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l’artério-sclérose débute, en général, entre 35 et 45 ans, vers 40 en moyenne. À ce stade de début, la paroi artérielle est faible, puisque c’est cette faiblesse qui constitue le fait primitif et essentiel de l’artériosclérose.La tension moyenne ordinaire entretient ces vaisseaux dans un état de légère dilatation accom- pagnée parallèlement de l'hypertrophie compensatrice de l’intime et l’artério-sclérose évolue ainsi. Mais si, à ce moment où la paroi est faible, il se produit une brusque et passagère élévation de tension (eHorts, travail musculaire, chute, etc.), cette paroi se dilate brusquement (généralement au niveau de l'aorte ascendante, parce que c’est là que se font le mieux sentir ces élévations de tension), et voilà l’anévrysme qui a débuté. — Mais attendons plus tard. L'intime a continué à s’épaissir, l’adventice en a fait autant, aussi plus Îe sujet avance en âge, plus l'artère devient résistante et surtout rigide, et elle devient de moins en moins apte à se dilater. On ne voit que bien rarement des anévrysmes de dilatation se produire au cours d’une intense artério-sclérose diffuse. Voilà pourquoi la fréquence de l'anévrysme diminue à partir d'un âge qui est voisin de 40 ans, tandis que l’artério-sclérose devient de plus en plus manifeste. La diminution de fréquence est encore favorisée, parce qu'en mème temps les sujets deviennent moins exposés aux causes occasionnelles : ils sont moins capables d'efforts musculaires violents
et, d'autre part, leur cœur est plus faible.
Quand l’intime est notablement épaissie (comme cela a lieu dans un anévrysme de dilatation), la paroi
est donc peu extensible. Si la limite de sa résistance est dépassée, elle se fend sans s'être dilatée. Dans une artère de calibre normal, cela est bien difficile, car il faudrait une énorme élévation de tension. Mais, au niveau d'un anévrysme de dilatation,cela est bien plus facile, car la pression totale supportée par la paroi est en proportion du diamètre de la lumière. Tel est le mécanisme de la transformation des anévrysmes de dilatation en anévrysmes de rupture.
Voyons maintenant l’objection de la rareté relative des anévrysmes. ;
D'abord, il faut reconnaitre que la femme présente une bien moindre prédisposition que l’homme. Cela est dû, d’une part, à ce qu’elle fait moins de ces travaux pénibles, violents. capables de provoquer une forte et brusque augmentation de tension; d'autre part, chez la femme, l’artério-sclérose survient à un âge plus avancé, donc à un âge où les muscles sont déjà affaiblis.
Mais, même pour l’homme, la rareté est très logique. Et Thoma entreprend de démontrer que le chiffre des anévrysmes correspond assez bien à celui
qu'on doit prévoir d’après l'étude de l’évolution de
l’'artériosclérose. Voici comment il établit ce calcul :
chaque portion du système artériel de chaque indi-
vidu présente, pendant un an environ, les conditions requises pour le développement des anévrysmes, càr en général il faut compter un an d’existence de l’artério-sclérose pour qu’elle ait épaissi suffisamment l'artère pour la rendre indilatable; cette année d'angiomalacie se trouve entre 35 et 45 ans,
“2e ce
vers 40 en moyenne, Sur une population de 50,000
âmes, les statistiques indiquent environ 350 hom- - mes entre 40 et 41 ans. Environ 130 ne présenteront
jamais d’artério-sclérose parce qu'ils meurent trop tôt d'autre maladie; resteront donc 220hommes qui, chaque année, présentent un système vasculaire en état de donner des anévrysmes. Il faut, de ce chiffre, retrancher tous ceux dont les travaux et le genre dé vie ne les exposent pas aux causes occasionnelles (travaux pénibles, etc.). Il ne reste que 50 hommes exposés. Mais il ne doit pas y avoir 50 anévrysmes, car : 10 bien qu’ils soient tous au début de l'artério-sclérose, il en est peu, cependant, dont l’angioma-
lacie soit assez accusée pour qu’une augmentation
de ‘tension amène un anévrysme; 20 beaucoup de sujets ayant, dans de certaines occasions, ressenti dés douleurs dans la poitrine, évitent dorénavant avec grand soin ces occasions ; il est possible que ces douleurs aient traduit une frace de dilatation qui s'est arrêtée parce que les occasions ne se sont pas renouvelées. Or, à Dorpat, on soigne environ une
population de 50,000 âmes, en comptant les popula-
tions voisines qui viennent à l'hôpital. Il y a par an au moins cinq autopsies d’anévrysmes, au moins autant ne sont pas autopsiés. Donc parmi les 50 sujets exposés à l’anévrysme, 10 en contractent réellement. La statistique est donc tout à fait confirmative.
Le travail de Manchot (1) est aussi très important. Il étudie principalement les dilatations diffuses et se
(1) C. Mancnot. — Ueber die Entstehung der wahren Aneurysmen (Virchow’'s Archiv., 1890).
= 60e propose essentiellement de rechercher s'il y a des ruptures des éléments élastiques. Pour cela, il a employé les diverses méthodes (Herscheimer, Unna) en usage pour la coloration élective des fibres élastiques. Mais il préfère la coloration à la fuchsine avec décoloration par l'acide sulfurique (1). Par ce moyen, il reconnaît constamment des interruptions des fibres élastiques qu'il considère comme des ruptures primitives, celles-ci pouvant porter sur des paquets de fibres (comme l’avait décrit Helmstedter) mais parfois aussi sur des fibres isolées. Quand lanévrysme est accompagné d’artério-sclérose, la moyenne présente, en outre, des interruptions des fibres élastiques ayant un aspect spécial ; elles sont liées directement à lartério-sclérose et n'ont rien à voir avec la formation des anévrysmes. Ces ruptures primitives sont dues tantôt à un traumatisme extérieur, tantôt à un excès de tension. Peut-être les fibres élastiques présentaient-elles une
(1) Les coupes sont mises une demi heure dans la solution aqueuse concentrée de fuchsine. Laver à l’eau. Porter les coupes dans un mélange: 10 cc. de solution de sucre ayant la consistance de la glycérine, trois ou quatre gouttes d'acide sulfurique ordinaire. Les coupes deviennent rousses; peu à peu, lintime et l’adventice se décolorent, tandis que la moyenne passe au violet; finalement les fibres élastiques restent seules colorées. Monter dans une solution de sucre non acidulée; luter. Les préparations se conservent des mois. [l est indifférent que les pièces aient été durcies à l’acool ou au liquide de Muller. |
On peut combiner, avec une coloration nucléaire (carmin
lithiné), mais généralement la différenciation est moins :
franche.
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