‹ Sur deux conditions de milieu: Nécessaires à la saccharification de l’amidonChapitre 25 sur 44 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Arrivé au terme de cette étude, nous sommes autorisé à conclure définitivement :

1° Que l’amidon dont les phosphates ont élé amenés à l'état de phosphates monobasiques est insaccharifinble par les diaslases salhvaire et pancréatique purifiées par la dialyse.

2° Que l'adjonction de phosphates bibasiques, de sels alcahins, de sels organiques alcalins à lhélianthine, lui restitue son apltude à lhydrolyse par ces diastases, en lui restituant sa réaction amphotère primilive ;

3° Que ce sont LES PHOSPHATES, /oujours présents, dans l'amidon qui condilionnent celte réaction amphotère, en l'absence de laquelle 1! ne peut être hydrolysé par ces diastases ;

4 Que l'amidon, même le plus pur, apporte avec lui des traces d'impurelés (phosphore) dont on ne peul le débarrasser, impurelés qui exercent sur le pr Ocessus hastasique une influence des plus considérables.

L'ensemble de ces quelques résultats pourrait servir de base à de nombreuses et longues discussions concernant les

rennes

- actions enzymaliques. Outre que cela sortirait du sujet que je me suis assigné, les limites de ce travail sont trop restreintes pour me permettre de le faire. Je me contenterai d'attirer l'attention, aussi succinctement que possible, sur les considérations générales qui en découlent. |

I. Sur la sensibilité des diastases aux modifications de réaction de milieu.

Ces expériences mettent en lumière, de la façon la plus démonstralive, l'extraordinaire sensibilité que présentent les diastases purifiées à d’inappréciables changements de réaction de milieu, lorsqu'on les fait agir sur les substances elles-mêmes purifiées. WoLrr, à la suite de ses recherches eur les oxydases, écrivait récemment (51) qu'il avait «acquis la certitude que de très petites différences de réaction insoupçonnées jusqu'ici peuvent avoir une influence capitale dans l’apparition ou l'absence d’un grand nombre de phénomènes diastasiques ». Certaines diastases hydrolysantes, les amylases, ne se comportent pas autrement, comme on le voit. L’adjonction de quelques gouttes d’une solution d'oxalate de Na à 1 °/ à de l’amidon purifié ne détermine aucune modification appréciable aux indicateurs colorés, comme je m'en suis rendu compte. Et pourtant, il a suffi de traces de ce sel pour faire apparaître dans le milieu une propriété qui, sans cet artifice, aurait été méconnue, la propriété amylolytique.

C’est sur cette sensibilité aux réactions de milieu que Fernsacu, en 1902, appelait l'attention. « Quand ces variations, disait-il, sont notables, l’action de certaines diasta-

RQ ses peut-être paralysée au point que la présence de ces diastases paraît douteuse » (52). Nous savons aujourd’hui — et les faits que j'apporte en sont une preuve de plus — que ces variations n’ont pas besoin d’être notables, et que, même extraordinairement petites, elles sont capables d'inhiber totalement la manifestation de propriétés diastasiques.

Une observation que j'ai faite à deux reprises est particu- Hèrement démonstrative : ayant conservé de l’amidon de Fernsac-Worrr dans un flacon de verre pendant trois mois, j'ai constaté qu'après ce laps de temps cet amidon était susceptible d'être hydrolysé —- quoique légèrement — par la salive dialysée. Or, au moment de sa mise en flacon, la diastase élait rigoureusement inactive à son encontre.

Je ne puis expliquer ce fait que par l’alcalinité que le verre a dû céder à la longue à l’amidon'; d’où cette recommandation, si l’on veut avoir des résultats absolument nets, de conserver l’amidon dans du papier et non dans des flacons de verre.

II. Influence des impuretés de l’amidon sur sa saccharification.

Il ressort, en second lieu, de cette série d'expériences, que dans les phénomènes diastasiques — et particulièrement dans les processus amvylolytiques — l'état de la substance

! Je n'ai pu observer la moindre modification dans la manière de se comporter de cet amidon vis-à-vis de la phtaléine et l'hélianthine, la trace d'alcalinité qui a suffi à le sensibiliser étant inappréciable par ces méthodes.

RS PRnvaE

à transformer joue un rôle aussi considérable que la substance qui transforme, c’est-à-dire la diastase.

D'innombrables expérimentateurs ont étudié l'influence d’un grand nombre de substances chimiques sur la saccharification diastasique de l’amidon, sans prendre en considération les perturbations énormes que pouvaient apporter à leurs recherches les diverses variétés d'amidon par eux mis en œuvre (amidon ordinaire, amidon soluble, amidon acétique, amidon chlorydrique, etc., etc). On a trop considéré l'amidon comme un corps inerte et passif, dans le phénomène de la saccharification. Je pense que mes expériences sont de nature à attirer l'attention sur le rôle actif qu'il est appelé à jouer. Comme l’a écrit Fernsacu (43), dans un article consacré à l’analvse des notes que j'ai publiés à ce sujet (53-54-55), il ne fait pas de doute « que l'amidon le plus pur qu'on a pu se procurer pour les expériences sur la saccharification apporte lui-même des substances qui ont sur le phénomène une influence très marquée. L'inactivité des amylases d’origine animale sur l’amidon de FerNBacH-WoLr — considéré comme le colloïde le plus pur connu — n'est-il pas la preuve la plus convainquante de cette affirmation ? Dans ce cas peut-on mettre en doute l'influence primordiale de la minime quantité de phosphore contenu dans la substance amylacée sur l’activité diastasique ? |

Si jusqu'ici cette notion a été peu précisée, c'est que la saccharification de l’amidon a été à peu près exclusivement étudiée au moyen de l'’amylase du malt. Et cela nous amène à une dernière considération, et non des moins intéressantes, au sujet de la prétendue identité des amylases.

Page 1