‹ Supplément au Traité de l'exploitation des mines de houille, ou, Exposition comparative des nouvelles méthodes employées en Belgique, en France, en Allemagne et en Angleterre, pour l'arrachement et l'extraction des minéraux combustiblesChapitre 36 sur 52 · VII- SECTIOïf · texte numérisé non relu

VII- SECTIOïf

Nouvelles substames appliquées aux tissus des lumpes de sûreté*

La lampe Mucseler, quoique présentant une sûreté relativemenl parfaite, n'est en ussige que dans une partie des mines belges (i)Xette fiïcheuse circonsianco est attribuée au prix plus élevé et à la plus grande pesanteur de cet appareil comparé à la lampe de Davy, à la dépense résultant du bris assez fréquent de Fenveloppe en cristal, effet d'une dilatation inégale des deux faces intérieure et extérieure. Enfin, les mineurs du Hainaut reprochent plus spécialement à la lampe Mueseler sa tendance à s'éteindre pendant la marche lorsqu'on Tincline accidentellement oa lorsqu'elle est appelée à traverser le fort courant d'air ascendant des puits aux échelles. Aussi ne l'admettent^ls qu'à leur corps défendant et donnent généralement la préférence aux appareils moins sûrs de Davy ou de Botty.

(i) Cependant, an arrêté ministériel du 29 avril 1864 a rendu cette lampe obligatoire pour l'éclairage des mines à grisou, en se fondant sur ce qu'eUe offlre le plus de sûreté pour les mineurs.

{Note de routeur,) Depuis un an, TAdministration des mines a mis en vigueur cet arrêté, qui ne tardera pas de recevoir sa complète exécution.

(Note de Véditeur).

ÉCUmAGB DES MmE% DE ROUILLEp

Eu France, d'autres motifs ont amené le même résultat. Les appareils perfectionnés nayant été lobjet d'aucune décisîoa oflîcielle, les exploîtanls, craignant que, dans le cas où une explosion occasionnerait un accident grave, leur responsabilité ne soit engagée, pour s'être écartés du seul type dont les circulaires administratives font mention, croient devoir maintenir systématiquement la lampe de

Les Westphaliens emploient la lampe de M, Ilérold. Dans le reste de rAUemagne, où toutes les lampes sont admises, celle de Davy, plus simple et moins coûteuse, est la plus usitée* Les Anglais se servent quelquefois des appareils deClanny,de Stephenson elc, mais la majorité des exploitants repoussent le manchon de verre quHls craignent de voir voler en éclats ou , tout au moins , s'éloiler au contact de la moindre goutte d*eau et s'en tiennent à la lampe de Davy.

Ces circonstances font comprendre le motif des recherches qui ont eu lieu récemment dans le but de diminuer autant que possible le principal inconvénient reproché à la lampe de Davy, en lui restituant une partie des rayons lumineux absorbés par le tissu métallique, en raison de sa couleur sombre.

Déjà, en 1854, M, Plant» ingénieur anglais, proposait remploi de fils de fer zîngués ou, mieux, argentés par les produits galvaniques. Plus tard, IL Miniscloux (t) songeait à rétamage pour augmenter le pouvoir photoraétrique de la lampe* U trouvait encore dans ce procédé l'avantage de permettre de laver la toile sans craindre de foxider i en sorte que la durée en serait augmentée, puisqu'on pourrait se dispenser de la faire rougir au feu pour expulser la

(t) Breceft Mges, 18M. Tome V, p. m.

• 423 cHApnnB III. — vn* sbction.

crasse produite par la fumée, lliuile et les poussières de houille.

Dans la session du mois d'août 1861 , de la Société des ingénieurs du Nord de rÂngleterre(i), H. Bell, de NewcasUe, sur la Tyne, a proposé une lampe de sûreté munie d^ons enveloppe en aluminium. Ce nouveau métal, vu sa légèreté, n*est pas d*un prix aussi élevé qu'on pourrait le croire, puisqu'il se vend, à la fabrique de M. Bell, i37l 138 fr. le kilogr. et qu un manchon, y compris la maind'œuvre, ne coûterait guère plus de fr, 3.50. La chaleur spécifique de l'aluminium est assez élevée pour lui pe^ mettre d'absorber une grande quantité de calorique, en sorte qu'il peut être exposé longtemps à une forte chaleur avant de rougir , circonstance favorable aux lampes de sûreté. La température de la fnsion, qui s'effectue sans fondant, avec un creuset ordinaire , est comprise entre celles de l'argent et du zinc. Ce métal, allié à trois pour cent de cuivre, acquiert une solidité suiBsante pour être tiré en fils. Enfin, il est inoxidable et, en raison de sa blancheur, il laisse passer un grand nombre de rayons lumineux.

Nouvelle lampe de. sûreté de M. Amould (PI XVII, fig. m

La plupart des nouvelles lampes offertes aux mineurs dans ces dernières années ne présentent aucun principe nouveau ; elles ne sont généralement que des reproductions légèrement modifiées des appareils connus. Ainsi, la lampe de M. Glanny n'est qu'une mauvaise copie de celle

(1) TtatisacUœi ofthe Nord Englaud, ISôO, p. 255.

ÉGLàlRACE D£S KlNliS m JIOUaLE,

M, Mueseler, puisqu*oa y a supprimé le diaphragme I horizontal et la chemînéet qui en font toute la sécurité, La lampe du docteur Glover, dans laquelle Tair descend entre deux verres concentriques^ pour alimenter la flamme > nW autre que celle de RL Rocour, ingénieur belge, laquelle dale de I8i2* Celle deStepbenson, ideoliquemeutla même que la lampe de Roberts et Upton,est pourvue d'un verre placé derrière la gaze métallique, afin que le courant I d*âir ne puisse éteindre la flamme ou la taire sortir k travers Venveloppe, Enfin celles de JIM* Mozard en Angleterre et Dubrulle en France, ne sont autres que des appat reils Mueseler et Davy auxquels sont annexés de petits mécanismes destinés à noyer la mèche dans le réserv^oir dans le cas où Ion voudrait ouvrir irrégulièrement. La nomenclature complète des modifications proposées est trop longue pour trouver place ici ; d'ailleurs les exemples qui précèdent suffisent pour faire apprécier la valeur du [ progrès réalisé depuis dix ans*

Toutefois, une invention nouvelle, ou plutôt une simple modification apportée à la lampe Mueseler, constitue une exception d'autant plus remarquable qu elle annihile radicalement les défauts reprochés à cette dernière, tout en offrant une plus grande sûreté.

