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Suivant Claude Bernard (1) et ses expériences connues de tous sur les chiens et le curare, la muqueuse vésicale est capable d’absorber. Demarquay (2), lui aussi, accepte le pouvoir absorbant de la vessie, tout en l’envisageant comme faible.
C'est à ce moment, en 1867, qu'apparaît le travail de Susini (3), l'élève de Küss, qui tend à prouver que la vessie n’absorbe pas et ensuite qu’elle doit cette propriété à la fonction propre de l’épithélium qui tapisse sa muqueuse.
Cette thèse fait époque, car jusqu'alors on n'avait pas fait de différence entre la vessie malade et la vessie saine, tandis que d’après les conclusions de Susini tous les faits d'absorption du réservoir urinaire rapportés jusqu'à lui sont attribués à des lésions de l’épithélium vésical. Mais ses idées sont loin d’être acceptées par tous; car Paul Bert (4) fail remarquer que Demarquay ayant fait ses expériences sur des vessies malades a dû trouver l’absorption plus difficile, et, l’année suivante, Alling (5), à la suite d'expériences faites dans le service de M. le professeur Guyon, soutient de nouveau que, quoique faible, l'absorption des substances médicamenteuses par la vessie ne saurait être niée. Répondant à Susini, il ajoute qu'il faut de hautes doses, en solutions concentrées, et alors on peut voir que si le pouvoir absorbant de la vessie n'est pas très grand, il est au moins très réel et très appréciable toutes les fois que la dose est suffisante, et cela aussi bien dans la vessie saine que dans les vessies malades.
(4) Claude Bernard. — Substances toxiques, 1857.
(2) Demarquay. — Absorption par la vessie. Union médicale, 1861.
(3) Susini. — Thèse de Strasbourg, 1867, n° 30. .
(4) Bert. — Comptes rendus de la Société de biologie, 143 novembre 1869, p. 316.
(5) Alling. — Emploi thérapeutique des injections de chlorhydrate de morphine dans la vessie. — Bulletin de thérapeutique, 28 décembre 1868, p. 546.
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L'année suivante, en 1869, Ségalas (1) rapporte encore quelques nouveaux faits tendant à démontrer la perméabilité de Pépithélium vésical ; c’est cette année-là aussi que Bert et Jolyet rapportent à la Société de Biologie des expériences qui démontrent d'une manière très manifesle l'absorption par la muqueuse vésicale et qui permettent à Brown-Séquard de rappeler que le pouvoir absorbant de la vessie a permis d’injecter efficacement dans ce réservoir des substances médicamenteuses dans le traitement du choléra, et qui font dire à Gübler que le fait de l’absorplion par la muqueuse vésicale est incontestable, mais qu’elle doit être moindre que par d'autres muqueuses ou le tissu cellulaire, et que la nature de la substance doit modifier le degré d'absorption (2).
En 1871, Alling (3), dans sa thèse, à la suite des travaux faits dans le laboratoire de M. Paul Bert et dans le service de M. le professeur Guyon, revient sur ses premières idées. Il arrive à refuser tout pouvoir absorbant à la vessie saine, tandis qu’il accorde un pouvoir d'absorption très notable à la vessie enflammée. Il n'avait qu'à injecter préalablement quelques gouttes de teinture de cantharides dans une vessie saine pour amener l'absorption. Il reconnaît aussi que l’urèthre sain est capable d’absorber parfaitement bien les substances médicamenteuses. Voilà la cause des erreurs des expérimentateurs qui l'ont précédé : ils attribuaient à la vessie le pouvoir absorbant de l’urèthre.
L'année suivante (1872), Treskin (4) soutient de nouveau que la muqueuse vésicale saine est capable de résorber ; tandis
(4) Ségalas. — Comptes rendus Acad. des Sciences, 1869, I, p. 732.
(2) Bert, Jolvet, Brown-Séquard, Gübler. — Comptes rendus de la Société de biologie, 12 novembre 1869, p. 315.
(3) Alling. — De l'absorption par les muqueuses vésicale et uréthrale. Thèse de Paris, 1871, n° 3.
(4) Treskin. — Archiv. für die gesammte physiologie (Pflügers), 1872. V, p. 294.