DRE CRE
Mariée depuis 10 ans. Bien réglée et bien portante jusqu’à ce qu’elle devienne enceinte en octobre 1891.
Le 16 juin 1892, elle accouche d'un ænfant mort; un mois après, elle est forcée de se mettre au lit, symptômes fébriles.
Le D' Hermann constate la présence de masses péri-utérines dont il fait des fibromes sous-péritonéaux.
Deux semaines avant son entrée à l'hôpital, elle est prise de violentes douleurs dans l’abdomen, de vomissements et de diarrhée.
Elle entre à l'hôpital, et pendant la première partie de son séjour elle est vue par le D' Lewers qui donne sur elle la note suivante :
Il y a une tumeur dans l'abdomen, siégeant surtout du côté droit, atteignant un travers de doigt au-dessous de l’ombilic, masse irrégulière et fluctuante ; à la percussion elle n’est pas précisément mate, mais elle est moins sonore que partout ailleurs. Par le vagin on sent l'utérus fixé, et le pourtour du col est induré; la cavité utérine a 8 centimètres.
En plus signes de pneumonie à la base du poumon gauche.
Durant le mois de septembre, la température monte presque tous les soirs à 39°. Diarrhée légère mais persistante. La tumeur ne diminue pas.
On décide une laparotomie exploratrice.
Le 30 septembre on fait une petite incision sur le milieu de la ligne blanche. Le péritoine pariétal est épaissi et adhérent à la tumeur. En dehors des adhérences, on ouvre une cavité purulente, on sent une masse solide dans cette cavité, on agrandit l’incision, on trouve une masse fétide de tissu solide gris blanchâtre; cette masse est saisie et enlevée, elle’‘était tout à fait libre dans la cavité purulente.
Cette cavité était séparée de la grande cavité péritonéale par des adbhérences solides en haut et à droite ; à gauche on déchire les adhérences en ouv'ant un peu la cavité péritonéale, mais l’espace ainsi ouvert semble également limité par des adhérences plus profondes.
Les parois de cette cavité avaient le caractère des parois utérines.
- La cavité utérine et la cavité péritonéale furent bourrées de gaze iodoformée.
La plaie fut fermée sauf l'espace laissé pour le drainage.
La masse enlevée était formée de tissu fibreux entrelacé, c'était évidemment un fibrome utérin nécrosé en masse : il pesait 10 onces.
La température après l'opération ne monta pas au-dessus de 37° 4.
La gaze fut enlevée le 5 octobre, la cavité lavée à l'acide carbonique. La plaie était fermée le 12 novembre et la malade sort guérie le 3 décembre.
Obs. 5. — Garri, in Policlinico Roma, 1895 (II, Chir., p. 324) (Résumée).
Fibrome utérin. Avortement. Endométrite déciduale. Abcès central du fibrome. Hystérectomie abdominale. Guérison.
Malade âgée de 35 ans, entre à l'hôpital de Turin ‘le 23 février 1894.
Elle a toujours été d’une constitution délicate. Réglée à 15 ans. A 17 ans, fièvres intermittentes. Depuis deux ans, les règles viennent irrégulièrement tantôt tous les 25, tantôt tous les 15 jours, et durent de 7 à 8 jours. Pertes bianches. Constipation habituelle.
Depuis 2 ans aussi, la malade commence à remarquer, dans la région sus-pubienne et plutôt du côté gauche, le développement d'une tumeur dure, du volume d'une grosse pomme ; elle ressent, surtout aux époques menstruelles, des douleurs dans la région lombaire.
Le 10 janvier 1894, après un intervalle menstruel de 25 jours, commence tout à coup une métrorrhagie considérable qui va continuer,
.avec des accalmies et des recrudescences, jusqu’à la fin de février.
Pendant tout ce temps, la malade est triste, aftaiblie, sujette à de fréquents évanouissements, ne peut plus vaquer à ses affaires, et a souvent de la fièvre.
Dans la soirée du 22 février, les pertes deviennent plus abondantes avec expulsion de gros caillots noirâtres.
Le lendemain matin on transporte la malade très affaiblie à l'hôpital, les pertes s'arrêtent spontanément.
Examen de la malade. — A la palpation abdominale, on constate une tumeur arrivant à l’ombilic, globuleuse, de surface lisse, de consistance plutôt molle.
A l'exploration vaginale, on sent une tumeur dépendant de l'utérus et un col mou,. assez dilaté pour livrer passage à deux doigts. On pense à une fausse couche ; la malade accuse, en effet, depuis quelques mois des nausées, des vomissements, des éblouissements, des modifications du côté des seins.
