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NÉE AMIÉNOISE A FAIT CETTE ÉPITAPHE A ELLE BIEN MÉRITANTE

{l)^£ene Merenti fecit.

zvm M. LE GOÏTE M.-J.-G. DE L^ESCALOPIER.

C'est donc la veille des calendes de décembre (30 novembre) d'une année encore inconnue qu'Aurélius Optatus déposa, dans les catacombes, le corps de sa sainte épouse Theudosie, née à Amiens et martyrisée à Rome. M. le comte de TEscalopier fut averti par M. de Rossi de sa découverte, et dèslors il n'eut plus d'autre ambition que celle de rendre à sa patrie, les restes sacrés d'une martyre qui appartenait par sa naissance à l'Église d'Amiens, et d'attacher son nom à cette pieuse restitution. Il savait combien de difficultés il allait avoir à vaincre, mais rien ne l'arrêta. Ses dé-, marches auprès de la cour de Rome aboutirent enfin à d'heureux résultats; il eut la g^loire de triompher de tous les obstacles, et lorsque l'authenticité des sig^nes qui attestent le martyre de Theudosie eut été tellement constatée, que le souverain Pontife daigna autoriser le culte de cette sainte, d'accord avec M^ de Salinis,^ il ramena, après bien des négociations ses reliques précieuses dans la ville d'Amiens. Ce fut une fête sans égale à laquelle vinrent prendre part plus de vingt archevêques ou évêques (1). De tous côtés pn accourut pour saluer le retour dans sa patrie de la sainte dont la fête prenait place dans le calendrier sacré de l'Église d'Amiens. Cette martyre des premiers siècles ouvre avec saint

(!) 42 octobre 1853.

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Fîrmîn, la liste glorieuse de tant d'autres saints de ce diocèse , qu'elle précéda dans le ciel. Déjà les fidèles l'invoquaient comme une puissante protectrice, et à l'émotion qui soulevait tous les cœurs, aux élans de reconnaissance de toute une population, on put voir quel prix on attachait à cette translation, quelle estime profonde inspirait celui qui en avait été l'heureux instig^ateur. Lui, conservant au milieu d'un triomphe qu'il avait préparé, sa modestie accoutumée, semblait vouloir reporter sur M»' de Salinis l'honneur qui lui appartenait si bien. Il disait en effet: « Si, comme la vigie du navire qui découvre un point lumineux sur la terre lointaine, j'ai été assez heureux pour vous signaler l'existence d'un trésor, c'est à vous, Monseigneur, c'est à ^otre sollicitude, c'est à la si juste et toute particulière affection que vous porte Sa Sainteté Pie IX, que nous devons la possession du précieux corps de sainte Theudosie et le triomphe qui l'attend. Elle a notre prière, nous avons son tombeau, nous partageons avec le GieL Ce que vous avez fait pour nous, Monseigneur, vous l'avez fait aussi pour la martyre d'Amiens, et la martyre d'Amiens acquittera la dette de son pays en appelant toute la bénédiction de Dieu sur notre illustre et vénéré Pontife. »

. Mais ce que M. le comte de l'Escalopier oubliait si facilement parce qu'il s'agissait de lui-même, tout le m(Uide le savait: c'était lui qui avait le pre-

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mier fait part de la découverte du tombeau de la sainte martyre dans les catacombes romaines; c'était lui qui avait offert de se rendre à Gènes pour obtenir de M*' Pallavicini, à qui ces reliques avaient été données, qu'elles fussent rendues à Amiens, sa patrie. M'' de Salinis le remercia publiquement de sa généreuse initiative : « L'Église d'Amiens, lui dit-il, n'oubliera pas qu'elle vous doit sainte Theudosie, ni sainte Theudosie qu'elle vous doit son triomphe. » C'était là un des événements de sa vie dont M. le comte de l'Escalopier se montrait le plus justement fier, il aimait à raconter tous les détails de cette imposante cérémonie, et il jouissait avec un légitime orgueil des témoignages de reconnaissance, de respectueuse estime qu'il avait alors rencontrés de toutes parts.

