‹ Supplément au Traité de l'exploitation des mines de houille, ou, Exposition comparative des nouvelles méthodes employées en Belgique, en France, en Allemagne et en Angleterre, pour l'arrachement et l'extraction des minéraux combustiblesChapitre 37 sur 52 · SI · texte numérisé non relu

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assemblée ignoraient les essais qui avaient été faits dans ce sens longtemps auparavant.

Quoique remploi du gaz, dont le pouvoir éclairant est bien supérieur à celui de Tliuile, soit considéré par les ingénieurs anglais comme fort économique , cependant un grand nombre d^entre eux se sont fait une idée tellement exagérée des difficultés de sa mise en pratique, que cette innovation n'a pas progressé comme on aurait pu s'y attendre. Aussi, dans beaucoup de mines, Tëclairage par le gaz s est borné aux accrochages, aux margelles des puits el aux cbambres des machines; on ne Ta porté que par exception dans les galeries. Toutefois, les préventions se dissipent peu à peu et, quelque lenteur qu'il y mette, le procédé se propage.

Les Anglais fabriquent le gaz au jour ou à l'intérieur, suivant les circonstances , et Tenvoyent, soit h des lampes Davy, soit h des becs ordinaires, à travers des tuyaux en fer fixés au faîte des galeries.

A la mine de Seghiil (Norlhumberland), le gaz, fabriqué à la surface, est reçu dans un gazomètre et pénètre à rimé* rieur sous fimpulsion d'une chute d'eau dérivant d*une irompe, c^r le directeur de la mine ne croyait pas que la compression seule fut capable de déterminer la descente du fluide.

La houillère de Pendlebourg (Lancasbîre) prend son gaz à la ville de Manchester, Le gaz passe dans un petit gazomètre établi au jour; là, il est soumis à une pression suffisante qui le force à descendre dans les excavations souterraines, oîi il alimente 32 becs. On remplit le gazomètre chaque jour» en le soulevant au moyen d'un treuil; à cet eftet, on ferme les robinets de sortie et Ton ouvre ceux qui établissent la communication avec la distribution de la ville. Cette opération, qui nécessite rextiaction des

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rMVFITHK llh — Vir SRCTIO>\

becs de la mine, s*exécuic pendant la nuit. Cetle inîerruption dans l*éclairage n'aurait pas lieu si Ion eiriploj ail deux gazomètres (i).

Lorsque les circonstances le pcrmcllent, les An„'v^ cherchent à utiliser le gaz qui se dégnge spontaiiéintuL . fissures de quelques roches encaissantes. Ils la recueilknt à sa sortie sous des chapeaux en forme d'entonnoir et le conduisent au jour, où il sert à éclairer les margelles de* puits et les divers ateliers*

MM, Fischer et Dejaer ont eu foccasîon de voir unt disposition pareille, à la mine de Dcep-Dutîreyn, dansie sud du pays de Galles* Le puils d'appel avait rencontré» 1 une protondeur de 150 m., un banc de grès très-disloqué, dont les innombrables fissures dommicut issue à un grand volume d'hydrogène protocarboné. Le courant qui en résultait était tel que, à la suite d'une explosion provoquée par les flammèches du foyer d'appel, le gaz détermina m jet continu qu il a été tort difljcile d'éteindre.

Pour se préserver, à Favenir^ de ce danger < utiliser le gaz, les exploitants décidèrent de le recueill Après avoir élargi le puils sur toute la bauleur de la si tification fissurée, ils firent picoter deux trousses en fon de fer, Tune vers le haut, lautre vers le bas dû h partie excavée , puis ils construisirent entre ces deux trousses une maçonnerie laissant entre elle et la roche un espace annulaire dans lequel Thydrogène protocarboné s accumule incessamment. Uu tuyau le conduit au jour , où il sc^t k réclairage.

Au moment de la visite des deux élèves belges, on

lij Voyage en Angleterre de MM. FiËchût*êi I}^aet\ R«ppafC miicrit, p. 74. La Reisue universûlle, 4* année, p* 33, douae Qa ntrilt de ce travsïti que nous airona déJA cité.

