RÉSULTATS DE LA COMBUSTION DU GAZ DI^TONNANT
Nouvel appareil de sauvetage.
Un ingénieur-mécanicien de Vienne en Autriche, M. C. Kraft, a imaginé dernièrement un appareil qui permet aux ouvriers de pénétrersans danger dans les espaces infestés de gaz irrespirables et d'y séjourner pendant un certain temps. *
L'ouvrier revêt une jaquette en cuir percée, à la hauteur des yeux, de deux ouvertures garnies de verres. Cette jaquette lui enveloppe le haut du corps et vient se serrer sur leshanches.il porte sur son dos, en manière de havre-sac, une bouteille métallique d'une contenance d'environ onze litres , renfermant de l'air comprimé à IS ou 20 atmosphères, volume suffisant pour entretenir la respiration d'un homme durant un quart d'heure.
L'ouvrier, en entrant dans l'atmosphère viciée, ouvre le robinet qui sert à l'évacuation de l'air et met la bouteille en communication avec la jaquette. Le fluide pénètre dans rintervalle compris entre cette dernière et le corps de Fouvrieret se dilate en aussi grande quantité que le réclament les besoins de la respiration. Un petit sifflet, que met en jeu l'air sortant, indique, par la variété de ses intonations, les instants où doit être régularisée l'ouverture du robinet. Il fait aussi connaître le moment où, la provision d'air tirant à sa fin, l'ouvrier doit se hâter de battre en retraite. Quoique la jaquette ne soit pas hermétiquement fermée, la grande force d'expansion du fluide qu'elle contient s'oppose à l'introduction des gaz méphitiques.
Les expériences de M. Kraft, qui ont eu lieu, tantôt dans l'eau, tantôt dans une atmosphère irrespirable, ont eu un succès complet. Le corps du génie autrichien et celui despompiers de Vienne possèdent un grand nombre de ces
appareils propres à pénétrer dans un milieu de vapeurs sulfureuses ou d*autres gaz nuisibles, ^inventeur a proposé de les appliquer au sauvetage dans les travaux souterrains, en employant une seconde bouteille liée à une lanterne dans laquelle pénétrerait Fair nécessaire à la combustion. Déjà plusieurs mines en sont pourvues , entre autres, les mines de lignite que M. Mayer dirige à Leoben, en Styrie. Un appareil complet pour trois hoiffmes , comprenant une pompe de compression, trois bouteilles et leurs accessoires, coûtent, y compris l'assemblage» 750 à 97S fr. et les trois jaquettes, 375 fr. (i).
Appareils de sauvetage portatifs à air comprimé.
Le lecteur a déjà pu se faire une idée des appareils proposés à diverses époques pour pénétrer dans les excavation infestées de gaz irrespirables (s) ; il a va, entre autres, celuideM.Boisse, ingénieur des mines de Carmeaux,dans lequel la sortie de Tair comprimé du réservoir est modérée par un régulateur semblable à ceux des appareils à gaz comprimé et fournissant un courant continu. C'est le même principe que M. Bouquairol, directeur des mines de Firminy(Âveyron), a repris, avec cette modification essentielle qu'il ne peut y avoir d échappement d'air que sous l'effort produit par la respiration de l'ouvrier.
Les iHgénieurs français comptent pouvoir porter, aa moyen de cet appareil, l'air nécessaire aux besoins de l'existence des ouvriers à travers les excavations remplies
(i) Oesterr. Zeitschrift, 18(31. — DingUr's CLXI, p. 463. (2) Traité de VExploitation des mines des hotdlle, l»"* partie, T. IF, page 313, S 2.
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d'air méphitique, Tun des plus grands obstacles à la rapi* dite du sauvetage dans les mines.
Il a été reconnu expérimentalement que le réservoir plein d'air comprimé à 16 atmosphères peut subvenir à la combustion et à la respiration pendant 21 minutes , temps qui sera encore majoré par remploi de la lampe de Dumas» qui n'absorbe pas d'air.
On espère, dit le Bulletin de rindustrie minérale (i) que « le bagage du sauveteur sera complet lorsqu'il portera sur son dos l'air destiné à sa respiration et qu'il aura en main la lampe électrique pour guider ses pas. Les expé* riences faites et les résultats obtenus ne sont pas décisifs; cependant ils paraissent, dans leur ensemble, de nature à faire penser que les appareils portatifs à air comprimé pourront rendre, dans certains cas, de véritables services.»