Dans cet appareil, du à M, Arnould, ingénieur attaché à TAdministration des mines du Hainaut, la cheminée en toie suspendue au-dessus de la flamme, quelle interceptait partiellement, est remplacée par un tube en verre, dont la tase s'encâstre dans une douille placée au-dessus du réser- ! voir» Outre le diaphragme horizontal logea la partie supéi rieiire du manchon en cristal et qui fait partie de la lampe Mueseler, il s'en trouve un autre, en forme d'entonnoir renversé, qui repose sur la plale-formedu réservoir d^huile, il est maintenu par le manchon de cristaL L'air arrive,

CHAPirnK m, — vu'' sectïok.

comme dans la lampe Mueseler, par la partie supérieure dû tissu, traverse successivement les deux diaphragmes et vient en contact avec la mèche. En outre, deux petits ressorts j attachés à la rondelle qui recouvre la manchoji, permettent à celuî-ct de céder k Taetion de la dilatation. ■

Cette lampe ne s'éteint pas lorsqu on la penche ou qu oq ~ lui imprime» à la main, de fortes oscillations; mais il est probable que les secousses dérivant de la circulation dei ouvriers sur les échelles ea provoqueraient lextinction,

La cheminée n'iuterceptant pas la flamme, la clarté eât^ plus grande. Le manchon eîttérieur s'échaufie si peu qu'on" peut y porter les doigts, sans éprouver aucune impression douloureuse. N'étant plus dès lors exposé à de brusques changements do température, il se soustrait aux ruptures provoquées par la chute de gouttelettes d eau ôu par Ift^ contact des courants froids. Si l'un des verres se briseB l'autre suffît à isoler momentanément la flamme de Ta! mosphère détonnante.

Les nombreuses expériences faites, au soufflard é Wasmcs, par quelques ingénieurs des mines du district de Mons (î) ont permis de constater que la présence de Fhydrogène carboné dans l'atmosphère se dénote beaucoup plus vile par remploi de la lampe Aroould que de toute autre. Plongée dans un gaz détonant» la flamme s'éteint presque toujours avant le moment oh le même fait se produit avec la lampe Mueseler, ce qui donne à nouvelle invention la prééminence sous le rapport de sûreté* Ainsi, sur dix expériences, il est arrivé huit foi que les lampes Arnould, contenant l'une derhuile minéralei Tautre de l'huile ordinaire, se sout éteintes avant celles de U, Mueseler-

fait

il) Expériences du 30 juillet 16ffî, par MM. Qille, Han«, Schora i Arnould.

Une seule chose est à craindre dans remploi de cet appareil: le bris fréquent de la cheminée en verre, dont la surface intérieure est soumise à une haute température, tandis que la surface extérieure est sans cesse refroidie par le courant d*alimentation. Toutefois, ce défaut n'ayant pas été constaté pratiquement, il convient d attendre les résultats de Texpérience.

Projet de lampe de M. Chuard (i).

Dans cette lampe destinée aux mines , l'air alimentaire est astreint à traverser un tube métallique d'assez grande longueur, avant d arriver à la flamme. Ce tube peut être fermé par la chute d*un clapet ou d'un piston, ordinairement suspendu par des cheveux, qui brûlent dès que vient à s embraser latmosphère intérieure de la lampe pleine de grisou. Gomme le chemin que doit parcourir le piston est fort court, le piston obstrue le tube au moment même ou le gaz détonant entre en combustion, avant que la flamme ait pu se propager dans le corps de la lampe situé audessus.

Le principe sur lequel repose ce petit appareil est neuf et très- rationnel ; mais l'auteur n'est pas encore parvenu à donner à son idée une forme pratique ; il faut espérer qu'il atteindra son but par de nouvelles expériences. L'Académie des sciences de Paris a attribué à M. Chuard une partie du prix Monthyon comme encouragement et pour l'indemniser de ses recherches futures.

(1) Comptes-rendas de TAcadémie des Bciences de Parii. T. 38, p.2Û2et406.1854.

CHJVPITUE tiL — VU** sêmim.

Le pétrole et son application atkz lampes

mines*

Celte huile n'est pas un produit nouveau. PluUrqieeQ fuit mention et les peuples de l'Asie la recoeiUeûl depuis des siècles pour s'éclairer.

L'étendue immense des puissantes stratificationa d'argile schisteuse imbibée d'huile, récemment découvertes dans divers Éiâtâ de rAmérique du Nord» notamment en Pensilvanie et dans le Massachusets» la richesse , pour ainsi dire, inépuisiible de ces gisements, capables de founiirde la lumière à tout le globe, ont produit une sensation si grande que les Américains , dans leur enthousiasme » cal appelé ce produit naturel, huile étonnante {aionuking oiIJ j

L'exportation, encore assez récente, de ce produit ■ pris un© importance telle, que le gouvernement anglds s*est vu forcé de porter de nouvelles lois pour dispenser de rapproche les vaisseaux chargés de pétrole.

Cette huile, inflammable et très-odorante, conâidè^, dans l'origine, comme très-dangereuse, cesse de Tétre ea réalité, si, par suite d'une distillation convenable, lessubstances volatiles et explosives qu'elle renferme , idlcs qiê Téther, l'esprit minéral et les essences, sont éliminées, en même temps que les huiles légères très-combusiibles. II ne reste plus alors que le pétrole proprement dit, ipîi doit être incolore ou d'une nuance légèrement opaline ti dont le poids est compris entre 790 et 800 grammes iii litre.

11 donne une flamme brillante, intense et semUaUti celle du gaz. Lorsqu'il est en combustion dans de» espAces resserrés, tels que les excavations souterraines, Udégige une odeur très-désagréable, qui porte à la tête; cette odeui* est telle, que les ouvriers de la mine de Baine-

ÉCUIHAGE DES MINES m tkUlLLE,

S^-Pietre (Centre du Haiiiaui), auxquels on voulait donner des lampes au pétrole , ont déclaré qu^ils ne voulaient pas s en servir, préférant acheter àleur frais de Thuile végétale,

La flamme du pétrole est moins adhérente à la mèche, moins persistante que celle des huiles ordinaires. On a Souvent lieu d'observer celte propriété dans Tapplication du liquide minéral aux usages domestiques; il suffît quelquefois du courant d'air provoqué par la fermeture d'une porte pour éteindre la flamme du pétrole et de la plupart des huiles minérales (i)* Aussi ce liquide sera-l-il toujours d'un emploi difiicile dans les mines, à cause de la grande sensibiUé de la flamme, quaucune tentative na pu fixer à k mèche.