ÉCUlKAr.E DES MIXES HE lIia'JLLK,

plaçait les foyers de lumîèrû pour les porter h rintdrieur des travaux, en subsU tuant un tuyau descendant au tuyau ascendant, A la question fuite, s'il n y aurait pas h craindre que le gaz, ainsi forcé de descendre, cessât de s'échapper des crevasses » il fut répondu que la pression d'enviroa quatre atmosphères sous laquelle il s'échappe est une preuve certaine de l'existence de stratifications schisteuses compactes et imperméables, comprises entre les couches déjà cxploîlées et la houille d'où se dégage le gaz: qu'ainsi il n y a aucune crainte à concevoir.

Avenir probable de Vemploi du ga% dans les mines de houille.

Les essais faits en Belgique n'ont pas eu, sous le rapport économique, le même succès qu'en Angleterre o\x les circonstances de gisement et d'exploitation diffèrent, d'ailleurs, esseniîelicment de celles de nos mines* Les couches régulières et puissantes de ce pays favorisent rinstallation des tuyaux; le déplacement de ceux-ci est chose rare, à cause du développement des galeries; enfin, dans les rou* âges fort étendus, éclairés par un nombre considérable le lampes à Thuile, le gaz peut être substitué avec économie, puisque les frais d'installation des appareils se répartissent sur un grand nombre de foyers lumineux. Aussi est-il permis de penser que, par la tendance des travaux à se développer dans la profondeur, il arrivera une époque oU les galeries de traînage, plus longues qu'aujourd^hui, pourront nécessiter remploi du nouveau procédé.

Alors, sans doute, on installera au jour les générateurs, puisque cette cîrconâlance n'a pas d'inconvénient, — si ce nest d'exiger une pression proportionnée à la profondeur.

ClHPITflE III. — Vîr SEOTIOK*

pour refouler le gaz dans lus travaux ^ — et que la deseanlê peut être facilitée par uo minée filt^l d'eau looibaûl avec ce gaz dans la coloune de conduite. Tandis que l'éiablisssement de ces appareils h Fintérieur enlraîae de grandes difFicultés: il faut percer des excavations coûteuses, dont les dimensions, si relativement vastes quelles soient, ne fournissent en défiuitivû que des espaces insuffiSiinls,d'ûî) rayonne une chaleur parfois intolérable ; les foyers consomment une partie du courant dair destiné à la veiililalion des travaux; enfin, les chances deiplosion d'un réservoir de gaz inflammabie, placé auprès du foyer de combustion et entouré de galeries fréquentées par les ouvriers, est une source constante de danger.

Si cependant les circonstances locaîes exigeaient que les générateurs fussent à rinlérieur , il conviendrait de se servir de ceux de M. Bower, qui sont portatifs et doiU b divers organes sont disposés de manière à n'occuper qy'uu espace assez restreint*

Dans tous les cas, il convient de les installer daas le voisinage des chaudières à vapeur, afin que la machinîsia puisse les soigner en y consacrant le temps que lui laissenl ses fonctions.

Le gaz, recueilli dans un gazomètre récepteur sous nu faible pression, en sera extrait et refoulé dans un appareil plus petit, qui le fera pénétrer k rintérieur des travaux avec une vitesse suffisante pour le faire sortir des becs sous une faible pression, la compreâsion ayant lieu au moyen d'une pompe foulanlet mise en activité par un homme, un cheval ou le moteur de rexlraction.

Le gaz se fabriquant au jour, le même gazomètre peut desservir un groupe de puits ou de mines voisines et sub* venir également à réclairagede fintérieurelde Fexténear.

Toutefois» si, comme tout le donne h penser, remploi i^

rhuile américaine prend dans les mines autant de développement qu il en a déjà dans les usages domestiques, il retardera évidemment, s'il n'empêche toul-à-fait, celui du gaz dans les houillères du continent. Sous le rapport du prix, le pétrole est au moins aussi avantageux; il se prête à la mobilité des foyers de lumière, ce qui lui constitue une grande supériorité ; enfin Thuile américaine, peut être brûlée dans toutes les lampes de sûreté et servir ainsi à Féclairage des mines à grisou, tandis qu'il y a doute sur la possibilité d'employer, dans ce cas, les becs de gaz avec économie.

