M, B.., 50 ans, Salpètrière (Consultation
T septembre. — À 8 heures du matin, pris d'un vertige au chantier, le malade a voulu s'asseoir, il est tombé sur le pavé sans perdre connaissance, la tête déviée à droite, la bouche tirée du côté droit, le bras et la jambe droite complètement paralysés.
Transporté chez lui, dans une voiture, il est resté couché pendant un mois. Pendant quelques jours, on l'a compris difficilement, quoiqu'il trouvât tous ses mots, parce qu'il bafouillait en parlant. Il cherchait alors, à tous moments, dans son lit, son bras et sa jambe droite, morts, sans douleur, comme s'ils étaient perdus.
La parole s'est rapidement améliorée, puis la face, puis la jambe, puis le bras. Un mois après, il a commencé à faire quelques pas dans sa chambre ; deux mois 1/2 après, il a commencé à marcher seul dans la rue, mais sans assurance ; il se sent encore trop faible pour reprendre son travail.
8 décembre. — Motilité. — La face guérie ; aucune difficulté pour avaler ; la jambe droite traine encore un peu ; le bras droit est moins fort que le bras gauche ; aucune contracture.
Réflectivité. — Au côté droit, par rapport au côté gauche, exagération manifeste des réflexes rotulien, achilléen, olécrânien, périosté-radial et périosté-cubital.
Babinski à droite, pas d'Oppenheim, pas de Schaelfer, pas de Strümpell, pas de Bechterew.
Sensibilité du membre supérieur droit. — Tactile. — 1. Seuil intensif. Normale ; un peu moins fine à la périphérie qu'à la racine du membre.
2, Localisation. Erreurs grossières : 3 ou 4 centimètres à la partie supérieure du bras, progressivement exagérées à mesure qu'on descend vers la main, où l'excitation de pulpes digitales est fréquemment localisée soit à un doigt éloigné, soit à la paume, soit même au poignet.
3. Seuil extensif. Pour obtenir la discrimination tactile, il faut arriver aux
écarts suivants :
qe + +
A droite A gauche DrAS SR ER 100 à 125 mm.
Avant-bras, . . 150 mm, au moins 20 à 30 mm, Main , . . .. Il faut toujours dépasser la longueur 3 à 5 mm.
du doigt ou la longueur de la paume en empiétant sur le segment voisin.
Douloureuse. — 1. Seuil intensif. A droite la piqüre est toujours perçue, mais avec une intensité moindre qu'à gauche ; l'hypo-algésie augmente à mesure qu'on descend vers la main.
2. Localisation. Beaucoup meilleure à la piqüre qu'au contact : aux doigts, erreurs de 10 à 20 millimètres au grand maximum, beaucoup de localisations exactes.
Thermique. — A peu près normale.
A la pression. — Diminuée à la pression grossière : sa diminution n'a malheureusement pas été précisée.
Attitudes segmentaires. — Le malade décrit assez exactement les mouvements passifs qu'on communique à ses doigts.
La main gauche reproduit, toutefois, mal les attitudes qu'on imprime à la main droite ; la main droite, au contraire, reproduit mieux les attitudes qu'on imprime à la main gauche. Quand on veut faire élever la main gauche à la hauteur de la main droite, elle s'élève généralement au-dessus ; quand on veut faire élever la main droite à la hauteur de la main gauche, elle a tendance au contraire à rester plus bas.
Osseuse (au diapason). — Diminuée légèrement
Agnosie tactile. — Palpation facile ; plusieurs qualités reconnues (quelquefois à faux), mais jamais l’objet n'est identifié.
OBsETs. MAIN DROITE.
Petite boîte carréeen C'est plutôt carré, c'est dur, c’est un marteau,
CALON PENSE c'est du bois ou du carton.
Boîte ronde laquée . C’est long, c'est carré, c’est rond, c'est une boîte d’allumette à un sou, non à deux sous.
Bouchon de liège. . C'est rond, c’est dur, c’est pas long, c’est plutôt du bois.
Crayon. . . . . . . C'est long, c'est rond, c’est un porte-plume ou un crayon.
Ciseaux (manche). . C’est une clé, c'est du fer, parce que c’est froid, c'est pas une clé ?
Clé . . . . . . . . Il passe le doigt dans l'anneau : c'est une clé, je sens la boucle.
Sucre . . . . . . . C'est dur, ça ressemble à une clé.