L'accueil que la traduction de Théophile avait reçu du monde savant, encouragea M. le comte de l'Escalopier à poursuivre ses travaux et ses publications. Avec un noble désintéressement, il chercha s'il ne trouverait pas quelque ouvrage important dont il pût doter la science; et sans préoccupation d'aucune sorte, l'esprit libre de tous ces calculs auxquels obligent les rudes nécessités de la vie, il résolut de publier le Mitrale, seu de officiis ecclesiasticis Summa, ouvrage écrit par Sicardi, évéque de Crémone, de 1185 à 1215. Les archéologues, les bibliophiles, n'eurent pas assez d'éloges poiu* cette œuvre nouvelle devant laquelle on s'était

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jusqu'alors arrêté. C'était un élément de plus apporté à la connaissance des antiquités liturgiques, et de l'art sacré du moyen âg'e.

Sicardi, on le sait, est aussi l'auteur d'une chronique que Muratori a insérée dans le tome VIII de ses jRerum italicarum Scriptores. Le Mitrak n'a pas eu la n)ême fortune. Le tome VI du Spicilége du cardinal Angelo Maï, ne contient que des frag^ments de cet ouvragée, relatifs aux édifices du culte et à la philologie ecclésiastique. Le premier soin de M. de l'Escalopier fut de faire transcrire une copie du manuscrit qui se trouve dans la bibliothèque impériale de Paris. Plus tard, il communiqua cette copie à l'abbé Migne, qui, grâce à cette libérale obligeance, put imprimer en 1855, pour la première fois, dans le tome 213 de sa Pa-trologie, l'ouvrage de Sicardi sous le titre de : Sicardi, Cremonensis episcopi, Mitrale, seu de offidis ecclesiasticts Summa, nunc primum in lucem prodit juxta apographum quod asservatur in bibliotheca comitis de FEscalopieTy in-4* de 436 colonnes compactes.

L'ouvrage est divisé en neuf livres. Le premier traite de la construction, de la décoration, et de l'ameublement; le second a pour objet les vêtements sacerdotaux, et le troisième le sacrifice de la messe; le quatrième est relatif aux offices du jour et de la nuit; les livres suivants, jusqu'au neuvième, traitent des offices des dimanches de Tan-

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née, et le dernier des offices des saints. On trouve naturellement, dans l'œuvre de Sicardi, des documents fort curieux sur le symbolisme chrétien pendant le moyen àg^e; les deux premiers livres, surtout, abondent en détails de ce genre. Jean Beleth, contemporain de Tévéque de Crémone et célèbre recteur de l'Université de Paris, nous a laissé, dans son Divinorum officiorum ac eorumdem rationum brevis ExpUcatio, des renseignements qui peuvent éclairer les applications pratiques de ce symbolisme ; mais il ne fait qu'effleurer la matière. Son ouvragée est donc loin d'offrir^ l'intérêt que comporte celui de Sicardi, et cependant le Mitrale ne fig^ure point dans les ouvrages que cite Guillaume Durand, qui devint évêque de Mende en 1286, et à qui l'on doit le jRationale dmnot;um officiorum {{). En revanche,

(1) Le Rationak de Durand a eu plusieurs éditions incunables fort précieuses. Voici les principales :

1459. Mayence, Jean Fust et Pierre Schœ&er.

1473. Rome, Ulric Han, de Vienne, et Nicolas Simon, de Lucques. ^

— Ulm, Jean Zeiner, de Reutlingen.

1475. Paris, Martin Ulric et Michel.

1478. Vicence, Herman Lichtenstein.

.1480. Ibid., chez le même.

1484. Strasbourg, sans nom d'imprimeur.

1485. Paris, Ulric Gering.

— Venise.

