tourtes, avait décidé de fonder la mission d'Oka. En novembre 1719, M. de Belmont soumettait au gouverneur le plan du fort de pierres qu'il s'était engagé de bâtir par son titre de concession, mais M. de Léry le rejeta comme trop étroit. Le Séminaire dût l'agrandir et en 1721 les Sauvages du Sault y étaient installés. Le déménagement coûta 20,000 livres, ancien cours. Le 17 octobre 1722, M. Gay, leur missionnaire, rapporte qu’ils y sèment plus de champs qu'au Sault. (Cor. gén., XLIII, 81; XLIV, 126.) M. Élie Dépéret dût accompagner ses Sauvages et résider avec eux au moins pendant quelques années. Mer Tanguay nous dit qu’il cessa de desservir la Pointe-Claire en 1721 et qu'en 1735 et 1736 il était à la Longue-Pointe. Où était-il de 1721 à 1735 ? Probablement avec les Sauvages de l’ile-aux-Tourtes, dont il était le commissaire, chargé par le roi de les accompagner dans toutes leurs expéditions. Finalement, il retourna à Sainte-Anne, dont il fut le curé pendant des années. Il y mourut le 17 avril 1757, à l’âge de 66 ans. (Xépertoire du Clergé Canadien, par Mer Tanguay, p. 93.)
Enfin, la Correspondance générale établit que Godefroy de Lintot quitta le commandement du fort de l'ile-aux-Tourtes vers 1718, pour prendre du service à Shawenigan sous Le Gardeur de Saint-Pierre. En 1720, M. de Breslay demandait qu'il fut “rétabli dans le commandement du fort du lieu principal de la Mission (à l’ile-aux-Tourtes) et qu'il soit fait lieutenant pour luy aider à subsister”. M. de Vaudreuil fit objection à cette promotion, non pas parce que M. de Lintot ne la méritait pas, mais parce qu'il n’y a plus au fort de l'ile-aux-Tourtes, ‘ depuis qu'il en est sorti, qu’un sergent avec six soldats”. C'est aussi ce qu'affirme M. de Ramesay. Ce sergent était Daniel Amiot,
RTE AR PT UE UE ES Pre ne | SR EME ER
sieur de Villeneuve. Il y était en 1719 et 1723 et probablement jusqu'en 1726. (Cor. gén., XLII, 3; XLV,219; Bulletin des Rech. Æis., WI, 117; LakeSt. Louis, 171, 179.) De Lintot reçut néanmoins l'avancement souvent sollicité depuis l’année 1714, car le 9 novembre 1728, il prenait, au registre de son mariage à Sainte-Anne, la qualité de lieutenant du détachement de la Marine, sans reprendre le commandement du fort de l’ileaux-Tourtes, qui avait été évacué par la petite garnison en 1726. (Lake St Louis, 172.) Les nouveaux postes du lac des Deux- Montagnes, du Long-Sault, du lac Témiscamingue et des Pays d'en haut avaient considérablement diminué l'importance de ceux de l’île-aux-Tourtes et du haut de l’île de Montréal.