‹ Supplément aux Réflexions d'un catholique à l'occasion de l'affaire Guibord [microforme]Chapitre 10 sur 11 · XX · texte numérisé non relu

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C'est un bieu lugubre spectacle pour un cœur sacerdotal, de voir descendre dans une fosse profane, le cercueil d’une infortuné pour lequel il n’a plus ni bénédictions ni pricres !

Hâtons-nous cependant d'ajouter que sa douleur n’est pas sans une lueur d'espérance, Oh! non, ce n'est pas lui, qui sera assez cruel pour proclamer en public, ou même pour juger au fond de son âme, que le défunt a eu le triste courage de persévérer jusqu'à la fin dans son endurcissement ! L'Eglise elle-même avoue qu'elle ne connaît rien des secrets d’outre-tombe, excepté dans un petit nombre de cas miraculeux. La privation des rits sacrés et des prières publiques n'est donc point une sentence déclaratoire de la réprobation éternelle, pas plus que la concession de ces mêmes honneurs ne canonise ceux qui les reçoivent. Elle sait que la miséricorde divine ne se lasse jamais de poursuivre amoureusement le pécheur jusqu'à son dernier soupir, et remporte parfois de glorieuses victoires. Mais elle se doit à elle-même de maintenir la vigueur et le nerf de ses lois. en appliquant les sanctions qu’elle y avait opposées :—elle se doit à elle-même encore, de refuser ses tendresses maternelles au cadavre de celui quiles a repoussées opiniâtrément pendant sa vie :—elle doit aussi à ses enfants une grave leçon, capable d’effrayer les désobéissants, et d'affermir les fidèles.

Rien ne nous empèche donc d'espérer que cette pauvre âme, sur le seuil de son éternité, se sera jetée tremblante entre les bras de son Père Céleste, et par un humble repentir, dont les anges seuls ont été les témoins, aura mérité le pardon et la gloire ; rien ne nous empêche non plus d'offrir pour son repos nos prières personnelles.

(Au rapport du Pays, [No. du 22 Nov. 1869], les amis de Guibord, faisant cercle autour de son cercueil dans un cimetière protestant, l’ont glorifié pour n'avoir point déserté cette cause [celle de l’Institut-Canadien] à l'heure suprême, et pour avoir laissé à ses concitoyens l'exemple d'un courage moral, dont ils ont tant besoin.—S'ils étaient pleinement assurés que cet infortuné venait de mourir délibérément dans l'impénitence finale, qu'ils exhibent les preuves authentiques de cette effroyable révélation, par exemple en faisant un petit miracle ; et qu'ils cessent de réclamer les honneurs religieux pour le cadavre d’un damné ;—s'ils n’en savaient rien plus que nous, de quel front ont-ils osé affirmer publiquement la perte éternelle de leur malheureux complice ?—Et ces hommes accusent l'Eglise Catholique, de damner ceux qui Meurent sans sacrements !)

APPENDICE D, (Page 6.) $ XVIL

A qui appartient le pouvoir législatif et judiciaire en malière de sépulture ?

Les Souverains Pontifes se sont réservé le pouvoir législatif en ce qui regarde la Sépulture ecclésiastique ; voilà pourquoi ces rits sacrés sont les mêmes, quant à

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la substance, par tout le monde catholique. C'est aussi l'Autorité Pontificale, qui a condensé en quelques lignes et fait insérer au Rituel Romain, (de Evequiis), la quintessence de la jurisprudence canonique concernant la privation de cette mème sépulture.

Voici mot pour mot queiques fragments de ce texte authentique ; ne perdons pas de vue que l'Autorité civile, en garantissant le libre exercice des Rits de l'E. glise Catholique Romaine, approuve implicitement toutes et chacune des lois de 0 | uotre Aituel, et doit, sinon en appuyer l'exécution, du moins n'y opposer aucune Le entrave.

Ignorare non debet Parochus, qui ab ecclesiasticd sepulturd ipso jure sunt exeludenÿ » 4 ps0,

. di. Negatur igitur ecclesiastica sepultura hæreticis ; ..... publiris excommunica- . S lis excommunicatione majori ; us. MANIFESTIS ET PUBLICIS PECCATORIBUS QUI SINÈ e POENITENTIA PERIERUNT........,— bi vero in prædictis casibus dubium occurrerit, Ordie narius consulatur.