On porte alors le diagnostic d’endométrite déciduale suivant un avortement dans un utérus atteint de fibrome.
Le 22 février 1894, on fait un curettage qui ramène des débris divers que le microscope montre être des villosités choriales, du tissu glandulaire et des cellules de pus.
Malgré le curettage, la température qui oscillait entre 39° et 400,5, descend d’abord à 38°,5, mais reste les jours suivants à 38°,6 le matin et 39° le soir.
BERGER. k
En présence de cette fièvre persistante, de la persistance aussi d’une grosse masse utérine et d'un écoulement vaginal muco-purulent, on se décide à intervenir.
Le Prof’ Carle pratique l'hystérectomie abdominale totale ; il trouve une masse solide irrégulièrement ovalaire, très volumineuse, dépendant de l’utérus, non adhérente aux organes voisins.
Après l'opération, la température descend à la normale et s’y maintient. La malade se sent de suite soulagée et elle quitte l'hôpital le 43 avril, 26 jours après l’opération.
Examen de la tumeur. — La tumeur a l'aspect d'un utérus gravide de 7 mois, elle est dure dans sa partie postéro-latérale droite ; elle est molle et fluctuante dans sa partie antéro-latérale gauche.
Le museau de tanche est mou et dilaté, sa muqueuse lisse. La cavité utérine, située sur le côté droit de la tumeur, est allongée et dilatée, sa surface est lisse et dure, elle présente un polype attaché au fond et deux petits fibromes insterstitiels.
La masse néoplasique est développée dans la partie antéro-latérale gauche de l'utérus, là où on sentait ja fluctuation.
Si on incise au point ramolli à une profondeur de 2 centimètres. on arrive dans une cavité sphérique, du diamètre d'environ 12 centimètres d'où coule un pus verdâtre, très fétide, contenant des débris sphacélés.
La partie postérieure de la tumeur a l'aspect ordinaire des tumeurs fibreuses.
Les parois de l’abcès ont une épaisseur maximum de 2 centimètres en avant, et une épaisseur minimum de 1 centimètre 1/2 en arrière, le séparant de la.cavité utérine.
Annexes droites normales.
Ovaire gauche kystique.
Examen histologique et bactériologique. — Les cultures du pus donnent un seul type de micro-organismes, un coccus, plutôt petit, isolé, ou en groupes, bien coloré par le Gram.
Sur le bouillon à 37%, il donne, au bout d'un jour, un trouble diffus ; le jour suivant un trouble plus intense avec dépôt blanchâtre et flocons au fond du tube.
Sur agar, en Strie, à 37°, il montre un développement rapide de colonies petites et rondes en amas, qui s'unissent pour former une croûte blanchâtre diffuse.
Sur sérum, mêmes colonies un peu plus grosses sur gélatine, par piqüre profonde, il se développe des colonies petites transparentes, à peine distinctes les unes des autres, le long de la piqüre, avec un petit globe au pôle inférieur,
De plus, au bout de 2 ou 3 jours, commence la fusion de la gélatine.
L'inoculation assez abondante de culture sur bouillon sous la peau dun lapin et dans le péritoine d’un cobaye ne donne aucun résultat.
Nous pouvons conclure qu'il s’agit du staphylococcus pyogenes albus.
La paroi de l’abcès est formée d'une membrane pyogène épaisse de 1 centimètre ; le tissu musculaire situé immédiatement au-dessous est infiltré de cellules purulentes et en voie de nécrose et de liquéfaction.
La trame musculaire qui sépare la cavité de l'abcès de celle de l'utérus est formée de tissu musculaire en dégénérescence nécrotique, riche en vaisseaux artériels, veineux et lymphatiques ; la lumière de ces vaisseaux, surtout des vaisseaux sanguins, est souvent oblitérée par une substance amorphe décolorée, par des cellules de pus et des microcoques longeant la paroi du vaisseau.
La paroi de la cavité utérine est dépourvue d’épithélium, ce qui n est pas étonnant, la malade ayant été curettée. On en trouve des traces dans les culs-de-sac des glandes qui persistent. À la surface du polype se trouvent des amas de cellules purulentes et de cocci libres ou contenus dans une cellule de pus. Le tissu conjonctif intraglandulaire est en proie à l’infiltration purulente.
Le tissu du fibrome en un point éloigné de l’abcès est formé de faisceaux de fibres musculaires lisses séparées par des stries de tissu conjonctif.
