‹ Supplément aux Études littéraires sur les classiques français des classesChapitre 15 sur 49 · Cf. Chantelauze, Portraits historiques, op. c · texte numérisé non relu

Cf. Chantelauze, Portraits historiques, op. c

GOMMINES. 41

hystoire », quand il constate qu'après Pecquigny, les deux rois se tinrent en paix : « Vray est qu'ils n'eurent plus de guerre {aussi la mer estait entre eux deux) » ; quand il remarque : « En toutes façons une bataille perdue a tous jours grande queue, et mauvaise pour le perdant » ; ou encore quand il enregistre qu'à Monthléry « du cousté du roy fouyt un homme d'Eslat qui s'enfouyt jusques à Lusignan, sans repaistre, et du cousté du conte (de Gharolais) ung autre homme du bien jusques au Quesnoy-le-Gonte. Ces deux n'auoient garde de se mordre l'ung l'autre » ; enfin quand il raconte qu'on dépouilla le Téméraire mort, qu'il avait « veu maintes foys habiller et deshabiller en grant révérence et par grans personnaiges », ajoutant, avec une vilaine grimace, à propos de son cachet volé qu'il retrouve à Milan : « celluy qui lui osla luy fut mauvais varlet de chambre ».

Ses narrations. — Son pittoresque. — Sa psyeliolog^e. — Commines et Tacite. — Cette ironie est le sel de ses narrations ^ Il le verse à pleine main dans le chapitre XI du livre I : Comment les Bourguignons estant près de Paris, attendant la bataille, cuydèrent des chardons qu'ils veirent que ce fussent lances debout. Il en assaisonne délicieusement toute cette fine comédie de Vhostevent (paravent) derrière lequel Louis XI a fait cacher Gommynes et le confident du duc de Bourgogne, tandis que lui-même ce se vint seoir dessus ung escabeau rasibus du dit hostevent », et excitant avec toutes les mines de Grippeminaud le bon apôtre^ l'envoyé du connétable de Saint-Pol, qui persifle et singe le duc de Bourgogne, « rioyt fort et lui disoit qu'il parlast haut, et qu'il commençoit à devenir ung peu sourt ; et qu'il le dist cncores une foys'. » Citons encore pour faire pendant à cette scène de haute comédie, le récit de l'empereur Frédéric III aux ambassadeurs de Louis XI (I. IV, c. m), cet apologue de l'ours et

1. On pourra noter d'aulres traits de son ironie et de son esprit, Extraits des chroniqueurs frajiçais, op. c, pp. 368; 370; 376; 380 sqq.; 385; 386; 410, etc.

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