‹ Sur deux conditions de milieu: Nécessaires à la saccharification de l’amidonChapitre 33 sur 44 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

SUR L'INACTIVITÉ AMYLOLYTIQUE DES AMYLASES SALIVAIRE -ET PANCRÉATIQUE DIALYSÉES

Bierry, Henri et Graya ont élé les premiers, comme je l’ai indiqué au début de ce travail, à signaler l’inactivité absolue vis-à-vis de l’empois d'amidon ordinaire du suc pancréatique soumis à la dialyse et l'influence réactivante très spéciale des chlorures (particulièrement du chlorure de sodium).

J'ai été amené à répéter ces expériences afin d’en comparer les résultats à ceux que j'obtenais en faisant agir cette même amylase sur l’amidon purifié de Fervsaca-Wocrr.

Dans tous les cas où la dialyse a été poussée assez loin,

j'ai observé une inactivité amylolytique aussi rigoureuse que celle signalée par ces auteurs. Mes recherches sur ce point ne font qu’apporter une confirmation aux leurs.

- Je me contenterai de préciser certains points de technique, insignifiants par eux-mêmes mais très importants par leurs conséquences, puisque de leur prise en considération dépend la réussite d'expériences analogues, pratiquées avec lamylase salivaire.

Gi.

I. Inactivation de l’amylase pancréatique et réactivation par les chlorures.

Lorsqu'on soumet à la dialyse, suivant les procédés habituels, contre de l'eau distillée ordinaire, du suc pancréatique recueilli avec les précautions de pureté et d'asepsie indispensables à la conservation de son inactivité protéolytique normale, il se trouble dès les premières heures; au bout de 24 heures il s’est formé dans le dialyseur un abondant précipité de matières albuminoïdes ‘. Séparons à ce moment le liquide du précipité et portons-le pendant quelques jours dans un nouveau dialyseur autour duquel nous renouvellerons fréquemment l’eau distillée. Après 5 ou 6 jours d’un tel traitement, mis en présence d’empois d’amidon ordinaire, le sue témoignera d’un affablissement considérable dans son activité diastasique : mais il sera encore capable de provoquer une saccharification largement appréciable par la liqueur cupropotassique.

Pour arriver à la rigoureuse Imactivité observée par Bierry, Henri et Grasa, 1l est indispensable de prendre une précaution : celle de purifier l'eau distillée qui sert à la dialyse.

Afin de remplir cette indication, 1l suffit de redistiller dans un alambic l'argent l'eau distillée ordinaire, telle qu'elle est:

! Si par suite d'une négligence de technique le suc vient à s’activer spontanément, le précipité ne se forme pas ou se solubilise s’il s'était produit par suite d'un véritable phénomène d'autolyse au cours duquel disparaît l'amylase,

fournie aux divers laboratoires de l’Institut Pasteur. L'étude comparée de la conductibilité électrique de l'eau, déterminée avant et après redistillation, fait ressortir, d’une façon concrète, le degré de déminéralisation auquel on amène l’eau par ce traitement. Tandis que, mesurée par la méthode de Korrausen, la conductibilité de l'eau distillée ordinaire est donnée par la formule : K — 1,280 >< 10 5 environ, celle de cette même eau après redistillation dans un alambic d’argent est de: K — 6,540 >< 10 5. On a ainsi gagné le bénéfice d’une décimale *. |

Le suc pancréatique, dialysé pendant les 24 dernières heures contre une telle eau redistillée, est dépouillé rigoureusement de toute actinité diastasique nis-à-vis de l’empois d'amidon ordinaire.

Ce point de détail de la technique de la dialyse m'a paru utile et intéressant à meltre en évidence ; utile, parce que connu, 1l évitera des inexactitudes et des résultats erronés comme je vais le montrer en ce qui concerne l’amylase salivaire) ; intéressant, parce qu'il montre d’une façon éclatante l'influence de, « linfiniment petit chimique » sur l’activité des diastases. Pour inactiver totalement une diastase amylolytique, il faut l’amener à un état de déminéralisation à peu près égal à celui de l'eau redistillée, résultat que ne permet pas d'obtenir, on le comprend, la dialyse contre l’eau simplement distillée. |

Il n'est pas dans mes intentions d'étudier longuement le rôle réactivant des divers électrolytes vis-à-vis de l’amylase inactivée. Berry, Henri et Grasa ont suffisamment montré que

1 Pour obtenir de l’eau encore plus pure, il suffit de la redistiller deux fois, la première fois en présence de permanganate acide, la seconde en présence de baryte. La conductibilité électrique de l'eau ainsi obtenue est de K = 3,110 X 10 — Senviron.

5 — 66 — seuls les chlorures, bromures, iodures alcalins où alcalinoterreux, étaient capables de restituer à la diastase son pouvoir. Mes recherches ne font que confirmer les leurs.