En somme, dans ce cas, il nous semble que le fibrome a interrompu la grossesse et produit l'avortement ; d'autre part, la grossesse a influencé le fibrome en déterminant le ramollissement. d’une de ses parties ; enfin l’avortement, en produisant une endométrite septique à staphylocoques, a causé par propagation vasculaire des micro-organismes au point ramoili du fibrome la suppuration de la tumeur.
Obs. 6. — Garri, 1l Policlinico, 1895 (II, Chir.), p. 328 (Résumée).
Fibrome utérin suppuré. Hystérectomie. Guérison.
Malade âgée de 43 ans, entre à l'hôpital de Turin le 21 mars 1895.
Mariée à 30 ans ; à 34 ans, il y a 3 ans, première et unique grossesse ; dystocie, application de forceps. Durant l'accouchement, le médecin s’aperçoit de la présence d’une tumeur dure, mobile dans le petit bassin.
Durant 5 ans, la tumeur grossit lentement, ayant une forme ronde et une situation médiane, causant des douleurs très vives surtout avant et pendant les règles. .
Il y a 4 ans, la malade présente des symptômes de paralysie agitante localisés dans le bras droit, puis plus tard dans la jambe droite.
Il y a deux ans, pendant quelques jours, elle présenta des frissons prolongés, une température élevée et une augmentation d'intensité des douleurs à l’hypogastre et dans les lombes.
Ces symptômes réapparaissent par accès soudains, sans cause apparente.
Dans ces derniers mois, développement rapide de la tumeur, constipation, état général assez bon.
Examen de la malade. — Maladie de Parkinson localisée à la main et à l’avant-bras droits.
Abdomen très augmenté de volume, surface régulière. Circonférence au niveau de l’ombilic : 1,04 ; au-dessous de l’ombilic : 0",99.
La percussion dénote une matité de presque tout l'abdomen, limitée en haut par une ligne à convexité supérieure passant à 2 centimètres au-dessus de l’appendice sternal. On sent la fluctuation et le flot.
L'examen bimanuel montre que le col utérin est en connexion et se meut avec la tumeur.
On fait une ponction exploratrice qui ne donne rien.
Opération le 4 avril. On trouve une tumeur molle et fluctuante. On fait l’hystérectomie abdominale totale.
‘A la suite de l'opération, très bon état, température, 380,7.
La malade quitte l'hôpital 20 jours après.
Examen de la tumeur. — Tumeur sphérique, de consistance molle, en bonne partie fluctuante, pesant 11 kilogr. 600.
En l'ouvrant on trouve un sac plein de pus tapissé d'une membrane pyogénique à l'extérieur de laquelle sont des tractus de tissu musculaire d'une épaisseur d'un demi-centimètre Une autre partie de la tumeur est formée d'une masse de tissu musculaire œdémateux, brunâtre, en voie de nécrose, du volume d'une tête de fœtus à terme ; contre cette masse, au côté droit de la tumeur totale, est située la cavité utérine réduite à un canal où une sonde cannelée s'enfonce de 12 centimètres.
Le pus contient du staphylococcus pyogenes albus.
La masse myomateuse a une partie en dégénérescence œdémateuse, une partie en voie de nécrose avec infiltration de cellules de pus.
La muqueuse de la cavité utérine est pâle, son épithélium est aplati avec atrophie des tubes glandulaires.
Obs. 7. — MAUCLAIRE. — Compte-rendu de la Société d'Obstétrique, de Gynécologie et de Pædiatrie de Paris, Séance du 12 mai 1906.
Suppuration d'un fibrome utérin consécutivement à une fausse couche avec fièvre.
X..., àgée de 32 ans, entre le 22 février 4906 dans mon service à l'hôpital Dubois. Dans les antécédents de cette malade on note une fausse couche il y à 5 ans. Cette jeune femme est toujours bien réglée sans métrorrhagie ni ménorrhagie. Les dernières règles dateraient du mois de janvier dernier. .
15 février. — Pertes de sang très abondantes avec caillots et fausses membranes après manœuvres abortives probablement.
22. — A l'examen de l'abdomen je note une grosse tumeur du: volume du poing, au-dessus du pubis, à droite de la ligne médiane et collée contre l'utérus. Elle a une consistance ligneuse. À sa partie supérieure elle est bien distincte de ce que je crois être le fond de l'utérus. Le col est mou et entr'ouvert. L'utérus parait repoussé à gauche.
La tumeur et l° Re forment une masse qui occupe tout le bassin et déborde la symphyse à droite comme je l’ai indiqué. Pas de fièvre.
La malade est maintenue en observation, car je ne sais pas si la fausse couche est faite.