Il n'y a pas longtemps que l'attention des ingénieurs a été attirée sur rapplication deThuile de pétrole ùréclairage des excavations souterraines, sujet d'un grand intérêt sous le rapport économique* Des lampes ont été proposées ou exécutées; mais, jusqu'à présent, aucune n'a entièrement répondu aux exigences de la pratique. Leur défaut capital est rexlinction de la flamme au moindre mouvement un peu brusque imprimé à rappareit, surtout si ce mouvement est ascensionnel.

Les paragraphes suivants renferment la description » par ordre de dates, des lampes de 3DL Arnould, Souheur et Cavenaile.

Lampe'aU'jJétroîe de SL Arnouîd.

(PL XVH, figAl).

Cet ingénieur donne les moyens d'approprier à l'emploi de fhuile de pétrole tous les types connus. S agit-il ^ par

fi) Les huiles minérales prOTÎ en nent des houiUes, des Bchîstea et de» maAIèrea bitummeuiea, teUes qua râ3phàlle^ le bitumé, le p«troleum, etc.

^ifs

CHAPJTRE 1JK — VU* SECTION.

exemple, d'une lampe Davy, U suffît d'y întroduiie une cheminée en verre garnie » à sa base, d'un pavillon , dont louvertuie centrale enveloppe Textrémité delà mèche. Le courant d*air , après avoir traversé le tissu , pénètre dans la capacité comprise entre le pavillon et le tbnd supérieur du réservoir d'huile et vient incessamment alimenter la flamme d'une mèche plate, dont rextrémité est installée à une hauteur déterminée par Texpérience. Dans ces ciroonstances, la combustion de Thuile minérale se fait sans odeur; le tissu métallique, formé de deux pièces, pour faciliter le nettoyage, ne doit plus passer au feu quand on veut en enlever la crasse; enfin, Tintensité de la lumière est telle qu'il n'est plus possible de reconnaître dans cet appareil la lampe de Davy.

Celle de M. Mueseler, modifiée de la même façon, revient à Tapparcil Arnould décrit plus haut^ auquel a été ajouté un bec américain; ses propriélés sont les mêmes: absence d'odeur, forte lumière et nettoyage des toiles sans remploi du feu-

Pour les mines exemptes de grisou, l'inventeur munit la lampe d'un tube en verre de rebut, au-dessous duquel il fait entrer fair par de petites ouvertures.

Enfin il a combiné les dispositions d*une lampe d'accrochage à double courant dair: le courant pénèlre par la base de l'appareil et, daus le cas où les oriBces viendraient à se boucher, par la partie supérieure. Cett&j lampe, dont le pouvoir photomëtrîque est égal à celui du du meilleur carcel , semble devoir convenir à réclairage des plans inclinés aulomoleurs et peut-être aussi dea chantiers d'abatage, comme appareil fixe,

La lampe de M, Arnould, exposée à des mouvements brusques, est sujette à s'éteindre comme toutes les autres de 1 espèce* On lui reproche encore la rupture assez fré-

quente des verres intérieurs et de petites détonations, qui ont lieu surtout dans les lampes d*accrochage ; ces détonations semblent provenir du contact de la flamme et des produits gazeux de la distillation de Thuile accumulés sous le pavillon.

Les lampes à pétrole destinées à Téclairage des mines sans grisou, sont également munies d'un pavillon; mais comme la flamme ne tient pas lorsque la mèche est ajustée au-dessus du pavillon , M. Ârnould a essayé de la placer au-dessus , de manière que l'air vienne le rencontrer à sa partie inférieure. La flamme résiste alors parfaitement. La lampe n'est pas fumeuse ; mais l'odeur du pétrole est un peu sensible. Il ne manque à cet appareil, pour être propre aux mines à grisou, que la toile métallique.

Lampes de sûreté à Vhuile de pétrole de M. Souheur (\).

M. Souheur, directeur de la mine des Six-Bonniers , à Ougrée, près de Liège , a inventé deux lampes à pétrole , de modèles différents, Tune destinée aux ouvriers, l'autre — d'un pouvoir éclairant plus élevé ^— aux maîtres-mineurs, géomètres, etc.

Le second type est représenté par la fig. 42 (PI. XVII). Comme M. Arnould, l'inventeur a cherché à conserver, autant que possible, la lampe Mueseler. Sa lampe se monte de la même manière et se ferme à l'aide d'un pivot à ressort et à filets.

Ainsi que toutes les lampes , elle possède un réservoir,

(1) L'invention ayant été perfectionnée récemment par son aute^r, nous avons cru devoir modifier en conséquence la description qu'on Ta lire. (Note de Véditeur.)

a, assez exactement fermé pour prévenir rëpâncbêmeat de

rhuile- Le porte-mèche, b, appelé bec américain, traverse un compartiment, ce, dans lequel circule un courant dair rafraîchissant, La mèche est plate. Le bec est cnveloppét] vers la flamme, d'un manchon, rf, mobile dans le sens longitudinal. Commela mèche n a jamais besoin d'être mouchétl ou remontée j il suffit que Touvrier ait entre les mains l»" moyen d'élever le manchon pour modérer la flamme ou pour réteindre. Cest à cette manœuvre que sertla lige, ê, qui traverse le réservoir et dont rexlrérailé inférieure est filetéti de manière à se laisser conduire par un bouton en larmoi d'écrou , f, La flamme est enveloppée d'un premier verre, g^ surmonté d'une toile métalliquet A; un second verre, i\ intérieur, appelle le courant d^air alimentaire et remplace la cheminée en lôle, de la lampe Mueseler; il s appuyé sur un pavillon, k, percé d'ouvertures à sa partie inférieure et destiné à concentrer l'air sur la flamme, et porte un chapeau, /, en tôle perforée, relié avec le corps de la lampe par une toile métallique, m. Le courant dair suit la direction indiquée par les flèches.

Placée dans un mélange explosif, cette lampe indique immédiatement, par rallongement de sa flamme, la présence du danger; elle est doue de sûreté. La chapeau de tôle permet de la placer dans un fort courant d'air, et Tagiter en tous sens, sans Téteindre. On lui a même fait un reproche de ce qu elle continue à brûler quand on rincline fortement, doù la rupture possible du verre, surechauffe en un point. Ce reproche paraît peu fondé, d*abord par ce que cette inclinaison ne peut jamais être que passagère » ensuite parce que la flamme tend plutôt h suivre le fil du courant d*air, cest-ù-dire Taxe de la cheminée, qu'à se placer dans la verticale.

