‹ Sur l'aimantation des terres cuites et ses applications géophysiquesChapitre 53 sur 74 · TT — RÉAIMANTATION DES TERRES CUITES · texte numérisé non relu

TT — RÉAIMANTATION DES TERRES CUITES

Une terre, cuite à la température T, a été aimantée par refroidissement complet dans un champ magnétique H et on a mesurés et y. Elle est réchauffée jusqu’à disparition de son aimantation permanente (donc à température > T,, pratiquement le plus souvent à 6709) ; on la laisse refroidir complètement (en réalité jusqu’à 1200) dans un nouveau champ magnétique H égal au champ initial et on mesure la nouvelle aimantation permanente 5’ et la nouvelle susceptibilité z'. On pourrait, évidemment, ne réaimanter ou ne désaimanter que partiellement, mais le phénomène lé plusintéressant au point de vue des applications est celui étudié ici : désaimantation complète suivie d’une réaimantation complète dans un champ égal au champ initial.

Les cylindres utilisés sont ceux dont on a étudié précédemment l’aimantation et souvent la désaimantation, Pour chacun, je répéterai (17€ ligne) les conditions de la cuissoninitiale (atmosphère, température de cuisson, champ) et les valeurs 5 et ; ; puis j'indiquerai (2€ ligne) les valeurs correspondantes pour la cuisson de réaimantation. Les résultats sont classés comme précédemment ($$ 57 à 6o) ; pour certains cylindres, il y a eu entre la cuisson initiale et la cuisson de réaimantation étudiées ici, toute une série de réchauffements qu’on trouvera dans ces paragraphes.

61. Argile de Noron euite en atmosphère oxydante. 19 RÉCHAUFFEMENT EN ATMOSPHÈRE OXYDANTE.

Cylindre C. 37, cuit à 7550,

13 gauss JET TO 15,6-107

CNRS 7,6 15,1

13 gauss Dar 13,8-10 7

Entre ces 2 cuissons, C. 38 avait subi 2 autres aimantations sous 3,3 et 43 gauss ($ 55). 29 RÉCHAUFFEMENT EN ATMOSPHÈRE NEUTRE. |

Cylindre C. 39, cuit à 9550,

13 gauss 6,8-1071 13,7-1076

nt 6,9

Par réaimantation totale en atmosphère oxydante ou neutre, ces cylindres ont repris leur aimantation imtiale (la différence est de l’ordre des erreurs possibles de mesure) ; la susceptibilité est pratiquement constante.

62. Argile de Noron cuite en atmosphère neutre. — Les réchauffements ont eu lieu en atmosphère

neutre.

19 Cuisson À 6650. Cylindre C. 21.

AOL TNERRY 6650 13 gauss 9,8-+10 À 20,4*1076 |

$ 3 | AZ OO TE 6659 E9:< ED 10,0 19,8 | Arotes or MES 6650 13, 59 10,0 19,3 |

L’aimantation prise par réaimantations totales successives est constante et pratiquement évale à l’atmantation initiale.

29 Cuisson À 8700.

Cylindre C. 5.

| SAONE LAUTE AU rue 135 gauss 5: 410-107

Cylindre C. 12.

ZOO US TU 8700 15 gauss 550-1074 395-1078

AAOTE NE 6200 LOS 590 200

Ces deux aimantations sont, pour chaque cylindre, séparées par plusieurs réchauffements. 2 ) Malgré toutes ces opérations, la susceptibilité n’a pas beaucoup varié (12 et 13 %) ; l’aiman tation permanente, dont Ja mesure est beaucoup plus sûre, semble systématiquement augmenter, mais peu 5 et 3,5 %. . | On remarquera que les variations de la susceptibilité et de l’aimantation permanente sont de

sens contraires.

63. Argile de Noron cuite en atmosphère réductrice. — 19 RÉCHAUFFEMENT EN ATMOSPHÈRE

RÉDUCTRICE. — Cylindre C. 20.

L’aimantation et la susceptibilité augmentent, mais relativement peu. 20 RÉCHAUFFEMENT EN ATMOSPHÈRE NEUTRE.

Cylindre C. 33, cuit à 3950.

raz dur 29 8700 13 gauss 301078 140-1076

A ZOO nr 6700 165 RES) 180 240

La susceptibilité et l’aimantation subissent, pour ces 3 cylindres, une forte augmentation par réaimantation complète.

64. Autres essais et conelusions. Quelques autres cylindres d’argile cuite, mais surtout un grand nombre de cylindres extraits de briques, ont subi des réaimantations successives après réchauftement au-dessus de leur température critique T, ($ 94). Cette étude des réaimantations permet des conclusions simples et assez générales. Recuites à T, en même atmosphère et même champ, les terres cuites paraissent donner des aimantations assez voisines de l’aimantation initiale ; mais, en géophysique, les conditions de cuisson sont inconnues ; j’ai donc surtout étudié le réchauffement en atmosphère constante d’azote pur. Par ces réchauffements en atmosphère neutre, les terres cuites se comportent de deux façons :

19 Celles que j’appellerai terres cuites magnétiquement stables : par réchauffement en azote à T, et refroidissement dans un éhamp égal au champ initial, elles reprennent l’aimantation primitive et en même temps la susceptibilité varie peu et des réaimantations nouvelles, dans les mêmes conditions, donnent des aimantations constantes. |

2° Les autres, magnétiquement instables : par réchauffement elles évoluent et prennent, par refroidissement complet dans le champ initial, une aimantation différente de l’aimantation initiale ;

en même temps, la susceptibilité varie. Une nouvelle réaimantation donne des valeurs 5 et y encore différentes EX

Au point de vue des applications, seules celles du premier groupe, seront intéressantes, Leur propriété s'explique simplement : ces terres cuites ne sont pas modifiées par le réchauffement à st température < 6700, donc relativement basse; au refroidissement de réaimantation, elles se Da exactement dans les conditions de la cuisson FREE (composition minéralogique et chimique, champ magnétique) et elles reprennent la même aimantation. Il serait intéressant de lier ce caractère à une espèce minéralogique entrant dans la constitution de ces corps ; je ne l’ai pas tenté. On remarquera, en passant, que l'argile de Noron, cuite à température élevée en atmosphère d’azote, et la même argile, cuite en atmosphère réductrice, qui se comportent de façon à peu près analogue au point de vue des réchauffements, comme si elles contenaient un même élément magnétique à point de Curie 5800, se comportent ici de façon différente : peut- -être s'agit-il de deux éléments chimiquement ou allotropiquement distincts, mais de même point de Curie.

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