SACRÉ
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Pour l’épithélium vésical pathologique, tout. le monde admettant qu'il absorbe, la plupart des physiologistes lui accordent un pouvoir absorbant bien plus considérable qu’à l'épithélium sain, presque égal même dans certains cas à celur du üssu cellulaire sous-cutané.
Mais ici, il faut définir l’état pathologique de l’épithélium, établir une différence entre la vessie enflammée, c'est-à-dire la cystite, et la vessie où l’épithélium est altéré, atteint dans son intégrité à la suite d'un traumatisme ou d’une brûlure chimique. Car, une fois l’épithélium détruit, la vessie se trouve ou dans les conditions d'une couche de tissu cellulaire, avant la couche musculeuse, 1} y à une couche celluleuse, ou bien dans les conditions d’une plaie, or, 1l est généralement admis aujourd’hui que les plaies sont de puissantes voies d'absorption.
Mais dans certaines cystites, lPinflammation augmentant d'autant la sécrétion de mucus, l'absorption sera d'autant plus réduite que la vessie sera plus enflammée, à condition qu'il n’y ait pas de solution de continuité de l’épithélium. C'est la raison pour laquelle P. Bert faisait remarquer que l'absorption par la vessie malade devait être plus difficile. C’est ce qu'ont démontré les expériences de Demarquay, faites sur des malades atteints de eystlite chronique. C’est aussi la raison pour laquelle le malade du professeur Küss, un vieillard ealculeux, ayant un catarrhe de la vessie, el éprouvant des douleurs spasmodiques, ne fut pas soulagé à la suite d’injections dans sa vessie d’infusion de racines de belladone, etne manifesta aucun des symptômes habituels produits par l'atropine. Tricomi avait démontré aussi que dans les affecons vésicales l'absorption était moindre,
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Dans les cystites aiguës, l’épithélium étant plus ou moins altéré par places, l'absorption doit être plus forte.
C'est d’ailleurs ce que confirment les faits et les expériences. Si l'on introduit diversement dans la vessie vidée ou'non une solution de substance irritante, des acides forts, ou même de la teinture de cantharides, comme l’a fait Alling, l'absorption est immédiate, mais alors l’épithélium est lésé. Mais si on attend que la cystite soit déclarée, que l'irritation primitive ait fait place à l'inflammalion seule, le mucus sera sécrété en plus grande abondance et les substances introduites seront bien moins vite absorbées et en bien moins grande quantité.
C'est d’ailleurs ce-qui arrive aussi, si au lieu d’injecter la teinture de cantharides directement dans la vessie, on l’injecte sous la peau ou on la fait absorber par le derme dénudé, on produira ainsi une cystite, la vessié sera bien enflammée, mais cependant l'absorption en sera bien faible, le mucus étant sécrété en bien plus grande quantité.
C'est la raison qui peut expliquer que de vieux catarrheux oude vieux calculeux puissent se sonder eux-mêmes à chaque instant avec des instruments plus où moins aseptiques, sans avoir des phénomènes d'infection.
C’est aussi à cause de la présence du mucus qu'on à pu injecter, sans accident, dans des vessies malades, des doses énormes de cocaïne au moment où cetle substance était encore mal connue.
Par conséquent nous admettrons que la vessie malade absorbe autant que le tissu cellulaire sous-cutané, quand son épithélium à subi des altérations plus où moins profondes ; mais que son pouvoir absorbant est encore moindre que celui de la vessie saine dans certaines cystites.
En un mot, l'absorption par l’épithélium vésical dépend surtout de la présence ou de l’absence de mucus à sa surface.
La présence de la mucine sur l’épithélium vésical et ses
propriétés expliqueraient les contradictions des auteurs et des expérimentateurs qui ont, tour à tour, admis ou nié la perméabilité de la vessie, suivant que dans leurs expériences, Sans intéresser matériellement l’épithélium, ils avaient laissé intacte ou non la couche de mucus qui lui sert d’enduit protecteur.