Quant a la lampe destinée aux oumers (fig. 43), cest

une véritable lampe Mueseler, dont le porte-mèche est approprié àFusage du pétrole.

Elle diffère du modèle précédent par les dispositions suivantes: 1*" emploi d'une cheminée en tôle, système Mueseler^ suspendue au-dessus de la mèche, au lieu d'une cheminée complète en verre; 2"" le pavillon devient une pièce tout-à-fait accessoire, qui sert, non plus à concentrer l'air sur la flamme , mais simplement à abriter la mèche contre la poussière.

L'inventeur assure que le pouvoir éclairant de sa lampe (premier modèle), comparée à celle de M. Mueseler, est comme 4 à 1 ; qu'elle offre une économie de 65 pour cent, ce que prouve, dit-il, l'expérience suivante: la lampe Mueseler a brûlé 13 heures avec un décilitre d'huile de colza et a dû être mouchée deux fois, tandis que la lampe au pétrole a brûlé 21 heures avec la même quantité d'huile, sans qu on ait touché à la mèche ; or les prix respectifs du colza et du pétrole sont de 90 et de 50 centimes.

Enfin, en augmentant les dimensions de la lampe à cheminée de verre , M. Souheur en a fait un appareil d'éclairage très-convenable pour les chambres d'accrochage, etc.

Lampe-aurpétrole de M. Cavenaile.

Cette lampe, plus simple que la précédente, présente aussi de meilleures conditions de sûreté. Sa construction repose sur les principes de la lampe Mueseler, avec les transformations propres à la combustion de l'huile de pétrole.

Dans la lampe Cavenaile, la flamme est entourée d'un manchon de cristal, surmonté d'une enveloppe en gaze métallique imperméable. Au-dessus du réservoir à l'huile et à la circonférence, se trouve une série d'ouvertures cir-

ClUriîRE HU — ^ni* SECTION.

culaires que traverse Vair nécessaire àraliraeiïtalion de !a flamme. Le courant d air en entrant dans la lampe passe par une rondelle horizontale en toile méiallique; puis, les produits de la combustion se rendent par une courte cheminée conique en tôle, pour s'échapper dans l'atmosphère après avoir traversé Tenveloppe en toile* Le porte-mèche n'est pas accompagné d*un pavillon qui enveloppe k flamme; le pétrole briile ici dans les mêmes conditions^ que rhuile ordinaire.

Cette lampe, quand on vient de Fallu mer, répand une odeur très-prononcée ; mais dès que la chaleur a volatilisé rhuile qui, en cas de non activité, se condense contre les parois, toute odeur disparaît. Elle offre même sous cei rapport quelque avantage sur les lampes à Thuile de eoka» dont loxidation incoinplëte occasionne rémission de va« peurs dont Fodeur est fort désagréable,

La lampe Cavenaile résiste à de forts courants d'air horizontaux ou verticaux, auxballotements et aux mouvements brusques ; elle ne s'éteint même pas sous les ébranlemeots d'air d'une explosion de grisou.

Les garanties de sûreté sont des plus satisfaisantes ; en effet, les essais comparatifs faits par M, Berge, professeur à Bruxelles, sur les lampes Cavenaile et Mueseter ont donné des résultats identiques , quelle que fut la nature du mélange explosif dans lequel les appareils ont été plongés*

Dans la lampe Cavenaile, le courant d'air intérieur rafroidit le verre el en prévient réchauffement trop intense ; c'est un grand avantage sur la lampe Mueseler, dont les gaz chauds séjournent longtemps dans lenveloppe el s*échauffent à un degré tel, qu'une goutte d'eau tombée du faite des excavationâ» produit la rupture du verre et peut être la eause dune e^losion.

Dansk première, la cheminée, placée au-dessus du manchoa de cristal, ne masque la flamme en aucune manière: loule la lumière produite est utilisée* Aussi les pou* voirs éclairants des deux lampes sont-ils entre eux comme 4.1 à 1.

Enfin, sous le rapport de Téconomie : un décilitre d'huile de pétrole de bonne qualité sufiît pour entretenir la combustion pendant au moins 12 heures en produisant une lumière de raêine intensité pendant la durée de Texpérience, tandis quune lampe Mueseîer, brûlant de Thuile de colza bien épurée, ne tarde pas à perdre de son pouvoir éclairant et s'éteint ddle-môme après une durée de 6 heures-Dans la première, il se consume au plus un décilitre d*huile de pétrole et la même quantité dliuile de colza est brûlée en 8 heures seulement.

Ëeonomie à réaliser dans les mines par Vemploi de rkiiile de pétrolô,

La comparaison, sous le rapport économique, entre Vhuile américaine et les huiles d*œilleUe et de colza mérite d'attirer sérieusement laltention des exploitants de mines* En effet, M. Berge (i) a constaté expérimcnlalement que deux lampes alimentées Tune à Thuile de colza, l'autre au pétrole, placées respectivement à des distances de 0.72 et 0.75 m, du photomètre, sont, quant à Tintensité de leurs lumières, dans le rapport de 100 à 109-

Mais, faisant abstraction de cette différence dans le pouvoir éclairant, le professeur trouve que, dans les deux cas, la coûsommaiion d une heure est de 32.3 grammes d'huile

(1} Extrait d'une leçon donnée, au commencêmeat de novembre 1866, à rhOtelde-vîUe de BruxeUes.

CHAPÏTUIÎ ni. — vu* SECTION.

de colza à fr* 1*30 le kilogramme, et de 19 gramme d'huile de pétrole à fi\ 0*95, soit, pour la preraière lamp 4.2 centimes et, pour la seconde, 1.8 centimes ^ cest-àdire enfin une écoîiomie de 57 pouF cent.

Cependant^ après une combustion de deux heures, h première, ayant perdu de son intensité lumineuse, avait dû être rapprochée à 0.65 m,, tandis que la seconde, conservant le même pouvoir éclairant, restait à la même distance du photomètre; ainsi le rapport était devenu 100 à 133.

