‹ Sur Gérard de Roussillon. 5 [1] piècesChapitre 58 sur 59 · NoQveUe série, t.V, 4840, p · texte numérisé non relu

NoQveUe série, t.V, 4840, p

4. Paris, Tecbener, 4842, in-8 de 60 p., imp. de Didot. Réimpression augmentée d*an article du Bulletin du Bibliophile y 5* série , n" 4, avril 1843, p. 415-41; il en avait été fait un tirage à purt de quclqiic« «xempinireit.

monde le sait» ce moine allemand do douzième siècle a écrit, au point de yae de la décoration des églises, an' ouvrage en trois livres, qni traitent successivement de là pcînture et des ooulenrs à employer snr les mors, le bois, la toile et le parchemin , de la peinture snr verre et de la mosaïque, de l'orfèvrerie et des arts accessoires, la niellnre, la damasquinure et la monture des pierres fines. Le traité pins ancien d'ÉracIios , De artibus Romananun , est bien moins étendu, moins détaillé et moins important de toutes façons. L'intérêt de Théophile avait du reste attiré Tattention sérieuse de quelques érudits à la fin du dernier siède. Dès 1774, Lessingy biUiothécaîre du duc de Wolfenbuttel depuis 1770 et auteur du Laocoon^ croyant ajuste titre que l'histoire de l'art ne devait pas se borner seulement a s'occuper de celui de r Antiquité classique, lui consacra un travail spécial : Vom JUer der Oelmarey aus dem Theophilus Preshyter^ réimprimé plus tard dans le tome Vm de ses Œuvres diverses. En 1776» le savant abbé Jacopo Morelli, bibliothécaire de la Mardenne, en donna une autre analyse dans ses Codices manuscripti latini hiblioiherx Nanianm^ Venise, in*4, n"* XXXIX, p. 33 ; en 1781, Raspe en publia , mais très-incorrectement et d'après un manuscrit médiocre, un extrait dans sa collection intitulée A critieal essay on oil'painsmg f London, in-4, et la même année le texte de l'édition de Théophile, préparée par Lessing, était imprimé en entier par Leiste dans les Mémoires d^ histoire et de littémiure tirés de ia bibliothêgue du due de fFoifenbutiel^ Brunswick, in-8, VI* partie, p. 289-424. Depuis, Emeric^ David fit souvent allusion à Théophile dans son Histoire de la Peinture au moyen âge, mais on peut dire que ce texte précieux n'était pas encore, autant qu'il le mériuit, dans le courant de la science.

Un livre de ce genre ne peut en effet devenir usuel que s'il est traduit, c'est-à-dire étudié lentement, dans tons ses détails, laissé et repris, interprété et annoté, en état, en un mot, d'être discute ei au besoin corrigé utilement. Une lec-

iure, si inteiligente qu elle soit, est tout à fait insufBsante en face d'un texte semblable, rendu doublement obscur par la nature technique des sujets, par la brièveté des explications données avec des termes dont le sens précis échappe souvent, par la barbarie du latin et par les erreurs des copistes ; celles-ci, qui sont la difficulté la plus grave, ne se peuvent éviter, au moins en partie, que par une collation complète de tous les manuscrits existants, et ce n'était le cas pour aucun des trois travaux qui viennent d'être rappelés, car chacun d'eux était fait d'après un seul manuscrit, et les textes qui leur avaient servi de base étaient à la fois moins corrects et moins complets que d'autres depuis découverts. C'est par le relevé des variantes du texte, c'est par la traduction, évitant une partie du travail, mais appelant le contrôle et la vérification, acceptée seulement quand elle est inattaquable, mais, dans les cas douteux, critiquée, rejetée ou modifiée, qu'un livre de cette nature prend son importance et passe de l'ombre au jour.

C'est ce service que M. de l'Ëscalopier, avec la collaboration d'un autre de vos confrères, M. Joseph-Marie Guichard, mort déjà depuis vingt ans, a rendu à Théophile et à la science. En même temps que le texte est éclairci par une traduction en regard, il est établi sur un manuscrit de Paris, le plus complet qui fût encore signalé, et accompagné de toutes les variantes des autres manuscrits connus, d'autant plus nécessaires en cette question, même quand elles sont ou paraissent mauvaises, qu'un texte de ce genre peut au besoin être discuté phrase par phrase et mot par mot. C'est ce qui ne manqua pas d'arriver, et ce que M. de l'Ëscalopier avait tout fait pour amener; on se prit de tous côtes à son ouvrage, et il eût été impossible que, venant le premier, il ne pÂt être discuté et rectifié sur aucun point. Un autre de vos confrères, M. Quicherat, écrivit sur ce sujet un article de la Bibliothèque de f École des Chartes *, remarquable, selon

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