DE LA MONTAGNE
Les meurtriers ou les coupables poursuivis pour crime emportant peine de mort, pouvaient se réfugier, soit au bourg de Château-Châlon , soit à Gharin château de la même seigneurie.
M. Monnier,dans une publication récente (2), atteste que le bourg de Château-Chalon était anciennement un lieu de refuge, a Son enceinte, dit-il, jouissait du droit d'asile pour les cri- 9 minels. Ceux qui pouvaient atteindre, à la porte du bourg,
(1) DUNOD, Hist du comté de Bourg,, I pr. p. xciz. — Le Richb, Mém. pour Chdteau-Chaion, p. 149.
(2) Annuaire du Jura, 1861,
» du cAté du nord, un trou (que nous avons vu nous-mêmes) B avaient la vie et la liberté sauve d (probablement pendant quarante jours.)
On lit dans un titre de 1619 :
a Seigneurie de Cbarin et rue franche de Charin ; au long B des murailles est la croii de la Pérouse {\), laquelle maison. B forte et franche jouit de tels droits, franchise , autorité et B privilège que, si quelqu'un ayant commis cas méritant peine B de nwrt ou aultre, se peut mettre et gester en la dite maison » forte ou en la dite rue. Ton ne le peut saisir pendant qu'il B y est, comme s'il estait en lieu saint ou aultre de franchise^ B pendant quarante jours. »
On dirait que même en dehors des édifices religieux, chacun de nos comtés ait eu une ville de refuge : pour le Fa* rasgau, c'était Ornans et son territoire (2), pour le Bisuncionum ou comté de Besançon , tout l'enclos du chapitre , c'està dire le mont Goelius au delà de Porte-Noire (3), pour le Scoding, Ghâteau-Chalon, pour Amaous, Dole dans toute la ville, et rière les croix du pourtour, sinon en cas de flagrant délit (4).