La consommation d'huile dans les houillères est uo élément fort important du prix de revient, sur lequel remploi du pétrole aurait une influence assez considérable- Ainsi, dans une houillère da moyenne importance, oii la dépease en huile végétale s*é!ève à 350 fr., on réaliserait de ce chef une économie de près de 200 ù\ La somme devient énorme lorsqu'elle a pour objet une année et Tensemble d'un bassin houiller, La consommation de cette matière dansles mines domaniales de Saarbrûcken excède! ,500,000 kilogr., ce qui, au prix de fr. 1-30, constitue uue dépense annuelle de plus de 1,950,000 fr. L'emploi de Thuile de pétrole réduisant cette dépense à 838,500 fr. serait la source d'un bénéfice de 1,111,500 fr*

Éclairage à Vinténeur et à Vexiéneur, ati moyen iTappareUs fixes alimentés par des huiles minérales.

Les exploitants recherchent, depuis plusieurs années, les moyens d'appliquer les huiles minérales, et spécialement le pétrole, à Téclairage de la margelle des puits, des estacades de chargement, des gares de chemins de fer et des embarcadères des canaux et des rivières, problème

ÉCLAIHAGE DKS UII^ES m tfOUfLLE.

dont la difficulté consiste en ce quela flamme provenant de

ces substances fume sousTinnuenced^un vent même léger.

L'huile que les Allemands appelle ntsoMraA/ (huile solaire) provient de ta dislillation du goudron de lignite ; elle a été appliquée taut h réctairage extérieur des mines de houille de la Saxe, qu'à celui des chambres daccrochage, de la base et du sommet des plans automoteurs et partout où rouvrier ne doit pas transporter la lumière avec lui* Les lampes 5 TArgand, dans lesquelles on brûle cette buiîe» sont munies de tubes ordinaires en verre et de réflecteurs. Le tout est renfermé dans une lanterne, dont la partie antérieure est fermée par une vitre.

L'huile solaire coûte beaucoup moins que rhuile de navette, géoéralement usitée dans les miues allemandes; sa lumière est plus éclatante ; mais, de même que le pétrole, elle répand une odeur désagréable, fume et s'éteint sous Taction des courants d*air.

En Belgique, fhuile de pétrole est fréquemment employée aux mêmes usages, soit à rintérieur, soit à Textérieur* Les chambres d accrochage et les margelles des puits de la mine de Chératte, près de Liège, sont éclatrées par cette substance, que renft^rment des lampes à becs américainâ. On place ces lampes dans des lanternes, dont la cheminée est pourvue d'une gueule de loup, ou cylindre coudé à sa partie supérieure et surmonté d*iine girouette; celle-ci, frappée par le vent, porte f orifice de dégagement dans le sens opposé au courant d'air •

MM. Jamar et Dulière, lampistes de là mine de Sacré- Madame, àCharleroi, ont fabriqué un réverbère qui utilise l'éclat delà flamme du pétrole en la préservant des atteintes

du Yùîlt.

Il se compose (PLXVlIj fig» 14) d*une lampe munie d'uii bec américain » d un réservoir en fer-blanc et d'un

CnAPÎTttK ni. — vif SECTÎOïl*

tube ordinaire en verre. Lalanape est renfermée dans une laalerne, ou cage en verre, pyramide tronquée et renversée, dont les arêtes, aux deux bases, sont en fer-blanc et donl les vitres latérales ne sont pas niastlquées, afin de lifrer passage au volume d'air nécessaire à la combustion. L'uue des parois de la lanterne est mobile sur charnière ei lert de porte. Deux cheminées cylindriques et cûacentrîqyes en fer-blanc sont implantées au fond supérienr de la lanterne. La cheminée extérieure, mobile, est percée, i sa base, d'un grand nombre de trous, par lesquels s échappent les produits de la combustion. L action du vent<, mèli par la cheminée intérieure, ne peut se faire sentir sur h flamme, qui, dès lors, ne vacille, ni ne s'éteint.

L'air extérieur pénètre dans la lanterne par les fissures comprises entre les arêtes en fer blanc et les vitres de Ii cage; il alimente la flamme; s'élève par la cheminée iiitérieure; se replie au sommet , pour redescendre dans ïmpace annulaire compris entre les deux tubes et enfin sort par les ouvertures, d, d. Ces petits trous, rectangulâM, sont espacés de 13 m m. d'axe en axe; leur largeur et leur hauteur sont respectivement de 3 et de 15 mm.

On allume les réverbères dans un local à tabri do vent; leur partie supérieure est munie d'anneaux dans lesi|y(jlâ on passe des bâtons pour les transporter.

Quarante-neuf réverbères de cette espèce fonetionacol actuellement pour IMclairage à la surface de la houillère de Sacré-Madame-

Torches, ou fallots, métalliques à rhuile minérah

La torche métallique de M, Jonniaux, représentée par la figure 15 de la planche XVII, se compose d'un tube métallique , a, d'une section telle qu on puisse le tenir

ÊCUmAGE 0ES MISES DE ÏÏQUILLË.

dans la maîn. Ce tube, d*uQe longueur de 0.75 m, établit une communication entre le réservoir at le porlc-mèehe. Lb réservoir, i, renferme une provision d*huile proportionnée à la durée de la combustion ; mais on peut le supprimer en augmentant les dimensions du tube. Le portemèche, c, est un réseau en iil de fer^ de forme ellipsoïdale, renfermant des déchets de coton gras ou autre matière filamenteuse» poreuse, combustible ou incombustible. A la base de ce réseau, est fixé un petit cylindre qui pénètre dans rorifice supérieur du tube, avec lequel il se lie à simple frottement. Pour entretenir la flamme, il sufit d'incliner le fallot de temps en temps, afin d'amener à la mèche Thuile du réservoir et d^imbiber sa partie extérieure.

Une galerie évasée, rf, recueille Thuile en excès qui s*écbappe de la mèche, lorsqu'on place la torche à terre, et l'empêche de s'écouler le long de la face extérieure du fallot< Le garde-huile, e, évasé eu sens inverse de la galerie, concourt au même effet.

Ces fallols, destinés à remplacer ceux de résine, peuvent servir à réckiragc des chemins de fer et des rivages pendant rembarquement de la houille et sa mise en tas sur le carré des puits. On peut les alimenter avec toute espèce d'huile^ même avec celle qui dérive de la fabricatton des agglomérés et de toute opération donnant lieu à la distillation de la houille.

Cet appareil a été essayé h la station de Lodelînsart, près de Charieroi , par l'Administration du chemin de fer de TEst-Belge ; on a trouvé qu'avec Thuile de pétrole il procure une économie de 75%, et de 94 % avec celle de goudron.