Appareils respiratoires de M.Galibert, à Paris («).
M. Galibert a modifié complètement les organes des anciennes dispositions :
Son appareil comprend une embouchure à laquelle sont annexés un pince-nez et deux tuyaux en caoutchouc d'une longueur déterminée par la profondeur de l'excavation dans laquelle le mineur doit pénétrer.
L'embouchure — en bois — dont la forme et les dimensions sont celles de la bouche ouverte de l'homme, est saisie entre les dents, pendant que les lèvres s'appliquent sur le pourtour de la pièce, afin d'intercepter le passage
(1) T. IX, 1863, page 137.
(s) Kxtrait d'un rapport de M. Gallon, ingénieur en chef des mines, à M. le ministre des travaux publics (France). Annales des mines^ 6« série. T. V, p. 131.
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de l'air ambiant. Cette embouchure est pourvue de deox trous, correspondant chacun avec Tun des tuyaux flexibles; le mineur bouche alternativement ces trous en portant vivement le bout de la langue, tantôt sur Fun, tantôt sor Tautre ; en sorte que Fair à aspirer est constamment appdé par lun des tuyaux, tandis que l'air expiré est expulsé pir l'autre.
S'agit-il de parcourir des excavations remplies d'air délétère, dont la profondeur n'excède pas toutefois S( à 30 m., telles que puisards, fonds de vallées, faux puits, etc.? il conviendra d'employer des tuyaux assez longs pour pouvoir, pendant la visite, déboucher dans la partie saine de l'atmosphère ; ces tuyaux, d'ailleurs suffisamment épais, devront être armés, à l'intérieur, de spirales en fil de fer, qui les empêchent de se déformer ou de s'aplatir dans les coudes de la voie. Un diamètre de 20 à 30 mm. paraît assez grand pour les profondeurs indiquées ci-dessus.
Lorsque le mineur est appelé à s'aventurer dans des excavations d'une assez grande longueur, pour sauver la vie de ses semblables compromise par suite d'une explosion de grisou ou par les émanations d'un incendie souterrain, il doit pouvoir emporter avec lui sa provision d'air respirable.
Le réservoir, dont il se sert dans ce cas, est assez semblable aux outres en peau de bouc dans lesquelles les Espagnols renferment le vin et l'huile. La capacité de celte outre est de oO litres et on la porte sur le dos, comme un havre-sac, au moyen de bretelles et d'une ceinture. Les extrémités libres des tuyaux d'aspiration et d'expiration plongent, l'une vers le haut, l'autre vers le bas du réservoir, en sorte que l'air chaud et partiellement vicié, venant des poumons, éprouve quelque diflieuhé à se mélanger avec lair destiné à la respiration. Comme la pureté du
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dernier tend à diminuer de plus en plus, le mineur ne devra pas attendre, pour se retirer, que la quantité d'oxygène nécessaire à sa respiration soit absorbée. Un séjour plus prolongé ne serait possible qu'autant qu on aurait sur les lieux des outres de rechange. On gonfle les autres un peu avant de s'en servir. Lorsqu'elles sont déposées en magasin, on les entretient dans un état de souplesse convenable en les mouillant de temps en temps ou, mieux, en les remplissant d'eau. Il paraît que Ion conserve aux tuyaux de caoutchouc vulcanisé toute leur élasticité en les plongeant dans de Teau pure ou légèrement alcaline, qui les préserve du contact de Tair.
Ces appareils, dépourvus d'organes mécaniques, tpls que clapets, pompes foulantes , régulateurs d'écoulement, etc., offrent une sûreté que ne présentaient pas lesanciens, dont les fonctions exceptionnelles pouvaient n'être pas en état de servir en cas de besoin.
Un réservoir de 10 litres fournit à la respiration pendant 3 à 5 minutes; il est donc probable qu'un de 50 litres suffira pour 15 à 20 minutes. M. Galibert livre ses appareils, à Paris, au prix de 70 à 80 fr.,y compris le réservoir en peau de bouc.
M. Gallon pense que ces appareils seront utiles et efTicaces, si toutefois les moyens indiqués ci-dessus suffisent à entretenir les tubes et les réservoirs dans des conditions de souplesse et d'imperméabilité nécessaires, après que des essais auront fait connaître le temps de service d'un réservoir de capacité donnée.
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