1486. Strasbourg, sans nom d'imprimeur.

1488. Bdle.

1493. Nuremberg.

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Jean Beleth y est beaucoup mis à contribution. Faut-ilen conclure que Tévêque de Mende n*a pas eu connaissance du traité de Févêque de Crémone et n'y a pas largement puisé? Cela n'est gaière supposable. En effet, le Rationale a été écrit en i286, en Italie, et l'auteur, chapelain de plusieurs papes, leur légat et leur vicaire général dans les Romagnes et gouverneur de Bologne, était né quinze ou vingt ans après la mort de Sicardi. Or Crémone n'est pas bien éloignée des Romagnes. Dans tous les cas, la publication de M. le comte de l'Escalopier, en mettant en relief un monument fort précieux, a permis à l'érudition moderne de constater l'influence réelle exercée sur l'œuvre de Durand par celle de Sicardi.

En 1856, le conservateur de la bibliothèque de l'Arsenal édita un ouvrage écrit à la fin du seizième siècle,parle P. Jeanl'Heureux, qui avait grécisé son nom sous l'appellation de Macarius. Ce religieux cité dans les notices des Bibliothecœ Belgicœ, et dans les

1494.' Venise, Perrin Hathomi.

— Ibid., Simon Bevilaque.

1499. Ibid., Jean Rubei.

La bibliothèqae de la ville d'Angers possède une traduction française inédite de cet ouvrage , faite pour le roi de France.

Il ne £aut pas confondre Guillaume Durand avec son neveu, qui s'appelait aussi Guillaume, et qui fut également évèque de Mende, ni surtout, comme l'ont fait certains auteurs, avec Jean-Étienne Duranti, président au parlement de Toulouse.

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nouveaux Analectes historiques de M. Edouard Leg^lay, était Tami de Baronius , de Giaconius et de Frédéric Borromée. C'est sous leurs yeux qu'il rédige le livre dont nous parlons et qui avait pour titre : Hagioglypta^ sive picturœ et sculpturœ sacres antiquiores preesertim quss Bornas reperiuntur, explicates a Joarme Macario. On conçoit combien était important un pareil travail pour Tintellig^ence des anciennes représentations figurées du christianisme. Par malheur, et bien qu'il dût paraître dès 1605, YHagioglypta était resté inédit et le manuscrit en avait été vendu en 1825, avec la bibliothèque des BoUandistes, après avoir passé par les mains de Rosweyde, des deux Ghifflet et de Jean Bollandus. En dernier lieu, il se trouvait dans la bibliothèque de M. Leg^lay. Mais le manuscrit lui-même courait le risque de tomber en des mains ég^oïstes ou vandales, et de rester ainsi à jamais perdu pour la science. M« de TEscalopier à qui n'échappait aucun fait important relatif à la bibliographie, connut donc le péril que courait le manuscrit de VHagiaglypta^ et voulut le conjurer par une intelligente acquisition. Il y parvint, et ce fut dans sa bibliothèque que le père Raffaele Garucci, de Rome, rencontra le volume de Jean l'Heureux. Ge savant Jésuite, qui avait fait d'activés recherches pour retrouver la trace du manuscrit, s'empressa d'offrir à M. le comte de l'Escalopier sa part de collaboration et voulut l'éditer avec lui. Gette offre était

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trop courtoise, et la générosité du comte trop désintéressée pour ne point donner immédiatement suite à une publication qui devait être si utile à la relig^ion et à l'érudition sacrée. L'ouvragée de Macarius parut donc, ainsi que nous l'avons dit, en 1856, en un beau volume in-8' (1). M. de l'Escalopier en fit les frais et ne recula devant aucun sacrifice; le P. Garucci annota le texte de manière à le mettre à la hauteur de la science actuelle. Les découvertes, réalisées depuis l'Heureux dans les catacombes, ont nécessairement enrichi les matériaux primitifs de cet auteur. Aujourd'hui, et g^râce à M. de l'Escalopier, on peut dire que la France a mis dans les mains de tous un trésor qui allait rester à jamais caché, un chef-d'œuvre qui, après avoir passé en revue les anciennes peintures des égalises et des cimetières souterrains, étudie, avec un soin di^e d'un aussi beau sujet, le sens symbolique et la sig^nification réelle de ces représentations diverses. .