D'EUX-SOUS MANN « Rien » ; il palpe : « Je ne sens rien »,
Dé. . . , . ,::" 14 Ç'est/rond 'c'estten'os:
Anneau de clé . . . C'est carré, c'est dur, ça doit être du sucre, c’est froid. $
Bouchon de caout- CHOC ERP RRONEREER C'est froid, c'est rond, c'est plutôt du fer.
Vis . . . . , . . . C'est en fer, je ne sais pas ce que c'est. Plume en fer. . . , C'est court. — Quelle longueur ? 3 centimètres, c'est un peu dur, c’est froid,ça doit être du fer.
À la main gauche, tous ces objets ont été immédiatement reconnus dans leur forme, leur matière et leur signification, sauf, toutefois, la plume en fer, qui a été prise pour une vis.
23 mars 1909. — Motilité. — Méme état.
Sensibilité. — Améliorée : erreurs de localisation moins étendues, discrimination tactile moins altérée.
Agnosie tactile. — Qualités élémentaires peut-être un peu mieux reconnues, sans identification d'objets.
4. — M. Eugène G..., 54 ans, bijoutier, Salpétrière (Consultation),
Chancre à 24 ans, sans traitement ; leucoplasie buccale,
Ily a deux ans, douleurs et fourmillements dans les trois derniers doigts de la main gauche et la face externe de l’avant-bras gauche ; il y a quatre mois, fourmillements dans les deux derniers doigts de la main droite et la face interne de l’avant-bras droit : ces troubles paresthésiques ont toujours persisté depuis leur apparition.
10 décembre 1908. — Motilité. — Pas d'ataxie des membres supérieurs ou des membres inférieurs : Je malade exerce encore sa profession de bijoutier.
Romberg ébauché.
Réfiectivité. — Réflexes rotuliens et réflexe achilléen droit, abolis ; réflexe achilléen gauche, très diminué.
Myosis punctiforme avec abolition du réflexe irien à la lumière et la convergence.
Sensibilité subjective. — Outre les paresthésies ci-dessus rapportées, surtout génantes au membre supérieur gauche, quelques douleurs fulgurantes, quelques douleurs térébrantes, écrasements, mictions impérieuses.
Sensibilité objective. — Tactile, douloureuse et thermique. — 1. Seuil intensif. Hypoesthésie aux deux mains, sans qu’on puisse établir une différence tranchée entre le bord radial et le bord cubital,
2. Seuil extensif. Main gauche analogue à la main droite: A chaque main, l'écart nécessaire à la discrimination tactile varie du simple (3 à 4 m/m) au double (6 à 8 m/m) entre la pulpe de l'index et la pulpe des deux derniers doigts.
Atiiludes segmentaires. — Aux deux mains, après mouvements passifs, erreurs dans la notion de position, légères pour les deux premiers doigts, manifestes pour les trois derniers.
Osseuse (au diapason). — Normale ou à peu près normale.
Agnosie tactile. — Aux deux mains, la reconnaissance est mauvaise,
re
mais plus aux deux derniers doigts qu’à l'index et au médius (le pouce écarté pour empêcher qu'il participe à la palpation),réalisant ainsi une ébauche d'agnosie tactile à topographie radiculaire. La main gauche, plus caractéristique, a seule été rapportée :
MAIN GAUCHE
OBser.
Annulaire et auriculaire. Index et médius :
Bouchon. . . . Ça paraît être rond, c'est un peu (Ça, c’est rond, c’est dur. comme un bouchon.
Sucre . . . . . Je ne sais pas ce que c’est.— Est-ce C'est carré, on dirait un
rond ou carré ? Je ne sais pas, morceau de sucre. c'est plat.— Est-ce dur ou mou ?
C'est dur. — Est-ce lisse ou rugueux ? Je ne sais pas.
Je ne sais pas ce que c'est. Après hésitation : Une espèce de clé.
Petite cuillère. . Ça a l'air d'être mou, c'est poli. C’est comme une cuil-
Petite clé. . . .
lère.
Epingle anglaise Je ne sais pas, c'est comme un C'est plat et mince, ça petit dos de cuillère. paraît être double.
Je ne sais pas ce que
c'est.
Tampon de ouate Je ne sens rien. C'est un peu dur. Je ne
sais pas ce que c'est.
Crayon. . . . . Je ne sais pas ce que c'est. Un petit crayon. 2 sous . . . , . Je ne peux pas dire, je sens bien Une pièce de monnaie, quelque chose. je crois une pièce de 5 francs.