Éclairage des mines par V électro-magnétisme.

Des physiciens de premier ordre ont proposé d'appliquer aux mines la lumière électrique. «A une époque, dit M. Boussingault, où l'on songe activement à utiliser la pile voltaïque pour l'éclairage des villes, il est permis d'espérer que bientôt les travaux souterrains recevront une lumière qui nait et se maintient dans le vide, sans que, pour l'entretenir, il soit nécessaire d'alimenter un foyer de combustion avec une atmosphère trop souvent explosive. »

Ce physicien conseille l'emploi d'une pile à courant constant, telle que celle de Groove ou de Bunsen ; les pointes de charbon plongées dans le vide ou' dans l'eau produiraient un jet lumineux qui brillerait impunément dans une atmosphère détonnante. Seulement, les conducteurs sont embarrassants et leur enveloppe est expos^ à se déchirer promptement par leurs frottements contre les roches.

M. de la Rive a fait de nombreuses tentatives pour rendre

rHAPITRE tir. — vil* SKCTiaîf-

pratique réclaîrage des mines par la pile voUaîque. Il proposait de renfermer les cônes de charbon et les ajalages dans un petit ballon de verre herraéliquenient fermé, liais il trouvait toujours sur sa route un obstacle insurnacQl0ble: rinterniption due à récarlement des charbons par leur combustion (i).

Le docteur John Taytor, dans un mémoire consacrée une série d*obser\alions sur le grisou et adressé à la Société philosophlique de Clascow (î), suggère Temploi de tubes vides, hermétiquement fermés qui seraient illuminés par le courant dinduction d*une bobine de MÏB* korf ou de tout antre appareil semblable. Ces tubes luoiineux, suspendus au centre des excavations, ne donneraiÊUt pas assez de chaleur pour que leur rupture mit le feu âa mélange gazeux. La batterie serait placée en dehors da passage des ouvriers. Le seul soin que réclamerait Tappareil consisterait à renouveler le liquide de la pile.

Enfuie d'après IL Way, il conviendrait de substituer aus charbons un filet discontinu de mercure ou une série de gouttelettes tombant d*uu petit entonnoir en fer et recueillies dans une cuvette de même méud. Les deux pôles de 1 pile sont mis en communication, Tun avec le mercure di Fentonncir, Taulre avec celui de la cuvette; alors» il s^ produit entre les globules successifs une série d arcs lumineux , d'où résulte une source assez continue de lu mien électrique. Un manchon de verre enveloppe le filet liquida sa faible section lui permet de s échauffer assez poui s*opp€ser à la condensation des vapenrs inercurielles si ses parois. Le fluide est protégé contre roiidatioa plabscnce de cx:*ûtact avec laîr âimosphérique.

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im. Il* inss. saL xxxî

ECLAIRAGE DES MtNËLS m UOLILLE.

Tel était Tétat de la question, lorsque M- Serrin fit paraître un régulateur de récariemeot des charbons, au moyen duquel il parvîeat à annihiler le dernier obstacle qu'avaient rencontré les physiciens et maintient la constance dans la lumière électrique.

Dans une série d*e?cpénences, faites le 26 janvier 1861, à TAcadémie des ArLs-et-Métier> de Paris (i)» Topérateur a obtenu, par !e régulateur , des effets de lumière diffuse d'une blancheur éclaianle et nullement fatiguante. Après avoir fonctionné dans le vide, lappareil a produit au milieu de leau les mêmes effets lumineux*

L'éclairage des raines par la lumière électrique faciliterait singulièrement la plupart des opérations souterraines^ Cette lumière, parlant de divers foyers établis dans des parties bien ventilées de la mine etsuflisamment spacieuses rayonnerait directement sur les objets qu'elle éclairerait; ou bien, composée, suivant les besoins, de faisceaux simples ou multiples, se propagerait à faide de réflecteurs métalliques convenablement disposés, Féclat de ces faisceaux pouvant se porter, comme on le sait, à des distances considérables, sans que finie nsi té en soit altérée.