M, Duchône est Fauteur d'une torche (PL XVII, fig. 16) dans laquelle il brûle toute espèce d'huile minérale. Un manche en bois porte un tube métallique au sommet

duquel est vissée une boule en cuivre,percée de sept trous, dont un au sommet ; la boule est remplie de déchets de coton, imbibés d'une huile minérale quelconque qui suinte à travers une boule intérieure criblée de trous. La substance combustible est conduite dans le coton par trois tubes , e, d ei e, fermés à leur base par des entonnoirs renversés, ce, dd^ ce, qui tous reposent sur des embases en zinc, soudés à l'intérieur du cylindre et tout à fait immobiles. Une ouverture pratiquée au-dessous du dernier entonnoir sert à l'introduction de la substance alimentaire et peut être fermée par une vis.

Détourner les mineurs de la tentation d'ouvrir les lampes de sûreté.

La fermeture ordinaire des lampes consiste en une tige à vis appelée à traverser un tube fileté que renferme le réservoir à huile et qui peut s'engager dans une ouverture ménagée sur la rondelle inférieure de l'armature. Une clef à section triangulaire ou carrée fait monter et descendre la tige, qui rend solidaire ou dégage, à volonté, les deux parties de l'appareil. Ces clefs étant généralement uniformes et de même calibre , rien n'est plus facile aux ouvriers que de s'en procurer de semblables, et l'on a vu maints exemples de ce fait dans les mines du Hainaut. Mais les ouvriers n'ont môme pas toujours besoin d'une clef pour ouvrir leurs lampes ; quelques-uns sont assez adroits pour faire tourner les vis au moyen d'une pince, d'un couteau , d'un clou, voire d'un morceau de bois ou môme simplement avec leurs doigts. Leur but, en enlevant le tissu métallique est de voir plus clair pendant le travail ou de rallumer la lampe éteinte d'un camarade. Les

ÊCLAltUCE BES MINES m llOUlLtE,

ingénieurs cherchent depuis longtemps les moyens d'empêcher de pareilles imprudences, souvent suivies de catastrophes.

On a d'abord proposé une disposition par laquelle la mèche rentrerait dans la réservoir et s'éteindrait quand on tenterait d'ouvrir la lampe dans des conditions insolites. Ce moyen n a eu aucun succès.

Un autre procédé, imaginé en 1832 par M. Régnier, mécanicien à Paris, et rendu pratique par M* Arnould, donne aux surveillants la possibilité de constater si um lampe a été ouverte dans les travaux souterrains, en sorte que cette infraction ne reste pas impunie. Il consiste à faire saillir la tige de fermeture, de 5 à 6 mm. au-dessus du fond supérieur du réservoir à l'huile ; à pratiquer ^ en cet endroit, un œillet, de 2 mm. d'épaisseur sur trois de longueur, destiné à recevoir un cylindre en plomb de racmes dimensions; puis, à le timbrer au moyen d'une presse formée d*ua levier que termine une fourche* Les deux branches de celle-ci, embrassant la tige de la vis, impriment sur le plomb les lettres gravées à leurs extrémités* Une échancrure circulaire entaillée dans le socle sert à loger la lampe qui doit recevoir les scellés* Pour que la tète de la vis se trouve convenablement placée relativement au levier frappeur, un point de repère, déterminé par une saillie, a été élubli Ji la circonférence de réchancrure et doit coïncider avec une ouverture correspondante du réservoir, Une femme et un enfant exécutent ce plombage avec rapidité* Lorsque la lampe, après avoir fonctionné dans la mine, retourne à Tate^lier du lampiste, il suftU de couper le plomb à côté de la vis, pour en retirer la partie restante. Ainsi, la lige qui ferme la lampe, ne pouvant être enlevée sans que préalablement on en ait arraché le plomb, il sera toujours possible de constater

440 CHAPITRE III. — Vil* SECTiœi.

rinfraction et d*infliger à son auteur la pénalité qu*il aura encourue. Ce système répressif renferme évidemment une grande garantie en raison de la crainte qu'inspire aux ouvriers la certitude d*étre découverts. Mais ne reste-t-il pas les incorrigibles que n intimide aucune punition? Alors la répression no se produira qu'après le délit et même après qu'il aura eu des conséquences désastreuses. Il semble donc préférable d*avoir recours à des mesures préventives, c*esl-à-dire à l'emploi de fermetures simples et efficaces qui empêchent , dans tous les cas , le mineur d'ouvrir la lampe.

Serrures à ressorts.

Les deux appareils suivants ont entre eux une grande analogie et semblent dater de la même époque.

Le premier (PI. XVII, fig. 17 et 18), dû à MM. Descamps et Garpiaux, près de Charleroi (i),est un appendice facile à annexer à toutes les lampes de sûreté. Trois cylindres en fer blanc, en contact deux à deux parleurs génératrices, sont garantis contre l'huile par une enveloppe de même métal. On les applique à la circonférence intérieure du réservoir. Chacun des deux cylindres extrêmes, qui sont munis d'échancrures latérales, renferme un ressort à boudin. Des plaques en fer-blanc, ferment leurs orifices inférieurs. Le cylindre du milieu, moins haut que les autres, contient une pièce à section circulaire, munie de deux tenons quadrangulaires , que surmonte un taquet, et d'un trou taraudé, dans lequel pénètre la partie filetée de la clef. L'embase, ou épaulement, de celle-ci

(1) Brevets dlnventions belges, 1858. Tome IV, page SOI.

ÉGLAJAAGE DES MtNËS m IIOIILLE.

s'appuye, pour fonclîonner, contre une douille soudée à la base du cylindre. Enfin, le taquet peut venir s'engager entre deux dents consécutives de la crémaillère.

Les ressorts, qui cèdent sous la pression de deux tenons lorsque la vis les rappelle vers le bas, se débandent, nu côiUraire, pour relever les tenons et le taquet qui les surmonte, lorsque la vis cesse de fonctionner.

Dès lors, il est facile de se rendre compte du jeu de ce petit appareil. S*agit4I de fermer la lampe, la clef devient inutile; il suffit de visser Tarmature sur le réservoir; dans ce mouvement, les ressorts étant libres, les dents de h crëmaillère viennent frotter successivement contre la partie inclinée du taquet, jusqu'à ce que, le vissage étant terminé, les dents forment un arrôi impossible à vaincre saiis le secours de la clef. Faut-il ouvrir la lampe, on introduit la partie filetée de la clef, on la tourne dans Técrou, les tenons, engagés dans les échancrures» compriment les ressorts et le taquet, retiré d*entre les dents de la crémaillère, permet le dévissage.