Montre. . . . . C’est quelque chose de plat, ça Ça paraît être une monparaît être lisse. tre. 19 décembre 1908. — Sensibilité. — Il n'y a plus grande différence,
même pour les attitudes segmentaires, entre le bord radial et le bord cubital des mains.
Agnosie tactile. — La reconnaissance parait plus uniformément et plus profondément troublée. Réponse uniforme : « Je ne sais pas ». Sauf une seule fois, à la main gauche :
Annulaire et auriculaire. Index et médius :
Sucre . . . . . Ga, c'est dur, c'est lisse. C'est dur, c'est carré, c'est rugueux, c’est un morceau de sucre.
(ANDRÉ-THomASs).
5. — E.., 65 ans, employé de chemin de fer, Salpétrière, avril 1909 ; examiné longuement à la consultation, ce malade a fait l'objet d'un travail détaillé d’André-Thomas qui l’a présenté le 6 mai 1909 à la Société de neurologie.
Antécédents. — Il nie toute syphilis.
Sa femme n'a pas fait de fausses couches.
H à deux enfants bien portants.
Histoire. — Le début remonte à l’année dernière, au mois de Juillet 1908. Une nuit, en toussant, il a senti tout à coup une douleur vive dans le bras droit, partant de l'épaule et allant jusqu'à la main. Cette douleur lancinante s'est calmée rapidement, mais il a persisté les jours suivants dans le bras et la main droite une petite douleur et une sorte d'engourdissement. Depuis, il s'est un peu moins servi de sa main droite ; il avait une certaine gêne à prendre sa cuillère, à écrire, il se sentait maladroit. Ces troubles ont plutôt augmenté d'une façon lente et progressive.
Le 31 janvier 1909, en se levant le matin, il a senti sa jambe droite molle, comme en caoutchouc. Cette sensation, accompagnée d'une légère faiblesse, a persisté jusqu'ici sans aggravation.
Une dizaine de jours avant l'apparition des troubles de la jambe, il avait remarqué qu'il parlait difficilement, et que sa voix était toute rauque.
A l'heure actuelle, c'est un malade qui marche sans difficulté, mais en se plaignant d'un peu de faiblesse et de fourmillements dans sa jambe droite.
Il se sert de sa main droite, mais avec un peu de maladresse et se plaint d'y ressentir de l’engourdissement et une sensation de froid.
Il a la face engourdie du côté droit. Enfin, sa voix est rauque, bitonale ; il présente, à certains moments, un peu de gène inspiratoire avec tirage. Il dit aussi avoir souvent le hoquet, depuis le début de sa maladie.
Examen. — Larynx. — L'examen du larynx a permis de constater une hémiplégie laryngée droite complète : l'hémi-larynx est complètement immobile, abducteur et constricteurs. En outre, il existe une paralysie de la moitié droite du voile du palais. Enfin, il semble que la moitié droite de la langue soit légèrement atrophiée.
Troubles sensitifs. — Il parait nécessaire d'opposer les troubles de la sensibilité constatés sur le corps à ceux que présente la face dans le domaine du trijumeau.
Au membre supérieur, on constate une légère diminution de la sensibilité tactile, avec un agrandissement du simple au double environ des cercles de Weber, sauf aux doigts, où l'écart est plus considérable ; il sent un peu mieux sur le bord cubital du membre
La sensibilité douloureuse paraît un peu plus touchée ; elle semble également moins atteinte sur le bord interne.
La sensibilité thermique est à peu près complètement abolie : il ne recon-
om
nait ni le chaud, ni le froid sur les faces antérieure, postérieure et externe du membre ; il les perçoit vaguement sur le bord interne.
Les sensibilités profondes sont un peu troublées : il reconnait difficilement les positions imprimées à ses doigts ; il présente une incoordination légère mais manifeste pour mettre son doigt sur son nez ; il fait de grosses erreurs dans l'appréciation des poids.
Le sens stéréognostique est profondément troublé.
En somme, au membre supérieur, toutes les sensibilités sont atteintes ; mais la sensibilité thermique paraît franchement la plus touchée.
Fait important, il existe une bande cubitale, au niveau du bord interne du membre, où les troubles de la sensibilité sont nettement moins prononcés. Vers l’aisselle, on constate un triangle interne et postérieur où la sensibilité est à peu près normale.
Le cou, la nuque, la partie postérieure de la tête présentent les mêmes troubles que le bras; les sensibilités douloureuse et thermique sont plus touchées ; le malade dit lui-même : « Je sens, mais ça ne me pique pas. »
A la face. — Dans le domaine du trijumeau, il semble, au contraire, que toutes les sensibilités soient légèrement, mais également atteintes ; en particulier, la sensibilité thermique est très peu touchée.
