L'abbé d'Aureviltv était mort en
BARBEY d'aUREVILLY A HECTOR DE SAINT-MAUR 187
Ge que je vous dis là, chère Madame de Saint-Maur, est de la plus profonde et de la plus triste vérité... Je ne phrase pas, et si je vous dis môme cela, c'est, que vous m'avez écrit que j'ouhliais ceux qui souffrent. Alors, je m'oublierais moi-même; mais je me souviendrais encore de vous en pensant à moi et à ce qui nous manque à tous les deux. Avec cette Chevalerie qui me le prenait, à moi, six mois de Tannée, il semblait qu'il voulût d'avance m'accoutumer à sa mort. Il procédait par petites absences à la grande absence, à l'éternelle. Mais, chère Madame, c'était inutile, je ne m'y fais pas.
Adieu. Ecrivez-moi si vous y trouvez quelque douceur, car je ne parle pas de consolation; je vous répondrai, malj^ré mon horreur d'écrire. Et ne me calomniez plus. J'ai la fatuité de croire que vous in'avez un peu aimé pour vous ; aimez-moi maintenant pour lui.
Deux fois votre ami et respectueux.
Paris, mercredi, 30 janvier 1881.
Miss Suzanne *, Voulez-vous, voua et vos chers parents, me donner
i. Miss Suzanne, outre ces épitrcs. recevait parfois de Barbey d'Aurevilly des présents précieux. 11 lui donnait ses cravates fameuses, aux: bouts de valencionnes. 11 y en a de salin violet, de crêpe de Cliine bleu, etc.
à dîner vendredi prochain?... Il y a bien peu de jours que je suis revenu à Paris. J'étais à Valognes lorsque j'ai reçu votre lettre!.. Offrez mes amabilités à votre père, et à votre grand'mëre mon respect le plus tendre. Elle reste toujours pour moi la femme d'un des hommes que j'ai le plus aimés, comme vous en êtes la petite-fille.
Et c'est rétoile qui brillera toujours pour moi sur votre front!
Je serais heureux de dîner avec Dclamare. Le souvenir des jours passés.
Vendredi, 8 mai 188G.
Mon injuste amie,
La veuve (T Hector n'aura jamais rien à me reprocher.
L'absence, après la mort, est le plus grand des maux, car elle vous expose à l'injustice de vos amis.
Je suis arrivé très tard de Valognes, et je n'ai su votre retour de la Chevalerie que par la lettre oii vous vous plaignez de moi...
Depuis mon retour, j'ai été cruellement malade de cette douleur de foie * qui me torture de temps en temps pour me rappeler que je suis homme, et quand j'ai engourdi, à force de laudanum, l'aimable bete dont