Ce fut là son dernier ouvrage. La maladie vint cruellement surprendre M. le comte de l'Escalopier au moment où il jouissait de ses travaux, de la considération, du respect qu'ils lui avaient acquis. Il dut se résigiTier à un repos devenu nécessaire; il alla chercher une retraite dans le château de Liancourt, où il était né, qu'il ne devait plus dé-

(1) Paris ^ J.-A. Toulouse, xn-253 pages, avec figures, notes et table.

ixvi IL LE COMTE M.-J.-C. DE L*ESGAL0P1ER.

sormais quitter; il y vécut encore deux années, soutenu par TafTection la plus tendre, la plus dévouée. Il eut du moins cette consolation suprême de voir autour de lui tous ceux qu'il avait aimés, et avant de rendre à Dieu sa belle âme, il put pressentir le vide immense qu'il allait laisser après lui, il put voir de profonds et sincères reg^ts. Pour lui la mort fut ce qu'avait été sa vie, celle d'un chrétien, et ce qui aida sa famille à supporter la douleur d'une perte aussi cruelle que prématurée, ce fut l'espoir de se retrouver un jour dans ce monde meilleur, promis à ceux qui passèrent en faisant le bien ici-bas. On peut dire de lui qu'il «s'endormit dans le Seigneur.» (11 octobre 1861.)

Ainsi s'éteignit, à l'âg^ de quarante-huit ans, un homme savant et modeste dont la vie s'était passée au milieu de ses livres, qu'il aimait tant et qu'U connaissait si bien. Fier de l'œuvre qu'il avait si soigneusement poursuivie, il montrait avec un légitime orgueil les trésors qu'avec tant de patience, tant de recherches il avait réunis près de lui. Ses heures les plus douces, c'étaient celles qu'il consacrait aux siens et à cette famille nouvelle, ses livres, auxquels il avait donné dans sa maison la place dont ils itaient dignes. Combien de fois, dans la bibliothèque qu'il s'était plu à embellir, entouré des trésors bibliographiques et archéologiques qu'il était parvenu à recueil-

M. LE GOMTE M.-J.-G. DE L^ESGALOPIER. zxvn

lîr, nous étonnar-t-il par sa prodigieuse érudition!

Il allait, d'une main sûre, chercher à sa place le volume cité; il aimait à raconter les incidents qui le lui avaient fait perdre pendant quelque temps pour le lui faire retrouver ensuite, doublant ainsi sa valeur à ses yeux, par les difficultés qu'il avait eu à vaincre pour l'obtenir. C'étaient là des conquêtes dont il était heureux, et nous qu'il honorait de son amitié, nous jouissions de son bonheur, et partagions ses triomphes. Une seule préoccupation venait parfois traverser ses joies : il regardait autour de lui d'un œil inquiet; il se demandait ce que deviendrait après lui cette collection qu'il s'était plu à former; il craignait pour elle les hasards même qui la lui avaient livrée ; il se considérait comme le dépositaire vis-à-vis du monde savant de tous ces livres rares qui lui avaient coûté tant de sacrifices; il eût voulu enfin qu'on pût, après lui encore, les trouver réunis, et qu'on ne fût pas obligé, comme il l'avait été lui-même, de les aller chercher, après les avoir longtemps suivis, là où les auraient emportés de capricieuses destinées. Il s'en ouvrait parfois à M"'^ la comtesse de l'Escalopier, à quelques amis, et, sans avoir alors adopté de plan définitif, il se proposait de publier un catalogue détaillé de tous ses livres; il en eût lui-même écrit l'histoiro, et les notes n'eussent pas été moins précieuses que les livres mêmes.

zxYm M. LE COMTE M.-J.-G. DE L'ESGALOPIER.