IH y a, sur la moitié droite de la langue et du voile du palais, une diminution franche de la sensibilité.
Au tronc, on ne constate aucun trouble sensitif.
Le membre inférieur ne présente aucun trouble à la racine du membre ; mais, vers la partie moyenne de la jambe, apparaissent des troubles sensitifs qui augmentent en descendant vers l'extrémité du membre. Prédominants sur la face externe, ils sont assez comparables à ceux du membre supérieur ; la sensibilité thermique, ainsi que la sensibilité douloureuse, paraît à peu près abolie ; la sensibilité tactile semble un peu moins troublée ; la notion de position des orteils est à peu près perdue.
Troubles moteurs. — Au premier abord, ce qui frappe surtout, c’est l’abaissement de l'épaule droite, difficile à relever. Il existe une parésie du trapèze, associée, semble-t-il, à une légère atrophie, Le sterno-mastoïdien droit est également affaibli.
Membre supérieur. — Il existe une certaine diminution de la force à droite, portant surtout sur le deltoïde, le biceps, le long supinateur, le triceps, les radiaux et les extenseurs.
Les muscles épitrochléens ont conservé toute leur force.
Les muscles paraissent légèrement atrophiés.
Mais ce qui frappe le plus, c'est l'inhabileté du membre ; l'hésitation, la maladresse, le tremblement léger, lincoordination manifeste qu’il présente pour exécuter les ordres. Il y a de la lenteur dans les mouvements et des troubles manifestes de la diadococinésie,
Membre inférieur. — Il n'y a aucun affaiblissement dans la force musculaire du membre inférieur droit.
Réflexes. — Au membre supérieur, le réflexe olécränien est aboli à droite, conservé à gauche.
. OBSERVATIONS PERSONNELLES 27 a On n'a trouvé ni d'un côté ni de l'autre, les réflexes radiaux et périostés.
Au membre inférieur, le réflexe rotulien est un peu plus fort à droite,
Le réflexe plantaire est très diminué à droite. On n'a trouvé le signe de Babinski qu'en excitant le bord externe du pied ; l'excitation du bord interne détermine nettement la flexion.
Le réflexe addominal et le réflexe crémastérien sont plus faibles à droite.
Etat des muscles du membre supérieur, — Ils paraissent nettement atrophiés, en particulier le biceps, le long supinateur, le triceps et les muscles épitrochléens : 7 centimètres au-dessus du pli du coude, circonférence : 22 cent. 1/2 à droite, 24 centimètres à gauche.
La contraction idio-musculaire est légèrement exagérée pour le biceps, le long supinateur et le triceps ; elle est normale pour le groupe épitrochléen.
L'examen électrique montre une diminution très nette de l’excitabilité par le courant faradique pour le deltoïde, le biceps, le long supinateur, le triceps, les radiaux, et les extenseurs. Au contraire, il y a plutôt exagération pour les muscles épitrochléens, les éminences thénar et hypothénar.
Au courant galvanique, exagération pour tous les muscles, sauf les interosseux qui sont affaiblis sans différence qualitative.
Examen des yeux. — Les pupilles sont égales et ne présentent aucun trouble des réflexes.
Il paraît difficile qu'une seule lésion puisse expliquer la totalité d'un syndrome aussi compliqué.
L'examen du malade, aussi bien que son histoire, semblent au contraire indiquer l'existence de deux foyers.
Au mois de Juillet 1908, le malade a dû faire une hématomyélie cervicale ; c'est ce qui nous explique les douleurs irradiées qu'il a présentées alors et les troubles que nous constatons actuellement ; cette hématomyélie doit siéger dans la partie toute supérieure de la moelle cervicale, puisque les troubles sensitifs et moteurs sont beaucoup moins accusés au niveau de la huitième cervicale et de la première dorsale, qu'au niveau du cou et des autres racines du plexus brachial.
Au mois de janvier 1909, il a dû faire un nouveau foyer à la partie toute inférieure du bulbe et supérieure de la moelle, ayant détruit les noyaux de la branche interne du spinal et touché quelque peu ceux de la branche externe (trapèze et sterno-mastoïdien). C’est ce qui nous explique l'hémiplégie laryngée d'une part,l'état du trapèze et du sterno-mastoidien d'autre part.
Un des foyers a dû irriter légèrement le faisceau pyramidal et les voies de conduction sensitive du membre inférieur.