Brûlant dans le vide , dans f air libre ou dans feau , elle éclairerait les chambres d'accrochage, les galeries principales et peut-être même les chantiers d arrachement, sans que le mineur eut à craindre la détonation du grisou ; car il suffirait , pour s'en préserver , de placer rappareil sous une cloche en verre , dont la base, plongeant dans feau» formerait un obturateur hydraulique, d'oh résulterait la suppression de toute communication avec fextérieur* Rien ne sopposerait à ce que leuveloppe du luminaire, dans les lieux oîi elle serait exposée à être renversée ou

Ul Journal Oeê Mûw^: numéro du 7 février 18GL

chapithe m. — vu* sectiox.

brisée I consistât en un épais manchon de cristal, Wfélu d'une armature et rempli d'eau» au milieu de laquelle se produirait la luraière électrique.

Un foyer lumineux qui ne craint ni les infiltrations dm, ni les courants d air offrirait un grand avantage dans les passages-à-niveau^ au (bnçage des puits à travers ksfilratifications aquii&res. Alors Touvrier, entouré d*une lumière éclatante^ poserait le cuvelage et en ajusterait les pièces avec plus d'exacutude qu'il ne peut le faire maintenant, menacé, sans cesse, de l'extinclion, si facile, de sa lampe. Enfin, quels services ne rendrait pascette lumière, lorsque la nuit, elle serait appliquée à l'éclairage des halles et des margelles des puits, pour opérer les criblages , la r^eftion des vases, la réparation des machines, eic» et rern-^ placerait ces corbeilles en fer, où brûlent des quamitj considérables de grosse houille, ou ces grosses bmp€ qui consomment beaucoup d'huile et qui s éleignent sou le moindre coup de vent?

On ne peut arguer de ce que les régulateurs sont tro^ délicats pour être mis entre les mains des ouvriers^ ceux-ci ne sont jamais appelés à toucher à ces appareils qui agissent automatiquement; tout ce que les ouvTiel ont h faire se borne à renouveler les acides des cellule Fûl*il même indispensable que les mineurs intervinsse!] il suffit d'avoir vu certains d'entre eux remplir un tëa de paiUe de poudre fine sans en répandre un grain, potir être convaincu de leur aptitude aux travaux les plus délicats. On peut, d'ailleurs, charger spécialement de ces soi un homme dont le salaire réparti sur un certain nombi de foyers n'augmenterait guère le prix de chacun d*em.

Dans une question d'humanité, la dépense ne doit être prise en considération ; cependant, ce mode permet trait de réaliser une économie notable » u Von eu

M. Staite, physicien anglais, qui a relevé dans son pays les prix comparatifs que voici:

Lumière électrique : fr. 0.05 par heure.

Gaz de houille . . » 0.60 à 0.80 » Chandelles ...» 9.40 »

Bougies .... » 15.60 » (i).

L'électricité donne donc, abstraction faite des frais d*installation, Téclairage le plus économique, le plus sain et le plus brillant (2).

M. Boussingault estime que la puissance lumineuse d une pile de Grove ou de Bunsen, composée de 48 couples, et consommant 1.20 grammes de matières, égale celle de 5 à 6 cents bougies stéariques. L'économie est donc évidente, quelle que soit Fincertitude inhérente à ce genre d'évaluation.

Nous n'avons pas ici la prétention de formuler un procédé d'éclairage électrique, procédé qui ne peut sortir que de l'expérience. Il nous suffit d'attirer l'attention des ingénieurs sur cette question d'économie et de sûreté. La proposition d'employer l'électro-magnétisme , quoique ancienne , est encore dans le champ des spéculations théoriques; nous souhaitons qu'elle entre enfin dans sa phase expérimentale.

Mais déjà le Technologiste (3) annonce que des expériences faites dans les ardoisières d'Angers semblent avoir complètement réussi et que leurs auteurs , MM. Bazin et Harley, ont appliqué les lampes ou régulateurs à charbons, conjointement avec les machines électro-magnétiques de

(1) Le physicien anglais ne s'est pas occupé de l'huile ; mais on sait que le prix de cette substance est environ le double de celui du gaz, fr. 1-20 à 1-60.

