Hist. de Bourgogne j I, IJ
« tion de vienne : « Gérard et Berthe se retirèrent en Bourgogne où ils « avaient des biens considérables et où ils fixèrent leur demeurer (1, 577).
Gérard et Berthe se retirèrent en Bourgogne ! Mais nous n'en savons absolument rien, aucun texte ne nous le dit ; c'est Vaissète qui imagine ce trait d'union entre Girart, comte de Provence, et Girart, fondateur de Potbières. En résumé, le rapport entre les deux personnages se réduit à ces trois faits : tous deux s'appellent Girart ; tous deux ont vécu sous Charles le Chauve ; tous deux ont une femme appelée Berte. C'est à peine suffisant pour constituer une présomption en faveur de l'identité.
Si le Girart épique vient du Girart comte et duc de Provence, il a bien changé sur la route. Car il n'y a point de comparaison entre les guerres longues et acharnées que raconte la chanson et la lutte d'un instant qui s'établit en 870 entre Charles le Chauve et le comte et duc Girart, pour finir, peu brillamment pour le second, par la capitulation de Vienne.
Aussi, pour donner au rapprochement une base un peu plus large, a-t-on eu l'idée de faire intervenir un comte Girart à qui Charles le Chauve^ en 867, enleva le comté de Bourges pour le donner à un certain Egfirid. Girart résista, Charles vint au secours d'Egfrid et mit à feu et à sang le Berry, sans réussir à en chasser Girart. « On prétend », dit D. Vaissète (I, 574), que ce dernier (Girart comte de Bourges) est le même que Gérard alors duc de Provence ». Voilà au moins de la prudence. M. de Terrebasse en a montré bien peu lorsque, identifiant le comte de Bourges avec le comte de Provence (et par suite avec le Girart épique) , il a écrit : « Nous avons supposé avec les meilleurs critiques « que Gérard, comte de Provence, était le même personnage que Gérard^ a comte de Bourges... Quoi qu'il en soit, l'identité du comte de Pro- « vence et de [celui de] Bourges nous a paru suffisamment démontrée par « la haine de Charles le Chauve envers l'un et l'autre » '. Cela n'est pas sérieux, et M. Dùmmler» a eu raison de s'élever contre cette confusion de deux Girarts, qui n'ont en réalité rien de commun.
On a été plus loin encore : comme il 7 a un comte de Paris du nom de Girart, qui parait dans l'histoire en 837 et 840, on a voulu l'identifier avec Girart comte de Bourges, Girart comte et duc de Provence, et Girart fondateur de Pothières et de Vézelay î. Ce Girart en quatre personnes est de pure fantaisie.
En résumé, il n'y a d'assuré que l'identification du Girart fondateur de Pothières et de Vézelai avec le Girart épique.