En tous cas, il est intéressant de constater que, ni la lésion bulbaire, ni la lésion médullaire n’ont donné lieu à des troubles croisés.
A la main droite, particulièrement examinée dans la suite, on a noté les
troubles suivants : ; Motilité. — Maladresse et lenteur des mouvements : le malade emploie
surtout ses trois derniers doigts à palper.
28 ORSERYATIONS
EEE en
Sensibilité. — Tactile, diminuée ; douloureuse, plus diminuée ; fhermique abolie.
1. Seuil intensif. Les trois sensibilités sont moins atteintes au bord cubital qu’au bord radial ; on sait, d'ailleurs, qu'inconsciemment, le malade emploie surtout ses trois derniers doigt à palper.
2, Seuil extensif. Pour obtenir la discrimination tactile, il faut arriver aux écarts suivants :
À gauche À droite Doigtsnermnrehront Hi RO Ch Me 15 à 30 mm. 3 à 5 mm. suivant les jours Paume af ane drone dumdtaie 15 mm, 1 mm.
Avant-bras ssuxu.hfiedslemat à 25 à 30 mm. 25 mm.
À la pression, — A droite, erreurs grossières dans l'appréciation des poids,
Altitudes segmentaires. — 1. Orientation au repos. Le malade trouve difticilement son pouce droit avec sa main gauche, mais présente aussi un peu d'hésitation et de tremblement pour trouver son pouce gauche avec sa main droite.
2. Mouvements passifs. Les mouvements communiqués ne sont pas perçus pour les doigts et mal perçus pour la main,
La main gauche reproduit mal l'attitude qu'on communique à la main droite ; la main droite reproduit mieux l'attitude qu'on communique à la main gauche.
Osseuse (au diapason). — Le malade sent beaucoup moins le diapason à droite, mais il percevrait également le son.
Agnosie tactile. — Assez profonde.
OBsers MAIN DROITE CHERE SMOERT EIEEne"sars pass Montre. . . . . . . C'est rond, c’est épais.
Camif. (0,00 C'est long 'e’est'lisse!
Boîte en carton. . . C’est carré, c'est une petite boîte. DÉS NUMERR EEE APTÈPRE SIS pe SUCLE NM LUI TU C'est rugueux, c’est une pierre de sucre. Grande agrafe . , . Je ne sens rien, je ne sais pas. Porte-monnaie . . . C'est grand, c'est mou, c'est un porte-monnaie. Bouchon . . . . . . Ça roule, je ne sais pas. Trousseau de clés. . Des clés (elles ont sonné). Vis . . . . . . . . Je ne sais pas, c’est en bois.
Porte-plume , . . , Un porte-plume.
B..., 24 ans, terrassier, Salpétrière (Consultation), 1909. Il y a 3 mois (5 /#vrier 1909), le malade tombe dans un puits du métro,
OBSERVATIONS PERSONNELLES 29 ne PE Le sur un wagonnel, à 18 mètres plus bas. Il perd connaissance au moins pendant 3 heures, et revient à lui dans un lit d'hôpital ; deux plaies du cuir chevelu à droite, plaie de la jambe droite, contusions multiples, Céphalalgies violentes. Bras gauche affaibli (on coupe son pain, on le boutonne) jambe gauche saine.
nl quitte l'hôpital un mois et demi après son accident, toutes ses plaies guéries, mais toujours avec des maux de tête, des vertiges et des vomissements,
Actuellement (15 mai 1909). Les maux de tête, les vertiges et les vomissements s'aggravent : au moins 2 ou 3 fois par semaine, crises céphalalgiques intenses et prolongées, éblouissements, vomissements verts abondants et faciles.
Plaies cicatrisées ; contusions disparues; sur une perpendiculaire, à la suture sagittale, menée du méat auditif droit, à 100 millimètres du méat, à 55 millimètres de la suture sagittale, enfoncement osseux d’un centimètre carré environ, douloureux à la pression : on voit qu'il doit correspondre exactement à la partie moyenne des circonvolutions ascendantes.
Electrisé, le bras gauche s'est progressivement amélioré, le malade s’en sert bien ; il a toutefois remarqué, depuis son accident, qu'il n’arrivait pas à choisir avec sa main gauche, un objet dans sa poche, à tel point qu'il a renoncé spontanément à sa poche gauche.
Motilité. — Excellente à la jambe gauche, bonne au bras gauche, où seuls les mouvements délicats des doigts sont un peu génés.