ï De ces textes simples et lumineux, il découle évidement : o le, Que, quoiqu'en disent Durand de Muillane et autres Parlementaires soi- L disant Canonistes, l'excommunication majeure n'est pas requise pour que l'on ë encoure la privation de la sépulture ecclésiastique, mais qu'il suffit d'être pécheur : publie, et de mourir sans aucun signe de pénitence ; ds | 2, Que cette privation n’exige pas, ordinairement du moins, une sentence 8 | épiscopale, même simplement déclaratoire ; mais que l'Eglise confie à chaque A - | curé l'application de cette loi canonique, ne l'obligeant à consulte r l'autorité diocésaine que dans les cas douteux.—Si toutefois l'Evèque infligeait cette privation | ar une sentence judiciaire, prononcée jure proprio, comme il peut certainement (d \ e faire, le curé serait, dès lors, le simple‘ exécuteur du jugement épiscopal, (1) r | l'- | Concluons dé là que, si dans certains cas particuliers, le Curé, jugeant que »- la cause est suffisamment manifeste, croit devoir en conscience refuser la sépulture ecclésiastique, il ne fait qu'accomplir une grave obligation, que les saints canons lui imposent expressément, et dont il ne doit compte qu'à son évèque. in Bien loin de pouvoir exiger de lui qu'il explique ses motifs, on se rendrait cn coupable d'indiscretion, et même d'empiétement sur la liberté de son ministère, en ls voulant lui faire dire s'il execute une sentence épiscopale, où si du moins il js s'est entendu avec l'autorité diocèsaine, ou enfin s'il procède en vertu de sa propre le autorité. Le moyen unique, mais trèsJaeile, qui reste à emplover, si l'on eroit re- " connaître que le Guré abuse de son pouvoir, c'est de déférer toute l'affaire à lau- 18 torité diocésaine, laquelle ne tardera pas à y mettre ordre, en révoquant ou en le confirmant la décision du Curé.

le Si le Réclamant n'est pas encore satisfait de la réponse épiscopale, rien ne |

l'empèche de s'adresser successivement à tous les échelons de la Hiérarchie ec- | clésiastique, pourvu qu'après avoir obtenu la décision du tribunal souverain de | l'Eglise, 1l s'en tienne là, sans prétendre, en vertu de la célèbre devise: Altius | tendimus, monter indéfiniment, en ajustaut bout-à bout les deux échelles, c'est-à- | die, en appelant du Pape à nos Juges de la Cour du Banc de la Reine.

(1) Si l'on était Lenté dé: trouver étrange, que FAutorite dioc'saine permette parfois de célébrer solennellement le mariage d'un homme à qui, dans le cas de mort subite, la sépulture chiétienne devrait être refusée, on comprendra sans peine, avec un peu de réflexion, comment, le maage élant un et indivisible, l'Eglise ne veut pas frapper Finnocent avec le coupable, el accorde en faveur de la liaacéa toutes Les prières et bénédictions de la liturgie catholique, Mais les sépultures, même simullaënes, sont strictement individuelles : si donc les nouveaux époux dont il s'agit péris-

de saient dans un accident le jour de leur mariage,chacun d'eux serait inhume selon son mérite personnel

APPENDICE E, (Page 10).

g XXII.

Nous avons nommé le sens catholique. C'est qu'en effet, dès le premier siècle, les chrétiens avaient leurs tombeaux soigneusement séparés des sépultures païennes et hérétiques. Et toujours depuis lors, cette tradition a été universelle et constante parmi les catholiques ;—nous aussi, comme nos pères, nous aimons à dormir en famille dans la cité des morts, à l'ombre de la croix, dans une terre bénie : de mème que nous aimons à prier en famille dans nos temples. Volontiers nous faisons place parmi nos rangs à un scélérat exécuté pour ses forfaits, pourvu qu'il ait donné des signes de repentir; car nous savons que notre Rédempteur a choisi Jour compagnon de son agonie, de sa mort et de sa gloire, un Larron pénitent.— Mais ce que nous trouvons bien étfange et bien audacieux, c'est qu'un homme qui a croupi dans la révolte contre la sainte Eglise, notre Mère bien-aimée ; un homme qui s'est fait jusqu'à la mort une gloire de se tenir à l'écart du vulgaire catholique, prétende après sa mort se faire introduire de force au milieu de nous. —Qu'il continue donc à faire bande à part avec les compagnons de sa rébellion, lesquels iront l’un après l’autre le rejoindre dans son lugubre isolement, s'ils perséverent comme lui jusqu'à la fin dans une désobéissance aveugle et opiniâtre !---Du reste, ne savait-il pas d'avance le sort qui lui était destiné ? Il l'a donc accepté implicitement à la face du public; c'était comme une clause de son testament, que personne ne peut annuler sans violer la conscience du défunt ;—qu'on lui accorde donc la sépulture qu'il lui a plu de choisir.

APPENDICE F, (Page 11).

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