Le point sur lequel j'attire l’attention est le suivant : dans toutes ces expériences où l’on réactive par adjonction d’électrolytes une diastase inactivée par la dialyse, on ne lui rend jamais qu'une infime partie de son pouvoir diastasique. Dans les conditions les plus favorables, on n'obtient pas plus de 20 à 30 milligrammes de sucre rédacteur en faisant agir pendant 3 heures à 50°, O cc. 2 de diastase dialysée sur 10 cc.

d’empois à 3 °. Avant. la dialyse un tel volume d’amylase eût élé capable d'hydrolyser totalement. ee quantité d’armidon, en ün temps deux fois plus court.

Ces chiffres montrent CEA la réactivation te par les électrolytes n'est qu'une ‘réactivation partielle, tout se

passant comme si, par suile de sa déminéralisation, Ja diastase s'était en partie FRAILEe

E Inactivation de Panviese salivaire et réactivation par les chlorures.

En appliquant à à la diäly se de l amylase salivaire les détails de technique dont l'application m ‘avait paru: indispensable à l'obtention du suc pancréatique inacüf, Jai été conduit à observer des faits passés inaperçus de ceux qui s'étaient livrés à des recherches identiques. Dans là première partie de ce travail, je faisais remarquer que la salive soumise à la dialyse contre l'eau distillée était encore active vis-à-vis de l'amidon ordinaire, même après plusieurs semaines de ce traitement. C’est le résultat auquel étaient arrivés tour à tour Sypvey CoLe en 1897, Guyénor en 1907 et récemment SLosse

et Limsosca. Pour ces auteurs, la salive ne se comportait pas comme le suc pancréatique ; c’est en partant de cette idée, je le rappelle, que j'ai été conduit à purifier l’amidon par la technique de Fernsacu-Worr.

Eh bien ! lorsqu'on soumet à la dialyse l'amylase salivaire non plus contre de l’eau distillée ordinaire, mais contre de l'eau redistillée dans un alambic d'argent (K—6,5><10 —") elle devient aussi rigoureusement inactive vis-à-vis de l'amidon

ordinaire que le suc pancréatique dialysé. L'anomalie qui

semblait exister entre ces deux amylases ne relevait que d’une défectuosité de technique. Si Cork, Guyénor, SLosse et LimBoscx n'étaient pas arrivés à constater l’inactivité absolue

de la diastase, c’est qu'ils ne s'étaient sans doute pas mis à

l'abri de cette cause d’inexactitude dont on saisit maintenant l'influence : l’imparfaite déminéralisation de l’eau qui sert à la dialyse.

La salive obtenue dans ces conditions est dénuée de toute

espèce d'activité amylolylique pour l’amidon ordinaire,

même après plusieurs jours de contact (à la condition d’expérimenter asepliquement).

L’adjonction de NaCI, CaCP restitue bien son activité à la diastase, mais, comme dans le cas précédent, elle ne lui en restitue seulement qu'une parlie minime.

III. Les chlorures, condition nécessaire au fonctionnement des amylases.

Que l'on opère avec l’amylase de la salive ou avec celle du suc pancréatique, la quantité de chlorure de sodium capable d'activer la diastase d’une façon appréciable est extraordinarement minime.

LAGR

Suc Pancr.D Amidon 3 °/o NaCI N/15 Eau D Sucre 0 cc. 2 15 cc. 0 cc. 1 Occ.9 : 0 gr. 009 0 ce. 2 15 cc. LOC E 0 gr. 018 Dec? 450€. ACC OT

Il a suffi, comme on le voit, d'établir dans le milieu diastasique une concentration en NaCl d'environ 0 gr. 019 */. pour permettre à la propriété diastasique jusque là latente de manifester son aclivité. En d’autres termes, l’adjonction de 2 centigrammes de chlorure de sodium par litre à l'amylase inaclivée par la dialyvse lui a restitué une partie de son pou- : voir diastasique dont elle était complètement dépourvue en l'absence de cet électrolyte.

Tout comme Bieray, Henri et Graya, je n’ai pu réactiver la diastase par adjonction de phosphates, carbonates, oxalates, etc.

I était intéressant de rechercher quelle pouvait être l'influence de l’adjonction des complexes salins (NaCl et Po*H°Na; NaCl et Po‘HNa*, etc.) Dans ces conditions je n’ai Jamais observé le moindre renforcement de l’activité diastasique. Au contraire, lorsque les quantités de phosphates ajoutés dépassent une certaine valeur, il y a fléchissement du pouvoir amylolytique, résultat qui s'explique par l'acidité ou l’alcalinité exagérée qu’apportent ces sels.

On peut donc conclure avec Bierry, Henri et Gaza que la présence de chlorures — el en particulier des chlorures de sodium el de calcium — est indispensable au fonctionnement des amylases salivaire et pancréatique, sans toutefois pouvoir préjuger en rien du mécanisme d’action de ces sels.

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