‹ Supplément au Traité de l'exploitation des mines de houille, ou, Exposition comparative des nouvelles méthodes employées en Belgique, en France, en Allemagne et en Angleterre, pour l'arrachement et l'extraction des minéraux combustiblesChapitre 40 sur 52 · DES INCENDIES DANS LES MINES DE HOUILLL · texte numérisé non relu

DES INCENDIES DANS LES MINES DE HOUILLL

Application du gaz acide carbonique à Vextinction des incendies souterrains.

Quelques ingénieurs belges, entre autres , MH. GiHe A Delsaux ont nié positivement TeiBcacité de Fadde carbonique dans Textinction d*un incendie survenu en 1844, à la mine de TAgrappe (Couchant de Mons); ils ont même émis des doutes très-accentués sur l'exactitude des résultats obtenus en pareilles circonstances, par les Anglais, notamment par M. Gurney (i).

L'auteur ne pense pas qu'il y ait lieu d'analyser ici les arguments plus ou moins spécieux que font valoir MM. Cille et Delsaux pour battre en brèche le nouveau procédé ; il lui semble plus uiile de fournir à ses lecteurs un nouvel exemple de ce mode d'extinction, recueilli par M. Busse, ingénieur des mines en Prusse, dont les capacités ne

(i) MM. Gille et Delsaux sont dans l'erreur lorsqu'ils donnent le paragraplie relatif à l'incendie de l'Agrappe, qui se trouve dans la première partie de cet ouvrage, comme la reproduction d'une notice publiée par M. Jottr^nd, dans les A»tiales des Travaux publics. Ce paragraphe, original, a été composé d'après les notes fournies par MM. Delneofcour et Letoret ïlls. S'il en eût été autrement , l'auteur, suivant une habitude dont il no s'est jamais départi, n'aurait pas manqué d'indiquer la source où il aurait puisé.

HES INCESUIES l*ANS LES MltîES DE R0I3ILLE.

peaventètre mises en doute et qui, dans cette question, na évideiBinent d'autre intérêt que celui de la vérité.

Cet ingénieur , dans son voyage en Angleterre (i), est arrivé trop tard sur les lieux pour voir ropéralion en activité ; mais il a pu constater et admirer, cette opération lenniiiée, son succès complet et, de plus, examiner à loisir les conâiruclions h. h place où elles avaient tbuctionné et les dispositions qui avaient été prises.

t Cest à la mine de Blackbroock, à la station de S'-îîelens, près de Liverpool (Lancashire). Les générateurs d'une inachiiie souterraine avait communiqué rembrasement à une couche de houille, de L30 m. do puissance, à laquelle on arrivait par trois puits. L'intensité du feu avait été telle, que la flamme, traversant un de ces puits, s'était montrée au jour et BL Busse put voir lu bouille transformée en coke et le toit du gUe en une substance semblable

fau jaspe. On avait éteint le feu en injectant pendant quinze jours 250 mètres cubes par minute* Les appareils d'extinction consistaient en un Ibur à chaux et eu deux ou trois générateurs ù vapeur de la force de 11 à 12 chevaux» précédemment annexés à îa machine d extraction,

j Le four h cuve (PL XVII, fig, 27 et 28) dans lequel se fabrique l'acide et l'oxyde carboniques est eu briques* Il comprend une sole de 2,25 ra:q., sur laquelle on entasse des fragments de pierre calcaire et surmontée d'une cheminée de 2*40 à 3 m, de hauteur, au sommet de laquelle débouche le canal de conduite des produits de la combustion. Deux foyers latéraux reçoivent le coke destiné à cuire la chaux; ou le projette par des ouvertures recouvertes

tde plaques en pierre réfractâire. Les grilles sont formées

Ide barreaux assez rapprochés les uns des autres pour ne

(î) Fretm(sche ZciUchrift. T. \U P* SI.

476 CHAPITRE llî. — IX* SECTION.

laisser passer que le volume d*air strictement nécessaire à la combustion du coke. Des portes en fer ferment ces foyers à la partie antérieure. Les gaz brûlés qui se dégagent, passent à travers un certain nombre d'ouvertures ménagées immédiatement au-dessus de la sole, se portent sur le calcaire, retirent Tacide carbonique et se dirigent avec celui-ci vers le conduit de sortie. On introduit la pierre à cbaux par une ouverture située au sommet de la cheminée et recouverte d'une plaque ; lorsqu'elle est cuite , on Fex- Irait par une porte latérale.

Avant de conduire les vapeurs incombustibles vers le foyer de l'embrasement, on a obstrué les trois puits avec des planches recouvertes d'argile, afin de couper toute communication entre l'atmosphère de la mine et celle du dehors. Il pouvait arriver que les gaz incombustibles, plus pesants que l'air commun , n'affluassent pas d'eux-mêmes vers tous les points de l'exploitation ; pour faciliter leur introduction, on chauffait jusqu'à une tension de deux atmosphères la vapeur sortant des chaudières et on la faisait arriver par un tuyau jusqu'à l'orifice du puits d'extraction, où elle rencontrait le canal par lequel débouchaient les gaz provenant du fourneau ; alors la vapeur, qui arrivait par torrent dans le puits, laissait, par sa condensation partielle, des espaces privés d'atr,dans lesquels se précipitaient sans cesse les gaz incombustibles, ainsi chassés au fond de Texcavalion par le jet de vapeur.

Mais comme la vapeur ne peut guère abaisser la température de l'atmosphère souterraine, d'autres incendies étaient encore à craindre , si l'on n'opérait pas simultanément des injections d'eau froide. Dans ce but, le tuyau adducteur de la vapeur traversait un réservoir constamment alimenté par une pompe et dont le fond, garni d'un crible, laissait échapper l'eau en minces filets. Ceux-ci,

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