(2) Technologiste, Tome IX, p. 364, 1843.

(3) 24« année, no 286.

460 CHAPITRE 111. — VU* SBaiON.

M. Aug. Berlioz, sans qu il se soit produit d'interruption ou autre accident. La lumière électrique, sans chaleur, odeur ou fumée, remplaçait, à la satisfaction des ouvriers, celle du gaz, toujours chaud et nauséabond , et des salles de 80 m. de longueur sur40 m. de largeur étaient parfaitement éclairées par le nouveau mode, qui, en outre, déterminait une augmentation d*un sixième à un cinquième dans le travail utile des ouvriers.

Lampe électrique portative (i).

MM. Dumas et Benoist, le premier, directeur des mines duLac(Ardèche), le second, docteur en médecine, avaient conservé un souvenir très-vif des expériences auxquelles ils avaient assisté, à la Sorbonne et h TÉcole de médecine de Paris, et qui avaient pour but de reproduire celle de M. du Momel consistant à introduire des tubes éclairants dans la cavité buccale , afin de pouvoir en examiner les diverses parties. Ce souvenir leur inspira Tidée de se servir du même moyen pour éclairer les mines et les engagea à réunir leurs efforts afin de rendre cette application aussi pratique que possible.

Leur appareil, présenté d'abord à la Société des sciences de TArdèche et à TAcadémie de Paris, a été ensuite l'objet de nombreux essais de la part de MM. Dumas et Parran, ingénieur départemental dans les houillères de Bessèges, dcLalle, de Rochelle et de la Grand'Combe. II se compose de trois organes: l** un élément de pile, 2** une bobine de Ruhmkorf et S'' un tube éclairant de Geissler.

(i; Comptes-rendus de V Académie, T. LV. p. 439. — Annales des mi?itjs, 6« série. T. IV, p. 456.

ÊCUIRAGB UES MIXES M HOtlLLE.

l* L'élément — unique — est celui de la pile de Bunsen, reconnue comme la plus avantageuse* 11 à 0.20 m, de hau* leur sur 0.10 de diamètre, Cesl un cylindre, «a, en zîne amalgamé, isolé par une enveloppe extérieure en caouieliDuc, jr#, et recouvert d'un disque de même matière. Ce cylindre renferme un vase poreux, bb, et une lamelle, c, de charbon ou de platine , surmontée d'une tige fileiée* De lacide sulfurique étendu d'eau est versé dans le cylindre de zinc jusquà une hauteur de 0 ,15 m., du bichromate de potasse est projeté dans le vase poreux et il se forme du sulfate de zinc et Talan de chrome,

La tige de mise en train, d^ est tournée ou détournée pour déterminer ou pour interrompre le courant électrique.

2** La bobine de Rhumkorf , ee, est renfermée dans un sachet en caoutchouc souple qui la préserve de toute détérioralioQ delà part des liquides et des gaz*

Celle bobine, dont la longueur est de 0/i5 m. et le diamètre e^ilérieur, de 0.046 m., se compose: d*im faisceau de fer doux; d'une double spirale; d'un fîl inducteur en cuivre avant 30 m. sur 1.5 ù 2 mm, de diamèire; d'un fil induit fort mince, de 2000 m,, formant 36 spirales; et d'uïi interrupteur, ou marteau oscillant de Fizeau : le tout noyé dans une enveloppe isolante. On sait d'ailleurs que dans une bobine ainsi montée, lorsque le courant du fil voitaïque est interrompu, celui du fil conducteur se manifeste d'une manière continue et qu'alors Tétincelle et les apparences lumineuses peuvent se produire*

Le principe de la lampe est connu depuis longtemps par les expeï'iences de >1M. Grovo, Uuhmkorf et Quer. L'étincelle de la bobine dlnduclion, dans uu milieu trèsraréfié, consiste en une lueur joignant les deux extrémités du rbéupliore et présentant de cuneuses stratifications.

