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une solution de 4 gr. d'iodure de potassium dans 150 gr. d'eau distillée, chauffée à 80° centigrades. Il s’est sondé de nouveau environ ? heures 1/2 après, pour évacuer la solution. I n'a jamais ressenti les effets de l’iodure et n'a jamais trouvé l'iode dans sa salive.
Cazeneuve et Livon {{) ant jeté une ligature sur le prépuce d’un chien: 6 heures après, ils ouvrent l'abdomen ; 1ls lient le canal de l’urèthre et les uretères à la fois; ils sectionnent audessus de la ligature de la vessie. Ils la plongent aux trois quarts de sa surface dans de l’eau distillée. [ls mettent un volume d’eau à peu près égal au volume de la vessie. Ils recherchent ensuite l’urée dans le liquide où est plongée Îa vessie.
La dialyse n’a commencé qu'environ 3 heures après dans les conditions normales; elle s’est effectuée plus tôt quand ils prenaient la précaution de racler l’épithélium.
Ils n’ont fait que des recherches d'osmose, pensant que si l’absorption des principes immédiats urinaires s'effectue, il est probable que Ja vessie doit offrir tous les avantages d'un dialyseur.
Cazeneuve et Lépine (2), chez un chien ou une chienne, dont la vessie est pleine, incisent l'abdomen sur la ligne blanche, font sortir la vessie de la cavité abdominale, lient les uretères et le col vésical en ayant soin de faire passer le fil de cette dernière ligature entre la tunique musculeuse et les gros troncs vasculaires, qui, extérieurement à celle-ci, se distribuent sur les côtés de l'organe. Ensuite, ils retirent au moyen de la seringue de Dieulafoy, armée d’une aiguille très fine, environ 25 centim. cubes d'urine, afin d'en faire l’analyse. Puis la vessie est replacée dans l’abdomen et la plaie
(1) Cazeneuve et Livon. — Revue mensuelle de médecine, p. 4. (2) Cazeneuve et Lépine. — Lyon médical, 16 mai 1880, p. 91. Comptes rendus Acad. des Sciences, 1881, IT, p. 446.
récousue avec soin. Le lendemain ou le surlendemain, c'està-dire moins de 36 heures après l'opération, ils ouvrent l’abdomen et font l'analyse de l'urine.
Ils ont constaté que la vessie avait absorbé de l’eau, de l’urée, des phosphates et des sulfates. [ls admettent donc que la muqueuse vésicale absorbe les éléments normaux de l'urine.
Ils ont fait l’expérience identique en suivant le même manuel opéraloire, avec la seule différence qu'après avoir retiré l’urine de la vessie, ils y injectaient de l’eau contenant en solution 0 gr. 04 de sulfate de strychnine. Les animaux ne mouraient pas avant 16 ou 20 heures. Comme à l’autopsie ils ont trouvé la muqueuse vésicale rouge au niveau du col, c’est-à-dire au niveau de la ligature, ils attribuent à cette lésion, qui ne s’accuse naturellement qu'après un certain nombre d'heures, l'absorption du poison, qui, tant que la muqueuse était intacte, ne s’était pas faite d'une façon sensible.
Boyer et Guinard ont opéré sur des chiens (1). Sans faire subir à l’animal aucune opération préalable, ni malaxér sa vessie, ils ont introduit dans le canal de l’urèthre une sonde molle. Ensuite, au moyen d’une seringue qu'ils adaptaient à cette sonde, ils ont instillé dans le réservoir urinaire 5 centimètres cubes d'une solution aqueuse à 1 0/0 d’alcaloïdes tels que la strychnine, la vératrine, la cocaïne, etc., et portés à la température de 30 à 35° centigrades.
Les animaux n’ont été ni intoxiqués, ni même incommodés, par conséquent l’épithélium vésical ne laissait pas passer les poisons en quantité considérable.
Ils avaient fait d’autres expériences en liant les uretères, ils avaient eu des phénomènes d'absorption. Ils les : avaient rapportés à des lésions de l’épithélium, et n’en ont pas tenu
(4) Boyer et Guinard. — Archives de médecine expérimentale, 189%, p. 893.
compte, car elles n'avaient pas été failes dans les conditions physiologiques ordinaires.
Pousson et Ségalas (1) ont opéré sur l'homme. Après avoir vidé la vessie au moyen d’une sonde, ils ontinjecté 100 à 140 centimètres cubes d’une solution aqueuse de bromure de lithium à 8 ou 4 0/0. Ensuite la sonde bouchée a été laissée en place et le malade a conservé l’immobilité jusqu’à la fin de l’expérience, dont la durée a été de une à deux heures. Pendant tout ce temps, ils ont recueilli de la salive, qu'ils faisaient sécréter assez abondamment en faisant mâcher à leurs patients un morceau de caoutchouc. Ils ont aussi pris du sang par la piqûre de la pulpe d’un doigt.
Ils ont pu retrouver le lithium dans la salive et le sang quand leur sujet était atteint de cystite ou qu'il avait éprouvé le besoin d’uriner. Ils ne l’ont pas retrouvé dans les autres
cas.
De ces diverses expériences faites par différents auteurs à des époques plus ou moins éloignées, nous pouvons tirer quelques considérations intéressantes à noter.
Tous ceux qui ont lavé la vessie avant de faire leurs expériences admettent nettement l’absorption par la muqueuse vésicale (Moro et Gæbelein, Guido Barbiani).
Il en est de même de ceux qui ont injecté dans le réservoir urinaire d'assez grandes quantités de liquides, ou bien des fortes doses de principe actif, ou des solutions concentrées, et de la plupart de ceux qui ont vidé mécaniquement la vessie avant d'y introduire l'agent dont ils allaient rechercher l’absorption.
Tous ceux qui ont lié les uretères ont constaté la perméa-
(4) Pousson et Ségalas. — C. R, Acad. des Sciences, 1895, LI, p. 882.
bilité de l’épithélium vésical, soit en reconnaissant par l'analyse chimique la présence des substances introduites dans la vessie, tant dans la salive (Fleischer et Brinkmann) que dans l'urine qui s’écoulait par l'uretère (Ashdown), soit en déterminant que la quantité et le poids spécifique d’une solution ttrée d’une substance donnée étaient moindres après son séjour dans la vessie pendant quelques heures (Moro et Gœbelein, Cazeneuve et Lépine), soit en voyant apparaître ou les phénomènes habituels produits par le corps injecté dans la vessie (Phélip) ou la mort (CI. Bernard).
Au contraire ont nié l’absorption par la muqueuse vésicale ceux qui ont recherché sur la surface de la vessie les substances qu'ils avaient introduites à l’intérieur de cet organe (Küss, Lereboullet, Susini, Cazeneuve et Livon).
Ont conclu aussi à l’imperméabilité de l’épithélium vésical ceux qui avaient injecté une petite"quantité de principe actif sous un faible volume, en ne tenant pas compte de la dilution de leur substance par l'urine qui venait des uretères et de élimination simultanée à l'absorption (Boyer et Guinard, Pousson et Ségalas).
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