La force musculaire est très bien conservée, à peu près égale des deux côtés un peu diminuée peut-être au bras gauche, où il n’y a pas trace d'atrophie musculaire.
Réflectivité.— Les deux réflexes rotuliens abolis, même. au Jendrassik, réflexe Achilléen gauche aboli, peut-être un léger réflexe archilléen droit (pas de douleurs fulgurantes, ni de crises viscérales, pas de Romberg, pas d’Argyll-Robertson, pas de diplopie, pas de troubles urinaires, pas d'ataxie, pas de syphilis avouée).
Pas de Babinski (les orteils restent immobiles, à droite, comme à gauche, quand on excile la plante du pied), pas d'Oppenheim, pas de Schaeffer, pas de Strümpell.
Stase papillaire bilatérale.
Sensibilité. — Tactile, douloureuse et thermique.— 1. Seuil intensif. Normale, sans troubles radiculaires.
2. Localisation. Exacte à droite, mauvaise à gauche : 3 à 4 centimètres d'erreur aux doigts (le malade se trompe de doigts), 2 à 3 centimètres à la paume, 5 à.6 centimètres à l'avant-bras.
3. Seuil extensif. Pour obtenir la discrimination tactile, il faut arriver aux écarts suivants :
À gauche A droite DORE Se er Dale Te manie 50 mm. 3 mm.
BA UT ERA EE Te EU > Et 10 mm. 3 à 5 mm.
YO DIS ne UN a 2e le ES de 5 mm, 5 mm.
A la pression. — Légèrement diminuée.
Attitudes seygmentaires. — A droite, les mouvements passifs sont perçus et décrits avec exactitude ; à gauche, ils ne sont pas perçus pour les doigts, particulièrement le médius et l’annulaire, mais ils commencent à être perçus pour la main.
La main droite reproduit mal l'attitude qu'on communique à la main gauche, la main gauche reproduit bien l'attitude qu'on communique à la main droite.
Osseuse (au diapason), — Normale.
Agnosie tactile. — Elle n’est pas absolue : toutefois on a vu que le malade avait spontanément renoncé à sa poche gauche, par incapacité d'y distinguer les objets.
OBsers. Main cAucue.
Montre. , . . . . . . C’est rond, c’est plat, c’est dur. Clé . . . . . . . : . C’est long, il y a un anneau, c’est une clé. Grande agrafe . . . . C’est un clou, oui un clou. Anneau . . . . . . . C’est un anneau.
Pinceau . . . . . . . C’est un porte-plume.
Sucre . . . . . . . . C’estlong, c'est rugueux, c'est un morceau de sucre.
Vis ne a eme restinenvis!
Porte-monnaie . . . . C’est grand, c'est mou. Clé d'horloge. . . . . C'est une clé, une clé de porte. Deux sous . . . . . . C’est une rondelle.
Petite boite en carton . Ga s'ouvre, une boîte en carton, Canif . . . . . . . . C'est long, c’est plat, c’est lisse. Epingle de nourrice, . C’est un clou.
Dés .2Msumu 14 at Jenelsasipas.
Plume:.b 1.11 ut iGa pique; tcest}un clou:
Bouchon. . . . . . . C'est rond, c’est dur.
À la main droite, tous ces objets ont été rapidement reconnus.
7. — Marie C..., 55 ans, marchande de journaux, Salpétrière (Consultätion), 1909.
Il y à deux mois (1°° mars 1909) la malade, à son travail, sent un engour: dissement apparaître à droite, au membre supérieur, à la face etau membre inférieur ; sa jambe droite fléchit sous elle, chute, sans évanouissement ; on la transporte chez elle, où elle reste alitée 10 jours avec une hémiplégie droite complète au début, mais progressivement améliorée jusqu'à l'état qu'elle présente aujourd’hui. Jamais d'aphasie ni d'épilepsie jaksonienne, pas de diplopie, ni d'hémianopsie.
Aujourd'hui. — Motilité.— La malade marche facilement, sans fatigue du
A pe it tp
membre inférieur droit, se sert bien du membre supérieur droit, sauf la main pour un travail délicat (se boutonner, se déboutonner), mais accuse une lourdeur, un engourdissement très gêénants, surtout au membre supérieur. Rien à la face.
La force musculaire active et passive est légèrement affaiblie à droite.
Réflectivité. — Réflexes tendineux, généralement forts, surtout à droite.
Pas de clonus du pied, pas de Babinski.
Pas d’Argyll-Robertson.
Sensibilité. — Tactile, douloureuse et thermique. — 1. Seuil intensif. Normale aux trois modes.