Dans la même année I83S, M, Jonniaux, ingénieur do la mine de Sart-lez-Moulins (i), a mis en usage un appareil (flg. 19 et 20), présentant quelque analogie avec celui de MM. Descamps et Carpisiux. En outre, il semble être le premier qui ait cherebe les moyens d*éviter le bris des manchons de cristal sous finfluence dune forte dilatation,

Linventeur conserve l'ancienne tige de fermeture, mais il renverse sa position ordinaire en munissant sa base de filets, tandis que sa partie supérieure prend la forme prismatique. La tige traverse d'ailleurs le réservoir , à fabn duo cylindre en fer-blano, et dépasse le fond inférieur

(il Bïitîetin dei ingéuteurs sortis de TËcole de Moai. $« et 0> LlTrai^ eOBii page 63,

d*eiîviroo 1 mm. La partie saîîlante supérieure, plus coa- Bidérable (10 mm.), est destuiée à pénétrer dans une ouverture pratiquée sur Tanneau inférieur de rarmalure- Contre une embase, fixée aux deux tiers, environ, delà hauteur de la tige, vient s*appuyer un ressort à boudins, qui enveloppe celîe-ci et qui lui imprime une tendance constante à s'élever et à porter sa tête au dehors. La fermeture de la lampe ne réclame pas de clef, il suffit de visser rarmature sur le réservoir, après avoir comprimé le res* sort. Le ressort, se détendanl.lance la tîge dans Touverture pratiquée sur le disque annulaire, mouvemenl qui se dénote par le bruit sec du choc.

Pour ouvrir, le lampiste saisit le premier filet de It vis dans le taraud de la clef et lui £ait faire quelques tours; le ressort, comprimé par Tembase , permet de rappderla tige, du trou que sa saillie occupe et, par conséquent, de dévisser Tarmature. La clef est ensuite d^gée par un mouvement de rotation en sens contraire.

Ces fermetures, applicables à toutes les lampes de sûreté, n'apportent aucun changement à leur mode de nettoyage; elles possèdent, en outre, toute Tefficacité désirable , puisque les ouvriers ne peuvent pas les forcer et ne pourraient les ouvrir sans avoir en main la clef, assez compliquée, qui leur convient. D*ailleurs, M. Jonniaux est parvenu à diverses simplifications de détail qui réduisent le prix de revient de ces appareils avec leurs appendices à la somme modique de fr. 2.83.

Lampe de mine à feimieture pneumatique.

M. Laurent Lermusiaux, d*Ânzin, vient dappliquer aux lampes de Da\7, pour en empêcher l'ouverture subrep-

lice, un appendice , qui semble plus convenable que les diverses autres dispositions proposées jusqu'à ce jour (i).

Un petit cylindre en cuivre, formant corps de pompe, (PI. XVII, fig. 19) est soudé à Tintérieur du réservoir d*huile. Le piston et sa tige tendent sans cesse à s'élever sous Faction de la détente d*un ressort comprimé entre le fond et l'embase, en sorte que la tête de la tige est sollicitée à se porter en saillie au-dessus du fond supérieur du réservoir. Le pourtour du piston n'est pas en contact avec le corps de pompe , afin que la force d'aspiration nécessaire pour l'attirer, soit de beaucoup supérieure à celle de Thomme. Le fond et le double-fond du cylindre sont percés d'ouvertures disposées de telle façon que, tout en laissant un libre passage à Tair, elles ne permettent pas l'introduction d'un fil de fer ou de tout autre objet avec lequel les ouvriers tenteraient de forcer la serrure en rappelant vers le bas la tige et le piston.

Les quatre tringles destinées à proléger le tissu métallique sont recourbées à leur base et forment ainsi des crochets appelés à pénétrer dans un même nombre d'ouvertures percées sur la plate-forme supérieure du corps de la lampe.

Lorsqu'il s'agit d'assembler ce dernier avec l'armature, on introduit les crochets dans les ouvertures correspondantes et on leur imprime , en pressant sur la tête de la tige, un mouvement latéral, dit de bayonnelte; la tige, ne trouvant plus d'obstacle, pénètre, sous l'impulsion du ressort, dans l'ouverture devenue libre et s'oppose à tout mouvement de rotation. Dès lors, on ne peut ouvrir la

(0 Le premier appareil de M. Laurent Lermuslaux a été décrit dans la5« série, Tome XIX, des Annales des mines, La notice suivante et les figures qui l'accompagnent comprennent les modifications apportées par rinventeur depuis cette époque.

444 CHAPITRE III. — VU* SEGTIOn.

lampe qu'en produisant le vide relatif au-dessous du pis* ton, puisque la lige est inaccessible.

La lampe s'ouvre au moyen de la pompe aspirante (PI. XVII, fig. 22), dont la force dépasse de beaucoup la force d*aspiration de Thomme. Le cylindre est placé à hauteur d*appui contre un plateau, que reçoit Tune des parois de Fatelier du lampiste. La tige du piston se termine vers le bas par un levier et une pédale sur laquelle l'opérateur appuyé le pied pour produire l'aspiration. Enfin , un tube en caoutchouc part du cylindre et se termine par un appendice sur lequel s'applique la lampe à ouvrir.

L opérateur pose son pied sur la pédale et diminue la pression de l'air dans le cylindre et dans les espaces contigus ; alors le piston de la botte cylindrique annexée au réservoir, obéissant à la pression atmosphérique, descend en comprimant le ressort. La tige se retire de l'ouverture, où elle joue le rôle d'un verrou, et permet à larmalure de faire un mouvement latéral, en sens inverse du précédent, qui la dégage du corps de la lampe.

Comme on peut d'un coup de piston produire l'aspiration dans trois lampes successives, en pinçant le tuyau de conduite , afin d'intercepter, après chaque reprise , la communication avec ralmosphèrc, quelques secondes suffisent pour poser la lampe sur l'appendice en caoutchouc, manœuvrer la pédale et imprimer à l'armature le mouvement latéral qui la di^gage.

Cette nouvelle disposition ne modifie en rien les habitudes prises par ceux qui sont chargés de soigner les lampes ; elle s'applique h tous les types et n'augmente pas le prix de revient; car M. Defossé, constructeur à Anzin, les fournit sans majoration de prix. La pompe ne coûte que 33 fr.

ÊCUinAGE DES MINES DE HOUILLE. 44S

Nouvelle fermeture des lampes de sûreté. (PL XVII, fig. 23 et 24;.

M. G. Arnould, ingénieur des mines à Mons, a imaginé récemment un moyen de rendre l'emploi d'un aimant de grande force indispensable à celui qui veut ouvrir les lampes de sûreté.

