Autres essais et conclusions
J’ai été amené, pour diverses raisons, à étudier les réchauffements de beaucoup d’autres terres cuites aimantées, surtout de cylindres extraits de briques actuelles ou anciennes (‘). Les résultats obtenus se rapprochent touJours d’un des cas précédents.
Température de disparition de l’aimantation permanente : tantôt 5809, tantôt 670° ; je n’ai rencontré aucun exemple net de disparition à une autre température (j’entends pour des terres cuites).
Allure de la courbe 5 — f(t) : parfois à peu près linéaire ; souvent presque horizontale au début, puis à chute rapide, commençant entre 4oo et 5oo? ; point d’inflexion, quand il existe, vers 5800.
Susceptibilité : souvent pratiquement constante ; parfois évoluant notablement.
Toutes ces terres cuites étaient à aimantation dite complète, c’est-à-dire refroidies jusqu’à la température ordinaire dans le champ magnétique (?). J’étudierai ($ 68) le cas très curieux du réchauffement des terres ayant subi une aimantation partielle, cas moins intéressant, sans doute, au point de vue des applications géophysiques. Cette étude des réchauffements, en champ nul, des terres cuites à aimantation complète, est riche en renseignements :
19 L’aimantation permanente, mesurée après refroidissement de la terre, diminue toujours quand la température de réchauffement s’élève ; l’état atteint par réchauffement à 4° est bien défini ; des réchauffements suivants à température < t, sont sans effet.
20 Pour une terre donnée l’aimantation disparaît par réchauffement à une température T,. Cette température de disparition de l’aimantation permanente est, le plus souvent, ou 5809 ou 670° ; dans le 2€ cas, la courbe & — f(t) présente parfois un point d’inflexion net à 5800. Ces températures révèlent deux constituants (ou séries de constituants) de points critiques identiques aux points de Curie de la magnétite et du sesquioxyde de fer, et on retrouve les conclusions du $ 53 ,19°. Pour les apphcations, on retiendra surtout cette loi générale : par réchauffement d’une terre cuite quelconque à 6709 on jait disparaître complètement son aimantation permanente.
30 Il y a une grande parenté entre les courbes de désaimantation et les courbes d’aimantation partielle ($ 51 à $ 53) pour un même corps. D’une part, la température de disparition de l’aimantation permanente de la 17€ est égale à la température d’aimantation commençante de la 2€ ; d'autre part, les deux courbes sont pratiquement superposables. Cette parenté traduit ce fait, toujours approximativement vérifié, que si une terre, cuite à une température T it est refroidie dans un champ magnétique H jusqu’à la température T,, son aimantation permanente (mésurée à froid) est la même que si elle avait été refroidie dans le champ H jusqu’à la température ordinaire puis réchauffée en champ nul jusqu’à T, ; c’est-à-dire, encore : l’augmentation de l’aimantation, prise dans le refroidissement en champ magnétique de T, à la température ordinaire, disparaît par réchauffement à T, ; on retrouve, comme au $ 53, une sorte d'indépendance des intervalles de température : pour une terre cuite à température => T,, à chaque intervalle de températures semble liée, pour un champ donné, une certaine aimantation à peu près indépendante de ce qui s’est passé dans les autres intervalles.
4° Si la température de cuisson T du corps est inférieure à T, (5802 ou 6702), le réchauffement à T ne fait pas disparaître complètement l’aimantation permanente et, d’ailleurs, le passage à la température de cuisson n’est marqué par rien de net sur la courbe de désaimantation. On voit tout de suite qu'il n’y a aucun espoir de retrouver des températures de cuisson directement en suivant le réchauffement.
() Ici la nature de la terre, l'atmosphère et la température de cuisson sont inconnues. (2) En réalité jusqu’à 1209 pour les terres cuites au laboratoire : voir & 46, 50.
59 Au cours des réchauffements, la susceptibilité, parfois, reste constante (avec cependant des
fluctuations notables) : le réchauffement n’a pas modifié la composition de la terre cuite : d’autres P ;
fois, au contraire, il y a forte évolution de cette susceptibilité (cuisson en atmosphère réductrice $ 50
) HU Yy 3 0;
par exemple). Je dirai alors qu’il y a évolution magnétique, évolution due à un changement de compo-
sition chimique et minéralogique de la terre cuite. Un autre phénomène bien plus net va révéler
cette évolution : c’est l'étude des réaimantations ar réchauffement en champ maonétique. Læ)