'S' Les tubes éclairants, ou tubes à ampoules, imaginés par

462 CnAPITRE III. — VII* SECTION.

M. Geissler, constructeur dinstruments de phymque à Bonn, sont en verre ou en cristal. Le courant électrique, qu'on y fait passer au moyen de deux électrodes, se dénote dans toute retendue du tube par une série de nappes lumineuses, séparées par des intervalles obscurs. La couleur et rintensité de la lumière dépendent du degré de raréfaction de Tair, de la nature des gaz que renferme le tube, de la puissance de Fappareil dinduction, etc. Uéclat peut en être rendu plus vif et plus égal par le développement de la propriété de fluorescence du verre ou sa persistance lumineuse sous Finfluence de Télectricité.

Le tube éclairant, ^, enroulé en hélice, a un diamètre de 1 mm. àTintérieur, il est ordinairement rempli d*acide carbonique très-raréfié. Deux fils de platine sont soudés à ses deux extrémités et commuiquent d*une part avec Fintérieur du tube, d*autre part avec les deux réophores de la bobine. Le tube est préservé de tout contact extérieur par une enveloppe en cristal, aux extrémités de laquelle sont adaptés des électrodes formés de pointes de charbon mis en communication avec les pôles de la bobine d'induction. L'épaisseur de l'enveloppe en verre est telle que l'on n'a pas à redouter une rupture , que rend d'ailleurs peu dangereuse le défaut de chaleur sensible à l'intérieur.

Les trois organes que nous venons de décrire, sont disposés comme suit :

La pile et la bobine sont invariablement fixées dans une espèce de giberne — en cuir léger, préparé à la cire fondue, ou en gutta-percha durci, — que le mineur porte à la manière des gibecières. La giberne est fermée par un couvercle en bois garni de caoutchouc , qui interrompt toute communication entre Fintérieur et l'extérieur. Deux conducteurs bien isolés et d'une longueur suffisante partent de l'appareil d'induction et aboutissent au tube de Geissler, dont

ÉCLAlHACe DES MIN'ËS DE HOl'IUE.

Tenveloppe est protégée par une armature en cuivre, qui rappelle la forme des lampes de sùreïé. Louvrier lient la lanterne en main ou fixée 5 la face antérieure de la giberne, ce qui bisse la liberté des bras.

Un bouton, faisant saillie sur le couvercle de la giberne, commande une vis qui, par Tintennédiaire d'une tringle et d*ua chapeau à palier, met en relation la pile ei la bobine ou les sépare à volonté, il suffit de tourner ce bouton de droite à gauche ou vice versa pour dëierminer le passage ou rinterruplion du courant et, par suite, réclairagedu tubeou la disparition de la lumière. Une tige en matière isolante et percée suivant son axe traverse le même couvercle pour parvenir k rélémentéiectro-moteur; sa destination est d expulser les gaz qui se dégagent h Fintérieur de la pile et il suffît, pour cela, d enlever le boulon qui ferme lu Cube de la tige.

Voici le résumé des observations faites par M. Parran dans les diverses épreuves auxquelles il a soumis Tappareil.

La lampe, d'un poids de 5.5 kiK, est aussi portative que solide; ses organes, en raison de leur délicatesse, sont disposés de manière à êlre à Tabri de toute atteinte; en sorte que, lorsquelle est garnie et fermée, on peut la confier, en toute sûreté, à un ouvrier quelconque, La faculté de pouvoir conserver les bras libres permet de circuler sur les échelles et de franchir les passages difficiles. Le porteur d^une lampe n a éprouvé aucun embarras pendant une tournée de trois heures fort accidentée dans les mines de la Grand*Combe.

L'appareil, convenablement garni, fonctionne pendant douze heures consécutives, sans que la lumière perde de aa clarté et sans qu il faille apporter la moindre modification. La dépense pendant ce temps est de fr* 1-25, ce qui

464 CHAPITRE III. — TII* sEcnos.

est la condition de durée et d'entretien des lampes de sûreté ordinaires.