Au réservoir d'huile de la lampe de sûreté est adjoint , comme à l'ordinaire, un tube vertical soudé par ses deux extrémités ; la tige, a, qui traverse ce tube est libre à son sommet , mais est rivée par sa base à un ressort, fr, en acier, et à une plaque, c, de fer doux, en sorte qu'elle est constamment sollicitée, par un ressort, à se porter de bas en haut. La plaque est préservée de tout contact par un faux fond, formé d'un disque en fer-blanc, d, qui, libre dans son mouvement, vient reposer sur un anneau, ee^ soudé à la lampe. Ce faux fond empêche les ouvriers d'exercer aucune action sur la plaque ou le ressort au moyen de crochets ou d'outils quelconques.

On ferme la lampe comme à l'ordinaire, en vissant la partie supérieure sur le réservoir ; durant ce mouvement, la partie saillante de la tige est forcée de rentrer dans le tube qui la contient, jusqu'au moment où, rencontrant la cavité ménagée à la partie supérieure, elle y est lancée par l'action du ressort.

L'ouverture s'effectue par l'action d'un fort aimant en fer à cheval , dont les deux pôles sont fort rapprochés et qui est fixé sur une table. La lampe est placée sur l'aimant de manière que celui-ci pénètre sous le réservoir et que l'espace compris entre les deux pôles corresponde au railieu de la plaque. Lorsque l'aimant est en contact avec le faux fond, on soulève la lampe d'une quantité égale à l'ex-

CHAPITÎIÊ nu vil* SÉCTÏÔX.

trémifé saillante de la tige, la tige rentre dans le tube en se dégi^geant de la cavité correspoûdanle et loii peol disjoindre les deux parties de la lampe.

Lavage de^ tissus métalliques (i)-

Jusqu'à présent les lampistes des mines do houille, pour nettoyer la crasse qui se dépose continuellement sur les toiles des lampes de sûreté, les e^cposaieut à un feu vif, qui les chauffait au rouge et brûlait les impuretés accumulées. Mais ce procédé oxidant altère les mailles des tissus, y détermine promptement des trous, qui en détruisent les propriétés et se traduisent nécessairement en une perle pécuniaire très-notable. C'est afin d'éviter cette usure rapide, que MM. Parent et Dermoncourt , employés des mines d'Anzin, ont établi, à Denain^ des appareils, qui sont aussi simples qu efficaces.

Ces appareils renferment trois parties distinctes: le laveur, le rinceur et Tétuve de séchage.

Le laveur se compose d*un tambour, auquel on communique un mouvement de rotation par une manivelle et qui reçoit à sa circonférence les manchons à nettoyer. Ceux-ci, pendant leur mouvement de rotation , plongent dans une bâche installée au-dessous du cylindre et qui contient une dissolution de 10 kilogr. de potasse brute dans quatre hectolitres d eau. Après chaque révolution et au sortir du bain, les manchons viennent frotter contre des brosses fixes. On ne renouvelle pas le bain , à moins qu*il ne soit devenu tellement boueux qu*on ne puisse absolument plus

(i) AnHal4S d4$ mines, 5* série. Tome XIX

s'en servir: car on le considère comme d'autant plus propre au nettoyage qu il est plus vieux.

Le rinceur, tambour en treillis, pourvu d'une manivelle, reçoit à son intérieur les manchons , qu'il agite dans un bain composé d'un demi-kilogr. de chaux vive et d'un hectolitre d'eau , mélange qui doit être renouvelé tous les jours.

Enfin, Tétuve juxtaposée aux deux premiers appareils , est un petit four , chauffé à la houille, dans lequel circule une toile sans fin, tendue sur deux tambours, qui la mettent en mouvement ; elle reçoit les manchons à leur sortie du rinceur.

Quarante toiles peuvent être lavées simultanément en vingt minutes. L'ouvrier chargé de ce travail reçoit vingt centimes par cent toiles et peut en nettoyer 1500 par jour.

Les tissus soumis chaque jour à ce traitement acquièrent, sans trop se détériorer, un degré de propreté qui en assure la durée, et Téconomie qui en résulte» compense largement, non seulement le prix des matières employées, mais encore les frais de construction et d'installation de l'appareil.

Application du gaz d'éclairage à une mine de houille belge.

Il semble que Finitiative de Téclairage des mines par le gaz à la houille doive être attribuée à la Belgique ; car, déjà en 1844, on s'est servi du gaz dans une mine exempte de grisou, celle des Vingt-quatre Actions, au Couchant de Mons.

Dans une excavation pratiquée à la base et sur l'un des

CHAinTRE HL — VU* SECTION.

consomme dans le même bps de temps poqr 175,000 Tr. de chandelles. Il se basait sur les expériences de M. Wright, i^ la mine d'élahi de Bullcs-Widden» en Coruwal! , pour établir la réductioa de dépenses qu'amènerait ce modo d'éclairage*

Dans cette mine» dont les travaux sont portés à une profondeur de 260 mètres, chacun des 340 ouvriers qui y sôïit occupés use quatre chandelles en une journée de huit heures j d où résulie une dépense annuelle de 20*850 fr.

Une pompe refoulait le gaz sous une cloche inslallée à la surface et formée do plaques de fer qui la rendait m$n pesante. Il y éuil soumis à une pression exprîméd par une colonne deau de O.iTo m, et de là se rendait dans les excavations souterraines et se distribuait dans les galeries et les chantiers. Les conduites étaient composées, pour les parties rectilignes des voies, de tuyaux rigides en fer essayées k haute pression et, pour les parties sinueuses» de tuhes flexibles.

Outre réconomie résultant du nouveau mode d'éclairage, économie notable, puisque la dépense se réduisait à 12,175 fr*, e'esl-;\-diro prcsqu'à la moitié de ce qu'elle était auparavant, on put constater une amélioration dans le travail du mineur, qui était mieux éclairé et gagnait d'ailleurs tout le temps qu'il devait jadis consacrer 1 farrangementdes lumières; enfin Faérage môme y trouva sou compte, attendu que l'atmosphère des excavations se conservait dans un état de plus grande pureté.

En terminant la séance, TAssemblée des ingénieurs émit Fa vis qu il y aurait un grand avantage sous le rapport économique à associer des mines voisines pour Vexécution et r usage d'un même gazomètre. Elle formula aussi fespoii* que réclairage au gai s'étendît également aux muies de houille. 11 est assez étrange que les membres de cette

ÊCUIRAGE 0ES MINES DE IIÔUILLE.

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