PRÉFACE
LE CONCOURS CROCHOT
En janvier 1882, le sujet de cette étude fut mis au concours des prix Crochot dans les tonnes suivants :
€ Deuxième Sujet. — Éloge historique d'un des hommes c éminents qu*a produits le département dans la paix ou f dans la guerre, dans l'administration ou les services t privés, dans la science ou dans les arts, son caractère, € ses œuvres, son influence dans le pays et au dehors, dans c son siècle ou dans les temps qui ont suivi.
a L'auteur du mémoire sur ce sujet recevra une médaille « d'or de 500 francs ou une somme équivalente. Les méc moires destinés au concours devront être déposés à la € préfecture avant le l»' février 1883. Ils porteront une c épigraphe répétée dans un billet cacheté qui contiendra « le nom de l'auteur. »
Ancien conseiller de préfecture à Auxen*e, M. Crochot, par disposition testamentaire du 7 juin i826, fonda un prix triennal en faveur du meilleur mémoire sur un sujet à désigner par une commission spéciale. Cette commission, aussitôt la fondation de la Société des Sciences historiques de rVonnSf en 1847, chargea le bureau de cette Société de proposer des programmes, ses membres pouvaient, en effet, préciser, mieux que personne, les sujets des concours, ou les approprier à maintes circonstances que n'avait pu prévoir le généreux fondateur. Chaque année Ton peut lire au budget des recettes départementales la mention : « Fondation Croekot
VI PRéPACB
en fat&ur d'un (morage de morale, fr. 203, > qui, capitalisée, donne fr. 2,630 après dix ans, intérêts non compris.
Pour le concours de 1883, le programme tracé par le bureau de la SoeiéU des Sciences comprenait en outre, comme premier sujet : THistoire morale, politique, artistique et scientifique d'un canton de notre département. Un prix de 1,000 francs lui était affecté.
Avant le 1«' février 1883, quatre ouvrages furent envoyés. L'un par M. Ulysse Richard, concernant, dans les conditions tracées au pro* gramme, le canton de Seignelay ; le second était mon livre sur la Sénonie, alors en cours d'impression ; le troisième, Tétude sur Jean Ck)usin, par M. J. Lobet, et le quatrième enfin mes recherches sur Gérard de Rouasillon, que le lecteur a sous les yeux.
L'étude sur Jean Cousin fut écartée du concours comme « ayant déjà été tendue en librairie^ » prétexte éti^nge, car le travail auquel fut décerné le prix il y a une dizaine d'années, le Répertoire archéologique de VYonnêy par M. Quantin, avait été publié et mis en vente dès 1868. Mon livre sur la Sénonie fut écarté à peu près de la môme manière, c'est-àdire qu'une page blanche ayant été collée sur le titre où mon nom est imprimé, le jury objecta que ce nom réapparaissait dès qu'on le plaçait contre une vitre ou au grand jour !
Cela fait, les trois œuvres admises au concours furent adressées aa bureau de la Société des Sciences historiques chargée d'en apprécier la valeur. Conformément aux règles de ces tournois littéraires, les noms des lutteurs étaient et devaient être ignorés de leurs juges. On cherchait seulement à les deviner et l'assentiment général inclinait à attribuer à un docte Âvallonnais mon étude sur le comte Gérard. Ainsi s'explique, peut-être, cette appréciation de MM. les membres du bureau, appréciation compétente, mais trop flatteuse, sur la valeur et le caractère de mon travail.
t Le mémoire sur Gérard de Roussillon est écrit d'un style a ferme et élégant. L'auteiu» paraît posséder une érudition solide. « Bien qu'il se soit inspiré des publications antérieures de € MM. Mignard et Chérest, il a fait des recherches fort étendues € sur l'histoire réelle du personnage et sur la légende.
€ Il signale, entre autres faits nouveaux, une chanson de Geste t du xn* siècle, qui a inspiré le moine de Vézelay ou de Pothières, t auteur de VUa Gerardi de Rossillon, œuvre qui enfanta à son « tour les poëmes en langue d'oc et d'oil, qui ont fait du comte € Gérard l'un des héros du cycle carlovingien.
« Son introduction annonce un homme érudit. L'histoire est