La lumière est froide ou plutôt ne produit pas de cbh leur appréciable dans le tube ob elle rayonne. Elle est inaccessible au gaz et, par conséquent, ne présente aucun danger d'explosion; car, en supposant même une rupture du tube dans un mélange détonnant, la résistance de l'air s'opposerait immédiatement à la production de l'étincelle électrique.

Cette lumière, d'une teinte blen&tre et d'une grande douceur, a de l'analogie avec celle du ver-luisant. Son intensité, d'abord un peu moindre que celle des lampes de sûreté , dévient la même au bout de quelques heures de service et lui est supérieure dans les excavations mal ventilées. Telle qu elle est , non-seulement elle suffit pour éclairer le mineur qui circule ou qui travaille; mais encore elle donne à l'ingénieur une clarté qui lui permet d'observer la boussole et d'inscrire des données dans son carnet. Enfin, comme le dit M. Parran : « La lampe électrique paraît propre à remplir le but des inventeurs dans certains travaux exceptionnels des mines, où les lampes ordinaires font absolument défaut, comme, par exemple :

» S'il faut éclairer, sans y pénétrer, des excavations pleines de gaz ou faire des perquisitions dans les puisards: s'il s*agit de faire un sauvetage, c est-à-dire de marcher rapidement au secours de travailleurs menacés d'un danger : de poursuivre l'avancement de chantiers indispensables, dans lesquels l'abondance de l'azote ou du grisou empêche la lampe de brûler; ou toute autre excavation impossible à ventiler et oii l'air, quoique entretenant la respiration, est impropre à la combustion ; s'il faut tenter le sauvetage d'ouvriers pris derrière des éboulemenls ou séquestrés par un accident quelconque dans un quartier de la mmt

OÙ Fair , à peine respirable, ne permet pas aux ouvriers sauveteurs de s* éclairer et oii il faudrait laisser périr les victimes. »

L'appareil de MM. Dumas et Benoist ne peut indiquer rétat atmosphérique sous le rapport du gaz inflammable. G*est une imperfection à laquelle on peut suppléer, mais partiellement, par l'observation des effets du gaz sur les divers organes de la figure humaine, tels que le palais, le nez, les yeux et les cheveux ; mais ces moyens d'appréciation, fort vagues, sont loin de valoir les indications de la lampe de sûreté.

La lampe électrique portative peut être substituée aux appareils fixes employés jusqu'ici pour le tirage à la poudre. Elle y apporte un perfectionnement impoi tant par suite de la suppression des conducteurs fixes, si coûleux, si gênants dans les excavations et si promptement détériorés. L'appareil est logé dans le refuge préparé pour les mineurs dans la galerie ou dans le puits en creusement; le courant induit est mis en communication, d'un côté avec les conducteurs partant du front d'entaillement, de Tautre avec la terre ; puis l'explosion est déterminée par l'interrupiion , pendant quelques secondes, de la lumière tubulaire. 11 résulte des expériences de M. Dumas que le courant électrique peut embraser simultanément quatre coups de mine. Ainsi, outre l'économie réalisée par la suppression des conducteurs fixes, l'activité du travail d'arrachement pourra être augmentée.

M. Luyton a eu l'occasion de se servir de cette lampe à diverses reprises , notamment lors d'une recherche par le puits Chapelon de Firminy, près de S'-Étienne, puits destiné à reconnaître la qualité et la puissance d'une couche qui, au moment de sa rencontre , dégagea de si grandes quantités de gaz, que tout travail dût être interdit sur ce

point. Pour se soustraire aux perles de temps et d'argent qu'aurait exigé la régularisation de Taérage, on résolut de poursuivre le fonçage du puits avec la lampe de M* Dumas, ce qui se fit, sur une profondeur de 10 m. à travers la bouille et le schiste, et pendant quinze jours.

Le lampiste de rétablissement avait été bientôt au courant du montage de l'appareil, du chargement de la pile, etc« Les mineurs s'étaient également familiarisés avec le maniement de la lampe, qu'ils fixaient aux boisages sins plus s*en occuper. Deux lampes ont sufiS pour un puits de 3 m. de diamètre*

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