La mort le surprit avant qu'il eût pu entreprendre ce travail ; mais de pieux souvenirs, le désir de répondre encore à une chère pensée, ont gxiidé celle qui fut toujours associée à ses recherches, partag'ea ses espérances et ses joies, et, devinant ce qu'il avait laissé d'indécis dans des entretiens où les prévisions étaient toujours restées lointaines, M™ de l'Escalopier a voulu que l'œuvre projetée ne demeurât pas inachevée. Elle a pensé que sa bibliothèque ne serait nulle part ailleurs mieux à sa place que dans la ville d'Amiens, où l'étude des antiquités chrétiennes compte de si nombreux disciples, où M. le comte de l'Escalopier jouissait d'une estime justement méritée; là se perpétuera le souvenir du savant si regretté; là sa collection, conservée dans son unité, fera connaître une vie noblement remplie ; elle sera pour tous non-seulement un bienfait, mais encore un g'rand enseignement; on ne saurait faire un plus noble usage de la fortune que Qieu donna, que de la consacrer à des œuvres utiles ; elles défient le temps qui, loin de les amoindrir, en augmente chaque jour la valeur. En venant consulter ces archives de l'archéologie chrétienne qui leur auront été si précieusement gardées, les savants de nos jours, ceux des âges à venir, confondront dans un sentiment de reconnaissance égale, celui qui toute sa vie chercha patiemment pour eux, et celle qui, complétant son œuvre, a voulu élever à la mémoire de l'homme de

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bien dont elle portait le nom, un monument impérissable.

Mais pour mener à bonne fin une œuvre aussi importante, aussi compliquée, il fallait le concours d'un homme expérimenté, dont les relations antérieures avec M. le comte de l'Ëscalopier eussent préparé l'esprit à suivre la marche, la classification depuis longtemps auloptée. Il fallait encore, en dehors d'une compétence toute spéciale , une connaissance profonde de la bibliothèque dont M"* la comtesse de l'Ëscalopier voulait faire ressortir l'importance. Cet homme fut M. Delion; M. le comte de l'Ëscalopier l'eût choisi lui-même, car il connaissait bien cette bibliothèque à laquelle, pour sa part, il avait si souvent apporté de précieux éléments.

D'ailleurs, c'était M. Delion qui, en 1847, avait fait le relevé, sur cartes, des livres de M. de l'Ëscalopier , et qui avait publié le travail préliminaire où se retrouvaient les divisions adoptées dans le catalogue tel qu'il paraît aujourd'hui. M. Delion se mit courageusement à l'œuvre, et, coupant autour de lui des bibliographes disting^ués, il leur demanda une active collaboration. MM. L. Paris, A. de Montaigplon, P. Jannet, répondirent à son appel. M. H. Fisquet, auquel appartiennent plus particulièrement les savants 'détails bibliographiques de cette notice et la partie biographique du catalogue, vint se joindre à eux, et

xxz M. LE COMTE H.-J.-& DE L*ESGALOPIER.

en moins de deux années put être terminé cet important travail, fout plein de renseig^nements qu'on chercherait vainement ailleurs. M. Toulouse voulut à son tour contribuer à l'achèvement de cette œuvre, au développement de laquelle il avait pour sa part si consciencieusement aidé. Ainsi chacun, dans le cercle de ses connaissances spéciales, vint apporter un utile concours; tous enfin ont dierché à répondre aux désirs exprimés par M"** la comtesse de l'Ëscalopier, à rendre leur travail digne du savant dont il était destiné à perpétuer la mémoire. Le succès a couronné tant d'efforts, l'œuvre est achevée. Sans doute, si M. le comte de l'Ëscalopier avait présidé lui-même à ce travail, il eût retranché un certain nombre de livres d'une valeur contestable, et dont le mérite ne lui eût pas paru suffisant pour justifier leur place dans un Catalogne de ce g^nre. Mais il semblait qu'il n'était point permis de faire un choix qu'il n'avait pas indiqué lui-même : la bibliothèque est restée telle qu'il l'avait laissée; sa pensée a été respectée, elle rayonne dans ces deux volumes, qui sont d'ailleurs tout un élog^e de sa vie, et auxquels on eût pu donner pour épig^phe cette phrase de Pascal : a Une des plus solides et des plus utiles charités envers les morts est de faire les choses qu'ils nous ordonneraient s'ils étaient encore au monde. » Pour nous qui avons connu M. de l'Ëscalopier, qui avons pu apprécier toute l'élévation de

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son esprit, toute la bonté de son cœur, nous ne croyons pas qu'il soit possible de l'avoir mieux compris, ni de lui rendre un hommage qui soit plus digne de lui.

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